vendredi 22 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2203164 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CHANET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 17 juin, le 22 septembre et le 8 octobre 2022, M. A B et Mme D B doivent être regardés comme demandant au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Lorient ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par M. E le 24 septembre 2021 en vue du remplacement des fenêtres, de la création d'une terrasse surélevée avec transformation d'une fenêtre en porte fenêtre sur sa maison d'habitation située sur la parcelle cadastrée section CL n° 99, 9 rue de Kerolay à Lorient ;
2°) de rejeter les conclusions présentées par M. E sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme ;
3°) d'enjoindre de réaliser une concertation avec les voisins sur le projet.
Ils soutiennent que :
- leur recours n'est pas abusif ;
- le dossier de déclaration préalable était incomplet et entaché d'erreurs et de contradictions ;
- le projet était soumis à l'obtention d'un permis de construire et le pétitionnaire aurait dû avoir recours à un architecte ;
- il méconnaît l'article Ua 7 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il porte atteinte au voisinage dès lors qu'il occasionne une perte d'intimité, des troubles anormaux de voisinage et une dépréciation de leur bien ;
- le projet méconnaît le règlement du plan local d'urbanisme qui impose la délivrance d'un permis de construire en cas de création d'une ouverture dans un mur, qui fixe une hauteur maximale pour les murs de séparation et qui impose de prendre toutes les mesures pour limiter la gêne occasionnée aux habitants par les activités susceptibles d'engendrer du bruit.
Par un mémoire, enregistré le 27 août 2022, M. C E conclut à ce que M. et Mme B soient condamnés à lui verser la somme de 20 000 euros au titre de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme.
Il fait valoir que le recours contentieux est abusif et lui cause un préjudice qu'il évalue à 20 000 euros.
Par trois mémoires en défense, enregistré le 29 septembre 2022, le 5 octobre 2022 et le 16 janvier 2023, la commune de Lorient conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Villebesseix,
- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,
- et les observations de Me Chanet, représentant M. et Mme B, et de M. E.
Considérant ce qui suit :
1. Le 24 septembre 2021, M. E a déposé une déclaration préalable de travaux complétée le 10 décembre 2021 et le 13 janvier 2022 en vue du remplacement des fenêtres, de la création d'une terrasse surélevée avec transformation d'une fenêtre en porte fenêtre sur sa maison d'habitation située sur la parcelle cadastrée section CL n°99, 9 rue de Kerolay à Lorient. Par un arrêté du 21 janvier 2022, le maire de la commune de Lorient ne s'est pas opposé à ce projet. M. et Mme B ont formé un recours gracieux contre cette décision qui a été rejeté par une décision du 28 avril 2022. M. et Mme B doivent être regardés comme demandant l'annulation de l'arrêté de non-opposition du 21 janvier 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le contenu du dossier de déclaration préalable de travaux :
2. Aux termes de l'article R. 431-35 dans sa version applicable : " La déclaration préalable précise : a) L'identité du ou des déclarants, qui comprend son numéro SIRET lorsqu'il s'agit d'une personne morale en bénéficiant et sa date de naissance lorsqu'il s'agit d'une personne physique ; b) La localisation et la superficie du ou des terrains ; c) La nature des travaux ou du changement de destination ; d) S'il y a lieu, la surface de plancher et la destination et la sous-destination des constructions projetées définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28 ; e) Les éléments, fixés par arrêtés, nécessaires au calcul des impositions ; f) S'il y a lieu, que les travaux portent sur une installation, un ouvrage, des travaux ou une activité soumis à déclaration en application de la section 1 du chapitre IV du titre Ier du livre II du code de l'environnement ; g) S'il y a lieu, que les travaux portent sur un projet soumis à autorisation environnementale en application de l'article L. 181-1 du code de l'environnement ; h) S'il y a lieu, que les travaux doivent faire l'objet d'une dérogation au titre du 4° de l'article L. 411-2 du code de l'environnement. La déclaration comporte également l'attestation du ou des déclarants qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R*423-1 pour déposer une déclaration préalable. Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente. ". Aux termes de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la déclaration comprend : a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; b) Un plan de masse coté dans les trois dimensions lorsque le projet a pour effet de créer une construction ou de modifier le volume d'une construction existante ; c) Une représentation de l'aspect extérieur de la construction faisant apparaître les modifications projetées et si le projet a pour effet de modifier celui-ci ; d) Le justificatif de dépôt de la demande d'autorisation prévue à l'article R. 244-1 du code de l'aviation civile lorsque le projet porte sur une construction susceptible, en raison de son emplacement et de sa hauteur, de constituer un obstacle à la navigation aérienne. Il est complété, s'il y a lieu, par les documents mentionnés aux a et b de l'article R. 431-10, aux articles R. 431-14 et R. 431-15, aux b et g de l'article R. 431-16 et aux articles R. 431-18, R. 431-18-1, R. 431-21, R. 431-23-2, R. 431-25, R. 431-31 à R. 431-33 et R. 431-34-1. Ces pièces sont fournies sous l'entière responsabilité des demandeurs. Lorsque la déclaration porte sur un projet de création ou de modification d'une construction et que ce projet est visible depuis l'espace public ou que ce projet est situé dans le périmètre de protection d'un immeuble classé ou inscrit au titre des monuments historiques, le dossier comprend également les documents mentionnés aux c et d de l'article R. 431-10. Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente. ". L'article R. 431-10 de ce code prévoit que : " Le projet architectural comprend également () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. () ".
3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. En premier lieu, dès lors que la terrasse surélevée n'est pas visible depuis la voie publique, le dossier n'avait pas à comporter un document d'insertion permettant d'apprécier l'insertion de la façade arrière du bâtiment par rapport aux façades arrière des constructions voisines. Il comportait en tout état de cause un plan de façade permettant d'apprécier les dimensions et l'insertion de cette terrasse. S'agissant de la façade nord qui donne sur la voie publique, il comporte un document d'insertion et une photographie des maisons voisines permettant d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement qui consiste seulement pour cette façade en le remplacement des fenêtres.
5. En deuxième lieu, aucune disposition du code de l'urbanisme n'impose de joindre au dossier de déclaration préalable de travaux une étude acoustique ni de préciser dans les documents joints au dossier quel système a été mis en place pour réduire les nuisances sonores. Aucune de ces dispositions n'impose par ailleurs de décrire le système d'ancrage de la construction.
6. En troisième lieu, s'il existe une contradiction entre le document " vue du 1er étage DP5 " et le " plan de coupe et vue de côté de la terrasse DP6 " s'agissant de la longueur du pare-vue, la lecture de ces pièces combinées avec le " plan de façade sud DP8 " permettait au service instructeur de comprendre que ce dernier mesurait 3,50 mètres de long et non pas 4,40 mètres comme cela semblait résulter du document DP6. Ainsi, cette imprécision n'a pas eu d'incidence sur l'appréciation du service instructeur sur le projet. Par ailleurs, si les requérants font valoir que la cote et la hauteur du mur de séparation sont fausses, ils n'apportent aucun élément permettant de remettre en cause ces mesures. Contrairement aux dires des requérants le plan DP5 comporte une échelle permettant au service instructeur de procéder à des mesures. Il était notamment possible de mesurer la hauteur du garde-corps.
7. En quatrième lieu, le formulaire Cerfa et les plans joints au dossier de demande apportent des précisions sur les matériaux utilisés de sorte que le service instructeur a pu correctement apprécier le projet.
8. En dernier lieu, si les requérants font valoir que la porte-fenêtre projetée ne figure pas sur le document DP9, cela s'explique par le fait qu'il s'agit d'un document photographique de la façade arrière du bâtiment avant travaux. Cette porte-fenêtre est représentée sur le plan de façade joint au dossier qui a permis au service instructeur de connaître l'emplacement de cet élément.
9. Il résulte de tout ce qui précède que le moyen tiré des inexactitudes, omissions et erreurs contenues dans le dossier de déclaration préalable doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens tirés de la nécessité d'avoir recours à un architecte et de solliciter la délivrance d'un permis de construire :
10. Aux termes de l'article R. 421-17 du code de l'urbanisme : " Doivent être précédés d'une déclaration préalable lorsqu'ils ne sont pas soumis à permis de construire en application des articles R*421-14 à *R. 421-16 les travaux exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires, et les changements de destination des constructions existantes suivants : () f) Les travaux qui ont pour effet la création soit d'une emprise au sol, soit d'une surface de plancher supérieure à cinq mètres carrés et qui répondent aux critères cumulatifs suivants : - une emprise au sol créée inférieure ou égale à vingt mètres carrés ; - une surface de plancher créée inférieure ou égale à vingt mètres carrés. Ces seuils sont portés à quarante mètres carrés pour les projets situés en zone urbaine d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, à l'exclusion de ceux impliquant la création d'au moins vingt mètres carrés et d'au plus quarante mètres carrés de surface de plancher ou d'emprise au sol lorsque cette création conduit au dépassement de l'un des seuils fixés à l'article R*431-2 du présent code ".
11. Aux termes de l'article R. 431-2 du code de l'urbanisme : " Pour l'application de l'article 4 de la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture, ne sont toutefois pas tenues de recourir à un architecte les personnes physiques, les exploitations agricoles ou les coopératives d'utilisation de matériel agricole agréées au titre de l'article L. 525-1 du code rural et de la pêche maritime qui déclarent vouloir édifier ou modifier pour elles-mêmes : a) Une construction à usage autre qu'agricole dont la surface de plancher n'excède pas cent cinquante mètres carrés ; () Les demandeurs d'un permis de construire sont tenus de recourir à un architecte pour les projets de travaux sur construction existante conduisant soit la surface de plancher, soit l'emprise au sol de l'ensemble à dépasser l'un des plafonds fixés par le présent article. ".
12. Aux termes de l'article L. 111-14 du code de l'urbanisme dans sa version applicable en l'espèce : " Sous réserve des dispositions de l'article L. 331-10, la surface de plancher de la construction s'entend de la somme des surfaces de plancher closes et couvertes, sous une hauteur de plafond supérieure à 1,80 m, calculée à partir du nu intérieur des façades du bâtiment. ".
13. En l'espèce, le projet qui consiste en la construction d'une terrasse extérieure surélevée non close et non couverte ne créé aucune surface de plancher au sens des dispositions des articles R. 421-17 et R. 431-2 du code de l'urbanisme. La surface de plancher de la construction principale existante, dès lors qu'elle ne résulte pas des travaux, n'a pas à être prise en compte au sens de l'article R. 421-17 du code de l'urbanisme. Il en résulte que le projet litigieux ne nécessitait ni le recours à un architecte ni le dépôt d'une demande de permis de construire.
14. En outre, contrairement à ce que soutiennent les requérants, aucun article du règlement du plan local d'urbanisme applicable à la date du dépôt de la déclaration préalable ne prévoyait que la création d'ouverture sur un mur était soumise à l'obtention d'un permis de construire.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article Ua7 du règlement du plan local d'urbanisme :
15. Aux termes de l'article Ua7 du règlement du plan local d'urbanisme : " 1. Sur une profondeur maximale de 15 mètres à partir de la limite d'emprise de la voie ou du retrait admis à l'article Ua6 qui s'y substitue, la construction principale doit être implantée : - soit en limite séparative, -soit à une distance minimale de 2 m de la limite séparative. Toutefois, l'extension d'une construction existante à la date d'approbation du PLU implantée différemment des règles ci-dessus, peut s'implanter en conservant un recul identique à l'existant. () 2. De plus, en secteur Uab, Uac et Uad, la façade arrière du bâtiment doit s'harmoniser avec l'alignement des façades arrière des bâtiments contigus. Un décalage de 2 mètres maximum dans les alignements de façade est autorisé lorsque la construction comporte plusieurs niveaux. Ne sont prises en compte sur les parcelles contiguës que le corps principal de la construction hors extension éventuelle. (). Les constructions en façade arrière doivent présenter une volumétrie équilibrée et harmonieuse. 3. Au-delà d'une profondeur maximale de 15 mètres à partir de la limite d'emprise de la voie ou du retrait admis à l'article Ua6, qui s'y substitue, les constructions doivent s'implanter à une distance par rapport aux limites séparatives égale à leur hauteur mesurée à l'égout de toiture sans pouvoir être inférieure à 3 mètres. () ". Le lexique définit la façade arrière comme : " La façade opposée à celle qui est orientée vers la voie principale desservant la propriété ".
16. D'une part, les requérants font valoir que " en secteur Uac, la façade arrière du bâtiment doit s'harmoniser avec l'alignement des façades arrière des bâtiments () Les constructions en façades arrière doivent présenter une volumétrie équilibrée et harmonieuse ". Or, ils ne démontrent pas que la terrasse projetée ne s'insérerait pas de manière harmonieuse et équilibrée sur la façade arrière de la construction. D'autre part, le service instructeur a pu mesurer sur les plans qui comportent une échelle que la construction, terrasse incluse, était située dans la bande des quinze mètres à partir de la limite d'emprise de la voie même si la profondeur des 15 mètres n'est pas identifiée sur les plans joints au dossier de déclaration préalable. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article Ua7 doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article Ua11 du règlement du plan local d'urbanisme :
17. Aux termes de l'article Ua11 du règlement du plan local d'urbanisme : " () b) les clôtures édifiées en arrière des constructions sur les limites séparatives peuvent atteindre une hauteur maximale de 2 mètres prise à partir du terrain naturel du terrain d'assiette du projet. () ".
18. A supposer que les requérants aient entendu se prévaloir de la méconnaissance de de l'article Ua11 du règlement du plan local d'urbanisme en indiquant qu'il limitait la hauteur des murs de séparations, le pare-vue translucide implanté sur la largeur de la terrasse surélevée s'inscrit dans le prolongement de cette dernière et n'a pas pour fonction de clore le terrain au sens des dispositions de cet article. Par suite et dès lors que les travaux litigieux n'ont pas pour effet d'augmenter la hauteur des murs de séparation existant, ce moyen ne peut qu'être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article Ua2 du règlement du plan local d'urbanisme :
19. Aux termes de l'article Ua2 du règlement du plan local d'urbanisme sont autorisées en zone Ua sous réserves de conditions particulière : " Les constructions à usage d'activités susceptibles d'engendrer du bruit si toutes les mesures sont prises pour limiter la gêne occasionnée aux habitants du quartiers concerné. () ".
20. A supposer qu'en citant cet article du plan local d'urbanisme, les requérants aient entendu en invoquer la méconnaissance, le projet de construction d'une terrasse accolée à une maison d'habitation ne correspond pas à une construction à usage d'activités au sens de l'article Ua2 du règlement du plan local d'urbanisme susceptibles d'engendrer du bruit. En tout état de cause, il n'est pas démontré que l'utilisation de cette terrasse génèrerait des nuisances sonores importantes. Le moyen ne peut qu'être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne la perte d'intimité, les troubles anormaux de voisinage et la dépréciation de leur bien :
21. Aux termes de l'article A. 424-8 du code de l'urbanisme : " () Le permis est délivré sous réserve du droit des tiers : il vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme. Il ne vérifie pas si le projet respecte les autres réglementations et les règles de droit privé. Toute personne s'estimant lésée par la méconnaissance du droit de propriété ou d'autres dispositions de droit privé peut donc faire valoir ses droits en saisissant les tribunaux civils, même si le permis respecte les règles d'urbanisme ". Il résulte des dispositions précitées de l'article A. 424-8 du code de l'urbanisme que la délivrance d'un permis de construire ou d'une décision de non-opposition à déclaration préalable n'est pas subordonnée au respect des règles de droit privé.
22. Les atteintes alléguées par les requérants ne peuvent être utilement invoquées à l'encontre d'une autorisation d'urbanisme, délivrée sous réserve des droits des tiers en vertu de l'article A. 424-8 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de ce que le projet causerait aux voisins une perte d'intimité, des troubles de voisinage et engendrerait une dépréciation de leur bien est inopérant et doit être écarté.
23. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme B ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté de non-opposition à déclaration préalable du 21 janvier 2022.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme :
24. Aux termes de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme : " Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts. La demande peut être présentée pour la première fois en appel. ".
25. En l'espèce, il n'apparaît pas que le recours présenté par M. et Mme B, qui est le premier recours contentieux exercé contre ce projet dont ils sont voisins immédiats, serait abusif au sens des dispositions de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme. Par ailleurs, si M. E fait valoir qu'il a subi en raison du présent recours un préjudice qu'il chiffre à hauteur de 20 000 euros, il n'apporte aucun élément permettant de justifier de la réalité de son préjudice. Par suite, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
26. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par M. E sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A et D B, à M. C E et à la commune de Lorient.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
M. Blanchard, premier conseiller,
Mme Villebesseix, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2024.
La rapporteure,
signé
J. Villebesseix
Le président,
signé
C. Radureau
Le greffier,
signé
N. Josserand
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026