jeudi 30 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2203180 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LEXCAP |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 21 juin 2022 sous le n° 2203180, Mme B A, représentée par Me Vincent Lahalle (Selarl LEXCAP), demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 avril 2022 par lequel le maire de Saint-Sulpice-des-Landes a interdit la circulation des engins agricoles sur la voie communale n° 21 au lieu-dit la Gohardière ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Sulpice-des-Landes une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté litigieux méconnait les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration en ce qu'il n'a pas été précédé d'une procédure contradictoire ;
- il n'est pas suffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur de droit, dès lors qu'en visant les " terrains attenants " il empiète sur la compétence de la commune et que la commune n'apporte pas la preuve que la voie de circulation en cause a été classée dans le domaine public communal ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation, la voie concernée étant asphaltée et assez large pour permettre le passage des engins agricoles ;
- il porte une atteinte excessive et disproportionnée au droit de propriété, à la liberté d'aller-et-venir et à la liberté du commerce et de l'industrie, la voie publique désormais interdite à la circulation des engins agricoles étant l'unique accès à la parcelle agricole de Mme A, qui ne peut donc plus être exploitée par le GAEC Chupin-Evin ;
- il méconnait le principe d'égalité en ce que d'autres voies de circulation de mêmes caractéristiques, situées sur le territoire communal, n'ont pas fait l'objet d'une mesure de police équivalente, et dès lors que les camions ne sont pas concernés par l'interdiction qu'il édicte.
La commune de Saint-Sulpice-des-Landes n'a pas produit d'observations, malgré la lettre de mise en demeure qui lui a été adressée le 5 juillet 2023, en application des dispositions de l'article R. 612-3 du code de justice administrative.
II. Par une requête, enregistrée le 21 juin 2022 sous le n° 2203181, le groupement agricole d'exploitation en commun (GAEC) Chupin-Evin, représenté par Me Vincent Lahalle (Selarl LEXCAP) demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 avril 2022 par lequel le maire de Saint-Sulpice-des-Landes a interdit la circulation des engins agricoles sur la voie communale n° 21 au lieu-dit la Gohardière ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Sulpice-des-Landes une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le GAEC Chupin-Evin soulève les mêmes moyens que Mme A dans la requête n° 2203180.
La commune de Saint-Sulpice-des-Landes n'a pas produit d'observations, malgré la lettre de mise en demeure qui lui a été adressée le 5 juillet 2023, en application des dispositions de l'article R. 612-3 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Berthon ;
- les conclusions de M. Martin, rapporteur public ;
- et les observations de Me Peres, représentant Mme A et le GAEC Chupin-Evin.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 21 avril 2022, le maire de Saint-Sulpice-des-Landes a interdit la circulation de tous les engins agricoles sur la voie communale n° 21. Mme A et le GAEC Chupin-Evin demandent au tribunal l'annulation de cet arrêté par des requêtes enregistrées sous les n°s 2203180 et 2203181 qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 2213-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire exerce la police de la circulation sur les routes nationales, les routes départementales et l'ensemble des voies publiques ou privées ouvertes à la circulation publique à l'intérieur des agglomérations, sous réserve des pouvoirs dévolus au représentant de l'Etat dans le département sur les routes à grande circulation. A l'extérieur des agglomérations, le maire exerce également la police de la circulation sur les voies du domaine public routier communal et du domaine public routier intercommunal, sous réserve des pouvoirs dévolus au représentant de l'Etat dans le département sur les routes à grande circulation. / Les conditions dans lesquelles le maire exerce la police de la circulation sur les routes à grande circulation sont fixées par décret en Conseil d'Etat. / Par dérogation aux dispositions des deux alinéas précédents et à celles des articles L. 2213-2 et L. 2213-3, des décrets peuvent transférer, dans les attributions du représentant de l'Etat dans le département, la police de la circulation sur certaines sections des routes à grande circulation. ". Dans l'exercice des pouvoirs de police qui lui sont confiés en vertu de ces dispositions, il appartient au maire de prendre les mesures nécessaires, adaptées et proportionnées permettant de concilier les droits de l'ensemble des usagers de la voie publique et les contraintes liées, le cas échéant, à la circulation et au stationnement des véhicules.
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant. ".
4. Mme A et le GAEC Chupin-Evin soutiennent qu'ils sont respectivement propriétaire et exploitant de la parcelle agricole cadastrée ZN section n° 51, desservie par la voie communale n° 21 ayant fait l'objet de la mesure de police attaquée, qui interdit son accès aux engins agricoles au motif qu'ils sont " de nature à détériorer la chaussée et les terrains attenants ". Ils font également valoir que cette parcelle n'étant desservie par aucune autre voie permettant le passage des engins agricoles, elle ne peut plus être exploitée. Ces allégations ne sont ni contredites par les pièces versées au dossier, ni contestées par le maire de la commune de Saint-Sulpice-des-Landes, qui n'a pas produit d'observations, alors même qu'il a été mis en demeure de le faire, en dernier lieu par un courrier du 2 décembre 2024, notifié le même jour, l'informant qu'en l'absence de production d'un mémoire en défense le tribunal était susceptible de faire application des dispositions de l'article R. 612-6 du code de justice administrative rappelées au point 3. La commune de Saint-Sulpice-des-Landes doit donc être regardée comme ayant acquiescé aux faits exposés par Mme A et par le GAEC Chupin-Evin. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la mesure de police de la circulation attaquée serait disproportionnée au regard de l'objectif de conservation de la voie communale concernée et porterait une atteinte excessive aux droits des requérants d'exploiter la parcelle cadastrée ZN section n° 51 doit être accueilli.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que l'arrêté attaqué du 21 avril 2022 doit être annulé.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Saint-Sulpice-des-Landes les sommes de 750 euros à verser respectivement à Mme A et au GAEC Chupin-Evin au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : L'arrêté du 21 avril 2022 du maire de la commune de Saint-Sulpice-des-Landes est annulé.
Article 2 : La commune de Saint-Sulpice-des-Landes versera respectivement à Mme A et au GAEC Chupin-Evin les sommes de 750 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au Groupement agricole d'exploitation en commun (GAEC) Chupin-Evin et à la commune de Saint-Sulpice-des-Landes.
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2025 à laquelle siégeaient :
M. Berthon, président,
Mme Thalabard, première conseillère,
Mme Pellerin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2025.
Le président-rapporteur,
signé
E. BerthonL'assesseure la plus ancienne
dans le grade,
signé
M. Thalabard
La greffière,
signé
I. Le Vaillant
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2203180,2203181
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026