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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2203485

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2203485

jeudi 11 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2203485
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantCABINET GERVAISE DUBOURG

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I - Par une requête n° 2203485 et des mémoires, enregistrés le 7 juillet 2022 et les 15 novembre et 15 décembre 2023, Mme A B, représentée par Me Dubourg, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 18 février 2022 par laquelle le président du conseil départemental des Côtes-d'Armor lui a retiré l'agrément lui permettant d'exercer en qualité d'assistante familiale, ainsi que la décision rejetant son recours gracieux ;

2°) de mettre une somme de 2 000 euros à la charge du département des Côtes-d'Armor au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision contestée est insuffisamment motivée, en méconnaissance de l'article L. 421-6 du code de l'action sociale et des familles ;

- la décision a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, le département ayant refusé de lui laisser consulter son dossier afin de lui permettre de comprendre les motifs pour lesquels les enfants lui avaient été retirés, ce qui porte atteinte au principe du contradictoire et au droit de la défense, et constitue également une erreur de droit ;

- elle est entachée d'une erreur de fait en ce qu'elle n'a jamais refusé de se soumettre à l'évaluation des professionnels du département ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, faute pour les services du département de caractériser une faute de sa part au sens des articles L. 421-3 et L. 421-6 du code de l'action sociale et des familles ;

- le président du conseil départemental des Côtes-d'Armor a commis une erreur manifeste d'appréciation, le retrait de son agrément étant manifestement disproportionné compte tenu de son expérience professionnelle et de ses compétences reconnues dans ses évaluations professionnelles ;

- il ne peut pas être fait droit à la demande de substitution de motifs sollicitée par le département, dès lors qu'elle n'a pas été en mesure de s'expliquer sur ce motif devant la commission consultative paritaire départementale, ce qui la prive d'une garantie et que la réalité des faits en litige n'est pas établie ;

- la plainte a été classée sans suite.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 octobre 2022 et 1er décembre 2023, le département des Côtes-d'Armor conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de

1 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la décision contestée énonce les considérations de fait qui sont à l'origine du retrait d'agrément, Mme B ne pouvant ignorer les conséquences de son attitude défiante ;

- il a fait preuve des diligences utiles afin de permettre à Mme B de venir consulter son dossier préalablement à la rencontre avec les services ;

- le courrier du 14 octobre 2021 rappelant à Mme B son obligation d'honorer les demandes de rendez-vous adressées et l'informant qu'à défaut, une procédure de retrait d'agrément serait engagée, a été retourné à l'administration avec la mention " pli refusé par le destinataire " ;

- Mme B et son époux ont été reçus le 14 avril 2021 par la cheffe de service placement familial et ont été informés que le retrait des enfants confiés était motivé par l'ouverture d'une enquête pénale consécutive aux révélations graves de ces enfants ;

- la décision de retrait des enfants confiés, prise dans leurs seuls intérêts, ne constitue pas une décision individuelle défavorable, ni une sanction disciplinaire et n'a pas à être motivée ;

- Mme B n'a pas adressé sa demande de copie de son dossier au service du placement familial, qui était son service employeur, mais au service de la protection maternelle et infantile, qui gère les agréments ;

- plusieurs propositions ont été faites à Mme B de venir consulter son dossier sur place, sans qu'elle n'y donne suite ;

- l'exigence d'obtenir une copie de son dossier ne pouvait être un motif légitime de se soustraire aux convocations du service de protection maternelle et infantile ;

- la demande de communication de son dossier telle que formulée par Mme B ne permettait pas à l'administration d'identifier clairement les documents administratifs dont la communication était demandée ;

- aucune irrégularité de procédure ou atteinte aux droits de la défense ne saurait lui être reprochée s'agissant des conditions de convocation de Mme B, le 13 janvier 2022, devant la commission consultative paritaire départementale des assistants maternels et des assistants familiaux ;

- l'opposition de Mme B qui n'avait aucun motif légitime pour refuser de se rendre aux rendez-vous fixés par le médecin chef de service de la PMI, était un motif suffisant pour prononcer le retrait d'agrément ;

- dans l'hypothèse où le motif tenant au refus de se soumettre aux évaluations des professionnels serait regardé comme infondé, il est demandé au tribunal de lui substituer le motif tiré des faits dénoncés par les enfants et des postures professionnelles inadaptées, comme fondement du retrait d'agrément ;

- les faits reprochés à Mme B, qui reposent sur les déclarations concordantes des enfants confiés, sont à l'origine de la décision de retrait des enfants du milieu d'accueil, de transmission d'un signalement à l'autorité judiciaire en vue de l'ouverture d'une enquête pénale et de mise en œuvre de la procédure de retrait d'agrément ;

- la substitution de motifs sollicitée ne prive Mme B d'aucune garantie puisqu'elle a pu faire valoir ses observations par la présente procédure contentieuse ;

- les faits révélés par les enfants confiés à Mme B et son époux, consistant en des faits de maltraitance, sont suffisamment graves pour justifier le retrait de son agrément d'assistante familiale.

II - Par une requête n° 2203486 et un mémoire, enregistrés les 7 juillet 2022 et 15 novembre 2023, Mme A B, représentée par Me Dubourg, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 10 mars 2022 par laquelle le président du conseil départemental des Côtes-d'Armor a procédé à son licenciement, ainsi que la décision rejetant son recours gracieux ;

2°) de mettre une somme de 2 000 euros à la charge du département des Côtes-d'Armor au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision contestée a été signée par une autorité dont il n'est pas établi qu'elle disposait d'une délégation de signature ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors que ni les droits de la défense, ni le principe du contradictoire n'ont été respectés ;

- elle est dépourvue de motivation ;

- la décision de licenciement qui se fonde sur la décision de retrait de son agrément qui est elle-même illégale, se trouve en conséquence privée de base légale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 octobre 2022, le département des Côtes-d'Armor conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par Mme B n'est fondé.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Thalabard,

- les conclusions de M. Blanchard, rapporteur public,

- et les observations de Me Dubourg, représentant Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B bénéficie depuis le 1er février 1993 d'un agrément délivré par le président du conseil départemental des Côtes-d'Armor lui permettant d'exercer en qualité d'assistante familiale. Cet agrément, qui a fait l'objet d'une extension permettant, à compter du 26 octobre 2012, l'accueil simultané à son domicile de trois enfants mineurs a été renouvelé de manière continue. L'époux de Mme B étant également agréé en qualité d'assistant familial depuis octobre 2007, quatre enfants étaient accueillis au domicile du couple en

avril 2021, lorsque les services départementaux ont été destinataires d'un signalement laissant présumer un danger au sein du milieu d'accueil. Les 9 et 14 avril 2021, les enfants ont été déplacés vers de nouvelles familles d'accueil. Mme B a été convoquée pour un entretien le 8 juillet 2021, auquel elle ne s'est pas présentée. Elle n'a pas davantage répondu à la convocation des services départementaux qui a suivi. Après avis de la commission consultative paritaire départementale (CCPD), qui s'est réunie le 4 février 2022, le président du conseil départemental des Côtes-d'Armor a informé Mme B, par un courrier du

18 février 2022, du retrait de son agrément, puis, par un second courrier du 10 mars 2022, de son licenciement. Le recours gracieux formé par Mme B à l'encontre de ces deux décisions a fait l'objet d'une décision de rejet, le 5 mai 2022. Par deux requêtes nos 2203485 et 2203486, Mme B demande l'annulation d'une part, de la décision du 18 février 2022 et d'autre part, de la décision du 10 mars 2022. Ces deux requêtes portant sur une même situation professionnelle, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait d'agrément :

2. D'une part, aux termes des dispositions de l'article L. 421-3 du code de l'action sociale et des familles : " L'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant maternel ou d'assistant familial est délivré par le président du conseil départemental du département où le demandeur réside. / () L'agrément est accordé à ces deux professions si les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs et majeurs de moins de vingt et un ans accueillis, en tenant compte des aptitudes éducatives de la personne (). ". L'article L. 421-6 du même code prévoit que : " () Si les conditions de l'agrément cessent d'être remplies, le président du conseil départemental peut, après avis d'une commission consultative paritaire départementale, modifier le contenu de l'agrément ou procéder à son retrait. En cas d'urgence, le président du conseil départemental peut suspendre l'agrément. Tant que l'agrément reste suspendu, aucun enfant ne peut être confié. / Toute décision de retrait de l'agrément, de suspension de l'agrément ou de modification de son contenu doit être dûment motivée et transmise sans délai aux intéressés (). ".

3. En vertu de ces dispositions, il incombe au président du conseil départemental de s'assurer que les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants accueillis et de procéder au retrait de l'agrément si ces conditions ne sont plus remplies. A cette fin, dans l'hypothèse où il est informé de suspicions de comportements susceptibles de compromettre la santé, la sécurité ou l'épanouissement d'un enfant, notamment de suspicions de maltraitance, de la part du bénéficiaire de l'agrément ou de son entourage, il lui appartient de tenir compte de tous les éléments portés à la connaissance des services compétents du département ou recueillis par eux et de déterminer si ces éléments sont suffisamment établis pour lui permettre raisonnablement de penser que l'enfant est victime des comportements en cause ou risque de l'être. Enfin, il incombe au président du conseil départemental, lorsqu'il décide de retirer une décision d'agrément en cours de validité, de se prononcer dans le respect des droits de la défense et d'établir que la personne titulaire de l'agrément ne satisfait pas, à la date de la décision de retrait, aux conditions auxquelles la délivrance de l'agrément est subordonnée.

4. D'autre part, aux termes de l'article R. 421-23 du code de l'action sociale et des familles : " Lorsque le président du conseil départemental envisage de retirer un agrément, d'y apporter une restriction ou de ne pas le renouveler, il saisit pour avis la commission consultative paritaire départementale mentionnée à l'article R. 421-27 en lui indiquant les motifs de la décision envisagée. / L'assistant maternel ou l'assistant familial concerné est informé, quinze jours au moins avant la date de la réunion de la commission, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, des motifs de la décision envisagée à son encontre, de la possibilité de consulter son dossier administratif et de présenter devant la commission ses observations écrites ou orales (). ".

5. Cette disposition réglementaire doit être interprétée à la lumière du principe des droits de la défense, qui implique que l'intéressé soit informé des griefs formulés à son encontre et mis à même de demander la communication de son dossier administratif puis de présenter utilement ses observations avant de se présenter devant la commission consultative paritaire départementale et qu'une décision ne soit prise sur sa situation.

6. Pour fonder la décision du 18 février 2022 par laquelle il procède au retrait de l'agrément d'assistante familiale dont Mme B bénéficiait, le président du conseil départemental des Côtes-d'Armor a retenu que, faute pour l'intéressée d'avoir répondu aux demandes d'évaluation qui lui avaient été adressées, le service de la protection maternelle et infantile n'avait pas été en capacité de réunir les éléments nécessaires pour apprécier les conditions d'accueil des mineurs à son domicile et de s'assurer que leur développement, leur santé, leur sécurité et leur épanouissement étaient garantis.

7. Il ressort, toutefois, des pièces du dossier que Mme B et son époux ont été reçus pour un entretien, le 14 avril 2021, par la cheffe du service du placement familial du département des Côtes-d'Armor, et ont alors été avisés que le service ayant été destinataire d'informations concernant la qualité de l'accueil des quatre enfants qui leur étaient confiés, il avait été décidé de saisir le procureur de la République et de réorienter les enfants vers de nouvelles familles d'accueil. La teneur des informations portées à la connaissance des services départementaux et transmises au procureur de la République n'a cependant pas été communiquée à Mme B, malgré ses demandes réitérées. Il n'est, par ailleurs, pas contesté que le dossier administratif de la requérante, que les services départementaux n'ont consenti à mettre à sa disposition que tardivement, ne comportait aucune copie de la lettre de saisine adressée au procureur de la République ou toute autre pièce relative aux faits à caractère préoccupant ayant motivé le retrait des enfants accueillis au domicile de Mme B et de son époux. Or, contrairement à ce que soutient le département des Côtes-d'Armor, rien ne justifiait de ne pas donner à Mme B une information suffisamment circonstanciée sur la teneur des éléments la concernant ayant conduit à saisir le procureur de la République, sans que cela n'implique de lui donner accès aux documents à caractère nominatif qui seraient de nature à porter gravement préjudice aux mineurs concernés ou à porter atteinte au déroulement de procédures juridictionnelles ou d'opérations préliminaires à de telles procédures en empiétant sur les prérogatives de cette autorité. Aucun des éléments invoqués en défense par le département des Côtes-d'Armor relatifs au caractère insuffisamment précis de la demande de Mme B ou à la sollicitation du service PMI plutôt que du service employeur ne saurait justifier le refus opposé à Mme B s'agissant de l'accès à son dossier administratif préalablement à tout entretien. Dans ces conditions, et alors qu'il n'est pas contesté que des enfants ont été confiés pendant près de trente ans à Mme B sans que les évaluations concernant les conditions d'accueil à son domicile n'aient préalablement fait état de risques pour le développement, la santé, la sécurité et l'épanouissement des enfants, le président du conseil départemental des Côtes-d'Armor ne pouvait, sans entacher sa décision d'une erreur d'appréciation, se fonder sur les seules difficultés à organiser un entretien avec Mme B, résultant principalement du refus de ses services de lui permettre de prendre connaissance préalablement de son dossier administratif et du motif du retrait des enfants de son domicile, pour procéder au retrait de son agrément d'assistante familiale.

8. Toutefois, dans son second mémoire en défense, le département des Côtes-d'Armor fait valoir qu'il aurait pu prendre la même décision en invoquant le motif tiré de ce que les enfants accueillis au domicile de Mme B ont dénoncé, de manière crédible et concordante, des faits de maltraitance dont ils auraient été victimes et sollicite, en conséquence, la substitution de ce motif comme fondement de la décision de retrait d'agrément. Cependant, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier, et notamment du courrier du 13 janvier 2022 de convocation de Mme B devant la commission consultative paritaire départementale, que l'intéressée aurait été informée, dans les conditions prévues par l'article R. 421-23 du code de l'action sociale et des familles, que la décision de retrait d'agrément envisagée pouvait être fondée sur un motif tiré d'attitudes éducatives inappropriées qui lui seraient reprochées ainsi qu'à son époux. Il n'est pas davantage soutenu par le département que de tels griefs auraient été évoqués lors de la séance de la commission consultative paritaire départementale. Dans ces conditions, la substitution de motifs sollicitée par le département aurait pour effet de priver

Mme B de la garantie procédurale tenant à la consultation de la commission consultative paritaire départementale sur l'ensemble de sa situation. Dès lors, le département des Côtes-d'Armor n'est pas fondé à demander à ce que le motif tiré des faits de maltraitance reprochés par certains enfants accueillis, qui auraient d'ailleurs fait l'objet d'un classement sans suite selon la requérante, soit substitué au motif initialement retenu par la décision du 18 février 2022.

9. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens dirigés contre la décision du 18 février 2022, que cette décision de retrait d'agrément doit être annulée.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de licenciement :

10. Aux termes de l'article L. 423-8 du code de l'action sociale et des familles : " () En cas de retrait d'agrément, l'employeur est tenu de procéder au licenciement par lettre recommandée avec demande d'avis de réception (). ".

11. La décision du 10 mars 2022 par laquelle le président du conseil départemental des Côtes-d'Armor a procédé au licenciement de Mme B ayant été prise sur le fondement de la décision de retrait d'agrément du 18 février 2022, est, par voie de conséquence, également entachée d'illégalité.

12. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens dirigés contre la décision du 10 mars 2022, que cette décision de licenciement doit être annulée.

Sur les frais liés au litige :

13. Il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge du département des Côtes-d'Armor, partie perdante, le versement à Mme B d'une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les conclusions présentées au même titre par le département des Côtes-d'Armor ne peuvent, en revanche, et en tout état de cause, qu'être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La décision du 18 février 2022 par laquelle le président du conseil départemental des Côtes-d'Armor a retiré l'agrément de Mme B et la décision du 10 mars 2022 par laquelle il a procédé à son licenciement sont annulées.

Article 2 : Le département des Côtes-d'Armor versera à Mme B la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions présentées par le département des Côtes-d'Armor au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au département des Côtes-d'Armor.

Délibéré après l'audience du 21 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Grenier, présidente,

Mme Plumerault, première conseillère,

Mme Thalabard, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 janvier 2024.

La rapporteure,

signé

M. Thalabard

La présidente,

signé

C. GrenierLa greffière,

signé

I. Le Vaillant

La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 220348, 2203486

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