lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2203516 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS DEPASSE DAUGAN QUESNEL DEMAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, et un mémoire complémentaire, respectivement enregistrés le 8 juillet 2022 et le 20 juin 2024, Mme A D, épouse B, représentée par la SCP Depasse Daugan Quesnel Demay, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 février 2022, par lequel le maire de Saint-Père-Marc-en-Poulet a accordé à M. C D, gérant de l'EARL Lecoulant-Lemarchand, un permis de construire en vue de l'édification d'une stabulation pour vaches allaitantes surmontée d'une toiture équipée de panneaux photovoltaïques, sur une parcelle cadastrée D n° 412 située au lieu-dit La vigne sur le territoire de la commune, ainsi que la décision rejetant son recours gracieux du 11 mai 2022 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Père-Marc-en-Poulet le versement d'une somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a intérêt à agir dès lors que le fonds cadastré section D n° 412, objet de la donation consentie par son père décédé à M. C D, son frère, est susceptible de donner lieu à un rapport à succession ;
- la signataire de l'arrêté devra justifier de sa compétence ;
- le permis a été délivré à l'exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL) Lecoulant-Lemarchand, qui ne démontre pas être titulaire d'un quelconque droit sur la parcelle concernée ;
- le dossier est incomplet faute d'établir que le projet est soumis aux dispositions du Règlement sanitaire départemental, plutôt qu'à la règlementation sur les Installations Classées pour la Protection de l'Environnement (ICPE) ;
- à supposer que le projet soit assujetti au Règlement sanitaire départemental, il n'est pas établi que le dossier comprenne toutes les dispositions exigées par l'article 153.1 de ce règlement ;
- l'implantation de la stabulation projetée ne respecte pas la distance de 50 mètres prévue par l'article 153.4 du règlement sanitaire départemental ;
- l'arrêté ne mentionne pas les prescriptions assortissant la dérogation autorisée par le préfet ;
- le dossier ne comporte aucune précision sur les dispositions qui seraient mises en œuvre au sujet du traitement des eaux usées, des déjections animales et des effluents provenant de l'élevage.
Par un mémoire, enregistré le 26 octobre 2022, la commune de Saint-Père-Marc-en-Poulet, représentée par la Selarl d'avocats Coudray, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante le versement d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que la requérante ne justifie pas du caractère régulier ou de la détention de son bien ;
- elle est également irrecevable en raison du défaut d'intérêt à agir de la requérante ;
- à titre infiniment subsidiaire, la requête est mal fondée :
- la signataire de l'arrêté bénéficiait d'une délégation de signature régulière ;
- il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une demande de permis de construire, la validité de l'attestation établie par le pétitionnaire ;
- rien ne permet d'estimer que le projet impliquerait l'accueil de vaches allaitantes supplémentaire, de sorte que le seuil de 100 vaches serait dépassé et nécessiterait une déclaration au titre de la législation sur les ICPE ;
- le moyen tiré de ce que le dossier ne serait pas conforme au règlement sanitaire départemental est inopérant ;
- le préfet a rendu un avis favorable au projet, assorti de prescriptions, que la maire a intégrées par un arrêté rectificatif du 23 septembre 2022 ;
- le permis de construire comprend certes une contradiction entre la notice et le plan de façade mais celle-ci n'a pas faussé l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable dès lors que la réalisation d'un bardage en bois, imposée par le préfet, a été intégrée dans un arrêté rectificatif.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Terras ;
- les conclusions de M. Desbourdes, rapporteur public ;
- et les observations de Me Daugan représentant Mme B et de Me Hauuy représentant la commune de Saint-Père-Marc-en-Poulet.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, gérant de l'EARL Lecoulant-Lemarchand, a déposé en mairie de Saint-Père-Marc-en-Poulet un dossier de permis de construire en vue d'édifier une stabulation pour vaches allaitantes surmontée d'une toiture équipée de panneaux photovoltaïques, sur une parcelle située au lieu-dit La Vigne. Par un arrêté du 28 février 2022, le maire a accordé le permis de construire sollicité. Mme B demande au tribunal l'annulation de cet arrêté ainsi que de la décision rejetant son recours gracieux du 11 mai 2022.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci.
3. En l'espèce, Mme B se prévaut uniquement de sa qualité d'héritière de la parcelle concernée par la construction en litige et ne justifie ni même n'allègue aucun élément précis et étayé de nature à établir que le projet porte atteinte aux conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son propre bien.
4. Il résulte de ce qui précède que la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir de la requérante doit être accueillie et que les conclusions aux fins d'annulation doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à qu'il soit mis à la charge de la commune de Saint-Père Marc en Poulet, qui n'est pas partie perdante, la somme demandée par Mme B sur le fondement de ces dispositions.
6. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme B la somme de 1 000 euros à verser à la commune.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Mme B versera à la commune de Saint-Père-Marc-en-Poulet la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D, épouse B, à l'EARL Lecoulant-Lemarchand et à la commune de Saint-Père-Marc-en-Poulet.
Délibéré après l'audience du 1er juillet 2024, à laquelle siégeaient :
M. Etienvre, président,
M. Terras, premier conseiller,
Mme Le Berre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2024.
Le rapporteur,
Signé
F. Terras
Le président,
Signé
F. Etienvre La greffière,
Signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026