Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2203735

vendredi 22 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2203735
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 juillet 2022, M. A B demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'annulation de la délibération du jury de licence de droit de l'Université de Rennes 1, dont il a été informé le 11 juillet 2022, lui attribuant une note globale de 9,891 sur 20 à l'issue de la deuxième session d'examens relative aux semestres 5 et 6 de l'année universitaire 2021-2022 et déclarant son ajournement.

Il soutient que :

- l'urgence à ce que le juge statue sur sa situation est caractérisée compte tenu du calendrier d'inscription pour l'année universitaire 2022-2023 ;

- la chaleur historiquement haute prévalant lors des épreuves de la deuxième session a constitué une difficulté particulière, qui n'a pas été compensée par une adaptation des épreuves ou de leur notation, en méconnaissance du principe d'égalité de traitement ;

- la période de canicule n'a concerné que certaines épreuves, ce qui a créé une inégalité de fait entre les étudiants qui se sont présentés lors de la deuxième session d'examens ;

- les épreuves se sont déroulés pendant la période de canicule, faisant l'objet d'une alerte orange de Météo France dès le 17 juin 2022, sans tenir compte de la chute de productivité des candidats qu'une telle situation implique, de l'incompatibilité avec les recommandations préfectorales invitant à " préférer des activités sans efforts " et à " [se] mouiller le corps plusieurs fois par jour " et de la limitation d'accès à l'eau dans les salles d'examens ;

- lors de l'épreuve de droit de la fonction publique, le 23 juin 2022, les étudiants bénéficiant de mesures d'aménagements des épreuves ont été épiés par les fenêtres par les participants au colloque qui se tenait au même moment dans une petite cour de l'établissement.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Thalabard, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Le code de justice administrative dispose dans son article L. 511-1 que " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ". Aux termes de l'article L. 521-1 dudit code : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. M. B a déposé sa requête par l'intermédiaire de l'application " Télérecours citoyen " en cochant le carré vert correspondant aux procédures de référé, sans précision du fondement juridique de son recours, mais en demandant au tribunal de statuer, en référé, au vue de l'urgence des inscriptions pour l'année universitaire 2022-2023, sur ses conclusions tendant à l'annulation de la délibération du jury de la licence de droit de l'université de Rennes 1 le concernant. Une telle demande est manifestement irrecevable dès lors que le juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut prescrire que des mesures provisoires et qu'il ne lui appartient pas d'ordonner l'annulation d'une décision administrative.

3. A supposer même que le requérant ait entendu demander en réalité la suspension de la décision litigieuse sur le fondement des dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative, l'article R. 522-1 dudit code précise que : " A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réparation et accompagnées d'une copie de cette dernière ". La requête présentée par M. B, qui n'est assortie d'aucune requête distincte, n'est ainsi pas conforme aux dispositions précitées du code de justice administrative.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B est manifestement irrecevable et doit être rejetée selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera transmise pour information à l'université de Rennes 1.

Fait à Rennes, le 22 juillet 2022.

La juge des référés,

signé

M. C

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.