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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2204172

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2204172

vendredi 15 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2204172
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS COUDRAY

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 12 août 2022, 27 novembre 2023 et 16 mai 2024 sous le n° 2204172, C, représenté par la société d'avocats Oillic Audrain associés, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler les décisions des 20 mai et 5 août 2022 par lesquelles le maire de la commune de Languidic a prononcé son licenciement à compter du 6 septembre 2022 ainsi que, le cas échéant, la décision implicite de retrait de la décision du 20 mai 2022 intervenue le 5 août 2022 ;

2°) d'enjoindre à la commune de Languidic de le rétablir dans ses fonctions à compter du 20 mai 2022 ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Languidic la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée du 20 mai 2022 a été prise en méconnaissance des droits de la défense et du principe du contradictoire, en l'absence de tenue de l'entretien préalable prévu à l'article 42 du décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;

- à supposer que la décision attaquée du 5 août 2022 ait implicitement retiré celle du 20 mai 2022, elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- la décision attaquée du 5 août 2022 est entachée d'un vice de procédure en raison du caractère incomplet du dossier individuel qui lui a été communiqué ;

- elle est entachée d'un vice de procédure en raison de la méconnaissance des droits de la défense ;

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- la mesure de licenciement en litige est entachée d'une erreur de droit en ce que le délai de préavis qu'elle prévoit ne tient pas compte de son placement en congé de maladie et des droits à congés annuels restant à courir, de sorte que son licenciement a pris effet avant l'expiration du délai de préavis applicable ;

- elle est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle est fondée sur la perte de confiance qui ne constitue pas un élément d'appréciation de l'intérêt du service ;

- elle est entachée d'une erreur de droit en ce qu'aucune disposition législative ou règlementaire ne fait obligation à un fonctionnaire ou à un contractuel d'informer la collectivité publique auprès de laquelle il postule, de l'existence d'une enquête pénale le mettant en cause ou de la condamnation pénale dont il a fait l'objet ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 23 octobre 2023 et 16 avril 2024, la commune de Languidic, représentée par la SELARL Cabinet Coudray, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les conclusions de la requête à fin d'annulation d'une décision du 20 mai 2022 sont irrecevables dès lors qu'une telle décision n'existe pas ;

- à supposer que le requérant soit regardé comme ayant fait l'objet d'une décision de licenciement orale le 20 mai 2022, cette dernière a nécessairement été retirée et remplacée par la décision explicite du 5 août 2022, de sorte qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête à fin d'annulation de la décision du 20 mai 2022 ;

- aucun des moyens soulevés par le requérant à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision du 5 août 2022 n'est fondé.

Par une ordonnance du 17 juin 2024, la clôture de l'instruction a été prononcée au même jour.

Les parties ont été informées, par lettre du 8 octobre 2024, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête tendant à l'annulation d'une décision implicite de retrait d'une décision orale du 20 mai 2022 en raison du caractère inexistant de la décision attaquée.

Par un mémoire, enregistré le 9 octobre 2024, (PSEUDO)M. A B), représenté par la société d'avocats Oillic Audrain associés, a répondu à la communication par le tribunal du moyen susceptible d'être soulevé d'office.

Un nouveau mémoire, présenté pour M. A D, a été enregistré le 23 octobre 2024 et n'a pas été communiqué.

II. Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 24 mai 2023, 17 juin 2024 et 8 août 2024 sous le n° 2302799, E A D, représenté par la société d'avocats Oillic Audrain associés, demande au tribunal :

1°) de condamner la commune de Languidic à lui verser la somme globale de 138 074,67 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis et au titre de l'absence de perception de l'indemnité forfaitaire complémentaire pour élection en 2022, assortie des intérêts au taux légal à compter de la réception de sa demande indemnitaire préalable et augmentée du montant de la capitalisation de ces intérêts à compter du 14 mars 2024 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Languidic la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la responsabilité pour faute de la commune de Languidic est engagée compte tenu de l'illégalité de chacune des décisions dont l'annulation est demandée dans l'instance n° 2204172 ; à l'appui de la contestation de la légalité de ces décisions, il soulève les mêmes moyens que ceux, visés ci-dessus, exposés dans cette instance ;

- il a subi des préjudices en lien direct et certain avec la mesure de licenciement dont il a fait l'objet, qu'il évalue au montant total de 136 619,07 euros, soit 5 483,35 euros au titre de l'indemnité de préavis de licenciement, 1 442,16 euros au titre de la perte de revenus professionnels subie à compter du 5 septembre 2022, date de prise d'effet de son licenciement, jusqu'au 13 septembre 2022, date d'effet de l'aide au retour à l'emploi, 40 589,56 euros, déduction faite de l'aide au retour à l'emploi, au titre de la perte de revenus professionnels subie à compter de cette même date et jusqu'au 30 avril 2024, date de fin de son contrat à durée déterminée, 79 104 euros au titre de la perte de droits à pension et, enfin, 10 000 euros au titre de son préjudice moral ;

- il a également droit au paiement de l'indemnité forfaitaire complémentaire pour élection d'un montant de 1 455,60 euros dont il n'a pas bénéficié en 2022.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2024, la commune de Languidic, représentée par la SELARL Cabinet Coudray, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la décision du 20 mai 2022 invoquée par le requérant n'existe pas ;

- à supposer que M. A D soit regardé comme ayant fait l'objet d'une décision de licenciement orale le 20 mai 2022, cette dernière a nécessairement été retirée et remplacée par la décision explicite du 5 août 2022 ;

- le requérant n'établit pas l'illégalité de la décision du 5 août 2022 ;

- à titre principal, elle n'a commis aucune illégalité fautive en procédant au licenciement du requérant ;

- à titre subsidiaire, le montant du préjudice subi par M. A D au titre de l'indemnité de préavis de licenciement doit être limité à 5 483,35 euros ; le montant de son préjudice lié à la perte de revenus professionnels entre le 5 et le 13 septembre 2022 doit être ramené à de plus justes proportions, dans la limite de 1 261,89 euros ; la matérialité de son préjudice lié à la perte de revenus professionnels entre le 13 septembre 2022 et le 30 avril 2024 n'est pas établie ; la matérialité de son préjudice lié à la perte de droits à pension n'est pas établie ; ce préjudice n'est pas en lien direct et certain avec le licenciement du requérant ; tout au plus, le montant de ce préjudice doit être ramené à de plus justes proportions, dans la limite de 6 157,90 euros ; la matérialité du préjudice moral invoqué par M. A D n'est pas établie et, en tout état de cause, le montant de ce préjudice ne saurait excéder 1 000 euros.

Par une ordonnance du 13 août 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 septembre 2024.

Un mémoire, présenté pour M. A D, a été enregistré le 23 octobre 2024 et n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code civil ;

- le code général de la fonction publique ;

- la loi du 22 avril 1905 portant fixation du budget des dépenses et des recettes de l'exercice 1905 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;

- l'arrêté du 27 février 1962 relatif aux indemnités forfaitaires pour travaux supplémentaires susceptibles d'être allouées à certains fonctionnaires communaux ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme René,

- les conclusions de M. Met, rapporteur public,

- ainsi que les observations de Me Oillic, représentant M. A D et celles de Me Guillon-Coudray, représentant la commune de Languidic.

Une note en délibéré, produite pour M. A D dans chacune des deux instances, a été enregistrée le 26 octobre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. E A D a été recruté par la commune de Languidic pour occuper les fonctions de directeur général des services en vertu d'un contrat à durée déterminée conclu pour la période du 1er mai 2021 au 30 avril 2024 sur le fondement du 2° de l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale alors applicable. Le maire de cette commune a, d'abord, le 20 mai 2022 auprès des élus et des agents de la commune, puis, le 24 mai suivant sur la page Facebook de la commune, annoncé " se séparer " de M. A D. L'intéressé a été placé en arrêt de travail entre le 25 mai et le 13 septembre 2022. En parallèle, par un courrier du 11 juillet 2022, le maire de Languidic l'a informé qu'il envisageait de prononcer son licenciement dans l'intérêt du service et l'a convoqué à un entretien préalable le 5 août 2022. A l'issue de cet entretien, le maire a prononcé son licenciement à compter du 6 septembre 2022 par une décision du 5 août 2022 notifiée le même jour à l'intéressé. Le 13 mars 2023, M. A D a présenté une demande afin d'obtenir l'indemnisation des préjudices qu'il estime avoir subis ainsi que le versement de l'indemnité forfaitaire complémentaire pour élection auquel il prétend avoir droit au titre des élections organisées en 2022. Par les requêtes enregistrées sous les nos 2204172 et 2302799, M. A D demande au tribunal, respectivement, l'annulation de la mesure de licenciement dont il fait l'objet et l'indemnisation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de cette mesure qu'il estime illégale ainsi que le versement à son profit de l'indemnité forfaitaire complémentaire pour élection. Ces deux requêtes concernant le même requérant et présentant des questions semblables à juger, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation d'une décision orale du 20 mai 2022 et d'une décision implicite de retrait de cette décision orale :

2. M. A D se prévaut de l'existence d'une décision orale du 20 mai 2022 du maire de Languidic mettant un terme à leur relation contractuelle. Toutefois, s'il n'est pas contesté que le maire a annoncé le 20 mai 2022 aux élus et agents de la commune son intention de se séparer de l'intéressé, cette annonce ayant été confirmée par la publication d'un communiqué sur la page Facebook de la commune, il n'est établi par aucune pièce que l'annonce du 20 mai 2022, qui doit être regardée comme une simple déclaration d'intention, révèlerait, en elle-même, l'existence une décision de rupture du contrat à durée déterminée de M. A D, alors qu'il ressort de pièces du dossier, notamment des arrêts de travail et bulletins de paie produits en défense, que le requérant a été placé en arrêt de travail le 25 mai 2022 et maintenu en arrêt de travail rémunéré. Il s'ensuit que la mesure contestée de licenciement doit être regardée comme résultant de la seule décision expresse du maire du 5 août 2022, de sorte que les conclusions de la requête n° 2204172 à fin d'annulation de la décision orale du 20 mai 2022 sont irrecevables.

3. Eu égard à ce qui vient d'être dit et en l'absence de tout élément de nature à établir l'existence d'une décision implicite de retrait d'une décision orale du 20 mai 2022, une telle décision doit être regardée comme inexistante. Dès lors, les conclusions présentées par M. A D à fin d'annulation de cette décision implicite de retrait doivent également être rejetées comme irrecevables.

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation de la décision du 5 août 2022 :

S'agissant des moyens de légalité externe :

4. En premier lieu, aux termes de l'article 42-1 du décret du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale dans sa rédaction alors applicable : " Lorsqu[e] () l'autorité territoriale décide de licencier un agent, elle lui notifie sa décision par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou par lettre remise en main propre contre décharge. Cette lettre précise le ou les motifs du licenciement, ainsi que la date à laquelle celui-ci doit intervenir compte tenu des droits à congés annuels restant à courir et de la durée du préavis ".

5. La décision de licenciement de M. A D du 5 août 2022 est fondée sur le III de l'article 39-3 du décret du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale. Il ressort de cette décision que pour licencier le requérant dans l'intérêt du service, le maire de la commune de Languidic s'est fondé sur les agissements de l'intéressé et leur retentissement sur le fonctionnement et l'image de la commune ainsi que l'absence de transparence dont il avait fait preuve vis-à-vis des élus de la commune, ces circonstances ayant selon le maire entraîné une perte de confiance. Dans cette décision, le maire précise qu'il a été porté à sa connaissance la condamnation pénale dont M. A D a fait l'objet par le tribunal correctionnel de Nantes le 13 janvier 2022 pour des faits, commis au sein de la commune de La Remaudière, de recel de biens provenant d'atteinte à la liberté d'accès ou à l'égalité des candidats dans les marchés publics et de soustraction, détournement ou destruction de biens d'un dépôt public par le dépositaire ou un de ses subordonnés, que l'intéressé n'a à aucun moment évoqué avec lui l'existence d'une procédure pénale en cours au moment de son recrutement ou au cours de leur relation de travail, ni ne l'a informé de sa condamnation, que ces faits ont été portés à sa connaissance par la commune de la Remaudière et par voie de presse, certains articles mentionnant d'ailleurs sa qualité de directeur général des services de la commune de Languidic. Il ajoute que le 19 mai 2022, les locaux de la mairie de Languidic ont fait l'objet d'une perquisition par les services de gendarmerie en vue d'obtenir des éléments relatifs aux marchés publics dans le cadre d'une enquête portant sur son parcours professionnel dans les secteurs privé et public, qu'il a à cette occasion été interrogé par les services de gendarmerie sur ces points et que l'enquête de gendarmerie est toujours en cours. La mesure de licenciement en litige comporte ainsi avec suffisamment de précisions les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Il s'ensuit que le moyen tiré du caractère insuffisamment motivé de cette décision doit être écarté.

6. En deuxième lieu, en vertu de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905, un agent public faisant l'objet d'une mesure prise en considération de sa personne, qu'elle soit ou non justifiée par l'intérêt du service, doit être mis à même d'obtenir communication de son dossier. En outre, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces des dossiers qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.

7. En l'espèce, ainsi que le fait valoir M. A D, il ressort du procès-verbal de communication de son dossier que ce dossier ne comportait aucune pièce concernant, d'une part, l'information de la commune de Languidic, par la commune de La Remaudière, quant à la condamnation pénale du 13 janvier 2022 et les articles de presse mentionnés dans la décision attaquée, d'autre part, l'acte d'ouverture d'une enquête préliminaire à l'encontre du requérant et la perquisition réalisée à la mairie de Languidic le 19 mai 2022.

8. Il ressort toutefois de la lettre du 11 juillet 2022 par laquelle le maire de Languidic a informé M. A D qu'il envisageait de prononcer son licenciement dans l'intérêt du service que le maire a, dans cette lettre, justifié la perte de confiance à l'égard de l'intéressé tant par la condamnation pénale précitée prononcée à son encontre le 13 janvier 2022 que par la circonstance que, le 19 mai 2022, la mairie de Languidic a fait l'objet, dans le cadre d'une enquête pénale portant sur le parcours professionnel de M. A D dans les secteurs privé et public, d'une perquisition par les services de gendarmerie en vue d'obtenir des éléments relatifs aux marchés publics, la lettre précisant que le maire avait, à cette occasion, été interrogé par les gendarmes sur ces points et que l'enquête de gendarmerie était toujours en cours. Le requérant a ainsi eu, par ce courrier, connaissance de la teneur des faits portés à la connaissance de la commune de Languidic susceptibles de motiver la perte de confiance fondant le licenciement dans l'intérêt du service en litige.

9. Il ressort des pièces des dossiers, notamment des courriels échangés entre le conseil de la commune de Languidic et le tribunal judiciaire de Lorient en janvier 2024 concernant l'enquête pénale en cours, que la commune n'a pas eu accès aux pièces de cette procédure pénale, y compris à celles relatives à la perquisition du 19 mai 2022, de sorte qu'aucune pièce de ce dossier pénal n'a pu être jointe au dossier de M. A D. De plus, si le jugement du tribunal correctionnel de Nantes du 13 janvier 2022 n'a pas été versé au dossier communiqué au requérant, ce dernier avait nécessairement déjà connaissance de ce jugement. Les articles de presse invoqués par le maire dans la décision attaquée, produits à l'instance, portent en outre précisément sur ce jugement et ils ne fondent pas en eux-mêmes la décision attaquée. Il ne ressort par ailleurs d'aucune des pièces des dossiers que la commune de La Remaudière aurait écrit à la commune de Languidic au sujet de la situation de M. A D, la commune de Languidic se prévalant seulement d'échanges oraux. Enfin, il ne ressort pas des pièces des dossiers et il n'est pas même allégué que l'intéressé aurait sollicité le maire de la commune de Languidic pour obtenir des pièces complémentaires préalablement à son licenciement.

10. Il résulte de l'ensemble de ces considérations qu'en tout état de cause, le caractère incomplet de son dossier dont se prévaut M. A D n'a pas été susceptible de le priver d'une garantie, ni d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision en litige. Le moyen tiré de l'irrégularité résultant du caractère incomplet de son dossier individuel doit dès lors être écarté.

11. En dernier lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit que le requérant a été mis en mesure, par les éléments d'information dont il a eu connaissance, de préparer utilement sa défense préalablement à l'intervention de la décision attaquée. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des droits de la défense doit être écarté.

S'agissant des moyens de légalité interne :

12. Aux termes de l'article 39-3 du décret du 15 février 1988 : " I. - Sans préjudice des dispositions relatives au licenciement pour faute disciplinaire, pour insuffisance professionnelle ou pour inaptitude physique, le licenciement d'un agent contractuel recruté sur un emploi permanent conformément à l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée peut être notamment justifié par l'un des motifs suivants : 1° La disparition du besoin ou la suppression de l'emploi qui a justifié le recrutement de l'agent ; 2° La transformation du besoin ou de l'emploi qui a justifié le recrutement, lorsque l'adaptation de l'agent au nouveau besoin n'est pas possible ; 3° Le recrutement d'un fonctionnaire lorsqu'il s'agit de pourvoir un emploi soumis à la règle énoncée à l'article 3 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée ; 4° Le refus par l'agent d'une modification d'un élément substantiel du contrat proposée dans les conditions prévus à l'article 39-4 ; 5° L'impossibilité de réemploi de l'agent, dans les conditions prévues à l'article 33, à l'issue d'un congé sans rémunération. () III. - Les agents nommés dans l'un des emplois mentionnés à l'article 47 de la même loi peuvent également être licenciés dans l'intérêt du service. "

13. En premier lieu, aux termes de l'article L. 412-6 du code général de la fonction publique, dont les dispositions sont issues de l'article 53 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale antérieurement en vigueur : " Les emplois fonctionnels de direction de la fonction publique territoriale sont pourvus par voie de détachement. / Cette modalité de nomination s'applique aux emplois fonctionnels suivants : / () / 2° Directeur général des services, directeur général adjoint des services des communes de plus de 2 000 habitants ; / () ".

14. Pour apprécier le bien-fondé du licenciement d'un agent contractuel, le juge vérifie non seulement qu'il ne repose pas sur un motif matériellement inexact ou une erreur de droit, et n'est pas entaché de détournement de pouvoir, mais contrôle également le bien-fondé du motif invoqué, au regard notamment du comportement de l'agent ou de l'intérêt du service. A cet égard, lorsque cet agent occupe un emploi fonctionnel mentionné à l'article 53 de la loi du 26 janvier 1984 dont les dispositions ont été reprises par l'article L. 412-6 du code général de la fonction publique, la circonstance qu'il ne dispose plus de la part de l'autorité territoriale de la confiance nécessaire au bon accomplissement de ses missions peut légalement justifier qu'il soit, pour ce motif, déchargé de ses fonctions.

15. Il résulte des principes énoncés au point précédent que, eu égard à l'importance du rôle des titulaires des emplois fonctionnels mentionnés à l'article L. 412-6 du code général de la fonction publique et à la nature particulière des responsabilités qui leur incombent, le fait pour le directeur général des services d'une commune de s'être trouvé placé dans une situation ne lui permettant plus de disposer de la part de l'autorité territoriale de la confiance nécessaire au bon accomplissement de ses missions peut légalement justifier qu'il soit, pour ce motif, déchargé de ses fonctions, y compris lorsque l'emploi est occupé par un agent contractuel recruté en vertu du 2° de l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale antérieurement applicable. Il en résulte que le maire de Languidic a pu, sans commettre d'erreur de droit, se fonder sur le motif tiré de la perte de confiance pour licencier M. A D dans l'intérêt du service sur le fondement des dispositions précitées de l'article 39-3 du décret du 15 février 1988.

16. En cinquième lieu, il ressort des pièces des dossiers que M. A D, doté d'une expérience conséquente auprès de collectivités territoriales, a été condamné par le tribunal correctionnel de Nantes, le 13 janvier 2022, à une peine de huit mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits commis entre 2011 et 2014 en lien avec des contrats conclus entre la commune de la Remaudière et la société SARL Consulting privé public Fidelia consulting dont il était le gérant, de recel de biens provenant d'atteinte à la liberté d'accès ou à l'égalité des candidats dans les marchés publics et de soustraction, détournement ou destruction de biens d'un dépôt public par le dépositaire ou l'un de ses subordonnés. Cette condamnation, assortie de la privation de son droit d'éligibilité pour une durée de cinq ans, n'a pas fait l'objet d'une mention au bulletin n° 2 de son casier judiciaire. La commune de Languidic indique qu'elle a eu connaissance de cette condamnation par la commune de la Remaudière et qu'elle a trouvé sur internet des articles de presse sur ce jugement du tribunal correctionnel de Nantes. Une fois cette condamnation portée à sa connaissance le maire de Languidic s'est entretenu avec M. A D en mars 2022, sans qu'une procédure soit alors engagée vis-à-vis de l'intéressé. Il ressort toutefois des pièces des dossiers, notamment des courriels échangés en cours d'instance entre le conseil de la commune de Languidic et le tribunal judiciaire de Lorient, qu'environ deux mois plus tard, le 19 mai 2022, une perquisition a été réalisée dans les locaux de la mairie de Languidic à l'occasion d'une procédure pénale mettant en cause M. A D, laquelle était toujours en cours en janvier 2024. Eu égard tant à la condamnation pénale dont il a fait l'objet en janvier 2022 et indépendamment de l'ancienneté des faits ayant justifié cette condamnation ainsi que de ses compétences professionnelles, qu'à la perquisition effectuée à la mairie de Languidic et l'information reçue par son maire de l'existence d'une nouvelle enquête pénale mettant en cause le directeur général des services de cette commune, le maire de la commune de Languidic a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, retenir, pour prononcer le licenciement de M. A D en invoquant l'intérêt du service, l'existence d'une perte de la confiance nécessaire au bon accomplissement de ses missions en raison de ses agissements et de leur retentissement sur le fonctionnement et l'image de la commune.

17. En sixième lieu, à supposer même que la circonstance que M. A D se serait abstenu d'informer la commune de Languidic de sa condamnation pénale et de l'existence d'une enquête en cours ne puisse légalement justifier la perte de confiance invoquée par le maire de cette commune dans la décision attaquée, il résulte de l'instruction que ce dernier aurait pris la même décision en se fondant uniquement sur les autres circonstances de fait mentionnées dans cette décision et rappelées au point précédent.

18. En dernier lieu, aux termes de l'article 40 du décret du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale : " () l'agent qui, engagé par contrat à durée déterminée, est licencié avant le terme de son contrat, a droit à un préavis qui est de : () / - un mois pour l'agent qui justifie auprès de l'autorité qui l'a recruté d'une ancienneté de services égale ou supérieure à six mois et inférieure à deux ans ; / () / Pour la détermination de la durée du préavis, l'ancienneté est décomptée jusqu'à la date d'envoi de la lettre de notification du licenciement. () / La date de présentation de la lettre recommandée notifiant le licenciement ou la date de remise en main propre de la lettre de licenciement fixe le point de départ du préavis. / () ". Aux termes de l'article 42-1 du même décret : " Lorsqu'à l'issue de l'entretien (), l'autorité territoriale décide de licencier un agent, elle lui notifie sa décision par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou par lettre remise en main propre (). Cette lettre précise le ou les motifs du licenciement, ainsi que la date à laquelle celui-ci doit intervenir compte tenu des droits à congés annuels restant à courir et de la durée du préavis. "

19. Il résulte de ces dispositions que l'agent non titulaire de la fonction publique territoriale recruté pour une durée déterminée ne peut être légalement licencié avant le terme de son contrat par l'autorité territoriale compétente qu'après un préavis, sauf si le licenciement est prononcé pour des motifs disciplinaires ou au cours ou à l'expiration d'une période d'essai. La méconnaissance de ce délai n'est pas de nature à entraîner l'annulation totale de la décision de licenciement, mais la rend seulement illégale en tant qu'elle prend effet avant l'expiration du délai de préavis applicable.

20. Si aucune disposition législative ou règlementaire n'interdit de prononcer le licenciement d'un agent public du seul fait qu'il est en congé de maladie, le préavis de licenciement ne peut néanmoins être tenu pour accompli pendant un tel congé.

21. En l'espèce, il ressort des pièces des dossiers et il n'est pas contesté que, compte tenu de l'ancienneté de service de M. A D, la durée de préavis applicable à sa situation était d'un mois. La décision attaquée du 5 août 2022, notifiée le jour même en mains propres à M. A D, prévoit une prise d'effet de son licenciement le 6 septembre 2022.

22. Contrairement à ce que soutient M. A D, il ressort des termes de la décision en litige que le maire de la commune de Languidic a pris en compte les droits à congés annuels restant à courir pour la fixation du délai de préavis ainsi que le prévoit l'article 42-1 du décret du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale. La décision attaquée précise à cet égard que l'intéressé ne disposait pas de congés annuels. Le requérant n'apporte d'ailleurs aucun élément de nature à démontrer qu'il n'avait pas épuisé ses droits à congés à la date de cette décision.

23. En revanche, la même décision, notifiée le 5 août 2022, prévoit une prise d'effet du licenciement de M. A D le 6 septembre 2022 alors que son congé de maladie ordinaire avait été prolongé du 4 août 2022 au 13 septembre suivant inclus. Dans ces conditions, il résulte du principe énoncé au point 20 du présent jugement que la décision attaquée est illégale en tant qu'elle prévoit que ce licenciement prendra effet avant l'expiration du délai de préavis d'un mois lequel n'a en l'espèce commencé à courir que le 14 septembre 2022.

24. Il résulte de tout ce qui précède que la décision attaquée du 5 août 2022 est illégale en tant seulement qu'elle prévoit que le licenciement du requérant prendra effet avant le 14 octobre 2022.

Sur les conclusions à fin d'injonction dans l'instance n° 2204172 :

25. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête à fin d'annulation de la décision du 20 mai 2022 invoquée par M. A D n'implique pas qu'il soit enjoint à la commune de Languidic de le rétablir dans ses fonctions à compter du 20 mai 2022. Il s'ensuit que ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité :

26. A l'appui de ses conclusions indemnitaires, M. A D se prévaut des mêmes illégalités que celles invoquées dans sa requête n° 2204172 à l'appui de ses conclusions présentées contre une décision de licenciement du 20 mai 2022, une décision implicite de retrait de cette décision et la décision de licenciement du 5 août 2022. Dans ces conditions, et alors que le requérant ne démontre pas davantage l'existence de la décision du 20 mai 2022 et de la décision implicite de retrait dans l'instance n° 2302799, il n'est fondé, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 2 à 23 du présent jugement, qu'à soutenir que la décision de licenciement du 5 août 2022 est entachée d'une erreur de droit en ce que le délai de préavis qu'elle prévoit ne tient pas compte de son placement en congé de maladie ordinaire prolongé en dernier lieu le 4 août 2022 jusqu'au 13 septembre suivant inclus. Il s'ensuit que la responsabilité de la commune de Languidic doit seulement être engagée au titre de cette illégalité fautive.

En ce qui concerne les préjudices :

S'agissant des préjudices en lien avec l'illégalité de la décision de licenciement :

27. En premier lieu, l'agent non titulaire ayant été illégalement privé du bénéfice de tout ou partie du préavis a droit à une indemnité correspondant au préjudice résultant de cette privation, dont il revient au juge administratif, saisi de conclusions à cette fin, de fixer le montant.

28. Il résulte de l'instruction que le préavis de licenciement de M. A D n'aurait dû commencer à courir que le 14 septembre 2022 compte tenu de son placement en congé de maladie ordinaire jusqu'au 13 septembre 2022 inclus alors que son licenciement a pris effet dès le 6 septembre 2022 en vertu de la décision de licenciement du 5 août 2022. M. A D demande le versement d'une indemnité d'un montant de 5 483,35 euros correspondant au salaire qu'il aurait dû percevoir sur la période d'un mois équivalant au délai de préavis de licenciement dont il n'a pas bénéficié entre le 14 septembre et le 13 octobre 2022. Le montant sollicité par M. A D à ce titre, qui n'est pas contesté en défense, est cohérent avec les pièces produites, notamment les fiches de paie. Il ne résulte par ailleurs pas de l'instruction que M. A D aurait retrouvé un emploi dans le mois suivant la prise d'effet du licenciement prévue par la décision du 5 août 2022. Il s'ensuit que le montant de l'indemnité correspondant au préjudice subi par le requérant résultant de la privation du délai de préavis de licenciement, qui couvre également le montant qu'il demande au titre de la perte de revenus sur la même période, doit être évalué à 5 483,35 euros, sans qu'il y ait lieu d'en déduire le montant de l'allocation de retour à l'emploi perçue par le requérant au cours de la période en cause.

29. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article 7 du décret du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale : " L'agent contractuel en activité bénéficie, sur présentation d'un certificat médical, de congés de maladie pendant une période de douze mois consécutifs ou, en cas de service discontinu, au cours d'une période comprenant trois cents jours de services effectifs, dans les limites suivantes : 1° Après quatre mois de services, un mois à plein traitement et un mois à demi-traitement ; 2° Après deux ans de services, deux mois à plein traitement et deux mois à demi-traitement ; 3° Après trois ans de services, trois mois à plein traitement et trois mois à demi-traitement ". La durée de service s'entend du service accompli auprès de la collectivité qui emploie l'agent à la date du congé de maladie ordinaire.

30. Il résulte de ces dispositions que, dans le cas où l'agent contractuel justifie d'une durée de service égale à plus de quatre mois et jusqu'à deux ans à compter de la date de son placement en congé de maladie ordinaire, comme c'est le cas en l'espèce, il bénéficie, pendant sa période de congé de maladie, d'un mois à plein traitement et d'un mois à demi-traitement, les mois suivants ne donnant lieu au versement d'aucun traitement. Ainsi, dès lors qu'il est constant que M. A D a été placé en congé de maladie ordinaire du 25 mai au 13 septembre 2022 inclus, il n'avait plus droit à aucun traitement pour ce qui concerne la période du 6 au 13 septembre 2022. Dans ces conditions, il n'est pas établi que la méconnaissance du délai de préavis en litige aurait induit une perte de revenus sur cette période.

31. D'autre part, au regard de la seule illégalité fautive retenue au point 26 et compte tenu de l'indemnité allouée par le présent jugement au titre du préjudice subi par le requérant résultant de la privation du délai de préavis de licenciement, le préjudice lié à la perte de revenus pour la période du 14 septembre au 13 octobre 2022 doit être regardé comme intégralement réparé par le versement de cette indemnité. Quant au préjudice lié à la perte de revenus pour la période suivante du 14 octobre 2022 au 30 avril 2024, il ne peut être regardé comme étant en lien direct et certain avec la faute commise par la commune de Languidic, de sorte que M. A D n'est pas fondé à en demander l'indemnisation.

32. En troisième lieu, au regard de la seule illégalité fautive retenue par le présent jugement, M. A D n'établit pas davantage l'existence d'un préjudice lié à la perte de ses droits à pension en lien direct et certain avec la faute commise par la commune de Languidic.

33. En dernier lieu, si le requérant invoque un préjudice moral lié aux " conditions dans lesquelles [il] a été licencié le 20 mai 2022 " qui ont selon lui justifié son arrêt de travail du 25 mai au 13 septembre 2022, ce préjudice n'est également pas directement en lien avec la méconnaissance par le maire de la commune de Languidic des dispositions réglementaires relatives au délai de préavis dans sa décision du 5 août 2022. En conséquence, ce préjudice ne peut être indemnisé.

S'agissant de l'absence de paiement de l'indemnité forfaitaire complémentaire pour élection :

34. Aux termes de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Les organes délibérants des collectivités territoriales () fixent les régimes indemnitaires, dans la limite de ceux dont bénéficient les différents services de l'Etat ". Selon l'article 5 de l'arrêté du 27 février 1962 relatif aux indemnités forfaitaires pour travaux supplémentaires susceptibles d'être allouées à certains fonctionnaires communaux : " Lorsque, à l'occasion de consultations électorales, il aura été exceptionnellement fait appel à des agents non admis au bénéfice d'indemnités horaires pour travaux supplémentaires, le conseil municipal pourra allouer aux intéressés, dans la limite des crédits ouverts ou rattachés à cet effet au budget de chaque collectivité, une indemnité forfaitaire complémentaire, dont le montant sera calculé au prorata du temps consacré auxdites opérations en dehors des heures normales de service () ".

35. Si M. A D fait valoir qu'il n'a pas bénéficié de l'indemnité forfaitaire complémentaire à l'occasion des deux tours des élections présidentielles qui se sont tenues les 10 et 24 avril 2022, il ne démontre pas, ainsi que le soutient la commune de Languidic en défense, avoir effectué des heures de travail lors de ce scrutin. Dans ces conditions, et alors en tout état de cause que l'attribution d'une telle indemnité relève d'une simple faculté donnée au conseil municipal par les dispositions citées au point précédent et qu'il n'est pas établi qu'une délibération aurait été prise par le conseil municipal de Languidic en ce sens pour le scrutin concerné, le requérant n'est pas fondé à demander la condamnation de la commune de Languidic à lui verser une somme au titre de l'indemnité forfaitaire complémentaire prévue par les dispositions précitées de l'article 5 de l'arrêté du 27 février 1962.

36. Il résulte de tout ce qui précède que la commune de Languidic doit seulement être condamnée à verser à M. A D une indemnité d'un montant de 5 483,35 euros en réparation de son préjudice résultant de la privation du délai de préavis de licenciement et de la perte de revenus consécutive.

Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :

37. M. A D a droit, en application de l'article 1231-6 du code civil, aux intérêts au taux légal sur la somme de 5 483,35 euros à compter du 13 mars 2023, date de réception par la commune de Languidic de sa demande préalable indemnitaire.

38. Par ailleurs, M. A D a demandé la capitalisation des intérêts le 24 mai 2023, date de l'enregistrement de la requête n° 2302799. En application de l'article 1343-2 du code civil, il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 13 mars 2024, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les frais liés au litige :

39. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à la charge de chaque partie les frais d'instance non compris dans les dépens exposés au titre des présentes instances.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du maire de la commune de Languidic du 5 août 2022 portant licenciement de M. A D est annulée en tant qu'elle prévoit que ce licenciement prendra effet avant le 14 octobre 2022.

Article 2 : La commune de Languidic est condamnée à verser à M. A D une indemnité de 5 483,35 euros. Cette somme portera intérêt à compter du 13 mars 2023. Les intérêts échus à la date du 13 mars 2024, puis à chaque échéance annuelle successive, seront capitalisés pour porter eux-mêmes intérêts.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à E A D et à la commune de Languidic.

Délibéré après l'audience du 25 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Labouysse, président,

M. Bouju, premier conseiller,

Mme René, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 novembre 2024.

La rapporteure,

signé

C. René

Le président,

signé

D. Labouysse

La greffière,

signé

C. Salladain

La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2204172, 2302799

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