LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2204394

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2204394

vendredi 27 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2204394
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSELARL ARES

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Rennes a rejeté la requête de M. et Mme D qui demandaient l'annulation d'un permis de construire délivré par le maire d'Arzon pour la démolition partielle et la reconstruction d'une maison individuelle. Les requérants contestaient notamment le caractère incomplet du dossier de demande et la méconnaissance des dispositions du code de l'urbanisme relatives à la bande littorale des cent mètres (article L. 121-16). Le tribunal a jugé que le projet se situe dans un espace urbanisé au sens de cet article, caractérisé par une densité significative de constructions, et que les autres moyens soulevés n'étaient pas fondés. En conséquence, la demande d'annulation a été rejetée, de même que les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 30 août 2022, 30 janvier 2023 et 19 septembre 2024, M. et Mme C et G D, représentés par la SARL Martin avocats, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 mai 2022 par lequel le maire de la commune d'Arzon a délivré à M. B F et à Mme E A un permis de construire pour la démolition partielle d'une maison individuelle et la construction d'une nouvelle maison individuelle sur les parcelles cadastrées section AX nos 138 et 139 situées 11 rue du Tréno à Arzon, la décision implicite rejetant leur recours gracieux, ainsi que les arrêtés portant permis de construire modificatif des 6 octobre 2022, 10 février 2023 et 13 février 2024 ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Arzon la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils justifient de leur intérêt à agir ;

- l'arrêté attaqué du 10 mai 2022 est illégal en raison du caractère incomplet et erroné du dossier de demande de permis de construire au regard des a) et d) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme, de l'étendue de la démolition du bâtiment existant prévue et de l'insertion du projet dans son environnement ; les pétitionnaires ont volontairement induit en erreur l'autorité administrative quant au niveau du terrain naturel par plusieurs mentions erronées sur les plans de coupe de la construction envisagée et la déclaration relative à l'absence de démolition du garage et d'une terrasse en bois est mensongère, le projet prévoyant en réalité leur reconstruction ;

- le caractère incomplet du dossier de demande de permis de construire ne permet pas d'apprécier le respect des dispositions de l'article Ua 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Arzon ;

- l'arrêté attaqué du 6 octobre 2022 doit être annulé par voie de conséquence de l'annulation de l'arrêté du 10 mai 2022 ;

- les arrêtés attaqués des 10 mai 2022 et 6 octobre 2022 méconnaissent les dispositions des articles N1 et N2 du même règlement ;

- les arrêtés attaqués des 10 mai 2022, 6 octobre 2022 et 13 février 2024 méconnaissent les dispositions de l'article Ua10 de ce règlement ;

- les arrêtés attaqués des 10 mai 2022, 6 octobre 2022, 10 février 2023 et 13 février 2024 méconnaissent les dispositions de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 28 novembre 2022 et 3 septembre 2024, la commune d'Arzon, représentée par la SELARL Cabinet Coudray, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 28 février et 7 novembre 2024, M. B F et Mme E A, représentés par la SELARL Ares, concluent au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent qu'aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme René,

- les conclusions de M. Met, rapporteur public,

- et les observations de Me Laville-Colomb, représentant M. D, de Me Hauuy, représentant la commune d'Arzon, ainsi que celles de Me Le Derf-Daniel, représentant M. F et Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Le 18 février 2022, M. B F et Mme E A ont déposé une demande de permis de construire pour la démolition partielle d'une maison individuelle et la construction d'une nouvelle maison individuelle sur les parcelles cadastrées section AX nos 138 et 139 situées 11 rue du Tréno sur le territoire de la commune d'Arzon (Morbihan). Par un arrêté du 22 mai 2022, le maire de cette commune leur a délivré le permis de construire sollicité. Par lettre du 8 juin 2022, M. et Mme C et G D ont déposé un recours gracieux contre cet arrêté, lequel a été implicitement rejeté. Par arrêtés des 6 octobre 2022, 10 février 2023 et 13 février 2024, le maire de la commune d'Arzon a successivement délivré à M. F et Mme A trois permis de construire modificatifs. M. et Mme D demandent au tribunal l'annulation de l'ensemble de ces décisions. Par ordonnance n° 2300522 du 16 février 2023, le juge des référés du tribunal administratif de Rennes a suspendu l'exécution de l'arrêté du 10 mai 2022, modifié les 6 octobre 2022 et 10 février 2023, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme : " En dehors des espaces urbanisés, les constructions () sont interdites sur une bande littorale de cent mètres à compter de la limite haute du rivage () ". Il résulte de ces dispositions que ne peuvent déroger à l'interdiction de toute construction sur la bande littorale des cent mètres que les projets réalisés dans des espaces urbanisés, lesquels sont caractérisés par un nombre et une densité significatifs de constructions, et à la condition que ces projets n'entraînent pas une densification significative de ces espaces. L'espace à prendre en considération pour déterminer si un projet de construction concerne un espace urbanisé au sens de ces dispositions est constitué par l'ensemble des espaces entourant le sol sur lequel doit être édifiée la construction envisagée ou proche de celui-ci, quels qu'en soient les propriétaires. De plus, un espace compris au sein d'une agglomération ou d'un village existant au sens du premier alinéa de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme constitue un espace urbanisé au sens de l'article L. 121-16 de ce code.

3. Le rapport de présentation du plan local d'urbanisme (PLU) d'Arzon ne délimite qu'une agglomération sur le territoire communal qui " s'étire depuis la Pointe de Port Navalo jusqu'au Crouesty ", cette agglomération étant par ailleurs identifiée par le document d'orientation et d'objectifs du schéma de cohérence territoriale du Golfe du Morbihan - Vannes agglomération. Il n'y identifie aucun village.

4. Alors même que le secteur bâti du Monteno classé en zone Uab par le règlement du PLU de la commune d'Arzon qui borde le terrain d'assiette du projet, également classé en zone Uab, comprend environ 80 constructions réparties sur une superficie d'environ 16 680 m2 et à supposer même que ce secteur bâti puisse être regardé comme situé en continuité de l'agglomération telle qu'elle est localisée par le PLU de la commune d'Arzon, il ressort des pièces du dossier, notamment du formulaire cerfa de la demande de permis de construire initial, que l'unité foncière constituant l'assiette du projet en litige, composée des parcelles cadastrées section AX nos 138 et 139, est comprise dans son intégralité dans la bande littorale des cent mètres sur laquelle elle s'ouvre à l'ouest, seules deux autres constructions étant implantées entre ce terrain et le rivage. L'unité foncière en cause, qui représente à elle seule une surface totale de 1 761 m2, ne supporte qu'une maison d'habitation de 60 m2 de surface de plancher implantée sur la parcelle cadastrée section AX n° 138, maison dont le projet litigieux prévoit la démolition et sa substitution par une construction d'une surface de plancher initialement de 173 m2, portée respectivement à 158 m2 puis 154 m2 par les permis de construire modificatifs des 6 octobre 2022 et 13 février 2024. Cette construction est séparée, au nord, au sud et à l'est, des autres constructions de premier rang situées aux droits des rues du Treno et du Port Douar, par des jardins en longueur non bâtis. Dans ces conditions, le terrain d'assiette du projet ne peut être regardé comme compris dans un espace urbanisé au sens de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme, caractérisé par un nombre et une densité significatifs de constructions, de sorte que le maire de la commune d'Arzon ne pouvait déroger à l'interdiction de toute construction sur ce terrain situé dans la bande littorale des cent mètres. M. et Mme D sont, par suite, fondés à soutenir que les arrêtés attaqués des 10 mai 2022, 6 octobre 2022, 10 février 2023 et 13 février 2024 ont été pris en méconnaissance des dispositions de cet article.

5. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation des arrêtés attaqués.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les arrêtés des 10 mai 2022, 6 octobre 2022, 10 février 2023 et 13 février 2024 doivent être annulés sans qu'il y ait lieu de faire application des articles L. 600-5 ou L. 600-5-1 du code de l'urbanisme dès lors que le vice relatif à la méconnaissance, par le projet qu'ils autorisent, des dispositions de l'article L. 121-16 du même code, n'est pas régularisable par un nouveau permis de construire modificatif. La décision implicite rejetant le recours gracieux de M. et Mme D doit également être annulée par voie de conséquence.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge des requérants, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme à la commune d'Arzon ou à M. F et Mme A au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune d'Arzon le versement de la somme globale de 1 500 euros à M. et Mme D en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : Les arrêtés du maire de la commune d'Arzon des 10 mai 2022, 6 octobre 2022, 10 février 2023 et 13 février 2024 ainsi que la décision implicite rejetant le recours gracieux de M. et Mme D sont annulés.

Article 2 : La commune d'Arzon versera à M. et Mme D la somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions présentées par la commune d'Arzon ainsi que par M. F et Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C et G D, à la commune d'Arzon, ainsi qu'à M. B F et Mme E A.

Une copie du présent jugement sera transmise au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Vannes en application de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.

Délibéré après l'audience du 13 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Labouysse, président,

M. Bouju, premier conseiller,

Mme René, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 décembre 2024.

La rapporteure,

signé

C. René

Le président,

signé

D. Labouysse

La greffière,

signé

C. Salladain

La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions