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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2204406

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2204406

vendredi 25 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2204406
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 août 2022, M. C B, représenté par Me Le Strat, demande au tribunal :

1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 30 mars 2022 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a déterminé le pays à destination duquel il sera, le cas échéant, renvoyé ;

2°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen complet de sa situation ;

- il a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière, à défaut pour le préfet de justifier de la régularité de l'avis émis par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- la décision de refus de titre de séjour est entachée d'une erreur de droit, le préfet, qui refuse que les demandeurs de titre de séjour lui transmettent des documents médicaux, s'étant estimé lié par l'appréciation du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du 9° de l'article L. 611-3 du même code ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision fixant le pays de renvoi doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 octobre 2022, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 juin 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'avis rendu par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- et les observations de Me Le Strat, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant guinéen né le 29 septembre 1995, est entré sur le territoire français le 23 septembre 2018. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 28 juin 2019, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 8 juin 2021. Le 16 septembre 2021, M. B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en raison de son état de santé. Par un arrêté du 30 mars 2022 dont le requérant demande l'annulation, le préfet d'Ille-et-Vilaine a rejeté sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a déterminé le pays à destination duquel il sera, le cas échéant, renvoyé.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, il ressort des décisions attaquées qu'elles comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le support, notamment s'agissant de l'état de santé de M. B ainsi que de sa situation personnelle et familiale. Ainsi le moyen tiré de l'insuffisante motivation de ces décisions doit être écarté.

3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment de la motivation des décisions attaquées, que le préfet d'Ille-et-Vilaine a procédé à un examen suffisamment approfondi de la situation personnelle du requérant. En particulier, il n'est pas établi ni même allégué que M. B aurait informé le préfet de la grossesse de sa concubine, les documents produits à l'instance pour en justifier étant d'ailleurs postérieurs à l'arrêté attaqué. Par ailleurs, le préfet ne peut, en raison du secret médical, exiger des demandeurs de titre de séjour au titre de leur état de santé qu'ils lui transmettent des informations médicales. Si la notice explicative émanant de la préfecture d'Ille-et-Vilaine expliquant la procédure à suivre pour déposer notamment une telle demande de titre de séjour, qui précise les pièces devant composer le dossier à transmettre à la direction territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, indique qu'" aucune information médicale ou aucun certificat médical ne doivent être donnés à la préfecture ", cette circonstance ne saurait en elle-même caractériser un défaut d'examen de la situation personnelle de M. B, lequel n'allègue en tout état de cause pas détenir des documents médicaux dont le préfet aurait refusé de tenir compte dans le cadre de l'instruction de sa demande. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut d'examen complet de la situation du requérant doit être écarté.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. / Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. () ". Aux termes de l'article R. 425-11 de ce code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. ". Aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. () ". Enfin, il est prévu à l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'avis rendu par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration est émis " conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. Cet avis mentionne les éléments de procédure. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège. ".

5. Le préfet d'Ille-et-Vilaine justifie, par les pièces qu'il produit, que l'avis rendu le 17 janvier 2022 par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a été signé par les trois médecins composant ce collège et dont l'identité y est précisée. Cet avis comporte l'ensemble des mentions prévues par les dispositions citées au point précédent, notamment celles relatives à l'état de santé de l'intéressé, la gravité d'un défaut de soins en France, la possibilité de soins dans son pays et la possibilité de voyager sans risques. Le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure en raison du caractère irrégulier de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration doit dès lors être écarté.

6. En quatrième lieu, la circonstance que le préfet d'Ille-et-Vilaine se serait approprié les éléments résultant de l'avis du collège des médecins n'est pas de nature à établir qu'il se serait senti lié par cet avis. Ainsi, et alors au demeurant qu'il n'est pas établi ni même allégué par M. B qu'il détiendrait des documents médicaux qu'il n'aurait pas pu transmettre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ou au préfet postérieurement à l'intervention de l'avis du collège des médecins, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait méconnu sa compétence ou que l'arrêté attaqué en litige serait entaché d'une erreur de droit à cet égard.

7. En cinquième lieu, sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. La partie qui justifie d'un avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi, ainsi que l'effectivité de l'accès à ce traitement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

8. En l'espèce, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet d'Ille-et-Vilaine a estimé, comme le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration dans son avis, que l'état de santé de M. B nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et que son état de santé lui permettait de voyager sans risque vers son pays d'origine. Il ressort des documents médicaux produits par M. B que des analyses médicales réalisées le 6 janvier 2020 ont révélé que ce dernier souffre, en particulier, d'une hépatite B chronique avec un profil de portage inactif sans signe de maladie chronique du foie, nécessitant une surveillance des transaminases et de la charge virale tous les trois mois pendant un an puis une fois par an, ainsi qu'une nouvelle consultation médicale deux ans plus tard, sauf évènement intercurrent dont ne se prévaut pas le requérant. Ces documents ne permettent pas de contredire l'avis du collège de médecins quant à l'absence de conséquences d'une exceptionnelle gravité qui serait de nature à entraîner un défaut de prise en charge médicale. Il s'ensuit que les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

9. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ".

10. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 8 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

11. En septième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

12. M. B fait état de ce qu'il n'aurait plus d'attaches dans son pays d'origine, ayant été renié par sa famille en raison de sa conversion au christianisme, qu'il aurait noué en France des liens forts avec les autres fidèles de sa paroisse au sein de laquelle il s'investirait. Il ajoute qu'il sera bientôt le père d'un enfant issu de son union avec sa concubine qui résiderait en France et n'aurait pas vocation à retourner en Guinée. Il ressort toutefois des pièces du dossier que cette dernière, dont le nom figure sur l'acte de reconnaissance de paternité établi le 28 avril 2022, a également fait l'objet d'une décision l'obligeant à quitter le territoire français le 1er février 2021 et il ne ressort pas des pièces du dossier que le couple ne pourrait pas élever leur enfant dans un autre pays, notamment en Guinée. Il n'est au demeurant pas établi, à cet égard, que l'enfant à naître serait une fille et qu'elle encourrait de ce fait un risque d'excision en Guinée. Il ressort en outre de la fiche de situation produite en défense et il n'est pas contesté que M. B a déclaré, dans sa demande de titre de séjour déposée le 16 septembre 2021, avoir une autre concubine et deux enfants mineurs de six et huit ans résidant à l'étranger. Le requérant ne justifie par ailleurs pas d'un investissement particulier au sein de sa paroisse, ni d'autres liens personnels d'une particulière intensité en France. Dans ces conditions, le préfet d'Ille-et-Vilaine n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris les décisions attaquées et les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent, par suite, être écartés.

13. En huitième lieu, aucun des moyens présentés à l'appui des conclusions de la requête tendant à l'annulation des décisions refusant la délivrance d'un titre de séjour à M. B et l'obligeant à quitter le territoire français n'étant de nature à justifier l'annulation de ces décisions, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays à destination duquel il pourra être éloigné devrait être annulée par voie de conséquence ne peut qu'être écarté.

14. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

15. Ainsi qu'il a été dit au point 8 du présent jugement, il n'est pas établi que l'état de santé de M. B nécessiterait une prise en charge dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par ailleurs, s'il a effectué sa confirmation en France le 13 septembre 2020, il n'établit pas davantage, par la reproduction d'extraits de documents d'ordre général, avoir fait l'objet personnellement de persécutions en Guinée en raison de sa conversion au christianisme, ni sa volonté, avant de venir en France, d'épouser une femme chrétienne avec laquelle il aurait eu deux enfants dans ce pays, ni encore la circonstance que les autorités guinéennes locales auraient agi contre lui sur l'initiative de son demi-frère. Dans ces conditions, et alors que la décision rejetant sa demande d'asile a été confirmée par la Cour nationale du droit d'asile, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. B doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

17. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de M. B à fin d'annulation de l'arrêté attaqué, ne nécessite aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions du requérant à fin d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

18. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1971 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le conseil de M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet d'Ille-et-Vilaine.

Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022 à laquelle siégeaient :

M. Radureau, président,

M. Bozzi, premier conseiller,

Mme René, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 novembre 2022.

La rapporteure,

signé

C. A

Le président,

signé

C. Radureau

Le greffier,

signé

N. Josserand

La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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