vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2204480 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | BEGUIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 septembre 2022 et 24 mai 2024, Mme A B, représentée par l'AARPI Oppidum avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision, révélée par le courrier du 20 juin 2022, relative à sa mutation d'office au lycée Louis Armand à Locminé à compter du 1er août 2022, ainsi que les décisions du 16 août 2022 rejetant respectivement son recours gracieux dirigé contre cette mutation et sa demande de protection fonctionnelle ;
2°) de mettre à la charge de la région Bretagne la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa mutation d'office ne constitue pas une simple mesure d'ordre intérieur de sorte qu'elle est susceptible de recours ;
- la méthodologie suivie pour la réalisation des rapports d'enquête n'a pas permis d'identifier les faits de harcèlement dont M. C a été l'auteur ;
- cette mutation méconnaît l'obligation, incombant à la région Bretagne en application de l'article L. 133-3 du code général de la fonction publique, de protection des agents ayant dénoncé des faits et agissements de harcèlement moral ou sexuel, ainsi que l'interdiction de prendre une mesure défavorable à l'égard de ces agents ;
- cette même mesure constitue une sanction déguisée ;
- elle méconnaît également l'obligation faite à l'employeur de déplacer en priorité l'auteur des agissements fautifs ;
- en estimant qu'elle se justifiait par l'intérêt du service, l'auteur de cette mesure a commis une erreur d'appréciation ;
- la décision refusant de lui accorder la protection fonctionnelle méconnaît les dispositions de l'article L. 134-5 du code général de la fonction publique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2023, la région Bretagne, représentée par la SELARL Cabinet Coudray, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme René,
- les conclusions de M. Met, rapporteur public,
- ainsi que les observations de Me Beguin, représentant Mme B, en sa présence, et celles de Me Roquet, représentant la région Bretagne.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, adjointe technique territoriale des établissements d'enseignement employée par la région Bretagne, a exercé ses fonctions au lycée Joseph Loth de Pontivy (Morbihan). Par un courrier du 20 juin 2022, la directrice des ressources humaines par intérim de la région Bretagne l'a informée qu'elle serait affectée à compter du 1er août 2022 au poste d'agent de service général du lycée Louis Armand à Locminé (Morbihan). Par un courrier du 6 juillet 2022, l'intéressée a présenté un recours gracieux contre cette mesure de mutation ainsi qu'une demande de protection fonctionnelle en lien avec une plainte pénale qu'elle a déposée le 13 octobre 2021 pour harcèlement moral à l'encontre de M. B C, son supérieur hiérarchique. Ses demandes ont été rejetées par une décision du 24 août 2022. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de la mesure de mutation d'office, du rejet de son recours gracieux contre cette mesure et du rejet de sa demande de protection fonctionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la mesure de mutation de Mme B :
2. Il ressort des pièces du dossier que Mme B, adjointe technique territoriale qui était affectée au service général du lycée Joseph Loth de Pontivy a, par la mesure en litige, été mutée sur un autre poste d'agent de service général au sein du lycée Louis Armand à Locminé. La circonstance que cette mesure a pour effet de modifier la résidence administrative de Mme B suffit à la faire regarder comme une décision lui faisant grief.
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 133-3 du code général de la fonction publique, dans sa version alors en vigueur : " Aucune mesure concernant notamment le recrutement, la titularisation, la rémunération, la formation, l'appréciation de la valeur professionnelle, la discipline, la promotion, l'affectation et la mutation ne peut être prise à l'égard d'un agent public en raison du fait que celui-ci : / 1° A subi ou refusé de subir les faits de harcèlement sexuel mentionnés à l'article L. 133-1, y compris, dans le cas mentionné au 1° de cet article, si les propos ou comportements n'ont pas été répétés, ou les agissements de harcèlement moral mentionnés à l'article L. 133-2 ; / 2° A formulé un recours auprès d'un supérieur hiérarchique ou engagé une action en justice visant à faire cesser ces faits ou agissements ; / 3° Ou bien parce qu'il a témoigné de tels faits ou agissements ou qu'il les a relatés. / () ". Aux termes de l'article L. 133-1 de ce code : " Aucun agent public ne doit subir les faits : / 1° De harcèlement sexuel, constitué par des propos ou comportements à connotation sexuelle répétés qui soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante ; / 2° Ou assimilés au harcèlement sexuel, consistant en toute forme de pression grave, même non répétée, exercée dans le but réel ou apparent d'obtenir un acte de nature sexuelle, que celui-ci soit recherché au profit de l'auteur des faits ou au profit d'un tiers ". Aux termes de l'article L. 133-2 du même code : " Aucun agent public ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ".
4. Si la circonstance qu'un agent a subi ou refusé de subir des agissements de harcèlement moral ne saurait légalement justifier que lui soit imposée une mesure relative à son affectation, à sa mutation ou à son détachement, elles ne font pas obstacle à ce que l'administration prenne, à l'égard de cet agent, dans son intérêt ou dans l'intérêt du service, une telle mesure si aucune autre mesure relevant de sa compétence, prise notamment à l'égard des auteurs des agissements en cause, n'est de nature à atteindre le même but. Lorsqu'une telle mesure est contestée devant lui par un agent public au motif qu'elle méconnaît les dispositions précitées de L. 133-3 du code général de la fonction publique, il incombe d'abord au juge administratif d'apprécier si l'agent a subi ou refusé de subir des agissements de harcèlement moral. S'il estime que tel est le cas, il lui appartient, dans un second temps, d'apprécier si l'administration justifie n'avoir pu prendre, pour préserver l'intérêt du service ou celui de l'agent, aucune autre mesure, notamment à l'égard des auteurs du harcèlement moral.
5. Par ailleurs, s'agissant de l'existence d'un harcèlement moral, il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour être qualifiés de harcèlement moral, les agissements répétés en cause doivent excéder les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Par ailleurs, pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral.
6. Il ressort des pièces du dossier qu'alertée de l'existence d'une ambiance de travail difficile et de conflits au sein du lycée Joseph Loth, la région Bretagne a décidé en 2016 d'engager une médiation qui a été confiée à la médiatrice interne. Cette médiation, qui a abouti à l'élaboration d'un diagnostic et d'un plan d'actions, a notamment mis en évidence, en dépit d'un travail de qualité de l'ensemble des agents et d'une communication semblant plutôt cordiale entre eux, avec des moments de partage en équipe, l'existence de " maladresses " dans cette communication ainsi que la présence de conflits anciens paraissant s'être atténués. La communication ainsi que la posture de M. C, lequel avait pris ses fonctions d'encadrant du service général en septembre 2015, ont été identifiées comme constituant les points de blocage. Ce constat a conduit à proposer un plan d'actions se traduisant par la poursuite de réunions régulières avec les agents pour échanger sur le travail et les changements à venir, par le développement d'une communication bienveillante, par la participation de l'ensemble des agents à une formation " communication et conflits " et à une séance collective sur l'élaboration des règles de communication, ainsi que par la poursuite de la montée en puissance de l'encadrant sur une posture managériale, cette dernière proposition ayant en particulier abouti à la mise en œuvre d'un " coaching " de l'intéressé réalisé en 2017 par un prestataire externe.
7. Compte tenu de la persistance des difficultés rencontrées au sein du service général et du service restauration, la région Bretagne a fait réaliser en 2020 un audit par un prestataire externe. Cet audit a eu notamment pour objet d'identifier les postures des différents acteurs, dont celle des agents assurant des fonctions d'encadrement. Il est ressorti de cet audit que les tensions relationnelles entre les agents et les encadrants étaient très antérieures à 2015, que des problématiques liées au ressenti d'un manque de circulation de l'information renforçaient un sentiment de dévalorisation du service général et que les rôles respectifs des encadrants du service général et du service restauration étaient méconnus et incompris. L'audit mentionne la présence de phénomènes de groupes au sein des services et d'une ambiance générale pesante. S'agissant plus particulièrement du service général, l'audit met en avant des " évolutions positives du management ", lesquelles ont été évoquées par plusieurs des personnes auditionnées, une reconnaissance du travail, un soutien de l'encadrant, sur lequel un peu plus de la moitié des personnes auditionnées ont indiqué pouvoir compter, mais aussi un point de vigilance porté sur le sentiment de participation et de prise en compte des avis ainsi qu'un sentiment d'équité pour certains, alors que d'autres agents ont, à l'inverse, exprimé qu'un traitement différencié était pratiqué par l'encadrant, ce qui alimentait des rivalités et un sentiment d'iniquité dans la répartition des tâches et l'accès à l'information. Rejoignant l'analyse de la médiatrice de la région Bretagne, l'audit retient la nécessité de développer la coopération au sein de l'équipe, laquelle est décrite comme dépendante de la capacité et de la volonté de tous les agents, de porter une vigilance sur le sentiment d'équité dans les tâches et les rôles de chacun et de renforcer la lisibilité de l'organisation du poste de l'encadrant du service général et du fonctionnement du service en cas d'indisponibilité de ce dernier. Le management de M. C y est présenté comme étant " en conformité " mais comme ayant cependant " besoin de s'orienter davantage vers l'adaptation au contexte ". La nécessité de procéder à une médiation collective entre tous les protagonistes et à des médiations inter-individuelles ainsi que d'accentuer la présence de l'encadrant du service général auprès des équipes figure parmi les préconisations formulées au sein de l'audit. La région Bretagne fait toutefois valoir que la médiation initiée par la suite, début 2021, a dû être interrompue en raison de la crise sanitaire liée à l'épidémie de covid et de l'altercation survenue le 29 janvier 2021 entre le compagnon d'une agente du service général et M. C, à la suite de laquelle ce dernier a été placé en arrêt de travail et a déposé une main courante.
8. Cette altercation a fait l'objet d'un signalement au comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail qui a lui-même réalisé une enquête au lycée Joseph Loth le 19 mars 2021, dont les conclusions rejoignent celles du précédent audit. Le rapport de cette enquête évoque en particulier, au sein du service général qui compte 24 agents, l'existence d'un climat délétère, empreint de non-dits et de problèmes de communication, ainsi que plusieurs situations de souffrance au travail.
9. Si Mme B met en doute la pertinence et l'impartialité de la médiation interne, de l'audit réalisé par le prestataire externe et de l'enquête conduite par le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail par une critique de la méthode suivie pour leur réalisation respective, laquelle n'aurait pas, selon la requérante, permis d'identifier les faits de harcèlement qu'elle impute à M. C, il ressort des pièces du dossier que des agents ont été entendus à l'occasion de ces trois enquêtes. La médiatrice de la région Bretagne a ainsi organisé, en 2016, deux réunions collectives avec les agents, ainsi qu'un entretien individuel avec chacun des deux agents absents lors de ces séances collectives. L'audit réalisé en 2020 a quant à lui été établi à partir d'entretiens individuels avec le proviseur de l'établissement, son gestionnaire, les encadrants des services général et restauration, 20 agents des services ainsi qu'avec le technicien conseil organisation et management de la région. Les interrogations émises lors de ces entretiens ont notamment porté sur les perceptions par les intéressés de la situation, l'organisation des services, leur fonctionnement, les relations au travail, le management et, plus largement, la qualité de vie au travail. Si l'intégralité des propos tenus n'a pas été retranscrite dans le rapport de l'audit réalisé en 2020, ce dernier fait état des éléments saillants relevés au cours des entretiens et il ne ressort d'aucune pièce que certains propos d'agents, tenant notamment à des faits de harcèlement, auraient été omis, ni que des agents auraient été empêchés de présenter leurs observations. De même, le rapport du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail a été établi sur la base de plusieurs entretiens menés, d'abord, avec la proviseure et le gestionnaire, puis, individuellement avec Mme B et une autre agente du service général, ensuite, par groupes de cinq à six agents et stagiaire du lycée et, enfin, avec M. C. S'il est regrettable qu'il ne ressorte pas de ce rapport que ses auteurs aient proposé de recevoir séparément chacun des deux des agents ayant indiqué qu'ils auraient souhaité être reçus en entretien individuel et refusé de présenter des observations en présence d'autres agents, cette circonstance, comme celle que deux autres agents ont émis le souhait de quitter la réunion collective, ne suffisent pas, à elles seules, à remettre en cause les conclusions de ce même rapport, lesquelles sont convergentes avec les analyses des deux précédents rapports. Aucun élément du dossier ne permet par ailleurs d'établir que ces rapports, qui ont été réalisés par trois auteurs différents dont un prestataire externe à la région Bretagne et le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, présenteraient un caractère partial.
10. Il ressort de l'ensemble des rapports d'enquête versés au dossier que si le service général du lycée Joseph Loth est, depuis de nombreuses années, y compris antérieurement à l'arrivée de M. C, marqué par des tensions, des relations conflictuelles et des problèmes de communication entre les agents qui le composent l'existence de faits de harcèlement moral ou sexuel n'y est cependant pas évoquée. La requérante expose que M. C aurait fait courir des rumeurs à son encontre notamment en raison de sa qualité de représentante du personnel, qu'il l'aurait dénigrée, qu'il aurait tenu des propos à caractère sexuel déplacés et des propos blessants, qu'il aurait arraché des affiches de son syndicat pour les mettre dans son casier, qu'il ne lui donnait pas de planning prévisionnel de travail et lui confiait des travaux humiliants et dégradants et qu'il lui aurait parlé de son activité syndicale durant ses entretiens professionnels. L'ensemble de ces circonstances n'est toutefois pas suffisamment corroboré par les pièces du dossier pour pouvoir être regardé comme établie de façon certaine. La circonstance par ailleurs invoquée, selon laquelle M. C a fait état de la décharge d'activité de service de Mme B sur les comptes rendus d'entretien professionnel la concernant pour les années 2015 à 2018, si elle est établie, ne peut à elle seule suffire à établir l'existence d'éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un harcèlement moral. S'il est vrai qu'il ressort des rapports d'enquête que la manière dont M. C assure ses fonctions d'encadrement du service n'a pas permis d'apaiser l'ambiance de travail et d'améliorer la communication entre les agents en dépit des formations qu'il a pu suivre, il n'en ressort pas pour autant que ce dernier, bien que son comportement ne soit pas exempt de toutes critiques, aurait commis des faits de harcèlement moral sur certains des agents affectés dans l'établissement, notamment sur Mme B. Les faits dénoncés dans les plaintes pour harcèlement moral, déposées en 2021 par la requérante et par deux de ses collègues, ainsi que dans les procès-verbaux d'audition qu'elle produit, de même que les signalements émanant du Syndicat national unitaire de la territoriale, décrivent certes un comportement autoritaire voire parfois agressif de M. C, mais ces seules descriptions ne sont pas suffisantes, au regard notamment du résultat des enquêtes menées depuis 2016, pour établir l'existence d'éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un harcèlement moral ou sexuel. Enfin, il est constant que la plainte pénale déposée par Mme B contre M. C a fait l'objet d'un classement sans suite. Il résulte de l'ensemble de ces considérations, la région Bretagne ayant en outre mis en œuvre plusieurs mesures afin d'obtenir un éclairage puis de régler les difficultés portées à sa connaissance au sein du lycée Joseph Loth, que la décision attaquée ne peut être regardée comme ayant été prise en méconnaissance des dispositions du code général de la fonction publique citées au point 3.
11. En dernier lieu, il appartient au requérant qui soutient qu'une mesure a pu être empreinte de discrimination de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer du sérieux de ses allégations. Lorsqu'il apporte à l'appui de son argumentation des éléments précis et concordants, il incombe à l'administration de produire tous les éléments permettant d'établir que la mesure contestée repose sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. Par ailleurs, une mutation dans l'intérêt du service revêt le caractère d'une mesure disciplinaire déguisée lorsque, tout à la fois, il en résulte une dégradation de la situation professionnelle de l'agent concerné, et que la nature des faits qui ont justifié la mesure et l'intention poursuivie par l'administration révèlent une volonté de sanctionner cet agent.
12. Comme cela vient d'être dit, les éléments de fait avancés par Mme B ne permettent pas de faire présumer du sérieux de ses allégations relatives au harcèlement moral et sexuel qu'elle impute à M. C. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que la mesure de mutation en litige, qui a été accompagnée d'autres mesures concernant d'autres agents, a été motivée par l'intérêt du service, la région Bretagne ayant la volonté d'apaiser les tensions existantes au sein du service général du lycée Joseph Loth. Dans ces conditions, la mesure de mutation en litige ne peut être regardée comme constitutive d'une discrimination à son encontre. En l'absence également d'une dégradation de la situation professionnelle de Mme B induite par cette mutation et dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la région Bretagne aurait eu l'intention de sanctionner la requérante, la décision attaquée ne présente pas davantage le caractère d'une sanction disciplinaire déguisée.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la mutation d'office de Mme B et du rejet du recours gracieux qu'elle a formé contre cette mesure doivent être rejetées.
En ce qui concerne le refus d'octroi de la protection fonctionnelle :
14. Aux termes de l'article L. 134-5 du code général de la fonction publique : " La collectivité publique est tenue de protéger l'agent public contre les atteintes volontaires à l'intégrité de sa personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. / Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté ".
15. Il résulte de ce qui a été énoncé précédemment que l'existence des faits de harcèlement moral et de harcèlement sexuel invoqués par Mme B ne peut être regardée comme établie de sorte que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 134-5 du code général de la fonction publique doit être écarté.
16. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision portant rejet de la demande de protection fonctionnelle présentée par la requérante doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la région Bretagne, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
18. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la région Bretagne sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la région Bretagne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la région Bretagne.
Délibéré après l'audience du 11 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Labouysse, président,
M. Bouju, premier conseiller,
Mme René, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2024.
La rapporteure,
signé
C. René
Le président,
signé
D. LabouysseLa greffière,
signé
C. Salladain
La République mande et ordonne au préfet de la région Bretagne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026