lundi 19 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2204644 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | SEMLALI |
Vu la procédure suivante :
A une requête et deux mémoires, enregistrés les 13 et 19 septembre 2022, M. E C B, en détention au centre pénitentiaire de Rennes-Vezin (Ille-et-Vilaine), représenté Me Semlali demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 5 septembre 2022 A lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination, et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pendant un délai d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation en lui délivrant dans cette attente un récépissé de demande avec droit au travail, dans les mêmes conditions de délais ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement à son avocate de la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision l'obligeant à quitter le territoire français est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée et n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- elle méconnaît les dispositions du 2ème alinéa de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;.
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales car il est bien intégré en France où il est entré en 2010 ;
- la décision refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire, celle fixant le pays de destination et l'interdiction de retour d'une durée d'un an sont illégales du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
- elles sont entachées d'incompétence ;
- elles sont insuffisamment motivées et n'ont pas été précédées d'un examen sérieux de sa situation ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation quant à leurs conséquences sur sa situation personnelle ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
A un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2022, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir que les moyens soulevés A M. C B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Descombes, président, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- les observations de Me Semlali, représentant M. C B, qui développe les mêmes moyens notamment celui tiré de la méconnaissance des dispositions du 2ème alinéa de l'article L. 611-3 2° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ,
- et les explications de M. C B.
Le préfet d'Ille-et-Vilaine n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, né en décembre 2001 de nationalité comorienne qui déclare être présent sur le territoire français depuis 2010, est détenu depuis le 19 décembre 2021 au centre pénitentiaire de Rennes-Vezin (Ille-et-Vilaine). Condamné le 12 avril 2021 A le tribunal judiciaire d'Evry-Courcouronnes à deux mois d'emprisonnement pour des faits de vol avec violence n'ayant pas entraîné une incapacité totale de travail et le 16 décembre 2021 à douze mois d'emprisonnement A jugement du tribunal correctionnel de Nantes pour proxénétisme aggravé, il est libérable le 10 octobre 2022. A un arrêté du 5 septembre 2022, le préfet d'Ille-et-Vilaine lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français assortie d'une interdiction de retour d'un an et a décidé qu'il sera reconduit d'office au pays dont il a la nationalité, ou dans tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. A la présente requête, M. C B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. M. C B justifiant avoir introduit une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 2° L'étranger qui justifie A tous moyens résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans ". Il résulte de ces dispositions que le législateur a entendu protéger de l'éloignement les étrangers qui sont en France depuis l'enfance, à raison de leur âge d'entrée et d'établissement sur le territoire.
4. Le préfet d'Ille-et-Vilaine, qui ne conteste pas que M. C B soit entré en France avant l'âge de treize ans, se borne à relever qu'il ne produit pas suffisamment d'éléments sur le second semestre 2018 pour établir qu'il réside habituellement en France depuis l'année 2010. Toutefois, il ressort des nombreuses attestations de suivi de scolarité établies en 2019 que M. C B a été inscrit comme demi-pensionnaire au lycée professionnel Nadar de Draveil (Essonne) au cours de l'année scolaire 2018-2019. Ainsi, il doit donc être regardé comme justifiant qu'il résidait effectivement en France au cours du second semestre 2018 et, A conséquent qu'il réside habituellement en France depuis son arrivée en 2010, avant l'âge de treize ans. A suite, en prenant à son encontre une obligation de quitter le territoire français, le préfet d'Ille-et-Vilaine a méconnu le champ d'application du 2° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés dans la requête, que l'obligation de quitter le territoire français doit être annulée. A voie de conséquence, le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, l'interdiction de retour sur le territoire français et la décision fixant le pays de destination doivent également être annulés.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement implique seulement que le préfet d'Ille-et-Vilaine réexamine la situation M. C B. Il y a lieu d'enjoindre à cette autorité, ou à tout autre préfet territorialement compétent au regard du lieu de résidence actuel de l'intéressé, de procéder à ce réexamen dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, et, dans l'attente, de délivrer à M. C B une autorisation provisoire de séjour mentionnant la possibilité de travailler.
Sur les frais d'instance :
7. M. C B a été admis de façon provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle. A suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Semlali, avocate du requérant, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Semlali de la somme de 1 000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. C B A le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. C B.
D É C I D E :
Article 1er : M. C B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'arrêté du préfet d'Ille-et-Vilaine du 5 septembre 2022 est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet d'Ille-et-Vilaine, ou à tout autre préfet territorialement compétent au regard du lieu de résidence actuel de l'intéressé, de délivrer à M. C B une autorisation provisoire de séjour afin qu'il soit procédé au réexamen de sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de M. C B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Semlali renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, ce dernier versera à Me Semlali, avocate de M. C B, une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. C B A le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. C B.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. E C B, à Me Semlali et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Rendu public A mise à disposition au greffe le 19 septembre 2022.
Le magistrat désigné,
signé
G. DLa greffière d'audience,
signé
A. Gauthier
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026