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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2204864

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2204864

jeudi 30 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2204864
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS LEXCAP

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 septembre 2022 et 1er juillet 2024, M. A B, représenté par Me Ongis, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 23 mai 2022 par laquelle la responsable de la police municipale de la commune de Plélan-le-Grand a résilié son abonnement l'autorisant à occuper l'emplacement n° 41 du marché dominical de la commune ainsi que la décision du 22 juillet 2022 portant rejet de son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Plélan-le-Grand une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête n'est pas tardive, dès lors que la décision du 22 février 2022 ne lui a pas été notifiée et qu'elle ne mentionne pas les délais et voies de recours ;

- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de la décision du 23 mai 2022 au regard des dispositions des articles L. 131-1 et L. 131-2 du code des communes ainsi que de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales ;

- la décision du 23 mai 2022 est irrégulière, dès lors qu'elle comporte des voies de recours erronées ;

- la décision du 22 juillet 2022, qui omet de comporter les délais et voies de recours, est irrégulière ;

- l'article 4 A d) du règlement du marché hebdomadaire de la commune de Plélan-le-Grand sur lequel se fonde les décisions attaquées est empreint d'une discrimination au regard de l'article 225-1 du code pénal et crée une rupture d'égalité entre les commerçants, dès lors que le nombre de semaines d'absence autorisé par an intègre les arrêts maladie ;

- il a justifié de ses arrêts maladies et de ses congés paternité ;

- le règlement du marché hebdomadaire de la commune de Plélan-le-Grand, acte non règlementaire, ne lui est pas opposable, dès lors qu'il ne lui a pas été notifié dans les conditions prévues par les dispositions de l'article L. 2131-1 du code général des collectivité territoriales ;

- la réponse de la préfecture validant la légalité de ce règlement ne lui a pas été transmise.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mai 2024, la commune de Plélan-le-Grand, représentée par Me Lahalle (selarl Lexcap), conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est tardive, dès lors que la décision de retrait de la titularisation attribuée à M. B date du 22 février 2022 et non du 23 mai 2022 ;

- le courrier du 23 mai 2022 ne constitue pas un acte faisant grief ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 2 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 9 juillet 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pellerin,

- les conclusions de M. Martin, rapporteur public,

- les observations de Me Ongis, représentant M. B,

- et les observations de Me Peres, représentant la commune de Plélan-le-Grand.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B était titulaire d'un abonnement l'autorisant à occuper un emplacement au sein du marché dominical de Plélan-le-Grand. Il demande au tribunal d'annuler la décision du 23 mai 2022 par laquelle la responsable de la police municipale a, selon lui, mis fin à son abonnement ainsi que la décision de la maire du 22 juillet 2022 portant rejet de son recours gracieux.

Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, de la police municipale. () ". L'article L. 2212-2 du même code dispose que : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : () / 3° Le maintien du bon ordre dans les endroits où il se fait de grands rassemblements d'hommes, tels que les foires, marchés. () ". Selon l'article L. 2224-18 du même code : " () Le régime des droits de place et de stationnement sur les halles et les marchés est défini conformément aux dispositions d'un cahier des charges ou d'un règlement établi par l'autorité municipale après consultation des organisations professionnelles intéressées. ".

3. Il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 22 février 2022, la commune de Plélan-le-Grand a informé M. B de sa décision de résilier son abonnement l'autorisant à occuper un emplacement au sein du marché de la commune de Plélan-le-Grand, au motif que le nombre de ses semaines d'absence avait excédé celui prévu par les dispositions du d) de l'article 4 du règlement du marché hebdomadaire. Par cette même décision, M. B a été soumis au régime des commerçants de passage l'autorisant à occuper un emplacement à la journée après tirage au sort. Le courrier du 23 mai 2022 attaqué, qui a pour objet de rappeler au requérant que l'installation sur son ancien emplacement sans avoir participé au tirage au sort l'exposerait aux sanctions prévues par l'article 18 du règlement du marché, est un simple courrier d'information qui ne lui fait pas grief. Dans ces conditions, et ainsi que le fait valoir la commune, ce courrier du 23 mai 2022 n'est pas susceptible de recours devant le juge administratif. Par suite, les conclusions de la requête tendant à son annulation sont irrecevables et doivent, pour ce motif, être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles tenant à l'annulation de la décision du 22 juillet 2022 portant rejet du recours gracieux formé par M. B.

Sur les frais liés au litige :

4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Plélan-le-Grand, qui n'a pas la qualité de partie perdante à l'instance, verse à M. B une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Plélan-le-Grand présentées sur le fondement des dispositions de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Plélan-le-Grand présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Plélan-le-Grand.

Délibéré après l'audience du 16 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

M. Berthon, président,

Mme Thalabard, première conseillère,

Mme Pellerin, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2025.

La rapporteure,

signé

C. Pellerin

Le président,

signé

E. BerthonLa greffière,

signé

I. Le Vaillant

La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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