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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2205037

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2205037

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2205037
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSELARL ARES

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Rennes a été saisi par une étudiante en odontologie contestant le refus de l’université de Rennes 1 de l’admettre en quatrième année. La requérante invoquait notamment une rupture d’égalité entre candidats et l’incompétence de l’auteur du rejet de son recours gracieux. Le tribunal a constaté que, faute pour la requérante d’avoir confirmé le maintien de sa requête dans le délai d’un mois suivant le rejet de sa demande de suspension par le juge des référés, elle était réputée s’être désistée en application de l’article R. 612-5-2 du code de justice administrative. Il a donc donné acte de ce désistement et rejeté les conclusions de l’université au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 octobre 2022, Mme B A, représentée par Me Douard (SELARL Peneau et Douard), demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 13 juillet 2022 par laquelle le président de l'université de Rennes 1 a refusé de l'admettre en quatrième année d'odontologie, ensemble la décision du 7 août 2022 rejetant le recours gracieux qu'elle a formé contre cette décision ;

2°) d'enjoindre au président de l'université de Rennes d'organiser une nouvelle épreuve de cariologie, d'orthopédie dento-faciale et de physiologie oro-faciale ainsi que de pathologie pulpaire et périradiculaire dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'université de Rennes la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision portant rejet de son recours gracieux est entachée d'incompétence ;

- la décision d'ajournement résulte de plusieurs fautes commises par l'université qui ont entrainé une rupture d'égalité entre les candidats, dès lors notamment qu'elle n'a pas été convoquée à l'épreuve de rattrapage de cariologie de 2ème année et qu'elle a obtenu de bons résultats dans les matières pour lesquelles elle a été placée dans la même situation que les autres étudiants.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 27 janvier 2023 et 8 mars 2023, l'université de Rennes, représentée par Me Collet (Selarl ARES), demande au tribunal à titre principal, de décerner acte du désistement de Mme A, à titre subsidiaire, de rejeter la requête de Mme A et de la condamner à lui verser la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requérante n'a pas maintenu sa requête sur le fondement de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative dans le délai qui lui été imparti ;

- la requête est irrecevable, dès lors qu'elle tend à l'annulation d'un relevé de notes et pas de la délibération du jury refusant de l'admettre en Master ;

- le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur du recours gracieux est inopérant ;

- Mme A n'a subi aucune inégalité de traitement par rapport aux autres candidats.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 novembre 2022.

Vu :

- l'ordonnance n° 2205048 du 26 octobre 2022 du juge des référés du tribunal;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Berthon ;

- les conclusions de M. Martin, rapporteur public ;

- et les observations de Me Kerrien, représentant l'université de Rennes.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 13 juillet 2022, Mme A n'a pas été admise à poursuivre ses études d'odontologie en Master à l'université de Rennes 1, au titre de l'année universitaire 2022-2023. Elle a formé un recours gracieux contre cette décision, qui a été rejeté le 7 août 2022. Elle demande l'annulation de cette décision.

2. Aux termes des dispositions de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative : " En cas de rejet d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 au motif qu'il n'est pas fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision, il appartient au requérant, sauf lorsqu'un pourvoi en cassation est exercé contre l'ordonnance rendue par le juge des référés, de confirmer le maintien de sa requête à fin d'annulation ou de réformation dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce rejet. A défaut, le requérant est réputé s'être désisté. / Dans le cas prévu au premier alinéa, la notification de l'ordonnance de rejet mentionne qu'à défaut de confirmation du maintien de sa requête dans le délai d'un mois, le requérant est réputé s'être désisté. ".

3. Par l'ordonnance visée ci-dessus en date du 26 octobre 2022, qui doit être regardée comme ayant été régulièrement notifiée à la requérante le jour même, le juge des référés a rejeté la requête de Mme A aux fins de suspension de l'exécution de la décision contestée au motif qu'aucun des moyens invoqués par la requérante n'était de nature, en l'état de l'instruction, à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de cette décision. À défaut d'avoir exercé un pourvoi en cassation contre l'ordonnance du juge des référés ou d'avoir confirmé le maintien de sa requête en annulation dans le délai d'un mois à compter du 26 octobre 2022, Mme A doit, en vertu des dispositions de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative, être réputée s'être désistée de la requête enregistrée sous le n° 2205037. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par l'université de Rennes sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DÉCIDE :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de la requête de Mme A.

Article 2 : Les conclusions présentées par l'université de Rennes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'université de Rennes.

Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024 à laquelle siégeaient :

M. Berthon, président,

Mme Plumerault première conseillère,

Mme Pellerin, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.

Le président-rapporteur,

signé

E. BerthonL'assesseure la plus ancienne

dans le grade,

signé

F. PlumeraultLa greffière,

signé

I. Le Vaillant

La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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