mercredi 23 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2205303 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | OQTF 6 sem |
| Avocat requérant | LE BIHAN |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire enregistrés le 18 octobre et le 16 novembre 2022 sous le n° 2205303, Mme C D, représentée par Me Le Bihan, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 octobre 2022 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans les trente jours à destination de la Géorgie ;
2°) subsidiairement, de suspendre l'exécution de cet arrêté jusqu'à lecture de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- il est insuffisamment motivé et n'a pas été précédé d'un examen complet de sa situation, notamment s'agissant de la demande de titre de séjour présentée par son époux au regard de son état de santé ;
- il n'est pas établi qu'elle ne pouvait plus se maintenir sur le territoire français ni, par suite, que pouvait être décidée, à son encontre, une obligation de quitter le territoire français ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, au regard de l'état de santé de son époux ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3 de la même convention ;
- elle présente des éléments sérieux justifiant la suspension d'exécution de l'arrêté attaqué.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 octobre 2022, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
II. Par une requête et un mémoire enregistrés le 18 octobre et le 16 novembre 2022 sous le n° 2205304, M. A E, représenté par Me Le Bihan, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 octobre 2022 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans les trente jours à destination de la Géorgie ;
2°) subsidiairement, de suspendre l'exécution de cet arrêté jusqu'à lecture de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- il est insuffisamment motivé et n'a pas été précédé d'un examen complet de sa situation, notamment s'agissant de la demande de titre de séjour qu'il a présentée au regard de son état de santé ;
- il n'est pas établi qu'il ne pouvait plus se maintenir sur le territoire français ni, par suite, que pouvait être décidée, à son encontre, une obligation de quitter le territoire français ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, eu égard à son état de santé ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il présente des éléments sérieux justifiant la suspension d'exécution de l'arrêté attaqué.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 octobre 2022, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 29 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les observations de Me Le Bihan, représentant les consorts F et celles de Mme D et M. E, assistés d'une interprète.
Le préfet d'Ille-et-Vilaine n'était pas représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes des époux F sont dirigées contre des arrêtés identiques pris simultanément à l'égard des membres d'un même couple et elles présentent à juger les mêmes questions. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Les époux F justifiant avoir introduit des demandes devant le bureau d'aide juridictionnelle, il y a lieu d'admettre chacun d'eux au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Mme D et son époux M. E, nés en 1991 et en 1983, sont des ressortissants de Géorgie, et déclarent être entrés en France le 21 décembre 2021 avec leurs trois enfants mineurs. Ils ont présenté des demandes d'asile, le 5 janvier 2022 mais par des décisions du 10 juin 2022, ces demandes ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). Alors qu'ils avaient manifesté l'intention de saisir la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), le préfet d'Ille-et-Vilaine a, par deux arrêtés du 5 octobre 2022 pris sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, décidé de les obliger à quitter le territoire français dans les trente jours et a fixé le pays de destination d'une mesure d'éloignement forcé. Ce sont les arrêtés attaqués.
4. Il ressort des pièces des dossiers que M. E avait engagé, dès le 14 mars 2022, soit moins de trois mois après le dépôt de sa demande d'asile, des démarches en vue d'obtenir la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade et qu'il a été informé, le 23 juin 2022, de la date de son rendez-vous en préfecture, soit le 12 octobre 2022, pour y déposer le dossier correspondant. Il produit en outre des éléments médicaux permettant d'établir que son état de santé justifie que sa demande doive être traitée dans le cadre des dispositions des articles L. 425-9 et R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Alors que les arrêtés attaqués ne comportent aucune mention de ces éléments de fait susceptibles d'avoir une incidence déterminante sur les décisions d'éloigner ou non les requérants, ces derniers sont fondés à soutenir que le préfet d'Ille-et-Vilaine n'a pas suffisamment examiné leur situation avant de prendre ces arrêtés et à en demander, pour ce seul motif, l'annulation.
Sur les frais liés au litige :
5. L'État étant partie perdante aux présentes instances, il y a lieu de mettre à sa charge le versement à Me Le Bihan d'une somme de 1 000 euros au titre de l'instance n° 2205304 et d'une somme de 700 euros au titre de l'instance n° 2205303 sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et 92 du décret du 29 décembre 2020, sous la double réserve que soit accordée, à titre définitif, l'aide juridictionnelle aux requérants et que leur avocate renonce au bénéfice de la part contributive de l'État à l'exercice de cette mission.
D É C I D E :
Article 1er : Mme D et M. E sont admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Les arrêtés du 5 octobre 2022 du préfet d'Ille-et-Vilaine sont annulés.
Article 3 : L'État versera à Me Le Bihan les sommes de 1 000 euros et 700 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous la double réserve que soit accordé à M. E et Mme D le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre définitif et que leur avocate renonce à la part contributive de l'État à l'exercice de cette mission.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, à M. A E, à Me Le Bihan et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2022.
Le président,
signé
E. BLe greffier,
signé
M-A. Vernier
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2205303, 2205304
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026