vendredi 13 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2205736 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | DE BAYNAST |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 novembre et 2 décembre 2022, M. B A, représenté par Me De Baynast, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 novembre 2022 par laquelle le jury d'admission du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Morbihan a arrêté la liste des candidats admis au concours externe avec épreuves de technicien principal de deuxième classe, spécialité " réseaux, voirie et infrastructures ", pour la session 2022 ;
2°) de mettre à la charge du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Morbihan la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'application par le jury d'une pénalité d'un point, portant sa note à l'épreuve écrite d'admissibilité à 8 points sur 20 alors que le seuil d'admissibilité avait été fixé à 9 points sur 20 l'a empêché d'être déclaré admissible ;
- l'application d'une pénalité est sans base légale ;
- les candidats n'ont pas été informés que le jury était susceptible d'appliquer une telle pénalité ;
- la déduction de ce point de pénalité est au demeurant injustifiée au regard des qualités de sa copie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mars 2023, le centre de gestion de la fonction publique territoriale du Morbihan conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le décret n° 2013-593 du 5 juillet 2013 ;
- le décret 2010-1361 du 9 novembre 2010 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme René,
- les conclusions de M. Met, rapporteur public,
- et les observations de Me De Baynast, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A s'est inscrit au concours externe de technicien principal de 2ème classe dans la spécialité réseaux, voirie et infrastructures organisé par le centre de gestion de la fonction publique territoriale du Morbihan pour la session 2022 et a été déclaré admis à participer à l'épreuve d'admissibilité de rédaction d'un rapport technique avec propositions opérationnelles qui s'est déroulée le 14 avril 2022. Par une décision du 24 juin 2022, le jury a arrêté la liste des candidats admissibles, dont ne faisait pas partie M. A. Par une décision du 10 novembre 2022 dont le requérant demande l'annulation, le jury a arrêté la liste des candidats admis.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, les principes de correction et les critères de notation retenus par le jury n'ont pas à être portés préalablement à la connaissance des candidats et leur bien-fondé ne peut être utilement discuté devant le juge de l'excès de pouvoir. Il en résulte que le jury n'était pas tenu d'informer les candidats qu'il était susceptible d'appliquer à leurs copies une pénalité concernant le formalisme, le soin, la calligraphie, l'orthographe et la grammaire préalablement à la tenue à l'épreuve d'admissibilité du 14 avril 2022. Le moyen tiré de l'absence d'une telle information préalable doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 18 du décret n° 2013-593 du 5 juillet 2013 relatif aux conditions générales de recrutement et d'avancement de grade et portant dispositions statutaires diverses applicables aux fonctionnaires de la fonction publique territoriale : " Le jury est souverain. / () Il détermine la liste des candidats admissibles et des candidats admis, après avoir procédé à l'examen des résultats des candidats. / Les épreuves écrites sont anonymes et font l'objet d'une double correction. / Il est attribué à chaque épreuve une note de 0 à 20. Chaque note est multipliée par un coefficient. / Toute note inférieure à 5 sur 20 à l'une des épreuves obligatoires d'admissibilité ou d'admission entraîne l'élimination du candidat. / Un candidat ne peut être admis si la moyenne de ses notes aux épreuves est inférieure à 10 sur 20 après application des coefficients correspondants. / Tout candidat qui ne participe pas à l'une des épreuves obligatoires est éliminé ". Aux termes de l'article 6 du décret 2010-1361 du 9 novembre 2010 fixant les modalités d'organisation des concours pour le recrutement des techniciens territoriaux : " Le concours externe sur titres de recrutement des techniciens principaux de 2e classe comporte une épreuve d'admissibilité et une épreuve d'admission. / L'épreuve d'admissibilité consiste en la rédaction d'un rapport technique portant sur la spécialité au titre de laquelle le candidat concourt. Ce rapport est assorti de propositions opérationnelles (durée : trois heures ; coefficient 1). / L'épreuve d'admission consiste en un entretien ayant pour point de départ un exposé du candidat sur sa formation et son projet professionnel permettant au jury d'apprécier ses connaissances dans la spécialité choisie, ses motivations et son aptitude à exercer les missions dévolues au cadre d'emplois (durée totale de l'entretien : vingt minutes, dont cinq minutes au plus d'exposé ; coefficient 1) ". Aux termes de l'article 11 de ce décret : " Il est attribué à chaque épreuve une note de 0 à 20. Chaque note est multipliée par le coefficient correspondant. / Les épreuves écrites sont anonymes et font l'objet d'une double correction. / Toute note inférieure à 5 sur 20 à l'une des épreuves d'admissibilité entraîne l'élimination du candidat ". Aux termes de l'article 12 du même décret : " Le jury détermine le nombre total des points nécessaires pour être admissible et, sur cette base, arrête la liste des candidats admis à se présenter aux épreuves d'admission. / A l'issue des épreuves, le jury arrête, dans la limite des places mises aux concours, la liste d'admission ".
4. Il n'appartient pas au juge administratif de contrôler l'appréciation portée par le jury sur les prestations des candidats à un concours, sauf s'il apparaît que les notes ont été attribuées sur le fondement d'autres considérations que la seule valeur de ces prestations. Par ailleurs, le bien-fondé du barème de notation arrêté par le jury pour apprécier la valeur des prestations des candidats ne peut être discuté devant le juge de l'excès de pouvoir.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a obtenu la note de 8 points sur 20 à l'épreuve d'admissibilité alors que le seuil d'admissibilité au concours avait été fixé à la note de 9 points sur 20. Le bordereau de correction de sa copie précise que lui ont été attribués 4 points sur le rapport ainsi que 5 points sur les propositions opérationnelles et que lui a été retiré un point de pénalité, cette pénalité relative au formalisme, au soin, à la calligraphie, à l'orthographe et à la grammaire étant susceptible de faire perdre au maximum 2 points au candidat.
6. Si M. A fait valoir qu'aucun texte réglementaire ou législatif ne prévoit d'application d'une telle pénalité, aucune disposition réglementaire ou législative, notamment pas les dispositions précitées des décrets des 9 novembre 2010 et 5 juillet 2013 invoquées par le requérant n'apporte de précision quant aux principes de correction et aux critères de notation de l'épreuve d'admissibilité en litige. La note de cadrage réalisée par les membres d'une cellule pédagogique nationale associant des représentants des centres de gestion de la fonction publique territoriale, qui propose une notation sur 10 points de chacune des parties de l'épreuve ainsi que d'ailleurs l'application d'une pénalité en cas de présentation négligée, précise qu'elle ne constitue pas un " texte réglementaire dont les candidats pourraient se prévaloir " mais seulement un " document indicatif destiné à éclairer les membres du jury, les correcteurs, les formateurs et les candidats ". Cette note de cadrage étant dépourvue de toute valeur réglementaire, M. A ne peut utilement s'en prévaloir. Il s'ensuit que l'instauration de la pénalité en cause figurant dans le barème établi par le jury, qui constitue un élément d'appréciation de la valeur de la copie du candidat et qui n'est pas incompatible avec la notation entre 0 et 20 points prévue par les dispositions précitées des articles 18 du décret du 9 novembre 2010 et 11 du décret du 5 juillet 2013, ne saurait être regardée comme entachée d'une erreur de droit et, en particulier, comme étant dépourvue de base légale. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.
7. En dernier lieu, M. A, qui soutient que " la sanction dont il a été victime manque totalement en fait " dès lors en particulier que " la copie qu'il a rendue [ne] peut être considérée comme posant difficultés sur un plan formel ", doit être regardé comme soutenant que l'application de la pénalité d'un point dont sa copie a fait l'objet serait injustifiée au regard des qualités de sa copie. Or, dès lors que, ainsi qu'il a été dit au point 4 du présent jugement, il n'appartient pas au juge administratif de contrôler l'appréciation portée par le jury sur les prestations des candidats à un concours et que la pénalité d'un point figurant sur le bordereau de correction de l'épreuve d'admissibilité de M. A ne peut être regardée comme étrangère à des considérations liées à la valeur de la copie du requérant, ce moyen doit être écarté comme inopérant.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Morbihan, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au centre de gestion de la fonction publique territoriale du Morbihan.
Délibéré après l'audience du 13 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Poujade, président,
M. Bouju, premier conseiller,
Mme René, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.
La rapporteure,
signé
C. René
Le président,
signé
A. PoujadeLa greffière,
signé
C. Salladain
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026