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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2205811

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2205811

vendredi 24 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2205811
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2022, M. E B, représenté par Me Saglio, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 novembre 2022 par lequel le préfet du Finistère lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans et a emporté signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen ;

2°) d'enjoindre au préfet du Finistère de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sur l'obligation de quitter le territoire français :

- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été prise par une autorité habilitée ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- sur la décision fixant le délai de départ volontaire :

- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été prise par une autorité habilitée ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale par voie d'exception en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- sur la décision fixant le pays de destination : elle est illégale par voie d'exception en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision refusant un délai de départ volontaire ;

- sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été prise par une autorité habilitée ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale par voie d'exception en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- la décision est disproportionnée ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 janvier 2023, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- les moyens invoqués dans la requête sont infondés ;

- dans l'hypothèse où le moyen tiré de ce que la décision méconnaîtrait le 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il sollicite une substitution de base légale ;

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

S'agissant de la légalité externe :

1. En premier lieu, par un arrêté du 12 octobre 2022 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Finistère a donné délégation de signature à Mme C D, cheffe du service de l'immigration et de l'intégration à la préfecture du Finistère, aux fins de signer toute décision relevant des matières de son service. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des actes doit donc être écarté.

2. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué, après avoir rappelé les textes applicables, se fonde sur la circonstance que M. B a été placé en garde à vue le 13 novembre 2022 pour trafic de stupéfiants et détention frauduleuse de faux documents administratifs constatant un droit ou une qualité ou accordant une autorisation, qu'il ne démontre pas de l'ancienneté, de l'intensité et de la stabilité de ses liens avec une ressortissante française dont il prétend être le compagnon, qu'il prétend sans apporter de justificatif percevoir un salaire mensuel de 1 300 euros. Dans ces conditions, l'arrêté litigieux vise les textes dont il est fait application, expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. B, dont les éléments sur lesquels le préfet s'est fondé pour l'obliger à quitter le territoire français, pour refuser de lui accorder un délai de départ volontaire et pour fixer le pays de renvoi, ainsi que pour arrêter, dans son principe et dans sa durée, une décision d'interdiction de retour sur le territoire français. Dès lors, cet arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de chacune des décisions attaquées et permet ainsi au requérant d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisante motivation ne peuvent qu'être écartés.

S'agissant de la légalité interne :

3. En premier lieu, il ressort de la motivation de l'arrêté attaqué telles qu'exposée au point 2 que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B. Par suite, le moyen tiré du défaut d'un tel examen ne peut qu'être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; ".

5. D'une part, il ne résulte pas des dispositions citées au point précédent que la caractérisation d'une menace pour l'ordre public au sens du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile soit soumise à l'existence de condamnation pénale, ni que la présomption d'innocence ne s'oppose à cette caractérisation.

6. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que M. B est entré sur le territoire français le 29 avril 2018, en possession d'un visa Schengen de type C délivré le 17 avril 2018. Dans ces conditions, la décision attaquée ne pouvait se fonder sur le 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

7. Le préfet demande toutefois que soit substituée à cette base légale celle du 2° de cet article. Il ressort des pièces du dossier que si M. B est entré régulièrement sur le territoire français, il ne peut justifier ne pas s'être maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour à l'expiration de la validité de son visa Schengen, le 17 juin 2018. La décision attaquée peut donc être fondée sur les dispositions du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors que cette substitution de base légale ne prive pas l'intéressé d'une garantie et que la décision attaquée aurait été prise en vertu du même pouvoir d'appréciation, il y a lieu d'y procéder. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit doit être écarté.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

9. Il ressort des pièces du dossier que si M. B, présent sur le territoire français depuis le 29 avril 2018, se prévaut de son concubinage au cours des années 2019 et 2020 puis à compter du mois d'avril 2022 avec une française avec laquelle ils attendraient un enfant, et fait valoir qu'il travaille à plein temps depuis le mois d'octobre 2019 en qualité d'employé polyvalent puis de cuisinier, ces liens dont ils se prévaut ne sont pas d'une intensité et d'une stabilité telle l'arrêté attaqué porterait à son droit au respect de sa vie familiale une atteinte excessive en méconnaissance des dispositions et stipulations citées au point précédent. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que cet arrêté serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la situation personnelle du requérant doit être écarté.

En ce qui concerne la décision refusant de fixer un délai de départ volontaire :

10. En premier lieu, il y a lieu d'écarter les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de la décision et de l'insuffisance de motivation de celle-ci pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 1 et 2.

11. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit que M. B n'établit pas que l'obligation de quitter le territoire français serait entachée d'illégalité. Par suite, le moyen, invoqué par voie d'exception, tiré de l'illégalité de cette décision à l'appui des conclusions d'annulation dirigées contre la décision refusant de fixer un délai de départ volontaire doit être écarté.

12. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; 2o L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ". Il résulte des dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'existence d'un risque que l'étranger se soustraie à l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français résulte d'un ensemble de critères objectifs et doit être appréciée par l'autorité compétente en fonction des circonstances particulières de l'espèce. Le législateur a, en outre, réservé l'hypothèse d'une circonstance particulière propre à justifier que, même dans l'un des cas prévus audit article, l'obligation de quitter le territoire français demeure assortie d'un délai de départ volontaire.

13. Il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal d'audition de M. B le 13 novembre 2022 au commissariat de police central de Brest que celui-ci a indiqué qu'il refuserait d'exécuter la mesure d'éloignement susceptible d'être prononcé à son encontre. En outre, M. B a indiqué au cours de son audition le 13 novembre 2022 être en possession d'un passeport dont il ne démontre pas avoir produit une copie au préfet à la date de l'arrêté attaqué. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le passeport de M. B est expiré depuis le 29 octobre 2022, soit antérieurement à la date de la décision attaquée. Si M. B fait valoir qu'il vit avec une ressortissante, de nationalité française, et produit à ce titre une attestation de domicile de leur fournisseur d'électricité ainsi qu'une facture en date du 23 septembre 2019, il ressort des pièces du dossier que l'attestation est datée du 14 novembre 2022, soit deux jours seulement avant la décision attaquée, que la facture comporte la mention d'une adresse différente sur le territoire de la commune de Saint-Eloy et que les bulletins de salaires produits par M. B pour la période de novembre 2019 à août 2022 comportent deux adresses différentes sur le territoire de la commune de Brest de sorte que M. B ne démontre pas disposer d'une résidence effective et permanente au sens des dispositions citées au point 11, la circonstance que le juge des libertés et de la détention a, par une ordonnance du 16 novembre 2022, prononcé la remise en liberté de M. B ne mettant pas le préfet en situation de compétence liée. Par suite, le préfet pouvait légalement refuser d'accorder au requérant un délai de départ volontaire sur le fondement des dispositions combinées des article L. L. 612-2 et des 4° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de la méconnaissance des articles doit, par suite, être écarté.

14. En quatrième lieu, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de ce que la décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la situation personnelle du requérant doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

15. Il résulte de ce qui a été dit que M. B n'établit pas que l'obligation de quitter le territoire français et la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire seraient entachées d'illégalité. Par suite, le moyen, invoqué par voie d'exception, tiré de l'illégalité de ces décisions à l'appui des conclusions d'annulation dirigées contre la décision fixant le pays de destination doit être écarté.

En ce qui concerne la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français :

S'agissant de la légalité externe :

16. Il y a lieu d'écarter les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de la décision et de l'insuffisance de motivation de celle-ci par adoption des motifs exposés aux points 1 et 2.

S'agissant de la légalité interne :

17. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit que M. B n'établit pas que l'obligation de quitter le territoire français serait entachée d'illégalité. Par suite, le moyen, invoqué par voie d'exception, tiré de l'illégalité de cette décision à l'appui des conclusions d'annulation dirigées contre la décision refusant de fixer un délai de départ volontaire doit être écarté.

18. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ". Aux termes de l'article L. 613-7 du même code : " L'autorité administrative peut à tout moment abroger l'interdiction de retour. () ".

19. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

20. D'une part, il ressort des termes de l'arrêté contesté que M. B a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français qui n'était assortie d'aucun délai de départ volontaire. Les circonstances dont le requérant fait état ne présentent aucun caractère humanitaire et ne font ainsi pas obstacle au prononcé d'une décision d'interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, c'est à bon droit que le préfet du Finistère a décidé d'assortir l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de M. B d'une telle interdiction.

21. D'autre part, eu égard aux circonstances indiquées aux points 9 du présent jugement et dont il résulte que M. B ne peut se prévaloir d'attaches privée ou familiale d'une intensité particulière en France, en dépit de sa durée de présence sur le territoire et de l'absence de toute précédente mesure d'éloignement et de menace pour l'ordre public, le préfet du Finistère, en fixant à deux années la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français infligée au requérant, n'a méconnu ni le droit de celui-ci au respect de sa vie privée et familiale, ni les dispositions précitées de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et n'a pas d'avantage entaché cette décision d'une erreur d'appréciation au regard de ces dispositions.

22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 16 novembre 2022 par lequel le préfet du Finistère lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans et a emporté signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

23. L'exécution du présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions de la requête aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E B et au préfet du Finistère.

Délibéré après l'audience du 20 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

M. Tronel, président,

Mme Allex, première conseillère,

M. Dayon, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 février 2023.

Le rapporteur,

signé

C. A

Le président,

signé

N. Tronel

La greffière,

signé

C. Salladain

La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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