vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2206212 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 décembre 2022, M. B et Mme A C doivent être regardés comme demandant au juge des référés de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 6 décembre 2022 par laquelle le proviseur du lycée des métiers de Brocéliande a refusé d'autoriser leur fils à suivre la pratique des cours de conduite du baccalauréat professionnel " conduite et transports routiers de marchandises ".
Ils soutiennent qu'un autre élève âgé lui aussi de 14 ans a été autorisé à suivre les cours de conduite.
Vu les pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Thielen, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C, qui ont déposé leur requête par l'intermédiaire de l'application " Télérecours citoyen " en cochant le carré vert correspondant aux procédures de référé, ne précisent pas le fondement juridique de leur recours mais peuvent être regardés comme demandant la suspension de l'exécution de la décision du 6 décembre 2022 par laquelle le proviseur du lycée des métiers de Brocéliande a refusé d'autoriser leur fils à suivre la pratique des cours de conduite du baccalauréat professionnel " conduite et transports routiers de marchandises ".
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de son article L. 522-1 : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Aux termes de l'article R. 522-1 du code de justice administrative : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. / À peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ". Aux termes de son article R. 612-1 : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. / () ". Aux termes de son article R. 522-2 : " Les dispositions de l'article R. 612-1 ne sont pas applicables ". Il résulte de ces dispositions que la recevabilité d'une demande tendant à la suspension d'une décision administrative est subordonnée au dépôt, par requête distincte, de conclusions aux fins d'annulation de cette même décision.
4. M. et Mme C ne justifient pas, en en joignant une copie, avoir saisi le tribunal d'une requête distincte tendant à l'annulation de la décision dont ils demandent, en référé, la suspension de l'exécution, requête en annulation qui n'a par ailleurs fait l'objet d'aucun enregistrement au greffe du tribunal.
5. Au surplus, M. et Mme C, qui ne font état d'aucun élément de nature à justifier l'urgence, ne justifient pas d'une atteinte grave et immédiate à leur situation familiale ou à la situation personnelle de leur fils, et ne développent pas davantage de moyens juridiques susceptibles d'utilement contester la légalité de la décision en cause.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. et Mme C aux fins de suspension de l'exécution de la décision par laquelle le proviseur du lycée des métiers de Brocéliande a refusé d'autoriser leur fils à suivre la pratique des cours de conduite du baccalauréat professionnel " conduite et transports routiers de marchandises " ne peuvent qu'être rejetées par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative. La présente ordonnance ne fait toutefois pas obstacle à ce que M. et Mme C, s'ils s'y croient fondés, saisissent de nouveau le juge des référés dans les conditions prévues par les dispositions précitées du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B et Mme A C.
Fait à Rennes, le 16 décembre 2022.
Le juge des référés,
signé
O. Thielen
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