mercredi 18 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2206222 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | GOUEDO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 décembre 2022, M. B A demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 juin 2022 par laquelle le recteur de l'académie de Rennes a refusé le renouvellement de son contrat à la rentrée scolaire 2022/2023 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Gouedo d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la compétence du signataire de la décision attaquée n'est pas établie ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pas été destinataire du rapport d'inspection pédagogique et du compte-rendu de son évaluation professionnelle conformément à l'arrêté du 29 août 2016 relatif à l'évaluation professionnelle des agents contractuels recrutés pour exercer des fonctions d'enseignement, d'éducation et d'orientation dans les écoles, les établissements publics d'enseignement du second degré ou les services relevant du ministre chargé de l'éducation nationale, ce qui l'a empêché d'être en mesure de demander la révision de son appréciation générale sur sa manière de servir et de connaître les motifs de non-renouvellement de son contrat ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il est enseignant depuis 2019 et que sa manière de servir n'avait jamais été remise en cause par les chefs d'établissement au sein desquels il était affecté, qu'il a été informé tardivement du passage de l'inspecteur d'académie, qu'il a été sollicité en tant qu'examinateur pour des épreuves du baccalauréat et qu'il a reçu un avis favorable lors de son évaluation par le chef d'établissement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2023, le recteur de l'académie de Rennes conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- l'arrêté du 29 août 2016 relatif à l'évaluation professionnelle des agents contractuels recrutés pour exercer des fonctions d'enseignement, d'éducation et d'orientation dans les écoles, les établissements publics d'enseignement du second degré ou les services relevant du ministre chargé de l'éducation nationale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Ambert,
- et les conclusions de M. Fraboulet, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été recruté pour faire face temporairement à une vacance d'emploi par contrat à durée déterminée du 2 février 2022 afin d'exercer les fonctions d'enseignant en économie et gestion option comptabilité et finance au sein du lycée Ernest Renan à Saint-Brieuc du 17 janvier 2022 au 6 juillet 2022. Par une décision du 15 juin 2022, M. A a été informé que son contrat à durée déterminée ne serait pas renouvelé à la rentrée scolaire 2022/2023. Par la présente requête, M. A demande d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, la signataire de l'arrêté litigieux, cheffe de la division des personnels enseignants, a reçu, par arrêté du 3 février 2022 publié au recueil des actes administratifs du département d'Ille-et-Vilaine du 11 février 2022 délégation du recteur de l'académie de Rennes à l'effet de signer tous actes et documents dans la limite dans ses attributions et compétences. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit ainsi être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, dont les dispositions ont été codifiées, depuis le 1er mars 2022, à l'article L. 332-7 du code général de la fonction publique : " Pour les besoins de continuité du service, des agents contractuels peuvent être recrutés pour faire face à une vacance temporaire d'emploi dans l'attente du recrutement d'un fonctionnaire. / Le contrat est conclu pour une durée déterminée qui ne peut excéder un an. () / Sa durée peut être prolongée, dans la limite d'une durée totale de deux ans, lorsque, au terme de la durée fixée au deuxième alinéa du présent article, la procédure de recrutement pour pourvoir l'emploi par un fonctionnaire n'a pu aboutir. ".
4. Un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie pas d'un droit au renouvellement de son contrat. L'administration ne peut toutefois légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler que pour un motif tiré de l'intérêt du service. Un tel motif s'apprécie au regard des besoins du service ou de considérations tenant à la personne de l'agent.
5. Il ressort des pièces du dossier que l'inspecteur d'académie a émis, le 23 février 2022, un avis défavorable au renouvellement du contrat de M. A en raison de grandes difficultés pédagogiques et didactiques, d'une posture de communication peu adaptée et d'une approche de la discipline peu conforme aux programmes officiels. Il a estimé le renouvellement du contrat de M. A contraire à l'intérêt des élèves. Si le chef d'établissement a émis un avis favorable, cet avis est peu motivé et se borne à relever que M. A est bien intégré à l'équipe d'éco-gestion et assure consciencieusement sa mission. La circonstance que M. A ait été prévenu tardivement du passage de l'inspecteur d'académie et qu'il ait été sollicité en tant qu'examinateur d'oraux de langues du baccalauréat n'a aucune incidence sur l'appréciation de sa manière de servir en tant qu'enseignant en économie et gestion. Si M. A soutient que sa manière de servir n'avait jamais été remise en cause par les chefs d'établissement au sein desquels il était affecté depuis 2019, il ressort des pièces du dossier que son contrat d'enseignement au sein de l'académie de Nantes pendant l'année scolaire 2019/2020 n'a pas été renouvelé à son échéance et a donné lieu à un avis défavorable sur sa manière de servir du chef d'établissement où il était affecté et à un avis réservé de l'inspecteur d'académie. Aussi, le recteur de l'académie de Rennes, au vu des différents avis sur la manière de servir de M. A et de l'intérêt du service, n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en refusant le renouvellement du contrat de M. A. Le moyen doit ainsi être écarté.
6. En troisième lieu, aucune disposition législative ou réglementaire ni aucun principe général du droit n'imposent, à peine d'illégalité, que les décisions portant refus de renouvellement de contrat soient motivées, soient précédées d'un entretien préalable et que l'agent concerné soit invité à prendre connaissance de son dossier, dès lors que la mesure ne revêt pas un caractère disciplinaire.
7. M. A soutient que la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pas été destinataire du rapport d'inspection pédagogique et du compte-rendu de son évaluation professionnelle conformément à l'arrêté du 29 août 2016 visé ci-dessus. Toutefois, cet arrêté a trait à l'évaluation professionnelle des agents contractuels et ne concerne pas les modalités de non-renouvellement de contrat. Ainsi qu'il a été dit aux points 5 et 6, la décision de refus de renouvellement du contrat de M. A, datée du 15 juin 2022, ne revêt pas un caractère disciplinaire mais se justifie dans l'intérêt du service. Dès lors, le moyen tiré de l'absence de procédure contradictoire préalable est inopérant. Au surplus, il ressort des pièces du dossier que M. A a pu être entendu dans le cadre d'un entretien lors de la visite de l'inspecteur d'académie le 2 février 2022. Le moyen doit ainsi être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 15 juin 2022 refusant de renouveler le contrat de M. A à la rentrée scolaire 2022/2023 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'État au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera délivrée pour information au recteur de l'académie de Rennes.
Délibéré après l'audience du 4 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jouno, président,
M. Albouy, premier conseiller,
M. Ambert, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2024.
Le rapporteur,
signé
A. AmbertLe président,
signé
T. Jouno
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026