mercredi 21 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2206365 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | BUORS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Buors, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 décembre 2022 par lequel le préfet du Finistère l'oblige à quitter le territoire français sans délai, fixe le pays de destination et lui fait interdiction d'un retour en France pendant trois ans ;
2°) d'annuler l'arrêté du 16 décembre 2022 par lequel le préfet du Finistère l'a assigné à résidence ;
3°) d'enjoindre au préfet du Finistère de le munir d'une autorisation provisoire de séjour, d'instruire sa demande et de se prononcer sur son droit à un titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
4°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
5°) de mettre à la charge de l'État le paiement au profit de son conseil d'une somme de 2 000 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- s'agissant de l'arrêté préfectoral portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de destination et interdiction de retour pendant trois ans :
- il a été signé par une autorité dont il n'est pas établi qu'elle disposait d'une délégation de signature ;
- il comporte une motivation manifestement insuffisante, au regard des exigences des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et a commis une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de sa décision sur sa situation personnelle, dès lors qu'il est présent sur le territoire français depuis 2016, qu'il est assidu dans ses activités personnelles, de loisirs, scolaires et professionnelles, qu'il n'a eu de cesse que de chercher à s'insérer et qu'il n'a plus aucune attache dans son pays d'origine ;
- les faits récents, qui ont justifié son placement en garde à vue, sont totalement imaginaires et l'ont conduit à déposer plainte contre la plaignante ;
- la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pendant trois ans, qui semble avoir été adoptée automatiquement, sans examen particulier de sa situation, est manifestement infondée ;
- s'agissant de la décision l'assignant à résidence :
- cette décision a été signée par une autorité dont il n'est pas établi qu'elle disposait d'une délégation de signature ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- la décision l'obligeant à quitter le territoire français étant illégale, la décision l'assignant à résidence se trouve en conséquence privée de base légale ;
- les mesures de surveillance dont est assortie la décision l'assignant à résidence ne sont pas justifiées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 décembre 2022, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Thalabard, première conseillère, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Le greffe du tribunal a informé M. B, par téléphone, au numéro communiqué par son conseil, des date et heure de l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Thalabard, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant ivoirien, né le 20 décembre 1999 à Abobo (Côte d'Ivoire), déclare être entré en France en 2016, alors qu'il était mineur. La demande de titre de séjour qu'il avait déposée le 1er décembre 2017, a fait l'objet d'une décision de refus du préfet du Finistère, notifiée par arrêté du 1er mars 2019 lui faisant également obligation de quitter le territoire français. Cet arrêté préfectoral a été confirmé par jugement du tribunal administratif de Rennes du 3 juin 2019, puis par ordonnance de la cour administrative d'appel de Nantes du 10 octobre 2019. Depuis, M. B s'est maintenu sur le territoire français. À deux reprises, par arrêtés préfectoraux du 23 novembre 2020 puis du 16 novembre 2021, le préfet du Finistère lui a, de nouveau, fait obligation de quitter le territoire français sans délai et lui a fait interdiction d'un retour en France pour deux ans, puis pour trois ans. Bien que les recours contentieux dirigés contre ces arrêtés aient été rejetés, ceux-ci n'ont reçu aucune exécution. Déjà défavorablement connu des forces de l'ordre, M. B a été entendu, le 15 décembre 2022 par les services de police, pour des faits de viol et d'agression sexuelle. À l'issue de sa garde à vue, le préfet du Finistère a, par arrêté du 15 décembre 2022, décidé d'obliger M. B à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et lui a fait interdiction d'un retour en France pendant une période de trois ans. Par arrêté du 16 décembre 2022, le préfet du Finistère a assigné à résidence M. B. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de ces deux arrêtés préfectoraux.
Sur l'aide juridictionnelle :
2. M. B justifiant avoir introduit une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux deux arrêtés préfectoraux contestés :
3. En premier lieu, Mme C D, cheffe du service de l'immigration et de l'intégration de la préfecture du Finistère, a reçu, par arrêté préfectoral du 12 octobre 2022, régulièrement publié, délégation de signature aux fins de signer les décisions contestées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire desdites décisions doit être écarté.
4. En second lieu, les décisions par lesquelles le préfet du Finistère oblige M. B à quitter le territoire français, refuse de lui accorder un délai de départ volontaire, fixe le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office, lui fait interdiction d'un retour en France pendant trois ans et l'assigne à résidence, qui citent les textes applicables et font état, contrairement à ce que soutient le requérant, d'éléments de faits propres à sa situation personnelle, énoncent de manière suffisamment précise les considérations de fait et de droit sur lesquelles elles se fondent. M. B n'est dès lors pas fondé à soutenir que les décisions contestées méconnaissent les dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
En ce qui concerne les moyens propres à l'arrêté préfectoral portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et faisant interdiction de retour pendant trois ans :
5. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. Si M. B fait valoir qu'il réside en France depuis 2016 et qu'il n'a eu de cesse depuis de chercher à s'insérer, il n'en justifie nullement. Contrairement à ce qu'il soutient, il ne produit aucune pièce au soutien de ses allégations selon lesquelles il serait très assidu dans toutes ses activités personnelles, de loisirs, scolaires et professionnelles. Il n'établit pas davantage avoir développé, sur le territoire français, des liens personnels d'une particulière intensité. En revanche, il ressort des pièces du dossier que la seule demande de titre de séjour qu'il a déposée auprès des services préfectoraux le 1er décembre 2017 a fait l'objet d'une décision de refus et que malgré trois arrêtés préfectoraux l'obligeant à quitter le territoire français qui lui ont été notifiés en 2019, en 2020 et en 2021, il s'est maintenu sur le territoire sans entreprendre de démarches pour régulariser sa situation. Au cours de cette même période, il s'est fait défavorablement connaître des services de police et gendarmerie pour des faits réitérés de conduite d'un véhicule sans permis et sans assurance, de refus par un conducteur d'obtempérer à une sommation de s'arrêter, de conduite en ayant fait usage de stupéfiants, pour des faits de travail dissimulé et en dernier lieu, pour des faits de viol et d'agression sexuelle. L'avocat du requérant ne saurait sérieusement contester la réalité des faits pour lesquels M. B a été placé en garde à vue le 15 décembre 2022 en se bornant à produire un article paru dans le quotidien Le Télégramme, sans lien ni avec le requérant, ni avec la personne ayant porté plainte contre lui, relatant les poursuites engagées par le tribunal judiciaire de Quimper à l'égard d'une jeune femme qui aurait accusé à tort un homme de faits d'agression sexuelle. Dans ces conditions, la seule production d'un contrat de travail à durée indéterminée, signé le 5 décembre 2022 par M. B pour un emploi de mécanicien, conditionné à l'obtention d'un titre de séjour ou d'un récépissé de demande de titre de séjour, ne saurait permettre d'établir la gravité des conséquences qu'implique, pour l'intéressé, la mesure d'éloignement en litige. Au regard de ces éléments, l'arrêté par lequel le préfet a obligé M. B à quitter le territoire français sans délai, a fixé un pays de destination et lui a interdit un retour en France pendant une période de trois ans n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. Par suite, le préfet du Finistère n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il n'a pas davantage commis une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de son arrêté sur la situation personnelle de M. B.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". L'article L. 612-3 du même code précise que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
8. Pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire à M. B, le préfet du Finistère s'est fondé sur le fait que l'intéressé se maintient sur le territoire français sans avoir effectué de démarches pour régulariser sa situation administrative, qu'il a fait l'objet de trois précédentes mesures d'éloignement auxquelles il n'a pas déféré, qu'il n'a pas davantage respecté les obligations liées à la précédente décision d'assignation à résidence, que son comportement constitue une menace pour l'ordre public et qu'il a déclaré, lors de son audition par les services de police, qu'il n'entendait pas repartir dans son pays d'origine. Il ne présente, en outre, pas de garanties de représentation suffisantes, notamment en ce qu'il est dépourvu de documents de voyage. L'intéressé ne se prévaut, par ailleurs, d'aucune circonstance particulière justifiant qu'un délai de départ volontaire lui soit accordé. M. B entrait ainsi, dans les cas où, en application des dispositions précitées de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet du Finistère pouvait légalement lui refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire. À supposer que M. B ait entendu contester cette décision, en affirmant qu'elle ne se justifiait pas nécessairement, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'autorité préfectorale aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". L'article L. 612-10 de ce code précise que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
10. Il résulte de ces dispositions que lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ volontaire, il doit assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité.
11. Pour fonder la décision interdisant à M. B un retour sur le territoire français pendant trois ans, le préfet du Finistère a notamment relevé que l'intéressé ne justifiait ni de la date ni de la régularité de son entrée sur le territoire français, qu'il n'établissait pas avoir des liens privés ou familiaux particulièrement intenses en France, qu'il a fait l'objet de trois précédentes mesures d'éloignement qu'il n'a pas mises à exécution et que son comportement est constitutif d'une menace grave à l'ordre public. M. B, qui se borne à soutenir que la décision contestée portant interdiction de retour, aurait été adoptée automatiquement, sans examen particulier de sa situation, ne conteste pas les faits sur lesquels le préfet a fondé son appréciation. Il ne fait, par ailleurs, état d'aucune circonstance humanitaire susceptible de faire obstacle à cette décision d'interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Finistère aurait commis une erreur d'appréciation en lui interdisant un retour en France pendant trois ans.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. B à fin d'annulation de l'arrêté du 15 décembre 2022 par lequel le préfet du Finistère l'oblige à quitter le territoire français sans délai, fixe le pays de destination et lui fait interdiction de retour en France pendant une période de trois ans doivent être rejetées.
En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :
13. En premier lieu, et ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision par laquelle le préfet du Finistère oblige M. B à quitter le territoire français sans délai n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, la décision l'assignant à résidence n'a pas été prise sur le fondement d'une décision illégale. Le moyen tiré d'une telle exception d'illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.
14. En second lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " I. - L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". L'article R. 733-1 du même code prévoit que : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside. ".
15. Il ressort des pièces du dossier que M. B se trouve dans le cas où le préfet du Finistère pouvait décider son assignation à résidence, dès lors que l'exécution de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet demeure une perspective raisonnable et que justifiant d'une adresse de domiciliation, il présente des garanties de représentation propres à prévenir le risque qu'il se soustraie à l'exécution de cette mesure ce qui permet d'éviter son placement en rétention. En se bornant à soutenir que les mesures de surveillance qui lui sont imposées, qui lui font notamment obligation de se présenter tous les jours, entre 10 h et 12 h, au commissariat de Quimper, d'être présent à son domicile entre 6 h et 9 h et de ne pas sortir du périmètre de la ville de Quimper sans autorisation préalable des services préfectoraux, ne sont pas justifiées, le requérant ne fait état d'aucune circonstance l'empêchant de satisfaire aux obligations qui lui sont ainsi faites. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Finistère aurait commis une erreur d'appréciation en décidant de l'assigner à résidence et en lui imposant des mesures de surveillance.
16. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. B à fin d'annulation de l'arrêté du 16 décembre 2022 par lequel le préfet du Finistère l'a assigné à résidence doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
17. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation des arrêtés préfectoraux contestés, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par M. B ne peuvent dès lors être accueillies.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que le requérant demande au titre des dépenses exposées et non comprises dans les dépens. Les conclusions présentées à ce titre par M. B doivent dès lors être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Finistère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2022.
La magistrate désignée,
signé
M. ELa greffière d'audience,
signé
A. Gauthier
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026