LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2206558

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2206558

mercredi 20 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2206558
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 décembre 2022, M. B A, représenté par Me Le Bihan, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 29 avril 2022 par laquelle le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité ;

2°) d'enjoindre à cette autorité de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter du jugement ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Le Bihan d'une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- le signataire de la décision était incompétent ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- son dossier n'a pas été effectivement examiné ;

- en écartant les actes d'état civil produits, le préfet a méconnu l'article 47 du code civil ;

- il a produit des documents justifiant de son identité et de sa nationalité ;

- les textes applicables sont ceux en vigueur à la date de sa demande de titre de séjour ;

- en rejetant sa demande, le préfet a méconnu l'article R. 311-2-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable à la date du dépôt de la demande de titre de séjour, le 29 juin 2017 ;

- le préfet a méconnu le 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable dans sa rédaction antérieure au 1er mai 2021 ;

- il contribue à l'entretien de son enfant français et a, à ce titre, vocation à être titulaire d'une carte de séjour temporaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mai 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Le préfet fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 septembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. Jouno a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Le 29 juin 2017, M. A, ressortissant comorien né en 1987, a présenté une demande de titre de séjour en qualité de père d'enfants français. Sa demande a été rejetée par le préfet d'Ille-et-Vilaine par décision du 2 juillet 2018. Par un jugement du 15 février 2021, le tribunal a annulé cette décision et a enjoint au préfet de réexaminer la situation de M. A. Après avoir procédé à un tel réexamen, le préfet d'Ille-et-Vilaine a, par une décision du 29 avril 2022, rejeté la demande qui lui était soumise sur le fondement de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au motif que M. A ne justifiait pas de son identité par des documents qu'il estimait " recevables ". Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Les dispositions législatives et règlementaires du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoient la procédure de dépôt, d'instruction et de délivrance des différents titres autorisant les étrangers à séjourner en France. Ainsi, selon l'article R. 431-10 de ce code : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; / 3° Les documents justifiants de l'état civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour pour motif familial. / La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents. / Lorsque la demande de titre de séjour est introduite en application de l'article L. 431-2, le demandeur peut être autorisé à déposer son dossier sans présentation de ces documents ". L'article R. 431-12 du même code dispose que : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. / () ".

3. Il ressort des termes de la décision attaquée qu'à l'appui de sa demande de titre de séjour, M. A a présenté des documents qu'il présentait comme émanant des autorités comoriennes et qui étaient propres, à tout le moins en apparence, à justifier de son état civil et de sa nationalité. Son dossier comportait donc, ainsi qu'il le soutient, l'ensemble des éléments requis par l'article R. 431-10 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile afin qu'il soit enregistré. La circonstance éventuelle que ces documents puissent être regardés comme étant inauthentiques était d'ailleurs sans incidence sur l'appréciation de la complétude de son dossier. Dès lors, le préfet ne pouvait, sans commettre d'erreur de fait, se fonder sur l'incomplétude du dossier de M. A pour lui refuser, non pas l'enregistrement de celui-ci, mais la délivrance du titre de séjour sollicité.

4. Au surplus, en se prononçant de la sorte, le préfet a méconnu le champ d'application de l'article R. 431-10 précité, lequel ne saurait fonder que des décisions de refus d'enregistrement de demandes de titre de séjour, et ne peut ainsi constituer l'unique fondement juridique d'une décision de refus de séjour.

5. Il résulte de ce qui a été dit au point 3 que, sans qu'il soit besoin d'examiner le surplus des moyens, la décision attaquée doit être annulée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

6. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. ".

7. Compte tenu de ce qui vient d'être mentionné, il y a seulement lieu d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de réexaminer dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, la demande de titre de séjour de M. A et de le munir dans cette attente d'une autorisation provisoire de séjour.

Sur les frais liés au litige :

8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances particulières de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La décision du préfet d'Ille-et-Vilaine du 29 avril 2022 est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au préfet d'Ille-et-Vilaine de réexaminer la situation de M. A dans un délai d'un mois à compter du présent jugement et de le munir dans cette attente d'une autorisation provisoire de séjour.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet d'Ille-et-Vilaine.

Délibéré après l'audience du 6 décembre 2023 à laquelle siégeaient :

M. Jouno, président,

M. Albouy, premier conseiller,

M. Ambert, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2023.

Le président-rapporteur,

signé

T. JounoL'assesseur le plus ancien,

signé

E. Albouy

La greffière,

signé

S. Guillou

La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2206558

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions