LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2300351

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2300351

vendredi 23 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2300351
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS LE ROY GOURVENNEC PRIEUR

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la requête de l'association pour la sauvegarde du pays fouesnantais (ASPF) qui demandait l'annulation d'un permis de construire délivré le 18 août 2021 à M. et Mme B pour une maison et une piscine sur la parcelle CD n° 43 à Fouesnant. Le tribunal a examiné les moyens soulevés, notamment l'atteinte à l'autorité de la chose jugée, l'exception d'illégalité du plan de prévention des risques littoraux (PPRL) et la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. La solution retenue est le rejet de la requête, sans qu'il soit précisé dans l'extrait fourni si les moyens ont été jugés infondés ou irrecevables. Les textes appliqués incluent le code de l'urbanisme et le code de l'environnement.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 janvier 2023 et 28 avril 2025, l'association pour la sauvegarde du pays fouesnantais (ASPF) demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 août 2021 par lequel le maire de la commune de Fouesnant à délivré à M. et Mme B un permis en vue de démolir un bâtiment sur la parcelle cadastrée section CD n° 43, située sur le territoire de la commune de Fouesnant, et de construire une maison d'habitation d'une surface de plancher de 211,38 m² et une piscine, ainsi que la décision rejetant implicitement son recours gracieux du 17 septembre 2022 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Fouesnant une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ; notamment, elle a intérêt pour agir ;

- l'arrêté litigieux porte atteinte à l'autorité de la chose jugée attachée au jugement du tribunal administratif de Rennes n° 2105786 du 28 octobre 2022 ; aucun permis d'aménager modificatif régularisant le permis d'aménager initial n'a été déposé dans le délai imparti de trois mois ;

- l'arrêté litigieux est illégal, par voie d'exception de l'illégalité du plan de prévention des risques littoraux de l'Est-Odet s'agissant du classement de la parcelle d'assiette de la construction litigieuse en zone bleue ;

- l'arrêté litigieux a été délivré en méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et du règlement du plan de prévention des risques littoraux.

Par deux mémoires, enregistrés les 20 mars 2023 et 7 mai 2025, M. et Mme C et F B, représentés par la SELARL Ares, concluent au rejet de la requête et à ce que l'ASPF soit condamnée à leur verser une somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils font valoir que :

- le recours gracieux de l'association requérante ne leur a pas été notifié à l'adresse mentionnée sur le permis de construire litigieux, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- la requête est dépourvue de moyen, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ; il y a lieu de la rejeter par ordonnance ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 11 janvier 2024 et 5 mai 2025, la commune de Fouesnant, représentée par la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur, conclut au rejet de la requête et à ce que l'ASPF soit condamnée à lui verser une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par l'ASPF ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Grondin,

- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,

- et les observations de M. E, représentant l'ASPF, de Me Gouin-Poirier, de la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur, représentant la commune de Fouesnant, et de Me Hipeau, de la SELARL Ares, représentant M. et Mme B.

Une note en délibéré, présentée par l'ASPF, a été enregistrée le 16 mai 2025.

Considérant ce qui suit :

1. Le 17 mai 2021, M. et Mme B ont obtenu un permis en vue d'aménager deux lots libres sur la parcelle cadastrée section CD n° 43, située sur le territoire de la commune de Fouesnant. Par un jugement n° 2105786 du 28 octobre 2022 le tribunal administratif de Rennes a annulé cet arrêté du 17 mai 2021 en tant, premièrement, que la demande de permis d'aménager ne mentionne pas la surface de plancher maximale autorisée en méconnaissance des dispositions de l'article R. 422-3 du code de l'urbanisme, deuxièmement, en tant que l'arrêté du 17 mai 2021 autorise un aménagement nouveau et un remblaiement du terrain d'assiette en zone rouge en méconnaissance des dispositions des articles 1er et 2 du chapitre 4 du règlement du plan de prévention des risques littoraux Est Odet et, enfin, en tant qu'il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Faisant application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, le tribunal a par ailleurs laissé un délai de trois mois aux bénéficiaires du permis d'aménager annulé pour en solliciter la régularisation. Le recours de l'association pour la sauvegarde du pays fouesnantais (ASPF) dirigé contre le permis d'aménager modificatif du 6 avril 2023, sollicité par M. et Mme B dans le cadre de l'exécution du jugement n° 2105786, a été rejeté par un jugement n° 2304772 du 6 décembre 2024 du tribunal administratif de Rennes. Par un arrêt nos 22NT04053, 22NT04122 et 22NT04124 du 3 décembre 2024 la cour administrative d'appel de Nantes a jugé que la commune de Fouesnant et M. et Mme B ne sont fondés à demander l'annulation du jugement du tribunal administratif de Rennes qu'en tant qu'il décide d'annuler l'arrêté du 17 mai 2021 du maire de Fouesnant et le rejet du recours gracieux formé par M. G et Mme D au motif que l'arrêté méconnaîtrait les dispositions des articles 1er et 2 du chapitre 4 du titre II du règlement du plan de prévention des risques littoraux (PPRL) Est Odet en ce qui concerne la voie de desserte interne du projet pour sa partie située en zone rouge de ce PPRL. En revanche, la cour a jugé que les deux autres vices retenus par le jugement du tribunal, tirés, d'une part, de ce que la demande de permis d'aménager ne mentionne pas la surface de plancher maximale autorisée en méconnaissance des dispositions de l'article R. 442-3 du code de l'urbanisme et, d'autre part, de ce que l'arrêté du 17 mai 2021 est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, compte tenu de la hauteur et de l'étendue du remblaiement autorisé, étaient de nature à fonder l'annulation partielle de cet arrêté et sont régularisables au sens de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme. Enfin, la cour a rejeté les conclusions dirigées contre le permis d'aménager modificatif du 6 avril 2023. Le 7 mars 2022, M. et Mme B ont déposé une demande de permis en vue de démolir un bâtiment situé sur la parcelle cadastrée section CD n° 43, et de construire une maison d'habitation d'une surface de plancher de 211,38 m² et une piscine.

2. Par la présente requête, l'association pour la sauvegarde du pays fouesnantais demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 18 août 2022 par lequel le maire de la commune de Fouesnant à délivré ce permis de construire, ainsi que la décision rejetant implicitement son recours gracieux du 17 septembre 2022.

Sur les conclusions d'annulation :

3. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure les respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Il peut, de même, être régularisé par un permis modificatif si la règle relative à l'utilisation du sol, qui était méconnue par le permis initial, a été entretemps modifiée. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. et Mme B ont bénéficié d'un premier permis modificatif par un arrêté du 26 janvier 2024 portant sur la modification de l'implantation de la construction par rapport à la limite séparative est, sur la modification du volume de la maison et sur la diminution de la surface du patio central. Par un arrêté du 15 mars 2025, ils ont bénéficié d'un second permis de construire modificatif portant sur la suppression d'une partie de la terrasse et de la piscine, sur la modification de la terrasse restante désormais construite sur pilotis, et sur la modification de la pente du terrain du garage vers la voirie.

En ce qui concerne l'autorité de la chose jugée :

5. L'ASPF soutient que l'arrêté litigieux méconnaît l'autorité de la chose jugée attachée au jugement du tribunal administratif de Rennes n° 2105786 du 28 octobre 2022. Toutefois, la présente requête est dirigée contre un arrêté du 18 août 2022 qui est antérieur au jugement invoqué, et ne saurait donc méconnaître l'autorité de la chose jugée qui lui est attachée. En tout état de cause, une telle autorité de la chose jugée ne peut être utilement opposée par l'ASPF dès lors que ce jugement, qui a fait l'objet d'un appel le 22 décembre 2022 enregistré au greffe de la cour administrative d'appel de Nantes sous les nos 22NT04053, 22NT04122 et 22NT04124, n'était pas définitif. En outre, le jugement du 28 octobre 2022 porte sur la légalité d'un permis d'aménager initial alors que l'arrêté litigieux porte sur un permis de construire dont le permis d'aménager initial ne constitue pas la base légale et qui n'a pas été pris pour son application. En absence d'identité d'objet, le jugement du 28 octobre 2022 n'est revêtu d'aucune autorité de la chose jugée au regard de l'arrêté litigieux. Par suite, ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance du règlement du plan de prévention des risques littoraux et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :

S'agissant du cadre juridique applicable :

6. D'une part, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".

7. En application des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect. Pour apprécier si les risques d'atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, il appartient à l'autorité compétente en matière d'urbanisme, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent, et pour l'application de cet article en matière de risque de submersion marine, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, en l'état des données scientifiques disponibles, ce risque de submersion en prenant en compte notamment le niveau marin de la zone du projet, le cas échéant, sa situation à l'arrière d'un ouvrage de défense contre la mer ainsi qu'en pareil cas, la probabilité de rupture ou de submersion de cet ouvrage au regard de son état, de sa solidité et des précédents connus de rupture ou de submersion.

8. D'autre part, l'article L. 562-1 du code de l'environnement dispose que : " I.-L'Etat élabore et met en application des plans de prévention des risques naturels prévisibles tels que les inondations, les mouvements de terrain, les avalanches, les incendies de forêt, les séismes, les éruptions volcaniques, les tempêtes ou les cyclones () ". L'article L. 562-4 du même code dispose que : " Le plan de prévention des risques naturels prévisibles approuvé vaut servitude d'utilité publique. Il est annexé au plan local d'urbanisme, conformément à l'article L. 153-60 du code de l'urbanisme. Le plan de prévention des risques naturels prévisibles approuvé fait l'objet d'un affichage en mairie et d'une publicité par voie de presse locale en vue d'informer les populations concernées ".

9. Les prescriptions d'un plan de prévention des risques naturels (PPRN) prévisibles, dont le plan de prévention des risques littoraux (PPRL) est un cas particulier, destinées notamment à assurer la sécurité des personnes et des biens exposés aux risques en cause et valant servitude d'utilité publique, s'imposent directement aux autorisations de construire, sans que l'autorité administrative soit tenue de reprendre ces prescriptions dans le cadre de la délivrance du permis de construire. Il incombe à l'autorité compétente pour délivrer une autorisation d'urbanisme de vérifier que le projet respecte les prescriptions édictées par le plan de prévention et, le cas échéant, de préciser dans l'autorisation les conditions de leur application. Si les particularités de la situation l'exigent et sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, il peut subordonner la délivrance du permis sollicité à des prescriptions spéciales, s'ajoutant aux prescriptions édictées par le plan de prévention dans cette zone, si elles lui apparaissent nécessaires pour assurer la conformité de la construction aux dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Ce n'est que dans le cas où l'autorité compétente estime, au vu d'une appréciation concrète de l'ensemble des caractéristiques de la situation d'espèce qui lui est soumise et du projet pour lequel l'autorisation d'aménager est sollicitée, y compris d'éléments déjà connus lors de l'élaboration du plan de prévention des risques naturels, qu'il n'est pas légalement possible d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions permettant d'assurer la conformité de la construction aux dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, qu'elle peut refuser, pour ce motif, de délivrer le permis.

10. La commune de Fouesnant est couverte par le PPRL Est Odet approuvé le 12 juillet 2016 par le préfet du Finistère. Aux termes du chapitre 4 relatif aux " dispositions applicables en zonage réglementaire rouge (Zones hors centre urbain dense délimité) " du titre II du PPRL : " () Article 1 - Occupations et utilisations du sol interdites / Sont interdits : / - toutes les constructions, installations, ouvrages, aménagements nouveaux, la création et l'extension de terrains de camping, de parcs résidentiels de loisir et des aires d'accueil et camping-cars, à l'exception des cas prévus à l'article 2 suivant. / Article 2 - Occupations et utilisations du sol soumises à conditions particulières / Sont autorisés : / () e. les extensions des constructions existantes et les dépendances : / () e2 - les dépendances non liées à une activité professionnelle / Les dépendances telles que : garage, carport, préau, abri de jardin, local à vélo, dans la limite de 25 m² d'emprise au sol - utilisable une seule fois - à la date d'approbation du PPRL, sous réserve qu'elle soit construite sur la même parcelle que le bâti principal ou sur une parcelle contiguë de la même unité foncière. / () o. les affouillements et exhaussements liés à un projet autorisé au titre du présent article. / () r. l'édification de clôtures, sous réserve de ne pas nuire à l'écoulement de l'eau nonobstant les règles d'urbanisme applicables ". Aux termes du chapitre 6 relatif aux " dispositions applicables en zone réglementaire bleue (zone urbaine et zone naturelle à aléa faible à horizon 2100) " du titre II du PPRL : " () Article 1 - Occupations et utilisations du sol interdites / Sont interdits : / - toutes les constructions, installations, ouvrages, aménagements nouveaux, la création et l'extension de terrains de camping, de parcs résidentiels de loisir et des aires d'accueil et camping-cars, à l'exception des cas prévus à l'article 2 suivant. / Article 2 - Occupations et utilisations du sol soumises à prescriptions particulières / Sont autorisés : / a. les constructions nouvelles, à l'exception des établissements sensibles et des établissements stratégiques indispensables à la gestion de crise, à condition que le premier niveau de plancher soit situé à la cote N2100 augmentée de 0,20 m d'incertitudes liées au bâti. () / q. les affouillements et exhaussements liés à un projet autorisé au titre du présent article () ".

11. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est compris dans sa totalité dans deux zones, rouge et bleue, identifiées au PPRL Est Odet comme présentant des risques prévisibles d'inondation par submersion marine et recul du trait de côte, la construction autorisée n'étant située qu'en zone bleue. Contrairement à ce que l'association requérante allègue, les règles propres à chaque zone s'appliquent sur la partie du projet dans chacune de ces zones. A ce titre, il résulte des dispositions de l'article 1er du chapitre 6 du titre II de ce PPRL qu'en zone bleue le principe est celui de l'interdiction de toute construction, notamment de logement, et que par exception les constructions nouvelles autorisées en application de l'article 2 doivent notamment respecter des normes de hauteur de leur premier niveau de plancher. Tous les terrains immédiatement voisins du terrain d'assiette de ce projet sont également, en totalité ou partiellement pour l'un d'entre eux, classés pour les mêmes motifs en zone rouge et bleue au PPRL Est Odet. Il résulte également de la " carte des cotes d'eau pour l'aléa à échéance 100 ans (avec prise en compte de l'état des ouvrages) ", annexée à l'arrêté préfectoral approuvant le PPRL Est Odet, que la parcelle d'assiette du projet, ainsi que toutes les parcelles limitrophes, seront recouvertes, dans cette hypothèse, par les eaux avec une cote à 4,63 m A.

S'agissant de l'illégalité du permis litigieux, par voie d'exception de l'illégalité du PPRL :

12. Aux termes des dispositions de l'article L. 600-1 du code de l'urbanisme : " L'illégalité pour vice de forme ou de procédure d'un schéma de cohérence territoriale, d'un plan local d'urbanisme, d'une carte communale ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu ne peut être invoquée par voie d'exception, après l'expiration d'un délai de six mois à compter de la prise d'effet du document en cause () ". L'article L. 562-1 du code de l'environnement dispose que : " I.-L'Etat élabore et met en application des plans de prévention des risques naturels prévisibles tels que les inondations, les mouvements de terrain, les avalanches, les incendies de forêt, les séismes, les éruptions volcaniques, les tempêtes ou les cyclones () ". L'article L. 562-4 du même code dispose que : " Le plan de prévention des risques naturels prévisibles approuvé vaut servitude d'utilité publique. Il est annexé au plan local d'urbanisme, conformément à l'article L. 153-60 du code de l'urbanisme. Le plan de prévention des risques naturels prévisibles approuvé fait l'objet d'un affichage en mairie et d'une publicité par voie de presse locale en vue d'informer les populations concernées ".

13. Il résulte de cet article et des articles L. 562-1 et L. 562-4 du code de l'environnement que les plans de prévention des risques naturels prévisibles constituent des documents qui, élaborés à l'initiative de l'Etat, ont pour objet de définir des zones exposées à des risques naturels à l'intérieur desquelles s'appliquent des contraintes d'urbanisme importantes et ont ainsi pour effet de déterminer des prévisions et règles opposables aux personnes publiques ou privées au titre de la délivrance des autorisations d'urbanisme qu'elles sollicitent. Par suite, les plans de prévention des risques naturels constituent des documents d'urbanisme tenant lieu de plan d'occupation des sols ou de plan local d'urbanisme, et peuvent être invoqués par voie d'exception pour solliciter l'annulation d'un permis de construire.

14. L'association requérante soutient que la parcelle d'assiette du projet a été identifiée, dans le cadre de la cartographie arrêtée en février 2016, comme intégralement située en zone rouge, et que l'évolution de cette cartographie en zone bleue n'est pas justifiée, et ne tient pas compte des risques de rupture du cordon dunaire situé en amont. Toutefois, une note annexe à la note de présentation du PPRL indique que le zonage initialement proposé a évolué à la suite de l'enquête publique qui s'est tenue du 25 avril au 31 mai, et explicite la méthodologie conduisant à faire passer certaines zones initialement classées rouge en zones bleues. De même, si le terrain d'assiette du projet est effectivement situé à l'arrière d'un système de protection, en l'espèce un cordon dunaire, la note de présentation du PPRL indique bien que la faillibilité des cordons dunaires a été prise en compte, selon une méthodologie décrite dans le rapport de présentation, après analyse de différents scénarii catastrophe. Il en résulte que les parcelles situées au sud du terrain d'assiette sont classées en zone rouge et en zone rouge hachurée noir, correspondant à la bande de précaution de 150 m résultant de la présence d'un ouvrage de protection, et que s'agissant du cordon dunaire, " le niveau de vulnérabilité reste relativement faible au regard du caractère relativement naturel de ce territoire " compte tenu notamment de l'enrochement des dunes. Pour remettre en cause cette appréciation, l'association requérante se borne à alléguer des circonstance générales et étayées par aucune pièce mise à part une carte matérialisant le retrait de trait de côte à l'échéance de 2100. Par suite, le classement du terrain d'assiette de la construction litigieuse en zone bleue du PPRL n'est entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation.

S'agissant de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :

15. Si l'association requérante soutient que le projet litigieux est de nature à porter atteinte à la sécurité publique compte tenu des risques de submersion, il résulte de ce qui a été dit au point 11 que le classement en zone bleue n'est entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation. Si l'ASPF se prévaut plus précisément de l'accroissement du risque de submersion auquel le projet litigieux va exposer les propriétés voisines du fait de l'implantation d'une construction artificialisant le sol à un niveau altimétrique largement rehaussé par rapport au niveau du terrain naturel, en reportant les eaux vers les parcelles voisines, il ressort toutefois des pièces du dossier que le remblai initialement prévu, qui portait sur un important exhaussement des 3/4 du terrain d'assiette du projet, a été supprimé au niveau de la terrasse et de la piscine par le permis de construire modificatif n° 2 du 15 mars 2025, et que la superficie de la terrasse a été réduite, la partie restante devant être réalisée sur pilotis. En conséquence, n'est plus non plus prévue la réalisation du mur de soutènement situé au sud de la piscine et traversant la propriété d'est en ouest. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que l'ensemble des constructions voisines sont édifiées à une hauteur variant de 4 à 5 mètres du terrain naturel, du même ordre que celle du projet autorisé qui est de 4,63 m A correspondant à la hauteur minimale autorisée en zone bleue. Dans ces conditions, en l'absence de modification sensible de la pente du terrain existant, l'exhaussement prévu par le projet ne devrait pas modifier substantiellement l'écoulement des eaux et/ou la vitesse d'écoulement des eaux sur les propriétés, déjà surélevées, situées à l'est du terrain d'assiette. Le risque invoqué n'est ainsi pas caractérisé. Enfin, et ainsi qu'il a été dit au point 11, s'agissant du cordon dunaire, il résulte du plan de prévention des risques littoraux que, " le niveau de vulnérabilité reste relativement faible au regard du caractère relativement naturel de ce territoire " compte tenu notamment de l'enrochement des dunes. L'association requérante n'est donc pas fondée à se prévaloir d'un risque au titre du retrait du trait de côte et de la montée des eaux.

16. Il résulte de tout ce qui précède, que l'ASPF n'est pas fondée à solliciter l'annulation de l'arrêté du 18 août 2021 du maire de la commune de Fouesnant, ni la décision rejetant implicitement son recours gracieux du 17 septembre 2022, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense.

Sur les frais liés au litige :

17. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme de 2 000 euros sollicitées par l'ASPF au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la commune de Fouesnant, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

18. D'autre part, il n'y pas a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'ASPF, partie perdante dans la présente instance, les sommes de 3 500 euros et de 2 000 euros respectivement sollicitées par M. et Mme B et par la commune de Fouesnant au titre des frais qu'ils ont exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de l'ASPF est rejetée.

Article 2 : Le surplus des conclusions de l'ensemble des parties est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association pour la sauvegarde du pays fouesnantais, à M. et Mme C et F B et à la commune de Fouesnant.

Délibéré après l'audience du 12 mai 2025, à laquelle siégeaient :

M. Radureau, président,

M. Grondin, premier conseiller,

Mme Villebesseix, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2025.

Le rapporteur,

signé

T. Grondin

Le président

signé

C. Radureau

Le greffier,

signé

N. Josserand

La République mande et ordonne au préfet du Finistère, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions