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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2300611

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2300611

mercredi 3 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2300611
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 février 2023, M. C A, représenté par Me Roilette, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 janvier 2023 par lequel le préfet du Morbihan a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet du Morbihan de lui restituer ses documents de voyage et de lui délivrer une carte de séjour temporaire à compter de la notification du jugement ou, à défaut, d'enjoindre de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour durant cet examen ;

3°) d'assortir l'injonction prononcée d'une astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 2 500 euros à verser à Me Roilette sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

M. A soutient que :

- la compétence du signataire de l'arrêté attaqué n'est pas établie ;

- la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour n'est pas suffisamment motivée et n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation ;

- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation et méconnu les dispositions des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision lui refusant un titre de séjour méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'obligation de quitter le territoire français n'est pas suffisamment motivée et n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation ;

- il invoque par la voie de l'exception l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour à l'appui de ses conclusions en annulation de l'obligation de quitter le territoire français ;

- le préfet a fait une interprétation erronée du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers en se croyant en situation de compétence liée ;

- l'obligation de quitter le territoire méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- l'obligation de quitter le territoire méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la décision fixant le pays de renvoi n'est pas suffisamment motivée et n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation ;

- cette décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la décision l'obligeant à remettre son passeport et à se présenter deux fois par semaine au commissariat de Vannes n'est pas suffisamment motivée et n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation ;

- il invoque par la voie de l'exception l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- l'obligation de remettre son passeport et de se présenter aux services de police est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mars 2023, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision de la présidente du bureau d'aide juridictionnelle du 23 février 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, qui est un ressortissant turc né en 1992, est entré irrégulièrement en France, le 3 mars 2019. Interpelé par les services de la police aux frontières, il a fait l'objet le 4 mars 2019 d'un arrêté du préfet de la Haute-Savoie l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, et lui interdisant le retour sur ce territoire pendant une durée d'un an. Il s'est toutefois maintenu sur le territoire et a sollicité, le 27 mars 2019, son admission au séjour au titre de l'asile auprès des services de la préfecture d'Ille-et-Vilaine. Sa demande d'asile a d'abord été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 22 mai 2019, puis, le 15 octobre 2019, par la Cour nationale du droit d'asile. Le 7 janvier 2021, M. A a fait l'objet d'un arrêté du préfet du Morbihan portant obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire assortie d'une interdiction de retour d'un an. Mais il a déposé, le 29 août 2022, une demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en faisant valoir sa vie privée et familiale en France. Par l'arrêté attaqué du 5 janvier 2023, le préfet du Morbihan a décidé de refuser à M. A la délivrance d'un titre de séjour, de l'obliger à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé la Turquie comme pays de renvoi et l'a astreint à se présenter deux fois par semaine, le mardi et le jeudi à 10 h au commissariat de Vannes.

Sur les conclusions en annulation :

2. Par un arrêté du 29 août 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Morbihan du 31 août 2022, le préfet de ce département a donné délégation à Mme E D, cheffe du bureau des étrangers et de la nationalité, signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer notamment, les refus de délivrance de titre de séjour ainsi que les obligations de quitter le territoire, les interdictions de retour et les décisions fixant le pays de renvoi. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, l'arrêté mentionne l'ensemble des motifs de fait et de droit au regard desquels le préfet du Morbihan a refusé de délivrer à M. A un titre de séjour au regard de sa vie privée et familiale que ce soit sur le terrain de l'article L. 425-25 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou sur celui de l'article L. 435-1 du même code. Le préfet y rappelle ainsi les principaux éléments caractérisant les liens privés et familiaux de M. A en France et en Turquie, avant de relever que ceux-ci ne démontrent pas qu'une décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, et que l'intéressé ne justifie pas de considérations humanitaires ou exceptionnelles, notamment au regard de la durée de son séjour en France. Par suite, le moyen tiré du caractère insuffisant de la motivation de la décision par laquelle le préfet du Morbihan a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A doit être écarté.

4. En second lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".

5. M. A fait valoir que son épouse, présente en France depuis 2009, est titulaire d'une carte de résident valable jusqu'en mai 2025, qu'ils ont une fille, née à Vannes le 18 septembre 2017, qui est actuellement scolarisée en grande section de maternelle, qu'il a obtenu une promesse d'embauche en tant que maçon, preuve de sa volonté de s'intégrer en France, où résident également les parents de son épouse, qui sont son oncle et sa tante, ainsi que des cousins. Il ressort toutefois des pièces du dossier que l'intéressé, qui a épousé en Turquie en 2016 une compatriote résidant en France, est entré irrégulièrement sur le territoire français le 3 mars 2019, sans respecter la procédure qui lui était applicable du regroupement familial et qu'il s'est maintenu irrégulièrement en France en dépit de la mesure d'éloignement assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an dont il a fait l'objet dès le 4 mars 2019, puis d'un arrêté du préfet du Morbihan du 7 janvier 2021 comportant des décisions identiques, dont la légalité a été confirmée par le tribunal, puis par la cour administrative d'appel de Nantes. En outre, le requérant n'est pas dépourvu de toute attache dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-six ans, où résident ses parents, ses neuf frères et sœurs, où il avait un emploi et où rien ne s'oppose à la reconstitution de sa cellule familiale. Compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et notamment de la durée et des conditions de séjour en France de M. A, la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Dès lors, en prenant cette décision, le préfet du Morbihan n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, cette décision n'est pas davantage entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. / Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'État. ". Si cet article permet à l'autorité préfectorale de délivrer, au titre de l'admission exceptionnelle au séjour, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " à des ressortissants étrangers qui ne satisfont pas aux conditions requises pour prétendre à ces titres, cette faculté est toutefois subordonnée à la condition que l'admission au séjour du demandeur réponde à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir. Par ailleurs, en présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et, à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ".

7. Les circonstances relatives à la vie privée et familiale de M. A, relatées au point 5 ne révèlent pas l'existence de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels qui auraient dû conduire le préfet du Morbihan, sauf à commettre une erreur manifeste d'appréciation, à lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, M. A ne fait état s'agissant de sa situation au regard du travail, que d'une promesse d'embauche datée du 13 janvier 2022, qu'il n'invoque que comme illustration de sa vie privée et familiale, dont la validité à la date de l'arrêté attaqué n'est pas établie et qui rapprochée de la situation personnelle de l'intéressé, ne caractérise pas l'existence de motifs exceptionnels. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

8. Il ressort des pièces du dossier et notamment de la motivation de l'arrêté attaqué, que la décision refusant à M. A la délivrance d'un titre de séjour a été précédée d'un examen complet de sa situation.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :

9. La décision portant obligation de quitter le territoire ayant été prise sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et procédant ainsi de la décision refusant à M. A un titre de séjour, sa motivation se confond, hormis la citation ou le visa de cet article, avec celle de la décision relative au séjour qui est, en l'espèce, suffisante, ainsi que cela a été relevé au point 3. Par suite, le moyen tiré du caractère insuffisant de la motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire doit être écarté.

10. M. A n'établit pas que la décision lui refusant un titre de séjour serait illégale. Par suite, il ne peut valablement invoquer cette illégalité, par la voie de l'exception, à l'appui de ses conclusions en annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire.

11. Il ressort des pièces du dossier et notamment de la motivation de l'arrêté attaqué, qui souligne qu'en application du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'autorité administrative, qui a refusé de délivrer un titre de séjour, peut obliger l'étranger à quitter le territoire français, que le préfet du Morbihan ne s'est pas cru en situation de compétence liée pour décider d'obliger M. A à quitter le territoire français.

12. Pour les motifs énoncés au point 5, le préfet n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale en décidant de l'obliger à quitter le territoire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

13. En l'absence d'obstacle à la reconstitution de la cellule familiale et à la poursuite de la scolarité de sa fille, qui n'est âgée que de cinq ans, dans son pays d'origine, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'en décidant de l'obliger à quitter le territoire français, le préfet du Morbihan a omis d'accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur de son enfant, en méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

14. Il ressort des pièces du dossier et notamment de la motivation de l'arrêté attaqué, que la décision obligeant M. A à quitter le territoire français a été précédée d'un examen complet de sa situation.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

15. La décision fixant le pays de renvoi est suffisamment motivée par le visa de l'article L. 721-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et par la mention relevant que M. A n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en l'absence de toute contestation sur la nationalité de M. A ou sur l'absence de risques en cas de retour en Turquie.

16. M. A ne faisant pas état de ce qu'il aurait dans un autre pays tiers que la Turquie des liens privés et familiaux plus importants que ceux qu'il a dans ce dernier pays, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté, comme inopérant. Il en est de même du moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant en l'absence de tout élément établissant que l'intérêt supérieur de l'enfant du requérant aurait dû amener le préfet du Morbihan à choisir un pays de renvoi de M. A autre que la Turquie.

17. Il ressort des pièces du dossier et notamment de la motivation de l'arrêté attaqué, que la décision fixant le pays de renvoi a été précédée d'un examen complet de sa situation.

En ce qui concerne les obligations de remettre son passeport et de se présenter deux fois par semaine, le mardi et le jeudi à 10 h au commissariat de police de Vannes :

18. Aux termes de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être astreint à se présenter à l'autorité administrative ou aux services de police ou aux unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire. ". Aux termes de l'article L. 721-8 du même code : " L'autorité administrative peut prescrire à l'étranger auquel un délai de départ a été accordé la remise de son passeport ou de tout document justificatif de son identité, dans les conditions prévues à l'article L. 814-1. ".

19. Aux termes de l'article R. 721-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 721-7, l'autorité administrative désigne le service auprès duquel l'étranger effectue les présentations prescrites et fixe leur fréquence qui ne peut excéder trois présentations par semaine. ".

20. L'arrêté attaqué qui vise et cite en substance les articles L. 721-6 à L. 721-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et souligne que les obligations en cause ont pour objet de vérifier que M. A effectue les diligences nécessaires à son départ comporte une motivation suffisante de ces mesures.

21. M. A n'établit pas que la décision portant obligation de quitter le territoire serait illégale. Par suite, il ne peut valablement invoquer cette illégalité, par la voie de l'exception, à l'appui de ses conclusions en annulation des décisions visées ci-dessus.

22. M. A ne faisant état d'aucune circonstance relative à sa situation personnelle ou à sa vie privée et familiale de nature à rendre les obligations visées ci-dessus disproportionnées à leur objet ou à les regarder comme portant une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, les moyens tirés de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

23. Il ressort des pièces du dossier et de ce qui précède que les décisions portant obligation de remettre son passeport et obligation de se présenter deux fois par semaine au commissariat de Vannes ont été précédées d'un examen complet de la situation de M. A.

24. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation des décisions comprises dans l'arrêté du 5 janvier 2023 doivent être écartées.

Sur les conclusions présentées aux fins d'injonction et d'astreinte :

25. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête de M. A présentées aux fins d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

26. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 11 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à l'octroi d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens à la partie perdante. Par suite, la demande présentée par M. A sur le fondement de ces dispositions, doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet du Morbihan.

Délibéré après l'audience du 12 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Etienvre, président,

M. Albouy, premier conseiller,

M. Tourre, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mai 2023.

Le rapporteur,

signé

E. BLe président,

signé

F. Etienvre

La greffière,

signé

S. Guillou

La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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