mercredi 13 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2300980 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Vice-président Contentieux sociaux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 février 2023, M. A B demande au Tribunal d'annuler la décision du 10 novembre 2022 par laquelle la commission de médiation du Finistère a rejeté son recours gracieux en vue de voir reconnaître sa demande de logement comme étant prioritaire et urgente.
M. B doit être regardé comme soutenant que c'est à tort que sa demande a été rejetée.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 mai 2023, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que le requérant qui n'est pas dépourvu de logement ne justifie pas que ce logement n'est pas adapté à ses besoins et à ses capacités.
Vu :
- la décision de la commission de médiation du Finistère du 10 novembre 2022 ;
- le dossier de la commission de médiation du Finistère ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative, en particulier ses articles L. 778-1 et R. 778-1 à R. 778-7 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 ;
- le code de justice administrative.
- la décision par laquelle le président du Tribunal a désigné M. Descombes, vice-président pour statuer en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, M. Descombes, président-rapporteur a présenté son rapport, aucune des parties n'étant présente.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a saisi le 12 août 2022, la commission de médiation d'Ille-et-Vilaine d'un recours amiable en vue d'une offre de logement. Cette commission lors de sa réunion du
10 novembre 2022 l'a déclaré non prioritaire au motif que son relogement ne revêtait pas de caractère d'urgence. M. B a formé un recours gracieux le 18 janvier 2023 contre cette décision. Par la présente requête, il conteste la décision implicite par laquelle cette commission a rejeté ce recours gracieux.
2. Aux termes de l'article R. 441-14-1 du même code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département ou en Ile-de-France dans la région. / Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social qui se trouvent dans l'une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivantes : / - ne pas avoir reçu de proposition adaptée à leur demande dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4 ; / () - avoir fait l'objet d'une décision de justice prononçant l'expulsion du logement ; / () La commission peut, par décision spécialement motivée, désigner comme prioritaire et devant être logée en urgence une personne qui, se trouvant dans l'une des situations prévues à l'article L. 441-2-3, ne répond qu'incomplètement aux caractéristiques définies ci-dessus. ".
3. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date à laquelle la commission de médiation du Finistère s'est prononcée sur la demande de M. B, celui-ci était locataire d'un logement de type T2 du parc privé à Bourges pour un reste à charge de loyer de 272,61 euros, alors que ses revenus sont constitués du seul revenu de solidarité active (RSA) qu'il perçoit à hauteur de 506 euros. Toutefois, s'il existe effectivement une disproportion entre ses revenus, constitués de prestations sociales et le loyer qu'il doit régler, il ne justifie pas de l'exercice d'une quelconque activité professionnelle dans le Finistère, ni de la nécessité pour lui de répondre à une offre d'emploi uniquement dans ce département. En outre, il ne fait état d'aucune recherche d'emploi dans la région de Bourges pour faire face à sa précarité, ni même d'aucune demande de logement social dans le département du Cher. Dans ces conditions, c'est sans erreur de fait, ni erreur de droit que la commission de médiation a pu édicter la décision attaquée. Par suite la requête de M. B doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement et au préfet du Finistère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2023.
Le président-rapporteur,
signé
G. DescombesLa greffière,
signé
E. Le Magoariec
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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