LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2301102

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2301102

lundi 20 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2301102
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS LE ROY GOURVENNEC PRIEUR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 février 2023, M. H C, Mme I D, Mme B E, M. A F et Mme K J demandent au juge des référés de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté du maire de la commune de La Feuillée du 6 janvier 2023 portant délégation de fonction au bénéfice de Mme L, en qualité de troisième adjointe, déléguée à la culture, l'enfance et la jeunesse, les associations et le regroupement pédagogique intercommunal, ensemble le versement de ses indemnités.

Ils soutiennent que :

- la condition tenant à l'urgence est satisfaite, dès lors que Mme L perçoit des indemnités indues, dès lors que sa désignation est irrégulière ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige, dès lors que :

* le délai de remplacement d'un adjoint démissionnaire, fixé à 15 jours par les dispositions de l'article L. 2122-14 du code général des collectivités territoriales, n'a pas été respecté ;

* les règles du processus électoral n'ont pas été respectées ; n'ont pas été désignés de président, secrétaire ni assesseurs de scrutin ; aucun procès-verbal n'a non plus été rédigé ni transmis à l'autorité administrative ;

* n'a pas été respectée l'obligation d'affichage, prescrite par les dispositions de l'article L. 2122-12 du code général des collectivités territoriales ;

* l'arrêté de délégation est fondé sur une élection en qualité d'adjointe au maire illégale ;

* il est entaché de rétroactivité en tant qu'il porte effet au 1er janvier 2023 ; il n'a fait l'objet d'aucune mesure d'affichage et de publicité ; il n'a été transmis au contrôle de légalité que le 24 janvier 2023.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2023, la commune de La Feuillée, représentée par la Selarl Le Roy, Gourvennec, Prieur, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge des requérants de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable, dès lors que les requérants ne justifient pas de leur intérêt à agir contre l'arrêté qu'ils contestent ; ils ne sont pas affectés dans leurs prérogatives d'élus par la délégation de fonction en litige ; l'acte en cause n'affecte pas les finances locales, dès lors qu'aucune indemnité n'est attachée à cette délégation ;

- la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite ; les requérants n'établissent pas, ni même n'allèguent, que l'acte en cause préjudicie à leurs droits ou leur situation ; les intérêts de la commune justifient le maintien de l'arrêté en litige ;

- les requérants ne soulèvent aucun moyen propre à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige ; en particulier :

* le non-respect du délai de remplacement d'un adjoint démissionnaire n'a aucune incidence sur la régularité de la désignation de l'adjoint remplaçant ;

* le code électoral ne prévoit la désignation d'assesseurs que pour l'élection des conseillers municipaux ;

* le non-respect du délai d'affichage de la délibération du 6 septembre 2022 reste également sans incidence sur la régularité de l'élection ;

* l'arrêté en litige a été transmis au contrôle de légalité et publié et affiché ;

* il a été abrogé par arrêté du 9 mars 2023, en tant qu'il était rétroactif.

Vu :

- la requête au fond n° 2301050, enregistrée le 23 février 2023 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code électoral ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Thielen, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 mars 2023 :

- le rapport de Mme G,

- les observations de M. C, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens, et précise notamment que :

* l'arrêté du 6 janvier 2023 n'a jamais été affiché ;

* Mme L a signé des décisions sous couvert de l'arrêté du 6 janvier 2023 ;

* l'indemnité est versée non en qualité d'adjointe au maire, mais bien au titre des fonctions déléguées ;

* l'intérêt communal à la présence d'un troisième adjoint est discutable, dans la mesure où la commune est restée plusieurs mois avec deux adjoints, sans difficultés, et que le maire ne s'empresse pas de faire élire un quatrième adjoint, alors qu'il pourrait le faire ;

* l'arrêté du 9 mars 2023 ne vise pas le procès-verbal d'élection, qui n'a au demeurant jamais été établi ;

* ils ont intérêt à agir en tant que contribuables locaux ;

* ils n'ont pas contesté l'élection de la troisième adjointe ;

- les observations de Me Le Baron, représentant la commune de La Feuillée, qui persiste dans ses conclusions écrites, par les mêmes moyens et arguments, et fait notamment valoir que :

* les indemnités de fonction sont versées aux adjoints et ne sont pas attachées aux fonctions déléguées ;

* l'attestation du maire certifiant l'affichage de l'arrêté du 6 janvier 2023 fait foi ;

* la décision ne fait pas grief aux requérants et ne portent pas atteinte à leurs prérogatives ;

* la rétroactivité a été purgée par l'arrêté modificatif du 9 mars 2023 ;

* les autres moyens soulevés sont sans incidence sur la légalité de l'arrêté en litige.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. La troisième adjointe au maire de la commune de La Feuillée a présenté sa démission de cette fonction le 2 mai 2022, qui a été acceptée par le préfet du Finistère le 11 mai suivant. Il a été procédé à l'élection de Mme L en qualité de troisième adjointe, lors de la séance du conseil municipal du 6 septembre 2022. Par arrêté du 6 janvier 2023, le maire de la commune de La Feuillée a donné délégation de fonction au bénéfice de Mme L, en qualité de troisième adjointe, déléguée à la culture, l'enfance et la jeunesse, les associations et le regroupement pédagogique intercommunal, à compter du 1er janvier 2023. M. C, Mme D, Mme E, M. F et Mme J ont saisi le tribunal d'un recours en annulation contre cet arrêté et, dans l'attente du jugement au fond, demandent au juge des référés d'en suspendre l'exécution, ensemble le versement des indemnités de fonctions à Mme L.

Sur les conclusions aux fins de suspension :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. Aux termes de l'article L. 2122-13 du code général des collectivités territoriales : " L'élection du maire et des adjoints peut être arguée de nullité dans les conditions, formes et délais prescrits pour les réclamations contre les élections du conseil municipal ". Ces conditions sont fixées par l'article R. 119 du code électoral, relatif au contentieux de l'élection des conseillers municipaux, aux termes duquel : " Les réclamations contre les opérations électorales doivent être consignées au procès-verbal, sinon être déposées, à peine d'irrecevabilité, au plus tard à dix-huit heures le cinquième jour qui suit l'élection, à la sous-préfecture ou à la préfecture. () / Les protestations peuvent également être déposées directement au greffe du tribunal administratif dans le même délai () ". Enfin, aux termes de l'article D. 2122-2 du code général des collectivités territoriales : " Le délai de cinq jours dans lequel, conformément à l'article L. 2122-13, l'élection du maire et des adjoints peut être arguée de nullité court à partir de vingt-quatre heures après l'élection ".

4. Il résulte de ces dispositions que la contestation de l'élection d'un adjoint au maire, qui revêt le caractère d'une protestation électorale, doit être formée au plus tard à dix-huit heures le cinquième jour à partir de vingt-quatre heures après l'élection.

5. L'élection de Mme L en qualité de troisième adjointe au maire de la commune de La Feuillée a eu lieu le 6 septembre 2022. Le délai de contestation de cette élection a commencé à courir le 7 septembre 2022 à 24 h et a expiré le 12 septembre 2022 à 18 h. À cette même date, cette élection est devenue définitive, de sorte qu'aucun des moyens tendant à contester sa régularité n'apparaît propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige.

6. Il résulte par ailleurs de l'instruction que l'arrêté du 6 janvier 2023, portant délégation de fonction au bénéfice de Mme L en qualité de troisième adjointe à compter du 1er janvier 2023, a été modifié par arrêté du 9 mars 2023, et abrogé en tant qu'il prévoyait une entrée en vigueur à compter du 1er janvier 2023, ce second arrêté portant délégation de fonction à compter de l'accomplissement des mesures de publicité, transmission aux services de l'État et notification à son destinataire. Les mesures de publicité, notification et transmission au contrôle de légalité ont été accomplies dès le 9 mars 2023. Le moyen tiré de la rétroactivité n'apparaît par suite pas propre, en l'état de l'instruction et devant le juge des référés, à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige, la circonstance que la troisième adjointe ait éventuellement signé des actes administratifs relevant du champ matériel de sa délégation de fonction ne pouvant en tout état de cause justifier la suspension de l'exécution de l'arrêté en litige, pour l'avenir.

7. Aucun des autres moyens invoqués par les requérants et analysés ci-dessus, à les supposer soulevés de manière autonome, et tirés notamment du tardif accomplissement des mesures de publicité et de transmission au contrôle de légalité et de la circonstance que l'arrêté du 9 mars 2023 ne viserait pas le procès-verbal de l'élection de la troisième adjointe, n'apparaît davantage propre, en l'état de l'instruction, à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige, l'attestation du maire de la commune de La Feuillée certifiant que celui-ci a été affiché faisant foi, jusqu'à preuve contraire.

8. Il résulte de ce qui précède que l'une des conditions auxquelles les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonnent la suspension d'une décision administrative n'est pas remplie. Les conclusions des requérants tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté du maire de la commune de La Feuillée du 6 janvier 2023, modifié par arrêté du 9 mars 2023 et portant délégation de fonction au bénéfice de Mme L, en qualité de troisième adjointe, déléguée à la culture, l'enfance et la jeunesse, les associations et le regroupement pédagogique intercommunal, ne peuvent, par suite et sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête ni sur la condition d'urgence, qu'être rejetées.

9. Il ne peut davantage être fait droit aux conclusions tendant à la suspension du versement au bénéfice de Mme L de ses indemnités de fonction, qu'elles soient au demeurant perçues au seul titre de sa qualité de troisième adjointe, ou au titre de sa délégation de fonctions à la culture, l'enfance et la jeunesse, les associations et le regroupement pédagogique intercommunal.

Sur les frais liés au litige :

10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme que la commune de La Feuillée demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête susvisée est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de La Feuillée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. H C, premier dénommé, pour l'ensemble des requérants en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative et à la commune de La Feuillée.

Fait à Rennes, le 20 mars 2023.

Le juge des référés,

signé

O. GLa greffière d'audience,

signé

J. Jubault

La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

4

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions