vendredi 16 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2301233 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LE ROY GOURVENNEC PRIEUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et quatre mémoires, enregistrés les 3 mars 2023, 26 juillet 2023, 4 octobre 2023, 29 novembre 2023 et 30 novembre 2023, le syndicat des copropriétaires de l'immeuble " Les terrasses du moulin blanc ", Mme B R, Mme G F, M. J L, M. K P, M. T H, Mme C E, Mme Q O, Mme M S, et M. I N, représentés par Me Vallantin, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 septembre 2022 par lequel le maire de la commune du Relecq-Kerhuon a accordé le permis de construire sollicité par la SCCV Villa Héol en vue de l'édification d'un immeuble collectif de 21 logements sur la parcelle cadastrée section AV n° 241, ainsi que la décision rejetant implicitement leur demande tendant au retrait de cet arrêté ;
2°) d'annuler l'arrêté du 29 septembre 2023 par lequel le maire de la commune du Relecq-Kerhuon a accordé un permis de construire modificatif à la SCCV Villa Héol portant sur le reprofilage des rampes d'accès à l'intérieur de la résidence, le traitement des limites séparatives et le local vélos ;
3°) de mettre à la charge de la commune du Relecq-Kerhuon le versement de la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont intérêt pour agir dès lors qu'ils revêtent la qualité de voisin immédiat au projet litigieux ;
- l'arrêté de permis de construire du 13 septembre 2022 est entaché d'illégalité dès lors que :
- il a été signé par une autorité incompétente ;
- les pièces du dossier de demande de permis de construire étaient insuffisantes au regard des dispositions des articles R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ; notamment la notice architecturale est insuffisante s'agissant des abords, de l'aménagement des terrains, et du document d'insertion graphique ;
- il méconnaît l'article 3 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux conditions de desserte des terrains par les voies publiques ou privées, ainsi que l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît l'article 11 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'aspect extérieur des constructions ;
- il méconnaît l'article 12 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux aires de stationnement, ainsi que l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît l'article UH 6 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux implantations des constructions par rapport aux emprises publiques ;
- il méconnaît les articles UH 7 et UH 10 du règlement du plan local d'urbanisme relatifs aux distances et hauteurs en limites séparatives ;
- l'arrêté de permis de construire modificatif du 29 septembre 2023 est entaché d'illégalité dès lors que :
- il est fondé sur des pièces du dossier de demande qui sont contradictoires s'agissant de la hauteur totale du bâtiment ;
- il méconnaît l'article UH 6 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux implantations des constructions par rapport aux emprises publiques ;
- il méconnaît les articles UH 7 et UH 10 du règlement du plan local d'urbanisme relatifs aux distances et hauteurs en limites séparatives ;
- il méconnaît l'article UH 11 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux clôtures en limites séparatives.
Par trois mémoires en défense, enregistrés les 6 juillet et 31 août 2023 et le 9 janvier 2024, la commune du Relecq-Kerhuon et la SCCV Villa Héol, représentées par la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur, concluent au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de chacun des requérants au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle font valoir que :
- les requérants sont dépourvus de tout intérêt pour agir ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une lettre du 26 janvier 2024, les parties ont été informées de ce que le tribunal était susceptible, sur le fondement de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, de limiter l'annulation de l'arrêté de permis de construire modificatif du 29 septembre 2023 en tant que le projet litigieux prévoit une hauteur des clôtures supérieure à celle prévue à l'article Uh 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Brest métropole.
Par un mémoire, enregistré le 30 janvier 2024, la commune du Relecq-Kerhuon a répondu à ce courrier.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Grondin,
- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,
- et les observations de Me Vallantin, représentant le syndicat des copropriétaires de l'immeuble " Les terrasses du moulin blanc " et autres, et de Me Trémouilles, de la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur, représentant la commune du Relecq-Kerhuon et la SCCV Villa Héol.
Une note en délibéré, présentée pour la commune du Relecq-Kerhuon et la SCCV Villa Héol, a été enregistrée le 8 février 2024.
Considérant ce qui suit :
1. La SCCV Villa Heol a souhaité démolir une maison d'habitation construite sur la parcelle cadastrée section AV n° 241, située sur le territoire de la commune du Relecq-Kerhuon, en vue d'y édifier un immeuble collectif de 21 logements pour une surface plancher de 1 336,72 m². Le terrain d'assiette du projet est situé en zone Uh du plan local d'urbanisme de Brest métropole océane. C'est ainsi que, le 24 juin 2022, elle a déposé auprès des services de cette commune une demande de permis de construire. Par la présente requête, le syndicat des copropriétaires de l'immeuble " Les terrasses du moulin blanc ", d'une part, Mme B R, Mme G F, M. J L, M. K P, M. T H, Mme C E, Mme Q O, Mme M S et M. I N, d'autre part, demandent au tribunal, en qualité de copropriétaires de la résidence " Les terrasses du moulin blanc ", d'annuler l'arrêté du 13 septembre 2022 par lequel le maire de la commune du Relecq-Kerhuon a accordé le permis de construire sollicité par la SCCV Villa Héol ainsi que la décision rejetant implicitement leur demande tendant au retrait de cet arrêté. Ils demandent également l'annulation de l'arrêté du 29 septembre 2023 par lequel le maire de la commune du Relecq-Kerhuon a accordé un permis de construire modificatif à la SCCV Villa Héol.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme, une personne n'est recevable à contester une décision relative à l'occupation du sol que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient. Il en résulte qu'il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur qui entend contester l'intérêt à agir du requérant qui a précisé l'atteinte qu'il invoque pour en justifier, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Il appartient ensuite au juge de l'excès de pouvoir de former sa conviction sur la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Par ailleurs, le voisin immédiat d'un projet de construction bénéficie, eu égard à sa situation particulière, d'une présomption d'intérêt à agir lorsqu'il est fait état d'éléments relatifs à la nature, l'importance ou la localisation du projet de construction. Il en va de même des syndicats de copropriétaires.
En ce qui concerne l'intérêt pour agir du syndicat des copropriétaires de l'immeuble " Les terrasses du moulin blanc " :
3. Il ressort des pièces du dossier que les trois immeubles du syndicat des copropriétaires de l'immeuble " Les terrasses du moulin blanc " sont situées sur les parcelles cadastrées section AV nos 23, 122, 123, 280, 282, 284 et 242. Il est constant que la parcelle cadastrée section AV n° 242 est mitoyenne de la parcelle cadastrée section AV n° 241 qui est le terrain d'assiette du projet litigieux. Dans ces conditions, le syndicat des copropriétaires présente la qualité de voisin immédiat du projet.
4. Par ailleurs, le syndicat se prévaut expressément dans ses écritures de l'importance du projet litigieux compte-tenu de sa hauteur et de ses caractéristiques, de la modification de l'environnement qui résultera de la construction, notamment en termes de perte de vues, alors que l'immeuble collectif devant être édifié se trouvera en vis-à-vis des résidences du syndicat. Ces éléments sont suffisants, compte tenu de sa qualité de voisin immédiat du projet, pour lui conférer un intérêt pour agir. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense et tirée du défaut d'intérêt pour agir du syndicat de copropriétaire doit être écartée.
En ce qui concerne l'intérêt pour agir des copropriétaires :
5. Il ressort des pièces du dossier que les requérants sont copropriétaire des parcelles cadastrées section AV nos 23, 122, 123, 280, 282, 284 et 242. Il est constant que la parcelle cadastrée section AV n° 242 est mitoyenne de la parcelle cadastrée section AV n° 241 qui est le terrain d'assiette du projet litigieux. Dans ces conditions, ils doivent être regardés comme présentant la qualité de voisin immédiat du projet.
6. Par ailleurs, les requérants se prévalent expressément dans leurs écritures de l'importance du projet litigieux compte-tenu de sa hauteur et de ses caractéristiques, de la modification de l'environnement qui résultera de la construction, notamment en termes de perte de vues, alors que l'immeuble collectif devant être édifié se trouvera en vis-à-vis des résidences des requérants. Ces éléments sont suffisants, compte tenu de leur qualité de voisin immédiat du projet, pour leur conférer un intérêt pour agir. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense et tirée du défaut d'intérêt pour agir des requérants copropriétaires doit être écartée.
Sur les conclusions d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté de permis de construire initial du 13 septembre 2022 :
S'agissant de la compétence de l'auteur de l'arrêté litigieux :
7. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : a) Le maire, au nom de la commune () ".
8. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 8 juillet 2020, régulièrement affiché en mairie et envoyé en préfecture le même jour, le maire de la commune du Relecq-Kerhuon a donné délégation à M. D A, cinquième adjoint au maire et signataire de l'arrêté
litigieux, à l'effet de signer, notamment, les actes relatifs à l'occupation des sols, aux nombres desquels figurent les permis de construire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté litigieux doit être écarté.
S'agissant du dossier de demande de permis de construire :
9. Aux termes des dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant :1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". L'article R 431-10 de ce code dispose que : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
10. Les omissions, imprécisions, inexactitudes ou insuffisances du dossier de demande de permis de construire ne sont susceptible d'affecter la légalité de l'arrêté de permis que si elles ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
11. Les requérants soutiennent que les pièces du dossier de demande de permis de construire étaient insuffisantes au regard des dispositions des articles R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme, et se prévalent plus particulièrement de l'insuffisance de la notice architecturale s'agissant des abords, de l'aménagement des terrains, et du document d'insertion graphique.
12. Toutefois, s'agissant des abords, le plan de situation permet de localiser le terrain d'assiette au sein de la commune et laisse apparaître la rade de Brest. Par ailleurs, des photographies à courtes et larges focales des abords du terrain d'assiette versées avec la demande permettaient utilement à l'administration de les apprécier. S'agissant de l'aménagement du terrain, la notice comporte un paragraphe relatif aux espaces libres de construction et précise le traitement paysager. Les aménagements projetés peuvent encore s'apprécier avec le plan de masse et les photographies déjà évoquées. S'agissant enfin du document d'insertion graphique, des photographies à courtes et larges focales du terrain d'assiette versées aux pièces de la demande permettaient d'apprécier les constructions existantes avoisinantes. Il en résulte que les omissions, imprécisions, inexactitudes ou insuffisances du dossier de demande invoquées par les requérants n'ont pas été, en tout état de cause, de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable, notamment en ce qui concerne son insertion dans son environnement urbain. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de la notice architecturale doit être écarté.
S'agissant de la desserte des terrains par les voies publiques ou privées :
13. D'une part, aux termes de l'article 3 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme de Brest métropole océane : " Accès : Les caractéristiques des accès doivent répondre à l'importance et à la destination de l'immeuble ou de l'ensemble à desservir, permettre de satisfaire aux règles minimales de sécurité, telles que défense contre incendie, protection civile et brancardage. A ce titre, la largeur minimale d'accès est de 3,50 mètres. Dans l'éventualité où une desserte incendie s'avère nécessaire en arrière des immeubles considérés, la hauteur minimum sous porche est de 3,50 mètres ". Par ailleurs, l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dispose que : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
14. D'autre part, lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure les respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.
15. En l'espèce, il est constant que l'objet de la demande de permis de construire modificatif porte en partie sur la reprofilation de la rampe d'accès à l'intérieur de la résidence, laquelle prévoit désormais une hauteur minimale sous porche de 3,66 mètres, ce qui est corroboré par le nouveau plan de coupe joint aux pièces à la demande permis de construire modificatif. Dès lors que le permis modificatif a été délivré par un arrêté du 29 septembre 2023 et qu'il est conforme aux dispositions des articles 3 des dispositions générales du plan local d'urbanisme de Brest métropole océane et R. 111-2 du code de l'urbanisme, ces irrégularités ne peuvent plus être utilement invoquées par les requérants à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions au motif que l'accès arrière du projet se fait via un porche aménagé dont la hauteur ne respecte pas celle prévue par l'article 3 des dispositions générales du plan local d'urbanisme de Brest métropole océane et ne permet pas aux engins de secours de passer doit être écarté comme inopérant.
S'agissant de l'aspect extérieur des constructions :
16. Aux termes des dispositions de l'article 11 des dispositions générales du règlement du Plan local d'urbanisme de Brest métropole océane : " Conformément à l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, tout projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".
17. D'une part, les dispositions de l'article 11 des dispositions générales du plan local d'urbanisme de Brest métropole océane ont le même objet que celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, et posent des exigences qui ne sont pas moindres que celles résultant ce dernier article. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions générales du plan local d'urbanisme de Brest métropole océane que doit être appréciée la légalité d'une autorisation d'urbanisme.
18. D'autre part, il résulte de ces dispositions que, si les constructions projetées portent atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ou encore à la conservation des perspectives monumentales, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer le permis de construire sollicité ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Les dispositions de cet article excluent qu'il soit procédé, dans le second temps du raisonnement, à une balance d'intérêts divers en présence, autres que ceux mentionnés par cet article et, le cas échéant, par le plan local d'urbanisme de la commune.
19. En l'espèce, hormis la vue sur la rade de Brest située à plus de 200 mètres du terrain d'assiette du projet, il ressort des pièces du dossier que le site dans lequel la construction est projetée est situé à proximité immédiate de zones déjà urbanisées de la commune, au sein d'un sein secteur classé en zone Uh. Dans ces conditions, le site ne peut être regardé comme susceptible de présenter un intérêt naturel majeur. Par ailleurs, l'ampleur du projet reste relativement modeste pour un impact sur le paysage limité. Si les requérants se prévalent plus particulièrement de ce que le projet va s'implanter dans un espace comportant des maisons d'habitations individuelles, la parcelle cadastrée section AV n° 242 voisine du terrain d'assiette supporte un immeuble de 4 niveaux qui appartient d'ailleurs aux requérants. Cet immeuble est lui-même situé au sein d'une copropriété en comportant deux autres. Il en résulte que si le secteur dans lequel va s'insérer la construction litigieuse comporte quelques maisons d'habitations individuelles il comporte également des logements collectifs à proximité. Par suite, le maire de la commune du Relecq-Kerhuon n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en n'assortissant pas son arrêté de prescriptions spéciales. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 11 des dispositions générales du plan local d'urbanisme de Brest métropole océane doit, dès lors, être écarté.
S'agissant des aires de stationnement :
20. Aux termes de l'article 12 des dispositions générales du plan local d'urbanisme de Brest métropole océane : " Le stationnement des véhicules et des cycles doit être assuré en dehors des emprises publiques ou susceptibles d'être classées sur le domaine public ". Par ailleurs, l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dispose que : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Enfin, aux termes de l'article Uh 12 du plan local d'urbanisme de Brest métropole océane : " le nombre de places doit correspondre aux besoins sur la base des ratios ci-après et des modalités d'application définies à l'article 12 des règles communes à l'ensemble des zones ". S'agissant des habitations, cet article prévoit notamment 1 place pour 60 m² de surface de plancher, avec un minimum de 1 place par logement.
21. Il est constant que le projet litigieux porte sur une surface de plancher de 1 336,72 m², qui doit donner lieu, conformément à l'article Uh 12 du plan local d'urbanisme de Brest métropole océane, à 23 places de stationnement. Les requérants soutiennent cependant que la création de 23 places de stationnement impliquera nécessairement un stationnement sur les emprises publiques, et notamment sur celles de la rue Ernest Renan ce qui, compte tenu des difficultés de circulation déjà constatées, sera de nature à porter atteinte à la sécurité de la circulation. Toutefois, ils ne peuvent utilement se prévaloir des difficultés générales de circulation et de stationnement qu'engendrerait le projet dans le secteur, lesquelles sont sans incidence sur la légalité du permis de construire. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que les conditions de circulation invoquées par les requérants sur la rue Ernest Renan, qui existaient déjà avant le projet, seraient de nature à entraîner des risques pour la sécurité publique. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 12 des dispositions générales du plan local d'urbanisme de Brest métropole océane et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.
S'agissant de l'implantation de la construction par rapport aux emprises publiques et aux voies :
22. Aux termes de l'article Uh 6 du règlement du plan local d'urbanisme de Brest métropole océane : " les constructions doivent être implantée en fonction des dispositions figurant sur le document graphique n° 2. () En l'absence de dispositions particulières sur le document graphique n°2, () à l'intérieur d'une séquence urbaine, les constructions doivent être implantées en fonction de l'implantation des constructions existantes du même côté des emprises publiques et des voies de la séquence urbaine. Si les constructions ont un recul uniforme, la nouvelle construction doit être implantée en respectant le recul constaté ; si les constructions ont des reculs différents, la nouvelle construction doit être implantée entre la construction la plus proche et la construction la plus éloignée des emprises publiques et des voies ; () en dehors d'une séquence urbaine, les constructions doivent être implantées avec un recul par rapport aux emprises publiques et aux voies compris entre 0 et 5 mètres () ". Par ailleurs, le lexique du règlement du plan local d'urbanisme disponible dans le volume 1 du règlement défini la séquence urbaine comme étant un " ensemble bâti constitué de plusieurs constructions, ordonnées de manière régulière ou non, situées du même côté d'une emprise publique ou d'une voie et formant une unité visuelle, paysagère ou urbaine ".
23. D'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que le document graphique n° 2 du plan local d'urbanisme de Brest métropole océane ait prévu des dispositions régissant l'implantation des bâtiments sur le terrain d'assiette du projet.
24. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet litigieux est situé côté pair de la rue Ernest Renan, laquelle comporte au nord une chapelle en retrait de la voie publique, puis une maison d'habitation, et les trois immeubles en copropriété des requérant, qui sont également largement en retrait de la voie publique. Au sud-est du terrain d'assiette, sont édifiées quatre maisons d'habitation alignées et implantées assez proche de la voierie publique. En l'absence d'unité visuelle, paysagère ou urbaine de cet ensemble bâti, le terrain d'assiette du projet litigieux doit être regardé comme étant situé en dehors d'une séquence urbaine au sens des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme citées au point 22. Il résulte de ce qui vient d'être dit que la construction litigieuse doit être implantée avec un recul par rapport aux emprises publiques et aux voies compris entre 0 et 5 mètres. Or, il est constant que le bâtiment sera implanté à l'intérieur de cette bande de recul. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article Uh 6 du règlement du plan local d'urbanisme de Brest métropole océane doit être écarté.
S'agissant de la hauteur de la construction et de son implantation par rapport aux limites séparatives :
25. Aux termes de l'article Uh 7 du règlement du plan local d'urbanisme de Brest métropole océane : " Les constructions doivent être implantées : / - soit en limite séparative ; / - soit avec un retrait par rapport aux limites séparatives supérieur ou égal à la moitié de la hauteur de la construction sans pouvoir être inférieur à 2,50 mètres () ". L'article Uh 10 du règlement de ce plan prévoit, lorsque la construction est implantée en limite séparative, que la hauteur maximale de la partie de la construction implantée en limite séparative est limitée à un niveau, mais il autorise " deux niveaux supplémentaires () sur une profondeur de 17 mètres par rapport aux emprises publiques et aux voies ". Par ailleurs, l'article 7 des dispositions générales de ce plan précise, pour les distances d'implantation par rapport aux limites séparative, qu'il n'y a pas lieu de tenir compte des éléments architecturaux et ouvrages en saillies lorsque leur profondeur est inférieure ou égale à 0,40 mètre et à 1 mètre pour les balcons.
26. Pour calculer la distance à respecter par rapport aux limites séparatives pour l'implantation des bâtiments, il ne faut pas seulement constater la hauteur totale d'une construction en son point le plus élevé, mais il y a lieu aussi de tenir compte des retraits éventuels de la façade de ce bâtiment de manière glissante. Par ailleurs, pour calculer la distance minimale requise entre la construction et la limite séparative, il y a lieu de tenir compte, dans le cas d'une toiture à double pente, de la hauteur mesurée à l'égout du toit, alors que la distance est mesurée entre la façade en cause et la limite séparative.
27. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle d'assiette du projet est limitrophe au sud de la parcelle cadastrée section AV n° 25, au nord et à l'est de la parcelle cadastrée section AV n° 242, et à l'ouest de la voie publique.
28. S'agissant de l'implantation du bâtiment par rapport à la limite séparative de la parcelle cadastrée section AV n° 25, les pièces versées dans le dossier de demande de permis de construire attestent d'une distance de 2 mètres si l'on tient compte de la terrasse en rez-de-chaussée, et de 4,43 mètres dans le cas contraire, déduction faite des débords de toiture inférieurs à 0,40 mètre conformément à l'article 7 des dispositions générales du plan local d'urbanisme de Brest métropole océane. Mais dès lors que la terrasse ne génère aucune surface de plancher, il n'y a pas lieu d'en tenir compte pour apprécier l'implantation du bâtiment. Or, la distance de 4,43 mètres respecte bien les dispositions de l'article Uh 7 du règlement du plan local d'urbanisme de Brest métropole océane dès lors que la hauteur de la construction en limite séparative de cette parcelle, qui comporte un toit en double pente, est de 8,81 mètres à l'égout.
29. S'agissant de l'implantation du bâtiment par rapport à la limite séparative de la parcelle cadastrée section AV n° 242, les pièces versées dans le dossier de demande de permis de construire attestent de ce que la façade nord sera implantée en limite séparative, dans la bande des 17 mètres par rapport aux emprises publiques et aux voies autorisant la construction d'un bâtiment sur trois niveaux. Les requérants ne sont donc pas fondés à soutenir que cette façade aurait dû être limitée à un seul niveau. Par ailleurs, ces pièces attestent encore de ce que la façade est sera implantée en limite séparative de parcelle, mais au-delà de la bande de 17 mètres depuis la voie publique. Néanmoins, il est constant que la façade implantée en limité séparative ne comportera qu'un seul niveau. Si les requérants invoquent l'existence de deux niveaux supplémentaires sur la façade est, ils sont éloignés de 4 mètres de la limite séparative, en adéquation avec les dispositions de l'article Uh 7 du règlement du plan local d'urbanisme de Brest métropole océane imposant un retrait par rapport aux limites séparatives supérieur ou égal à la moitié de la hauteur de la construction, dès lors que la hauteur de la construction à l'égout à cet endroit est de 7,79 mètres.
30. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des articles Uh 7 et Uh 10 du règlement du plan local d'urbanisme de Brest métropole océane doivent être écartés.
31. Il résulte de ce qui a été dit aux points 7 à 30 que l'ensemble des moyens dirigés contre l'arrêté de permis de construire du 13 septembre 2022 doivent être écartés. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à en solliciter l'annulation, ni celle de la décision rejetant implicitement leur recours gracieux dirigé contre l'arrêté du 13 septembre 2022.
En ce qui concerne l'arrêté de permis de construire modificatif du 29 septembre 2023 :
32. En premier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des articles Uh 6, Uh 7, et Uh 10 du plan local d'urbanisme de Brest métropole océane doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux invoqués lors de l'examen de la légalité de l'arrêté de permis de construire du 13 septembre 2022.
33. En deuxième lieu, les requérants soutiennent que les pièces de la demande de permis de construire modificatif sont contradictoires, notamment s'agissant de la hauteur du bâtiment qui serait passée de 11,17 mètres à 11,23 mètres.
34. S'il est vrai que le changement de hauteur du bâtiment n'a pas été mentionnée dans toutes les pièces de la demande de permis de construire modificatif, et notamment pas sur le plan de masse, cette irrégularité n'a pu avoir eu pour effet de fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable, puisqu'il est constant que l'ensemble des plans de coupe joints aux pièces de la demande de permis de construire modificatif mentionnent une hauteur du projet de 11,23 mètres. Par suite, ce moyen doit être écarté.
35. En troisième lieu, aux termes de l'article Uh 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Brest métropole océane : " () Clôtures implantées en limites séparatives : () Les éléments végétaux doivent être favorisés sous forme de haies vives, doublées ou non d'un grillage plastifié de couleur sombre ou d'un dispositif ajouré noyé dans la haie. Dans ce cas, le grillage ou le dispositif ajouré peut s'appuyer sur un soubassement plein d'une hauteur maximale de 1 mètre en cas de maçonnerie enduite et de 0,50 mètre en cas de plaques de béton préfabriquées de béton lisse. () La hauteur maximale est fixée à 2 mètres ". Par ailleurs, le lexique d'urbanisme du plan local d'urbanisme de Brest métropole océane dispose que : " La hauteur d'une construction, d'une façade ou d'une installation correspond à la différence de niveau entre son point le plus haut et son point le plus bas situé à sa verticale. Elle s'apprécie par rapport au niveau du terrain existant avant travaux ". Il en résulte que, pour l'application des dispositions de l'article Uh 11 du plan local d'urbanisme de Brest métropole océane, la hauteur des clôtures doit être calculée à partir du terrain naturel existant avant travaux.
36. En l'espèce, il est constant que le plan de coupe de la façade nord joint aux pièces de la demande de permis de construire modificatif fait apparaître un mur plein de clôture de 1,50 mètres de hauteur à partir du terrain après travaux, dépassant ainsi le seul mètre autorisé par les dispositions précitées de l'article Uh 11 du règlement, ainsi qu'un garde-corps à barreaudage en bois d'une hauteur d'un mètre à partir du même référentiel. Toutefois, il ressort des pièces du dossier de demande de permis, et notamment du plan de la façade nord DD' que, déduction faite de la hauteur du terrain naturel avant travaux, le soubassement plein ne dépassera pas 1 mètre alors que la hauteur totale de la clôture sera inférieure à 2 mètres. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article Uh 11 du règlement du Plan local d'urbanisme de Brest métropole océane doit être écarté.
37. Il résulte de ce qui a été dit aux points 32 à 36 que les requérants ne sont pas fondés à solliciter l'annulation du permis de construire modificatif du 29 septembre 2023.
Sur les frais liés au litige :
38. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la commune du Relecq-Kerhuon ou des requérants les sommes sollicitées par les parties au titre des frais qu'elles ont exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête du syndicat des copropriétaires de l'immeuble " Les terrasses du moulin blanc " et autres est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune du Releck-Kerhuon présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires de l'immeuble " Les terrasses du moulin blanc ", désigné représentant unique des requérants en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à la SCCV Villa Héol, et à la commune du Relecq-Kerhuon.
Délibéré après l'audience du 2 février 2024 à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
M. Grondin, premier conseiller,
Mme Villebesseix, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2024.
Le rapporteur,
signé
T. Grondin
Le président,
signé
C. Radureau
Le greffier,
signé
N. Josserand
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026