mercredi 5 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2301607 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SAGLIO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 mars 2023, M. B A, représenté par Me Saglio, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre au préfet du Finistère, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, à titre principal de statuer sur sa demande de titre de séjour, à titre subsidiaire de lui fixer un rendez-vous aux fins d'enregistrement de sa demande de titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) d'enjoindre au préfet du Finistère de lui remettre sous quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir un récépissé l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite : il se trouve dans une situation de précarité administrative sur une durée anormalement longue et est exposé à un risque d'éloignement ; aucun récépissé ne lui a été délivré depuis le 28 octobre 2022 ;
- la mesure sollicitée est utile : en dépit de ses demandes, il n'a eu aucune réponse à sa demande ancienne de titre de séjour ni proposition de rendez-vous pour déposer une nouvelle demande et fait face à une inaction de l'administration.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mars 2023, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun rendez-vous ne peut être fixé dès lors que le dossier du requérant doit être examiné par la commission d'expulsion en raison des nombreux troubles à l'ordre public commis depuis qu'il est en France.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Plumerault, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A ressortissant turc né le 7 mai 1959, déclare résider en France depuis 1989. Il a séjourné en France de façon régulière sous couvert d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou de récépissés, avec toutefois des périodes d'interruption. Une décision implicite de refus de titre de séjour est intervenue le 28 juin 2021. Il s'est vu délivrer depuis cette date plusieurs récépissés d'une durée chacun de trois mois, dont le dernier expirait le 28 octobre 2022. Plusieurs courriers et mails adressés à la préfecture du Finistère par l'intermédiaire de son conseil, pour lui permettre de déposer une demande de titre de séjour étant restés sans réponse, il saisit le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte d'un désistement ou constater un non-lieu.
3. En l'espèce, pour établir l'urgence et l'utilité qu'il y aurait à enjoindre au préfet du Finistère de lui fixer une date de rendez-vous pour le dépôt d'une demande de titre de séjour ou de statuer sur une demande qui serait en cours d'examen, M. A se prévaut de la précarité de sa situation administrative et du risque d'éloignement auquel il est exposé. Toutefois, le préfet du Finistère fait valoir, sans être contredit que le dossier du requérant doit être examiné par la commission d'expulsion en raison de nombreux troubles à l'ordre public commis par l'intéressé depuis qu'il est en France. Il est constant que la réunion de la commission d'expulsion doit se réunir au mois de mai 2023. Dans ces conditions, les mesures sollicitées par M. A apparaissent dépourvues d'utilité en l'état de l'instruction.
4. Par ailleurs, si M. A demande à ce qu'un récépissé lui soit délivré l'autorisant à travailler au motif qu'il travaille en contrat à durée indéterminée comme maçon depuis le mois de juin 2021, il ne produit aucun bulletin de paie postérieur au 30 avril 2022 qui serait de nature à justifier qu'il exercerait toujours son activité professionnelle. Il ne justifie ainsi pas davantage de l'utilité ni même de l'urgence, en l'état de l'instruction, de la mesure ainsi sollicitée.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
6. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. A doivent, dès lors, être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise pour information au préfet du Finistère.
Fait à Rennes, le 5 avril 2023.
Le juge des référés,
signé
F. Plumerault
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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