mardi 23 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2302588 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | LE BIHAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 mai 2023, M. E C, représenté par Me Le Bihan, demande au tribunal :
1°) d'annuler les arrêtés du 11 mai 2023 par lesquels le préfet d'Ille-et-Vilaine, d'une part, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français et a fixé le pays de destination et d'autre part, l'a assigné à résidence ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen suffisant de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- il méconnaît l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur l'assignation à résidence :
- elle est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est illégale à raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire.
Par un mémoire défense, enregistré le 16 mai 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Tronel, président, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Le Bihan, représentant M. C, qui développe les moyens exposés dans ses écritures et soulève en outre celui tiré de ce que l'assignation à résidence est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- et les explications de M. C, assisté d'une interprète en albanais.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
1. M. C justifiant avoir formé une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur le moyen commun aux deux arrêtés :
2. Mme D B, adjointe au chef de bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, placée sous l'autorité de la directrice des étrangers en France de la préfecture d'Ille-et-Vilaine, a reçu, par arrêté préfectoral du 23 mars 2023, régulièrement publié, délégation de signature aux fins de signer notamment les décisions attaquées, expressément visées au b) de l'article 1er de cet arrêté. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés préfectoraux litigieux doit être écarté.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
3. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué, qui mentionne les considérations de droit sur lesquelles est fondée l'obligation de quitter le territoire français, que le préfet rappelle en détail la situation administrative de chacun des membres de la famille de M. C, de nationalité albanaise. Le préfet précise en outre qu'aucun d'entre eux ne justifie avoir effectué de démarches pour régulariser leur séjour en France après avoir préalablement effectué des recherches en ce sens. Si l'un des fils du requérant - dont le préfet mentionne qu'il est scolarisé en terminale - a déposé une demande de titre de séjour en 2021 demeurée sans suite, l'absence de mention de cette circonstance n'entache pas la décision prise d'un défaut de motivation ou d'examen suffisant de la situation personnelle du requérant. Les moyens présentés en ce sens doivent, en conséquence, être écartés.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. C, qui déclare être entré en France en novembre 2018, a déposé une demande d'asile rejetée par les instances d'asile. Il a fait l'objet d'une première obligation de quitter le territoire français le 9 novembre 2020 à laquelle il s'est soustrait. Son épouse fait également l'objet d'une mesure d'éloignement et rien ne fait obstacle à ce que leur cellule familiale se reconstitue dans leur pays d'origine. Si deux de ses enfants majeurs résident en France, M. C n'est pas dépourvu de toutes attaches familiales en Albanie où vit l'une de ses filles. Enfin, M. C ne justifie nullement que l'état de santé de son épouse nécessiterait un traitement médical non disponible en Albanie et dont le défaut entraînerait des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il résulte de l'ensemble de ces considérations qu'en prenant la mesure d'éloignement contestée, le préfet n'a ni porté une atteinte disproportionnée au droit de M. C au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni manifestement mal apprécié les conséquences de sa décision sur la situation personnelle et familiale du requérant. Par suite, les moyens tirés de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
5. Au soutien de son moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, M. C fait état de la dangerosité de son voisin lorsqu'il résidait en Albanie. Il a été précisé au cours de l'audience publique que ce voisin semble être parti en Italie mais revient régulièrement en Albanie et que l'intéressé a fui l'Albanie pour éviter un crime de sang selon la loi du Kanun. Ce récit, peu consistant et peu vraisemblable, ne permet pas de tenir pour établies les craintes alléguées par M. C en cas de retour en Albanie. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, par suite, être écarté.
Sur le refus d'un délai de départ volontaire :
6. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ".
7. Il ressort des pièces du dossier que M. C s'est soustrait à l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son égard le 9 novembre 2020 et qu'il a clairement déclaré son refus de retourner en Albanie lors de son audition par les services de police le 11 mai 2023. Quelle que soit l'appréciation portée sur les garanties de représentation compte tenu de ses conditions actuelles d'hébergement, ces éléments suffisent à justifier que le préfet d'Ille-et-Vilaine puisse, sans commettre aucune erreur manifeste d'appréciation, n'assortir la mesure d'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre d'aucun délai de départ volontaire.
Sur l'arrêté d'assignation à résidence :
8. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de l'arrêté d'obligation de quitter le territoire, invoqué par voie d'exception, doit être écarté.
9. M. C soutient que la mesure de surveillance qui lui est imposée, qui lui fait obligation de demeurer à son domicile entre 18h00 et 21h00 est, dans cette mesure, entachée d'une erreur d'appréciation. Toutefois M. C ne se prévaut d'aucune contrainte particulière l'empêchant de satisfaire à cette mesure, de sorte que le moyen susvisé ne peut qu'être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : M. C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E C et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2023.
Le magistrat désigné,
signé
N. ALa greffière,
signé
P. Lecompte
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026