lundi 17 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2303002 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS LE STRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 juin 2023, M. A B, représenté par Me Le Strat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 avril 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des Outre-mer a refusé de lui délivrer une autorisation provisoire de travail ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des Outre-mer de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée et que le ministre n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
- la décision attaquée méconnaît l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 27 mars et 29 avril 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation.
Il fait valoir que postérieurement à la décision attaquée, M. B a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire laquelle le dispense d'une demande d'autorisation de travail.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Berre,
- et les observations de Me Le Strat, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant somalien, est entré irrégulièrement en France en 2017 selon ses propres déclarations. Le 24 octobre 2019, il a sollicité une admission au séjour au titre de l'asile qui lui a été refusée par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 29 septembre 2021. Le recours formé contre cette décision a été rejeté le 2 mars 2022 par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Par suite, M. B a déposé une demande de réexamen qui a été enregistrée le 14 février 2023 par l'OFPRA puis rejetée par son directeur par une décision du 17 février 2023. Une nouvelle attestation de demandeur d'asile lui a finalement été délivrée le 3 février 2023 valable jusqu'au 2 août 2023. Une demande d'autorisation de travail a enfin été déposée le 21 février 2023 pour permettre à M. B d'occuper un emploi d'aide agricole en production fruitière à compter du 1er mars 2023 dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée. Cette demande a été rejetée 4 avril 2023 par le ministre de l'intérieur et des Outre-mer. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette dernière décision.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Si M. B s'est vu délivrer une attestation de prolongation d'instruction, une telle circonstance, qui n'a pas les mêmes effets que la délivrance de l'autorisation de travail sollicitée, ne rend pas la requête sans objet. L'exception de non-lieu à statuer doit être dès lors écartée.
Sur le bien-fondé des conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, la décision attaquée mentionne de manière suffisamment précise les considérations de droit et de fait sur lesquelles le ministre de l'intérieur et des Outre-mer s'est fondé et satisfait dès lors aux exigences de motivation. Il ressort également des pièces du dossier que le ministre a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 542-1 du même code alors applicable : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ". Aux termes du b) du deuxième alinéa de l'article L. 542-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : () / 2° Lorsque le demandeur : / b) a introduit une première demande de réexamen, qui a fait l'objet d'une décision d'irrecevabilité par l'office en application du 3° de l'article L. 531-32, uniquement en vue de faire échec à une décision d'éloignement ". Aux termes du premier alinéa de l'article 5221-5 du code du travail : " Un étranger autorisé à séjourner en France ne peut exercer une activité professionnelle salariée en France sans avoir obtenu au préalable l'autorisation de travail mentionnée au 2° de l'article L. 5221-2. ". Aux termes de l'article R. 5221-3 du même code : " () II.- L'étranger titulaire de l'un des documents de séjour suivants doit obtenir une autorisation de travail pour exercer une activité professionnelle salariée en France dans le respect des termes l'autorisation de travail accordée : (). 2° L'attestation délivrée au demandeur d'asile, lorsque les conditions d'accès au marché du travail prévues par les articles L. 554-1 à L. 554-4 du même code sont remplies. ".
5. Il ressort des pièces du dossier que la demande d'admission au séjour au titre de l'asile de M. B a été définitivement rejetée par la CNDA le 2 mars 2023. Par suite, le requérant a effectué une demande de réexamen, enregistrée le 14 février 2023 et, c'est dans ce cadre, qu'une attestation de demandeur d'asile lui a été délivrée le 3 février 2023 valable jusqu'au 2 août 2023. Toutefois, ces mêmes pièces révèlent que la demande de réexamen de M. B a été rejetée pour irrecevabilité le 17 février 2023. Il s'ensuit qu'à la date de la décision attaquée, soit le 4 avril 2023, M. B n'était pas autorisé à se maintenir sur le territoire français et ne pouvait donc se voir délivrer une autorisation de travail. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement de rejet, n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions aux fins d'injonction de M. B ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Copie du présent jugement sera adressée au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Délibéré après l'audience du 6 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Etienvre, président,
M. Terras, premier conseiller,
Mme Le Berre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
A. Le Berre
Le président,
Signé
F. Etienvre
La greffière,
Signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026