jeudi 13 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2303013 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS COUDRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 6 juin, 16 novembre et 6 et 22 décembre 2023, la SCI La Roseraie, représentée par Me Bocquet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 avril 2023 par lequel le maire de la commune de Dinan-Léhon a interdit l'accès et l'habitation de l'immeuble lui appartenant situé 11 place Saint-Sauveur à Dinan, parcelle cadastrée AP n°176 ;
2°) d'annuler l'arrêté 5 mai 2023 par lequel le maire de la commune de Dinan-Léhon l'a mise en demeure de réaliser des travaux de mise en sécurité de l'immeuble, en a interdit l'accès et l'habitation et lui a ordonné de procéder au relogement des occupants ;
3°) d'enjoindre au maire de la commune de Dinan-Léhon de prononcer la mainlevée de l'arrêté municipal du 5 mai 2023 ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Dinan-Léhon la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête n'a pas perdu son objet par l'édiction de l'arrêté municipal du 17 novembre 2023, dès lors que les arrêtés attaqués ont été exécutés entre le 6 avril 2023 et 17 novembre 2023 en ce qu'elle a dû prendre en charge les frais de relogement des occupants de l'immeuble qui se sont élevés à la somme de 22 252,01 euros en dépit sa situation financière difficile ;
S'agissant de l'arrêté du 6 avril 2023 :
- il a été édicté à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors qu'il n'a été précédé ni de la consultation de l'architecte des bâtiments de France ni d'une information immédiate de ce dernier en méconnaissance des dispositions de l'article R. 511-4 du code de la construction et de l'habitation, ce vice de procédure étant substantiel ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation dans l'application de l'article L. 511-19 du code de la construction et de l'habitation, dès lors qu'il n'est justifié ni de l'existence d'un danger imminent, ni de l'interdiction d'accès et d'habitation ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 511-19 du code de la construction et de l'habitation, dès lors qu'il n'édicte pas les mesures indispensables pour remédier à la situation ;
S'agissant de l'arrêté du 5 mai 2023 :
- il a été édicté à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors qu'il n'a été précédé ni de la consultation de l'architecte des bâtiments de France, ni d'une information immédiate de ce dernier en méconnaissance des dispositions de l'article R. 511-4 du code de la construction et de l'habitation, ce vice de procédure étant substantiel ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation dans l'application de l'article L. 511-19 du code de la construction et de l'habitation, dès lors qu'il n'est justifié ni de l'existence d'un danger imminent, ni du caractère indispensable des mesures de réparation prescrites ni de l'interdiction d'accès et d'habitation.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 septembre 2023, 21 novembre et 14 décembre 2023, la commune de Dinan-Léhon, représentée par Me Mocaer (selarl cabinet Coudray) conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la SCI La Roseraie.
Elle soutient que :
- la requête a perdu son objet en raison de l'abrogation de l'arrêté du 5 mai 2023 par l'arrêté du 27 novembre 2023 ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 18 décembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 28 décembre 2023.
Par un courrier du 23 janvier 2024 le tribunal a invité, en application de l'article
R. 613-1-1 du code de justice administrative, la commune de Dinan-Léhon à produire une pièce en vue de compléter l'instruction.
Cette pièce produite par la commune de Dinan-Léhon a été enregistrée le même jour et communiquée le 9 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pellerin,
- les conclusions de M. Martin, rapporteur public,
- les observations de Me Véniard, représentant la SCI La Roseraie,
- et les observations de Me Dufour, représentant la commune de Dinan.
Considérant ce qui suit :
1. Par un acte notarié du 2 avril 2001, la SCI La Roseraie a acquis la propriété d'un immeuble situé 11 place Saint-Sauveur à Dinan, parcelle cadastrée AP n° 176. Ce bâtiment à usage d'habitation comporte trois étages ainsi qu'une annexe. A la suite d'un rapport de la police municipale du 6 avril 2023 constatant l'état d'insécurité du bâtiment, le maire de la commune de Dinan, par un arrêté du même jour, a interdit l'accès et l'habitation de cet immeuble et en a ordonné l'évacuation immédiate. Sur la base du rapport établi le 20 avril 2023 par l'expert désigné par le juge des référés du tribunal administratif de Rennes dans le cadre d'une procédure de péril imminent, le maire de la commune de Dinan, par un arrêté de péril imminent du 5 mai 2023, notifié le 12 mai suivant, a abrogé l'arrêté du 6 avril 2023 précité et a mis en demeure la SCI La Roseraie de réaliser des travaux de remise en état de l'escalier d'accès aux étages, de procéder à la mise en conformité générale de l'installation électrique ainsi qu'à la réfection de la toiture et a assorti ces derniers travaux d'un délai de réalisation de quinze jours. Cet arrêté a également interdit l'accès et l'habitation de cet immeuble et ordonné le relogement des occupants. Par ordonnance du 13 juillet 2023, la juge des référés du tribunal a rejeté les conclusions à fin de suspension de l'exécution de l'arrêté du 6 avril 2023 précité et a suspendu l'exécution de l'arrêté du 5 mai 2023 en tant qu'il ordonne la réalisation des travaux. Par la présente requête, la SCI La Roseraie demande au tribunal d'annuler les arrêtés des 6 avril et 5 mai 2023.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense :
2. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de la construction et de l'habitation : " La police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations est exercée dans les conditions fixées par le présent chapitre et précisées par décret en Conseil d'Etat. ". Aux termes de l'article L. 511-2 du même code : " La police mentionnée à l'article L. 511-1 a pour objet de protéger la sécurité et la santé des personnes en remédiant aux situations suivantes : / 1° Les risques présentés par les murs, bâtiments ou édifices quelconques qui n'offrent pas les garanties de solidité nécessaires au maintien de la sécurité des occupants et des tiers (). ". Selon l'article L. 511-4 du même code : " L'autorité compétente pour exercer les pouvoirs de police est : / 1° Le maire dans les cas mentionnés aux 1° à 3° de l'article L. 511-2 (). ". Aux termes de l'article L. 511-11 du même code : " L'autorité compétente prescrit, par l'adoption d'un arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l'insalubrité, la réalisation, dans le délai qu'elle fixe, de celles des mesures suivantes nécessitées par les circonstances : / 1° La réparation ou toute autre mesure propre à remédier à la situation y compris, le cas échéant, pour préserver la solidité ou la salubrité des bâtiments contigus ; / () 3° La cessation de la mise à disposition du local ou de l'installation à des fins d'habitation ; / 4° L'interdiction d'habiter, d'utiliser, ou d'accéder aux lieux, à titre temporaire ou définitif (). ". Aux termes de l'article L. 511-19 du même code : " En cas de danger imminent, manifeste ou constaté par le rapport mentionné à l'article L. 511-8 ou par l'expert désigné en application de l'article L. 511-9, l'autorité compétente ordonne par arrêté et sans procédure contradictoire préalable les mesures indispensables pour faire cesser ce danger dans un délai qu'elle fixe (). ".
3. La contestation d'un arrêté de péril imminent, pris sur le fondement de l'article
L. 511-19 du code de la construction et de l'habitation relève du contentieux de pleine juridiction. Par suite, la légalité d'un tel arrêté s'apprécie à la date à laquelle le juge se prononce.
4. Il résulte de l'instruction que, par un arrêté du 5 mai 2023, le maire de la commune de Dinan-Léhon a mis en demeure la SCI La Roseraie notamment d'effectuer des travaux de mise en sécurité de l'immeuble en litige dans le cadre de la procédure de péril imminent prévue par les dispositions de l'article L. 511-19 du code de la construction et de l'habitation, a interdit l'habitation et l'accès à cet immeuble jusqu'à la réalisation de ces travaux et a abrogé l'arrêté du 6 avril 2023 portant interdiction d'accès et d'habiter cet immeuble. Par un nouvel arrêté du 17 novembre 2023, le maire de la commune de Dinan-Léhon a mis en demeure la SCI La Roseraie d'effectuer des travaux de mise en sécurité de l'immeuble en litige dans le cadre de la procédure de péril ordinaire prévue par les dispositions de l'article L. 511-11 du code de la construction et de l'habitation, a interdit l'habitation et l'accès dans cet immeuble jusqu'à la réalisation des travaux prescrits et a abrogé l'arrêté du 5 mai 2023. L'arrêté du 17 novembre 2023 est devenu définitif. Dans ces conditions, cet arrêté a fait perdre son objet en cours d'instance à l'arrêté du 5 mai 2023 et, par voie de conséquence, à l'arrêté du 6 avril 2023 alors même que ces arrêtés des 6 avril et 5 mai 2023 ont été pour partie exécutés. La SCI La Roseraie peut seulement, si elle s'y croit fondée, introduire un recours indemnitaire contre la commune de Dinan-Léhon dans une nouvelle instance. Par suite, à la date du présent jugement, la commune de Dinan-Léhon est fondée à soutenir qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la requête ni,
par voie de conséquence, sur les conclusions à fin d'injonction tendant à ce qu'il soit ordonné au maire de la commune de Dinan-Léhon de prononcer la mainlevée de l'arrêté municipal du 5 mai 2023.
Sur les frais en litige :
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la SCI La Roseraie et la commune de Dinan-Léhon au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête présentée par la SCI La Roseraie.
Article 2 : Les conclusions des parties présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI La Roseraie et à la commune de Dinan-Léhon.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Berthon, président,
Mme Pellerin, première conseillère,
M. Amber, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2025.
La rapporteure,
signé
C. Pellerin
Le président,
signé
E. BerthonLa greffière,
signé
I. Le Vaillant
La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026