vendredi 22 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2303019 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS PAUL-AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 juin 2023, la SARL La Hêtraie, représentée par la société d'avocats Edifices, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 avril 2023 du maire de la commune du Palais refusant le permis d'aménager déposé par la SARL La Hêtraie pour l'aménagement de 11 parcelles sur un terrain situé Le Borthélo à Le Palais ;
2°) d'enjoindre au maire du Palais de lui délivrer le permis d'aménager sollicité sous un mois ou, à défaut, de procéder à nouveau à l'instruction de sa demande de permis d'aménager et de se prononcer sous un mois, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune du Palais la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- c'est à tort que la décision se fonde sur le motif tiré de l'absence de titre l'habilitant à déposer une demande de permis d'aménager.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 novembre 2023, la commune du Palais, représentée par le Cabinet Paul-Avocats, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la requérante de la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Blanchard,
- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,
- et les observations de Me Paul, du Cabinet Paul-Avocats représentant la commune du Palais.
Considérant ce qui suit :
1. Les consorts A ont conclu avec la SARL La Hêtraie un compromis de vente pour la vente d'un terrain à bâtir à détacher de la parcelle ZI 111, située sur le territoire de la commune du Palais. Par décision du 28 octobre 2022, le maire de la commune du Palais a exercé le droit de préemption urbain sur ce terrain. La SARL La Hêtraie a par ailleurs déposé le 5 décembre 2022 une demande de permis pour l'aménagement de 11 parcelles sur le terrain en cause. Par arrêté du 5 avril 2023, le maire du Palais a refusé de délivrer le permis sollicité au motif que la société pétitionnaire ne disposait d'aucun droit pour le faire du fait de la préemption intervenue auparavant et qu'elle ne remplissait donc pas les conditions posées par l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme. La SARL La Hêtraie demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 30 août 2022, le maire du Palais a donné délégation à M. C B, signataire de la décision attaquée, aux fins, notamment, de signer les actes se rapportant à l'urbanisme et au foncier. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision du 5 avril 2023 doit être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager, ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux () ". Aux termes de l'article R. 441-1 du même code, la demande de permis d'aménager comporte " l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande de permis ".
4. Il résulte de ces dispositions que les demandes de permis d'aménager doivent seulement comporter l'attestation du pétitionnaire qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1 énoncé ci-dessus. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une demande de permis, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Ainsi, sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande. Il résulte de ce qui précède que les tiers ne sauraient utilement invoquer, pour contester une décision accordant une telle autorisation au vu de l'attestation requise, la circonstance que l'administration n'en aurait pas vérifié l'exactitude. Toutefois, lorsque l'autorité saisie d'une telle demande de permis de construire vient à disposer au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une mesure d'instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le pétitionnaire ne dispose, contrairement à ce qu'implique l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, d'aucun droit à la déposer, il lui revient de refuser la demande de permis pour ce motif.
5. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 213-14 du code de l'urbanisme : " En cas d'acquisition d'un bien par voie de préemption (), le transfert de propriété intervient à la plus tardive des dates auxquelles seront intervenus le paiement et l'acte authentique. / Le prix d'acquisition est payé ou, en cas d'obstacle au paiement, consigné dans les quatre mois qui suivent soit la décision d'acquérir le bien au prix indiqué par le vendeur ou accepté par lui, soit la décision définitive de la juridiction compétente en matière d'expropriation, soit la date de l'acte ou du jugement d'adjudication. / En cas de non-respect du délai prévu au deuxième alinéa du présent article, le vendeur peut aliéner librement son bien. / Le propriétaire qui a repris son bien dans les conditions prévues au présent article peut alors l'aliéner librement ".
6. En l'espèce, si, aux termes du compromis de vente conclu entre les consorts A et la SARL La Hêtraie, cette dernière a été habilitée à déposer une demande de permis d'aménager pour un maximum de onze lots à bâtir et une parcelle d'accès commune, la commune du Palais a, par décision du 28 octobre 2022, exercé son droit de préemption urbain sur le terrain objet du compromis de vente. Dès lors, alors que la procédure de préemption prévue à l'article L. 213-14 du code de l'urbanisme venait d'être engagée, c'est à bon droit que la commune a estimé que la SARL La Hêtraie ne pouvait plus être regardée comme disposant d'un titre l'habilitant à déposer une demande de permis d'aménager et refusé l'autorisation sollicitée le 5 décembre 2022 par la société au motif qu'elle ne remplissait pas les conditions visées à l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme. Le moyen soulevé à cet égard doit, par suite, être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 5 avril 2023 du maire de la commune du Palais refusant le permis d'aménager déposé par la SARL La Hêtraie pour l'aménagement de 11 parcelles sur un terrain situé Le Borthélo au Palais doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu de mettre à la charge de la SARL La Hêtraie, partie perdante, la somme de 1 500 euros à verser à la commune du Palais au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
9. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune du Palais, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL La Hêtraie est rejetée.
Article 2 : La SARL La Hêtraie versera à la commune du Palais la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SARL La Hêtraie et à la commune du Palais.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
M. Blanchard, premier conseiller,
Mme Villebesseix, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2024.
Le rapporteur,
signé
A. Blanchard
Le président,
signé
C. Radureau
Le greffier,
signé
N. Josserand
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2303019
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026