vendredi 24 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2303053 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | MSS 1ère chambre GRONDIN Thibault |
| Avocat requérant | BLEVIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 juin 2023, M. A C, représenté par Me Blevin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la contrainte émise par Pôle emploi (devenu France travail) le 23 mai 2023 en vue de recouvrir une somme de 8 243,15 euros au titre d'un trop-perçu d'allocation de solidarité spécifique pour la période courant du 1er novembre 2020 au 31 mai 2022.
2°) de mettre à la charge de Pôle emploi une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la contrainte litigieuse :
- est entachée d'erreur de fait dès lors qu'il n'a jamais exercé une activité professionnelle salariée ;
- est entachée d'erreur de droit au regard des dispositions des articles R. 5423-1, R. 5425-1 et R. 5425-2 du code du travail ; il était éligible au versement de l'allocation de solidarité spécifique, notamment eu égard à ses conditions de ressources.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 février 2024, France travail conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la contrainte litigieuse est régulière et fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi depuis le 17 janvier 2019, a bénéficié de l'allocation d'aide au retour à l'emploi puis de l'allocation de solidarité spécifique à compter du 1er juin 2020. Par une décision du 27 juillet 2022 Pôle emploi lui a notifié un trop-perçu de l'allocation de solidarité spécifique à hauteur de 8 238,13 euros au titre de la période courant du 1er novembre 2020 au 31 mai 2022, au motif qu'il est gérant d'un camping depuis le 13 août 2018. Après l'envoi d'une mise en demeure de payer cette somme du 3 octobre 2022, il a fait l'objet d'une contrainte émise par Pôle emploi le 23 mai 2023 portant sur cette somme, majorée des frais d'exécution. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler cette contrainte.
2. En premier lieu, il est constant que M. C est gérant d'un camping depuis le 13 août 2018 et qu'il occupe ainsi un emploi non salarié. Dans ces conditions, si la contrainte mentionne qu'il a exercé une activité professionnelle salariée en place et lieu d'une activité professionnelle non salariée, il s'agit d'une simple erreur de plume qui n'est pas susceptible d'affecter la régularité ou le bien-fondé de la créance.
3. En second lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 5411-6 du code du travail : " Les changements affectant la situation au regard de l'inscription ou du classement du demandeur d'emploi et devant être portés à la connaissance de Pôle emploi, en application du second alinéa de l'article L. 5411-2, sont les suivants : / 1° L'exercice de toute activité professionnelle, même occasionnelle ou réduite et quelle que soit sa durée ; () ". Aux termes de l'article R. 5411-7 du même code : " Le demandeur d'emploi porte à la connaissance de Pôle emploi les changements de situation le concernant dans un délai de soixante-douze heures ".
4. D'autre part, aux termes de l'article R. 5425-1 du code du travail : " L'exercice d'une activité professionnelle ou le fait de suivre une formation rémunérée ne fait pas obstacle à la reprise du versement de l'allocation de solidarité spécifique ou de l'allocation des travailleurs indépendants. () ". Aux termes de l'article R. 5425-2 du même code : " Lorsque le bénéficiaire de l'allocation de solidarité spécifique reprend une activité professionnelle salariée ou non salariée, la rémunération tirée de l'exercice de cette activité est intégralement cumulée avec le versement de l'allocation de solidarité spécifique pendant une période de trois mois, consécutifs ou non, dans la limite des droits aux allocations restants. / Tout mois civil au cours duquel une activité même occasionnelle ou réduite a été exercée est pris en compte pour le calcul de cette période ". Il résulte de ces dispositions, applicables à compter du 1er septembre 2017, que le bénéfice de l'allocation de solidarité spécifique est compatible avec la reprise d'une activité professionnelle dans la limite d'une durée de trois mois seulement.
5. En l'espèce, il résulte de l'instruction que l'indu d'allocation de solidarité spécifique mis à la charge de M. C par la contrainte litigieuse a pour origine la prise en compte de son activité de gérant de camping exercée depuis le 13 août 2018, qu'il n'avait pas porté à la connaissance de France travail lors de ses déclarations trimestrielles alors qu'il lui appartenait, en application des dispositions de l'article R. 5411-7 du code du travail, de déclarer tout changement dans sa situation professionnelle. Par ailleurs, la circonstance que son activité n'a pas généré de rémunération n'a pas pour conséquence de placer le requérant en situation de conserver le bénéfice de l'allocation au-delà de la période des trois mois suivant le début de son activité. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que l'indu d'allocation de solidarité spécifique au titre de la période courant du 1er novembre 2020 au 31 mai 2022 ne serait pas fondé. Par suite, le moyen tiré de ce que la créance litigieuse n'est pas fondée doit être écarté, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de ce moyen.
6. Il résulte de tout ce qui précède qu'il n'y a pas lieu de faire droits aux conclusions de M. C tendant à l'annulation de la contrainte émise par Pôle emploi le 23 mai 2023.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme de 3 000 euros, sollicitée par M. C au titre des frais qu'il a exposés et non compris dans les dépens, soit mise à la charge de France travail, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à France travail.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2025.
Le magistrat désigné,
signé
T. B
Le greffier,
signé
N. Josserand
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026