mardi 4 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2303473 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS ABECASSIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 juin 2023 et 10 janvier 2025, Mme B A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du maire de la commune de Montgermont du 6 avril 2023 portant délivrance du permis de construire n° PC 35189 22 M0009 au bénéfice de la SCCV Montgermont P. Texier, pour la construction de trois bâtiments comprenant 14 logements et 2 cellules d'activité, sur un terrain situé 7 rue Pierre Texier.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- l'un des bâtiments, compte tenu de ses dimensions et de son implantation, 12 mètres de hauteur à seulement 3 mètres de la limite séparative, englobe l'intégralité de sa propriété, créant plusieurs vus directes plongeantes sur sa résidence, ce qui génère d'importantes nuisances, en termes de pertes d'ensoleillement et de luminosité, de sentiment d'étouffement, de perte d'intimité, de nuisances sonores et de préjudice de vue ;
- le projet ne prévoit pas les aménagements adéquats pour garantir un accès sécurisé et suffisant aux véhicules de secours ; les voies d'accès ne sont pas dimensionnées pour permettre l'intervention des secours ; la largeur minimale des voies de circulation, notamment en impasse, n'est pas respectée ; l'absence d'aire de retournement adéquate aggrave la situation.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 2 novembre 2023 et 17 septembre 2024, la commune de Montgermont, représentée par la Selarl Cabinet Henri Abecassis, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir, dans le dernier état de ses écritures, que Mme A ne justifie pas de son intérêt à agir contre l'autorisation d'urbanisme en litige, qu'elle ne justifie pas avoir notifié son recours gracieux au pétitionnaire dans le délai de quinze jours fixé par les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, la première notification réalisée l'ayant été à une adresse erronée, différente de celle mentionnée dans l'arrêté et qu'elle ne soulève aucun moyen de droit contestant la légalité de cette autorisation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 janvier 2024, la SSCV Montgermont P. Texier de Montgermont conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que Mme A ne justifie pas de son intérêt à agir contre l'autorisation d'urbanisme en litige, qu'elle ne justifie pas lui avoir notifié le recours gracieux dans le délai de quinze jours fixé par les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme et qu'elle ne soulève aucun moyen de droit contestant la légalité de l'autorisation.
Par un courrier du 10 janvier 2025, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité du moyen nouveau, tiré de l'insuffisance des accès, soulevé par Mme A contre le permis de construire, pour la première fois à l'occasion de son mémoire enregistré le 10 janvier 2025, ce moyen ayant été présenté après l'expiration du délai de deux mois fixé par l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme.
La commune de Montgermont a produit des observations sur ce moyen d'ordre public, enregistrées le 13 janvier 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Thielen,
- les conclusions de M. Desbourdes, rapporteur public,
- et les observations de Me Chanet, représentant la commune de Montgermont.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 6 avril 2023, dont Mme A demande l'annulation par la présente requête, le maire de la commune de Montgermont a délivré à la SSCV Montgermont P. Texier le permis de construire n° PC 35189 22 M0009, pour la construction de trois bâtiments comprenant 14 logements et 2 cellules d'activité, sur un terrain situé 7 rue Pierre Texier.
2. En premier lieu, aux termes de l'article A. 424-8 du code de l'urbanisme : " / () / Le permis est délivré sous réserve du droit des tiers : il vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme. Il ne vérifie pas si le projet respecte les autres réglementations et les règles de droit privé. Toute personne s'estimant lésée par la méconnaissance du droit de propriété ou d'autres dispositions de droit privé peut donc faire valoir ses droits en saisissant les tribunaux civils, même si le permis respecte les règles d'urbanisme ". Il résulte de ces dispositions que la délivrance d'une autorisation d'urbanisme n'est pas subordonnée au respect des règles de droit privé.
3. Au soutien de sa requête introductive d'instance, Mme A s'est bornée à soutenir que l'un des trois bâtiments projetés, compte tenu de ses dimensions et de son implantation, 12 mètres de hauteur à seulement 3 mètres de la limite séparative, englobe l'intégralité de sa propriété, créant plusieurs vues directes plongeantes sur sa résidence, ce qui génère d'importantes nuisances, en termes de pertes d'ensoleillement et de luminosité, de sentiment d'étouffement, de perte d'intimité, de nuisances sonores et de préjudice de vue. De telles atteintes, à les supposer avérées, peuvent être invoquées pour justifier d'un intérêt à agir contre une autorisation d'urbanisme, mais ne peuvent l'être utilement pour en contester la légalité. L'unique moyen de la requête introductive d'instance de Mme A, tiré de ce que le projet lui causerait différentes nuisances, est inopérant et ne peut, par suite, qu'être écarté.
4. En second lieu, aux termes du premier alinéa de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme : " Par dérogation à l'article R. 611-7-1 du code de justice administrative, et sans préjudice de l'application de l'article R. 613-1 du même code, lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code, ou d'une demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant une telle décision, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense. Cette communication s'effectue dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article R. 611-3 du code de justice administrative ".
5. Le moyen tiré de l'insuffisance des accès a été invoqué pour la première fois par Mme A dans son mémoire enregistré au greffe du tribunal 10 janvier 2025, soit plus de deux mois après la communication du premier mémoire en défense de la commune de Montgermont, laquelle est intervenue, en application de l'article R. 611-8-6 du code de justice administrative, le 2 novembre 2023. Dès lors, ce moyen nouveau est tardif et ne peut qu'être écarté comme irrecevable en application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A ne peut qu'être rejetée, sans qu'il soit besoin de statuer sur sa recevabilité.
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme que la commune de Montgermont et la SSCV Montgermont P. Texier demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Montgermont et la SSCV Montgermont P. Texier au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera à Mme B A, à la commune de Montgermont et la SSCV Montgermont P. Texier.
Délibéré après l'audience du 14 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Tronel, président,
M. Terras, premier conseiller,
Mme Thielen, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 février 2025.
Le rapporteur,
Signé
O. Thielen
Le président,
Signé
N. Tronel
La greffière,
Signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026