mardi 10 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2303852 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS COUDRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 juillet 2023, Mme B A, représentée par Me Raphaël Le Mehauté, demande au tribunal :
1°) de condamner la communauté d'agglomération Lannion Trégor Communauté à lui verser la somme globale de 336 000 euros en réparation de l'ensemble des préjudices qu'elle a subis ;
2°) d'annuler la décision implicite de rejet de sa demande tendant au bénéfice de l'allocation temporaire d'activité ;
3°) d'enjoindre à Lannion Trégor Communauté de lui verser le montant de cette allocation au titre de la période courant à compter du 20 avril 2022 ;
4°) de mettre à la charge de Lannion Trégor communauté la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- ses conclusions indemnitaires ne sont pas tardives ;
- la responsabilité de Lannion Trégor Communauté est engagée, en premier lieu, dans le cadre de l'instruction de sa demande tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie et de la procédure ayant conduit à la conclusion d'une rupture conventionnelle, en second lieu, au titre des irrégularités commises pendant la période au cours de laquelle elle a travaillé au sein de cet établissement ;
- l'ensemble de ses préjudices s'évalue à 336 000 euros ;
- la décision de rejet de sa demande tendant au bénéfice de l'allocation temporaire d'activité est entachée d'illégalité dès lors qu'elle justifie d'un taux d'invalidité de 30% après consolidation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 octobre 2024, Lannion Trégor Communauté, représentée par Me B Guillon-Coudray, demande au tribunal :
1°) de rejeter les conclusions indemnitaires présentées par Mme A ;
2°) de prononcer un non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction ;
3°) de rejeter les conclusions présentées par la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de mettre à sa charge la somme de 2 000 euros au titre de ce même article.
Elle soutient que :
- s'agissant des conclusions indemnitaires, elles sont, à titre principal, irrecevables dès lors qu'elles ont été présentées après l'expiration du délai de recours ; au demeurant, une partie des préjudices dont la réparation est demandée a donné lieu à une précédente demande d'indemnisation qui a été rejetée par une décision devenue définitive de sorte que l'intéressée n'est pas recevable à solliciter une nouvelle fois l'indemnisation de ces préjudices ;
- à titre subsidiaire, les conclusions indemnitaires ne sont pas fondées ;
- les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sont devenues sans objet dès lors que, par une décision du 23 mai 2024, l'allocation temporaire d'invalidité a été accordée à Mme A à compter du 1er avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables () ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 () ".
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
2. Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation d'une décision ayant rejeté une demande et sur les conclusions à fin d'injonction de faire droit à cette demande lorsque, postérieurement à la présentation de ces conclusions, l'autorité administrative a décidé d'y faire droit.
3. Mme B A a, le 14 mars 2023, saisi Lannion Trégor Communauté d'une demande tendant au bénéfice de l'allocation temporaire d'invalidité. Cette demande a été implicitement rejetée le 28 mai 2023. Mme A demande, par sa requête enregistrée le 19 juillet 2023, l'annulation de cette décision et qu'il soit enjoint à Lannion Trégor Communauté de lui verser les montants dus au titre de cette allocation à compter du 20 avril 2022. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que par une décision prise postérieurement à l'enregistrement de cette requête, le bénéfice de cette allocation à compter de cette date lui a été accordé. Dans ces conditions, les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par Mme A sont devenues sans objet.
4. En conséquence, il n'y a pas lieu de statuer, au sens des dispositions précitées du 3° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, sur ces conclusions.
Sur les conclusions indemnitaires :
5. Aux termes de l'article R. 421-2 du code de justice administrative : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours. La date du dépôt de la demande à l'administration, constatée par tous moyens, doit être établie à l'appui de la requête ".
6. Aux termes de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration : " () le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : () 5° Dans les relations entre l'administration et ses agents ". En vertu des dispositions combinées des articles L. 112-2, L. 112-3 et L. 112-6 du même code, une demande adressée à l'administration par l'un de ses agents n'a pas à faire l'objet d'un accusé de réception mentionnant la date de naissance d'une décision implicite de rejet ainsi que les voies et délais de recours contre une telle décision de sorte que l'absence de délivrance d'un tel accusé de réception à la suite d'une telle demande est sans incidence sur l'opposabilité du délai de recours contentieux de deux mois prévu à l'article R. 421-2 du code de justice administrative. Une demande adressée à l'administration en qualité d'ancien agent public de cette administration s'inscrit dans le cadre des relations entre celle-ci et son agent au sens de l'article L. 112-2 du code des relations entre le public et l'administration.
7. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions qu'en cas de naissance d'une décision implicite de rejet du fait du silence gardé par l'administration pendant la période de deux mois suivant la réception d'une demande, le délai de deux mois pour former un recours contre une telle décision court dès sa naissance à l'encontre d'un agent public, alors même que l'administration n'a pas accusé réception de la demande de cet agent. Ce n'est que dans l'hypothèse où, dans le délai de deux mois ainsi décompté, la personne ayant adressé la demande à l'administration reçoit notification d'une décision expresse de rejet qu'elle dispose alors, à compter de cette notification, d'un nouveau délai de deux mois pour saisir le juge.
8. Il ressort des pièces du dossier que la demande indemnitaire que Mme A a adressée préalablement à la saisine du tribunal à Lannion Trégor Communauté a été réceptionnée par son ancien employeur le 22 février 2023. Le silence gardé par le président de cet établissement a fait naître une décision implicite de rejet le 22 avril 2023. En application des dispositions du premier alinéa de l'article R. 421-2 du code de justice administrative, le délai de recours contre cette décision implicite a couru à compter de cette date et aucune décision explicite de rejet n'est intervenue avant l'expiration de ce délai de sorte que Mme A n'était recevable à contester la décision implicite de rejet que jusqu'au 23 juin 2023 inclus. Or, la requête formalisant ses conclusions indemnitaires n'a été enregistrée que le 19 juillet 2023. Ainsi, quand bien même la demande indemnitaire préalable n'a pas donné lieu à la délivrance de l'accusé de réception prévu à l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration, de telles conclusions sont tardives et, par suite, irrecevables. Cette irrecevabilité présente un caractère manifeste de sorte que ces conclusions peuvent être rejetées sur le fondement des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'une des parties une somme à verser à l'autre partie au titre des frais de justice exposés. En conséquence, l'ensemble des conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doit être rejeté.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par Mme A.
Article 2 : Les autres conclusions présentées par Mme A sont rejetées.
Article 3 : Les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par Lannion Trégor Communauté sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à Lannion Trégor Communauté.
Fait à Rennes le 10 décembre 2024.
Le président de la 4ème chambre
signé
D. Labouysse
La République mande et ordonne au préfet des Côtes d'Armor en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2303852
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026