mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2303926 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | VERVENNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 juillet 2023, et un mémoire, enregistré le 13 novembre 2024, M. A B, représenté par Me Vervenne, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 février 2023 par laquelle le préfet du Finistère a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à cette autorité de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans cette attente et dans un délai de trois jours, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Vervenne d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle est intervenue sur proposition du secrétaire général de la préfecture du Finistère sans que cette saisine ne résulte d'aucune disposition législative ou réglementaire ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en raison de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2024, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Ambert et les observations de Me Jeanmougin, substituant Me Vervenne, ont été entendus au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant congolais né le 11 mars 1966, est entré irrégulièrement en France en juin 2000. Il a déposé une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Son recours à l'encontre de cette décision a été rejeté par la Cour nationale du droit d'asile le 15 juillet 2002. Le 3 août 2022, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le 20 février 2023, le préfet du Finistère a refusé de lui délivrer un titre de séjour. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
3. M. B, entré en France en juin 2000, produit plusieurs demandes de recherches d'emploi, une attestation du 20 juin 2016 indiquant qu'il a été bénévole chez Emmaüs ainsi que son curriculum vitae précisant qu'il a été préparateur de commandes au Bourget entre septembre 2013 et mai 2014, agent de quai à Rungis en août 2019, préparateur de commandes à Emerainville d'octobre 2019 à janvier 2020, manœuvre dans le bâtiment à Thonon-les-Bains d'avril 2020 à juillet 2021, aide-maçon à Enghien-les-Bains de septembre 2020 à février 2022, manœuvre dans le bâtiment à Quimper de mai à novembre 2022 et préparateur de commandes à Chambray-les-Tours en janvier 2023. Il ressort des pièces du dossier que M. B est célibataire et sans enfant à charge mais a noué des liens particuliers avec la famille de la fille de sa sœur aînée, qui vit en France. Par des témoignages joints au dossier, sa nièce, son époux ainsi que leurs enfants font état du rôle joué par M. B auprès d'eux et de sa particulière intégration auprès de la cellule familiale. M. B a ainsi accompagné à de multiples reprises ses petits neveux et nièces à l'école. A la date de la décision attaquée, M. B est âgé de cinquante-six ans et a vécu vingt-deux ans sur le territoire français. Il ressort des pièces du dossier que la commission du titre du séjour a émis le 8 février 2023 un avis favorable à la demande de titre de séjour de M. B. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B ait gardé des attaches avec son pays d'origine, qu'il a quitté à l'âge de trente-quatre ans. Compte tenu de la durée de sa présence sur le territoire français et de ses attaches familiales en France, le refus de titre de séjour porte, dans les circonstances particulières de l'espèce, une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. M. B est ainsi fondé à soutenir que le préfet du Finistère a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en refusant de lui délivrer un titre de séjour.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 20 février 2023 du préfet du Finistère par laquelle il a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Compte tenu de ce qui précède, il y a lieu d'enjoindre au préfet du Finistère de délivrer à M. B une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Vervenne, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Vervenne de la somme de 1 000 euros.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 20 février 2023 par laquelle le préfet du Finistère a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Finistère de délivrer à M. B une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois.
Article 3 : L'Etat versera à Me Vervenne une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Vervenne renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet du Finistère et à Me Vervenne.
Délibéré après l'audience du 20 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jouno, président,
M. Albouy, premier conseiller,
M. Ambert, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.
Le rapporteur,
signé
A. AmbertLe président,
signé
T. Jouno
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026