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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2303943

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2303943

jeudi 12 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2303943
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 juillet 2023, M. A B, représenté par Me Fouchard, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 juillet 2023 par lequel le préfet du Morbihan lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a déterminé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet du Morbihan de lui délivrer une carte de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) à défaut, d'enjoindre au préfet du Morbihan de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, dans un délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant du refus de titre de séjour :

- cette décision est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (Dirrecte) n'a pas été saisie ;

- la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles L. 421-1 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les termes de la circulaire du 28 novembre 2012 ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les stipulations des articles 2-2 et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 août 2023, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;

- le code du travail ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Tourre,

- et les observations de Me Fouchard, représentant M. B, présent.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant turc né en 1990, est entré en France le 20 septembre 2007. Sa demande d'asile a été définitivement rejetée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 8 mars 2011 après deux réexamens. Sa demande d'admission exceptionnelle au séjour formée le 8 février 2013 a fait l'objet d'un rejet implicite. Par un arrêté du 4 juillet 2023, le préfet du Morbihan a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par la présente requête, M. B demande, à titre principal, l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les textes dont il est fait application, rappelle la situation personnelle et familiale de M. B, son parcours en France, le rejet définitif de sa demande d'asile après deux réexamens et procède à l'instruction de sa demande de titre de séjour déposée sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, y compris au regard de sa situation professionnelle, après avoir mentionné l'avis de la commission du titre de séjour. Contrairement à ce que soutient M. B, le préfet du Morbihan n'a pas " occulté quinze ans de sa vie en France " ni " totalement ignoré " son activité professionnelle. L'arrêté attaqué comporte ainsi les considérations de droit et de fait sur lesquels le préfet s'est fondé pour rejeter la demande de titre de séjour de M. B. Il suit de là que le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé.

3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté en litige ni des autres pièces du dossier que le préfet du Morbihan ne se serait pas livré à un examen particulier de la situation de M. B préalablement à l'édiction de la décision portant refus de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de ce que l'autorité préfectorale n'a pas procédé à un examen sérieux de la situation de l'intéressé doit être écarté.

4. En troisième lieu, d'une part, aux termes des dispositions de l'article L. 414-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La possession d'une carte de séjour temporaire, d'une carte de séjour pluriannuelle ou d'une carte de résident par un étranger résidant sur le territoire métropolitain lui confère, sous réserve des exceptions prévues à l'article L. 414-11, le droit d'exercer une activité professionnelle, sur ce même territoire, dans le cadre de la législation en vigueur ". D'autre part, aux termes des dispositions de l'article L. 421-1 du même code : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail () ". Enfin, aux termes de l'article L. 5221-2 du code du travail : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : / 1° Les documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ; / 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail ".

5. Si M. B affirme qu'il a formé sa demande d'admission exceptionnelle au séjour en faisant valoir une demande d'autorisation de travail, des fiches de paie et des circonstances exceptionnelles tenant à la durée de sa présence en France, il ne justifie pas être en possession de l'autorisation de travail requise afin de bénéficier d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " prévue par les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En ne produisant pas cette autorisation, le requérant ne satisfait pas aux conditions fixées pour la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Partant, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté.

6. En quatrième lieu, si M. B fait valoir que le préfet du Morbihan ne justifie pas de la saisine des services de la Dirrecte, il ne résulte d'aucun texte législatif ou réglementaire ni d'aucun principe général du droit que l'autorité administrative serait tenue de saisir cette direction, qui n'existe plus depuis le 1er avril 2021, pour statuer sur une demande de titre de séjour en qualité de salarié, ni qu'elle devrait se prononcer elle-même sur cette demande, alors qu'en application des articles L. 5221-2, R. 5221-1, R. 5221-3, R. 5221-11, R. 5221-15 et R. 5221-17 du code du travail, la demande d'autorisation de travail doit être adressée à l'administration par l'employeur lui-même, préalablement à toute demande de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

7. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". L'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

8. M. B se prévaut de sa présence en France depuis quinze ans, de solides attaches familiales sur le territoire, en l'espèce sa femme avec laquelle il vit depuis plus de dix ans et leurs quatre enfants, et de la scolarisation de ces derniers depuis plusieurs années. Il ressort toutefois des pièces du dossier que la durée de présence en France de l'intéressé s'explique, d'une part, par l'examen et les réexamens de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la CNDA, d'autre part, par le fait qu'il s'est maintenu de manière irrégulière sur le territoire du 8 février 2013, date du rejet de sa première demande de titre de séjour, au 23 octobre 2020, date de sa seconde demande de titre de séjour et, enfin, par le délai d'instruction de son dossier par le préfet du Morbihan. En outre, son épouse étant également de nationalité turque et se maintenant sur le territoire français sans chercher à régulariser sa situation, M. B n'établit pas être dans l'impossibilité de poursuivre sa vie privée et familiale avec celle-ci et leurs enfants en dehors du territoire français ni que ces derniers ne pourraient poursuivre une scolarité normale en Turquie. Par ailleurs, M. B ne démontre pas avoir noué des liens personnels et familiaux en France et ne produit aucun élément de nature à établir qu'il est dépourvu de toute attache familiale ou personnelle en Turquie, pays dans lequel il a vécu jusqu'à l'âge de 17 ans. Enfin, la commission du titre de séjour a relevé, malgré un avis favorable à la délivrance d'un titre de séjour, un niveau de français très faible malgré quinze ans de présence en France et s'est interrogée sur la volonté de M. B de s'intégrer dans la société française. Il résulte de l'ensemble de ces considérations que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant la délivrance de titre de séjour méconnaîtrait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni qu'elle porterait une atteinte disproportionnée à son droit à la vie privée et familiale au regard des motifs au vu desquels elle a été prise, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit également être écarté pour les mêmes motifs.

9. En sixième lieu, M. B ne peut se prévaloir utilement des termes de la circulaire du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière, qui est dépourvue de dispositions impératives à caractère général.

10. En septième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L.412-1 () ".

11. En présence d'une demande de régularisation présentée, sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ".

12. D'une part, M. B se prévaut de sa présence en France depuis quinze ans, de solides attaches familiales sur le territoire et de la scolarisation de ces enfants sur le territoire français depuis plusieurs années. Compte tenu des circonstances précédemment exposées, ces éléments ne sauraient être regardés, à eux seuls, comme des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels justifiant son admission exceptionnelle au séjour. D'autre part, si M. B allègue qu'il occupe un emploi salarié depuis plus d'un an dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée, il établit seulement qu'il a travaillé de juin à décembre 2021 en qualité de maçon et qu'il occupe un emploi depuis septembre 2022. Ces éléments et la production de bulletins de

salaire pour les périodes de septembre, novembre et décembre 2008 à temps complet, octobre à décembre 2016, janvier, février, mars, juin, octobre, novembre, décembre 2017 et janvier 2018 inférieur à mi-temps, ne suffisent à caractériser ni des circonstances humanitaires, ni des motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, de carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dès lors, le préfet du Morbihan a pu, sans méconnaître l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, estimer, au regard de l'ensemble de ces éléments, que l'intéressé ne pouvait se prévaloir de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels à la date à laquelle il a statué, justifiant qu'un titre de séjour lui soit délivré sur le fondement des dispositions de cet article.

13. En huitième lieu, aux termes de l'article 2-2 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Les États parties prennent toutes les mesures appropriées pour que l'enfant soit effectivement protégé contre toutes les formes de discrimination ou de sanction motivées par la situation juridique, les activités, les opinions déclarées ou les convictions de ses parents, de ses représentants légaux ou membres de sa famille. "

14. M. B n'est pas fondé à invoquer les stipulations de cet article, qui ne créent d'obligations qu'entre États et ne sont pas invocables par les particuliers.

15. En dernier lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

16. Il ne ressort pas des pièces des dossiers qu'en refusant de délivrer un titre de séjour à M. B, le préfet du Morbihan n'a pas accordé une attention primordiale à l'intérêt supérieur de ses enfants, nés en 2013, 2016, 2017 et 2020. En outre, la décision attaquée n'a pas, en elle-même, pour effet de séparer les enfants mineurs de leur père. Par ailleurs, si trois enfants de M. B sont scolarisés en France, il n'est pas établi que toute scolarité serait impossible en cas de retour en Turquie. Enfin, si le requérant allègue que la décision attaquée risquerait de le placer dans l'incapacité d'exercer à l'avenir une quelconque activité professionnelle afin de contribuer à l'entretien de sa famille, il ne l'établit pas. Il suit de là que les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.

17. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant refus de délivrance de titre de séjour.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

18. Pour les motifs exposés au point 8 du présent jugement, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de leur vie privée et familiale au regard des buts poursuivis. Les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent, dès lors, être écartés.

19. Il suit de là que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

20. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".

21. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête, n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

22. Les dispositions visées ci-dessus font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Morbihan.

Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Descombes, président,

M. Le Roux, premier conseiller,

Mme Tourre, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2023.

La rapporteure,

Signé

L. TourreLe président,

Signé

G. Descombes

Le greffier,

Signé

J-M. Riaud

La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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