lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2304553 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 août et 28 novembre 2023, M. B F, M. A E, M. C D et Mme G demandent au tribunal que le fonctionnement du conseil municipal de Landrévarzec respecte le cadre juridique défini par le code général des collectivités territoriales s'agissant des travaux réalisés place de la Fontaine.
Ils soutiennent que :
- en dépit de leurs demandes, le maire de Landrévarzec ne rend pas compte de ses actes et des dépenses d'investissement de la commune, en particulier pour les travaux réalisés place de la Fontaine ;
- le conseil municipal n'a pas autorisé le maire à engager les travaux en méconnaissance de l'article L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales ;
- les travaux engagés sur des terrains appartenant à des propriétaires privés présentent un risque de conflit d'intérêts ;
- le conseil municipal n'a pas été informé des dépenses d'investissement en méconnaissance de l'article L. 2122-23 du code général des collectivités territoriales ;
- ils souhaitent connaître le coût complet des dépenses d'investissement pour les travaux de la place de la Fontaine, détaillés entreprise par entreprise.
Par des mémoires en défense enregistrés les 22 novembre et 13 décembre 2023, la commune de Landrévarzec conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 4 décembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au
8 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (). ".
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " Sauf en matière de travaux publics, la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ". Selon l'article R. 411-1 du même code : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge (). ". Aux termes de l'article L. 911-1 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution (). ".
3. Par la présente requête, M. F et autres demandent que le conseil municipal de Landrévarzec fonctionne légalement dans le cadre défini par le code général des collectivités territoriales s'agissant des travaux réalisés place de la Fontaine en centre-ville et à connaître le coût de ces travaux, entreprise par entreprise.
4. D'une part, cette requête est dépourvue de conclusions à fin d'annulation d'une décision administrative. D'autre part, en dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, inapplicables en l'espèce, du code de justice administrative, il n'appartient pas au tribunal administratif d'adresser des injonctions à un maire qui ne soient la conséquence nécessaire d'une annulation. En l'espèce, les conclusions tendant à ce que le conseil municipal fonctionne dans le cadre prévu par le code général des collectivités territoriales et à ce que les élus soient informés des dépenses d'investissement réalisées dans le cadre des travaux de la place de la Fontaine n'entrent pas dans les prévisions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative.
5. Par suite, la requête de M. F et autres est entachée d'une irrecevabilité manifeste qui n'est pas régularisable et doit, dès lors, être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. F et autres est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B F, représentant unique des requérants en application de l'article R. 411-5 du code de justice administrative et à la commune de Landrévarzec.
Fait à Rennes, le 22 juillet 2024.
La présidente de la 3ème chambre,
Signé
C. Grenier
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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