vendredi 6 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2305264 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LEXCAP |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et trois mémoires, enregistrés les 28 septembre 2023, 28 mai 2024, 23 septembre 2024 et 8 octobre 2024, M. C D, représenté par Me Granger, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 avril 2023 par lequel la maire de la commune de Kervignac a délivré un permis d'aménager à la SNC Kervignac-Kermoulin pour la réalisation d'un lotissement sur les terrains cadastrés section YC nos 0336 et 0656, ainsi que la décision du 27 juillet 2023 rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Kervignac la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et à la charge de SNC Kervignac-Kermoulin la somme de 3 000 euros sur le même fondement.
Il soutient que :
- il a intérêt à agir, en raison de l'atteinte que porte le projet aux conditions de jouissance de son bien ;
- il justifie de l'occupation régulière de sa propriété, conformément aux exigences de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté attaqué méconnaît le d) de l'article A. 424-1 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît l'article A. 424-10 du même code ;
- il méconnaît le a) et le g) de l'article R. 441-1 du même code ;
- le dossier de demande de permis d'aménager est entaché d'incomplétude dès lors que, en premier lieu, la notice descriptive ne contient pas d'éléments sur l'état initial et l'état futur du terrain, ni sur les arbres qui seront plantés, en deuxième lieu, cette notice ne justifie pas le choix d'implantation de deux immeubles collectifs au sud-ouest du terrain, en troisième lieu, elle ne comporte pas d'éléments sur le traitement des ordures ménagères, en quatrième lieu, le plan de l'état actuel du terrain est entaché d'insuffisances en ce qui concerne l'emplacement des plantations existantes, les abords du terrain, les réseaux publics et le bassin de rétention et, en dernier lieu, le plan de composition comporte des erreurs en ce qui concerne les plantations à conserver ou à créer ;
- l'arrêté attaqué est illégal en conséquence de l'illégalité du classement du terrain d'assiette en secteur 1AUa par le plan local d'urbanisme de Kervignac ;
- le projet litigieux est incompatible avec l'orientation d'aménagement et de programmation " Quatre Vents ", en ce qui concerne le stationnement des voitures et la volumétrie du bâti ;
- aucune dérogation n'a été délivrée pour permettre de porter atteinte à des espèces protégées, en méconnaissance des articles L. 411-1 et L. 411-2 du code de l'environnement ;
- le projet litigieux méconnaît l'article 1AU 3 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît l'article 1AU 9 du même règlement ;
- il méconnaît l'article 1AU 12 du même règlement ;
- il méconnaît l'article 1AU 13 du même règlement.
Par deux mémoires, enregistrés les 12 avril 2024 et 23 septembre 2024, la SNC Kervignac-Kermoulin, représentée par la SELARL Ares, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge du requérant de la somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le requérant n'a pas intérêt à agir ;
- pour le surplus, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 23 avril 2024 et 9 septembre 2024, la commune de Kervignac, représentée par la SELARL Lexcap, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge du requérant de la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable au regard de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;
- pour le surplus, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 ;
- la directive 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 ;
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- l'arrêté du 19 février 2007 fixant les conditions de demande et d'instruction des dérogations définies au 4° de l'article L. 411-2 du code de l'environnement portant sur des espèces de faune et de flore sauvages protégées ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Blanchard,
- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,
- et les observations de Me Granger, représentant M. D, de Me Peres, de la SELARL Lexcap, représentant la commune de Kervignac et de Me Balloul, de la SELARL Ares, représentant la SNC Kervignac-Kermoulin.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 25 avril 2023, la maire de la commune de Kervignac a délivré à la SNC Kervignac-Kermoulin un permis d'aménager portant sur la réalisation d'un lotissement de 35 lots au maximum sur les parcelles cadastrées section YC nos 0336 et 0656. Le recours gracieux contre cet arrêté, formé le 20 juin 2023 par M. D, a été rejeté par une décision du 27 juillet 2023. M. D demande l'annulation de l'arrêté du 25 avril 2023 et de la décision rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article A. 424-1 du code de l'urbanisme : " La décision expresse prise sur une demande de permis de construire, d'aménager ou de démolir ou sur une déclaration préalable prend la forme d'un arrêté. () ". L'article A. 424-2 du même code dispose : " L'arrêté prévu au premier alinéa de l'article A. 424-1 : () d) Vise les avis recueillis en cours d'instruction et leur sens ".
3. Si le requérant soutient que l'arrêté contesté ne vise pas le sens des avis rendus par les sociétés SAUR et Enedis et par le syndicat de l'Eau du Morbihan au sujet du projet litigieux, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de l'arrêté.
4. En second lieu, aux termes de l'article A. 424-10 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet porte sur un lotissement, l'arrêté précise le nombre maximum de lots et la surface de plancher maximale dont la construction est autorisée dans l'ensemble du lotissement. Il précise, s'il y a lieu, la répartition de cette surface entre les différents lots ".
5. En l'espèce, l'article 3 de l'arrêté attaqué dispose que le nombre maximal de lots autorisés est de 35 et que la surface de plancher maximale autorisée pour l'ensemble des constructions s'élève à 8 900 m². Cet article prévoit également que la " répartition de cette surface entre les différents lots devra être effectuée conformément au tableau de répartition du règlement du lotissement ". Ce tableau, figurant à l'article 14 du règlement de lotissement, précise pour chaque lot la surface de plancher en mètres carrés autorisée. Si le requérant soutient que la surface de plancher hors œuvre nette maximale n'est pas précisée, une telle exigence n'est plus prévue par l'article A. 424-10 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable depuis le 1er mars 2012. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article A. 424-10 du code de l'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
S'agissant du dossier de demande de permis d'aménager :
6. En premier lieu, aux termes de l'article R. 441-2 du code de l'urbanisme : " Sont joints à la demande de permis d'aménager : () b) Le projet d'aménagement comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 441-3 et R. 441-4 ". L'article R. 441-3 dispose : " Le projet d'aménagement comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords et indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) La composition et l'organisation du projet, la prise en compte des constructions ou paysages avoisinants, le traitement minéral et végétal des voies et espaces publics et collectifs et les solutions retenues pour le stationnement des véhicules ; d) Le traitement des parties du terrain situées en limite du projet ; e) Les équipements à usage collectif et notamment ceux liés à la collecte des déchets ". Aux termes de l'article R. 441-4 du même code : " Le projet d'aménagement comprend également : 1° Un plan de l'état actuel du terrain à aménager et de ses abords faisant apparaître les constructions et les plantations existantes, les équipements publics qui desservent le terrain, ainsi que, dans le cas où la demande ne concerne pas la totalité de l'unité foncière, la partie de celle-ci qui n'est pas incluse dans le projet d'aménagement ; 2° Un plan coté dans les trois dimensions faisant apparaître la composition d'ensemble du projet et les plantations à conserver ou à créer ".
7. La circonstance que le permis d'aménager ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme ou que ces documents seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis d'aménager accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
8. En l'espèce, si la notice du projet d'aménagement ne détaille pas l'état initial du terrain en ce qui concerne les plantations existantes, la photographie aérienne et le plan de l'état actuel de la parcelle révèlent sans ambiguïté que le terrain d'assiette est un champ cultivé, avec sur son pourtour des arbres et des haies localisés sur ce plan. De même, si la notice ne contient pas de précisions sur les arbres à planter dans le cadre du projet, le plan de composition montre les haies et arbres qui seront maintenus ainsi que les arbres qui seront plantés. Contrairement à ce que soutient le requérant, les pièces du dossier de demande n'avaient pas à préciser l'essence des arbres en cause, ni leur état phytosanitaire. Par ailleurs, la notice indique que le parti d'aménagement retenu consiste à implanter au niveau de l'entrée du lotissement les bâtiments collectifs, afin de créer un " premier plan construit cohérent ", de sorte que le requérant n'est pas fondé à soutenir que les choix ayant conduit à retenir cette localisation pour les immeubles collectifs ne sont pas justifiés. Enfin, la notice indique que des aires de regroupement des containers à poubelles sont positionnées en entrée d'impasse et de placette, au sein du lotissement, ainsi que des aires plus importantes aux niveaux de deux immeubles. Ces points d'apport sont localisés sur le plan de composition, tandis que le plan des hypothèses d'implantation donne, à titre indicatif, les dimensions de ces aires. Contrairement à ce que soutient le requérant, les pièces du dossier de demande du permis d'aménager n'avaient pas à préciser les dimensions des bacs de collecte eux-mêmes.
9. En ce qui concerne le plan de l'état actuel du terrain, les plantations existantes y sont représentées, ainsi qu'il a été dit. Si les maisons situées au sud de la voie publique n'y apparaissent pas, la photographie aérienne figurant dans la notice et le plan de situation les représentent. S'agissant des réseaux publics desservant le terrain d'assiette, à supposer que le requérant ait entendu soutenir qu'ils ne sont pas représentés sur le plan de l'état actuel du terrain, ce grief manque en fait. Le dossier de demande comprend au surplus des plans spécifiques en matière, d'une part, de réseaux d'assainissement et, d'autre part, de réseaux d'eau potable, de télécommunications, de gaz et d'électricité. Pour sa part, le bassin de rétention d'eaux pluviales, dès lors qu'il doit être édifié dans le cadre de l'opération d'aménagement ayant fait l'objet du permis attaqué, n'avait pas à être représenté sur le plan de l'état actuel du terrain.
10. Enfin, en ce qui concerne le plan de composition, les plantations maintenues et créées y sont représentées, ainsi qu'il a été dit. La circonstance que le nombre de plantations créées méconnaîtrait l'article 1 AU 13 du règlement du plan local d'urbanisme est sans incidence sur la régularité du dossier de demande. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande doit être écarté en toutes ses branches.
11. En second lieu, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis () d'aménager () sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux () ". L'article R. 423-2-1 dispose que, dans les communes de plus de 3 500 habitants, les demandes émanant de personnes morales sont adressées par voie électronique. Aux termes de l'article R. 441-1 du même code : " La demande de permis d'aménager précise : a) L'identité du ou des demandeurs, qui comprend son numéro SIRET lorsqu'il s'agit d'une personne morale en bénéficiant et sa date de naissance lorsqu'il s'agit d'une personne physique ; () g) S'il y a lieu, que les travaux doivent faire l'objet d'une dérogation au titre du 4° de l'article L. 411-2 du code de l'environnement ".
12. Il résulte des articles 12 et 16 de la directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992, de l'article 5 de la directive 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009, des articles L. 411-1, L. 411-2, R. 411-6, R. 411-11 et R. 411-12 du code de l'environnement et des articles 2 et 4 de l'arrêté du 19 février 2007 du ministre de l'agriculture et de la pêche et de la ministre de l'écologie et du développement durable fixant les conditions de demande et d'instruction des dérogations définies au 4° de l'article L. 411-2 du code de l'environnement portant sur des espèces de faune et de flore sauvages protégées que la destruction ou la perturbation des espèces animales concernées, ainsi que la destruction ou la dégradation de leurs habitats, sont interdites. Toutefois, l'autorité administrative peut déroger à ces interdictions dès lors que sont remplies trois conditions distinctes et cumulatives tenant d'une part, à l'absence de solution alternative satisfaisante, d'autre part, à la condition de ne pas nuire au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle et, enfin, à la justification de la dérogation par l'un des cinq motifs limitativement énumérés et parmi lesquels figure le fait que le projet réponde, par sa nature et compte tenu des intérêts économiques et sociaux en jeu, à une raison impérative d'intérêt public majeur.
13. Le système de protection des espèces résultant des dispositions citées ci-dessus, qui concerne les espèces de mammifères terrestres et d'oiseaux figurant sur les listes fixées par les arrêtés du 23 avril 2007 et du 29 octobre 2009 des ministres chargés de l'agriculture et de l'environnement, impose d'examiner si l'obtention d'une dérogation est nécessaire dès lors que des spécimens de l'espèce concernée sont présents dans la zone du projet, sans que l'applicabilité du régime de protection dépende, à ce stade, ni du nombre de ces spécimens, ni de l'état de conservation des espèces protégées présentes.
14. Le pétitionnaire doit obtenir une dérogation " espèces protégées " si le risque que le projet comporte pour les espèces protégées et leurs habitats est suffisamment caractérisé. À ce titre, les mesures d'évitement et de réduction des atteintes portées aux espèces protégées proposées par le pétitionnaire doivent être prises en compte. Dans l'hypothèse où les mesures d'évitement et de réduction proposées présentent, sous le contrôle de l'administration, des garanties d'effectivité telles qu'elles permettent de diminuer le risque pour les espèces au point qu'il apparaisse comme n'étant pas suffisamment caractérisé, il n'est pas nécessaire de solliciter une dérogation " espèces protégées ".
15. En l'espèce, d'une part, en ce qui concerne la branche du moyen tiré de la méconnaissance du a) de l'article R. 441-1 du code de l'urbanisme, il résulte des dispositions citées au point 10 que les demandes de permis d'aménager doivent seulement comporter l'attestation du pétitionnaire qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1 cité ci-dessus. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec les règles d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier la validité de l'attestation établie par le demandeur. Ainsi, sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande. Il ressort des pièces du dossier que la demande de permis d'aménager a été déposée par la voie dématérialisée et que la rubrique n° 9 du formulaire Cerfa, relative à l'engagement du demandeur qu'il dispose de la qualité pour déposer la demande, comporte le lieu et la date dudit engagement. Ainsi, et alors que les dispositions précitées n'imposent pas que le formulaire dématérialisé comporte une signature électronique, la qualité du pétitionnaire est attestée par ce dépôt. A supposer que le requérant ait également entendu contester la qualité de M. B A pour représenter la SNC Kervignac-Kermoulin, il n'appartient pas à l'autorité en charge de la délivrance des permis d'aménager de s'assurer du mandat donné au représentant de la société au nom de laquelle une telle demande est présentée. Dans ces conditions, la branche du moyen tiré du a) de l'article R. 441-1 du code de l'urbanisme doit être écartée.
16. D'autre part, en ce qui concerne la branche du moyen tiré de la méconnaissance du g) de l'article R. 441-1 du code de l'urbanisme, l'étude d'impact indique au sujet de la flore que les " inventaires menés sur le site ont permis d'identifier des végétales communes et qui ne font l'objet d'aucun statut de protection particulier ". En matière d'habitats, l'étude précise que le boisement à l'ouest, les haies bocagères et les arbres isolés identifiés en périphérie du site du projet et pouvant servir d'habitat pour l'avifaune et les chiropètres seront conservés car ils constituent des habitats présentant des enjeux écologiques, tandis que des mesures de protection seront mises en place pour éviter leur détérioration pendant le chantier. La partie de la parcelle destinée à accueillir les constructions est pour sa part constituée d'un champ mis en culture, avec des bandes enherbées, d'un faible intérêt écologique.
17. S'agissant de l'avifaune, les inventaires réalisés ont constaté la présence de 20 espèces protégées, dont deux menacées, pour lesquelles l'impact est toutefois jugé modéré au regard du maintien de possibilité de nidification dans les haies bocagères et arbres en périphérie du site et des facultés importantes de déplacement de ces espèces vers d'autres milieux similaires présents à proximité. L'étude indique par ailleurs que les inventaires n'ont pas permis d'identifier la présence de mammifères protégés, mais que trois espèces seraient, d'après les bases de données, susceptibles de fréquenter le site. L'impact est cependant jugé modéré, au regard des possibilités de mobilité de ces espèces vers des habitats similaires à proximité du terrain d'assiette du projet. S'agissant des chiroptères, les observations ont permis d'identifier la présence d'une espèce protégée, qui n'a toutefois pas de gîte sur le terrain d'assiette et ne l'utilise que pour le transit ou l'alimentation, de sorte que, au regard des possibilités de report sur d'autres sites, l'incidence du projet est jugée faible. L'étude identifie également deux espèces protégées de reptile, en estimant l'impact comme moyen au regard de la possible présence d'habitats sur le site en fonction de la période des travaux. Enfin, l'impact est jugé faible sur les amphibiens, en raison de l'absence d'habitats aquatiques sur la partie du terrain qui sera construite, tandis que l'étude n'identifie aucune espèce protégée d'invertébrés.
18. Au regard de ces impacts, les mesures de réduction consistent notamment à prévoir la présence d'un écologue pendant le chantier, afin de vérifier avant chaque intervention la présence d'espèces protégées et de procéder le cas échéant à leur déplacement, ainsi qu'à retenir les périodes de défrichement les moins préjudiciables à la faune. Des mesures en matière de maîtrise de la pollution lumineuse pendant la phase d'exploitation du site sont également prévues afin de compenser l'impact sur les chiroptères.
19. Dans ces conditions, eu égard au fait que les incidences du projet sur les espèces protégées, jugées faibles à moyens selon les cas, font l'objet de mesures d'évitement et de réduction permettant de réaliser le projet litigieux sans porter atteinte à l'état de conservation des espèces considérées. En conséquence, dès lors que le risque pour les espèces apparaît comme n'étant pas suffisamment caractérisé, il n'était pas nécessaire de solliciter une dérogation " espèces protégées ". La branche du moyen tiré de la méconnaissance du g) de l'article R. 441-1 du code de l'urbanisme doit par suite être écartée.
S'agissant des autres moyens :
20. En premier lieu, l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme dispose : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. () ". Aux termes de l'article R. 151-20 du même code : " Les zones à urbaniser sont dites " zones AU ". Peuvent être classés en zone à urbaniser les secteurs destinés à être ouverts à l'urbanisation ". Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Ils ne sont pas liés, pour déterminer l'affectation future des différents secteurs, par les modalités existantes d'utilisation des sols. Leur appréciation ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
21. En l'espèce, la parcelle cadastrée section YC n° 0656, destinée à supporter les lots à bâtir et les espaces communs du lotissement, est incluse dans le secteur 1AUa du plan local d'urbanisme de Kervignac, correspondant aux espaces non urbanisés destinés à être ouverts à l'urbanisation pour accueillir des habitats et des activités compatibles avec l'habitat. Ce secteur, d'une superficie totale de 9,90 hectares, jouxte sur sa limite est le centre historique du bourg de Kervignac. Il est entouré, au sud, au nord-ouest et au nord d'espaces accueillant un habitat pavillonnaire, tandis qu'un vaste espace boisé, classé en zone N, se trouve à l'ouest du secteur 1AUa. Les parcelles incluses dans ce secteur sont pour leur part des terres agricoles. Il résulte du projet d'aménagement et de développement durables que les auteurs du plan local d'urbanisme ont entendu, dans un contexte d'augmentation prévue de la population de Kervignac de 40 % en 15 ou 20 ans, recentrer l'urbanisation nouvelle sur le bourg afin de maîtriser l'extension urbaine et de limiter la consommation de terres agricoles sur l'ensemble du territoire de la commune. En cohérence avec cet objectif, le plan local d'urbanisme comprend une orientation d'aménagement et de programmation (OAP) pour l'ensemble du secteur 1AUa afin d'y prévoir la construction de 264 logements, avec une densité estimée à environ 27 logements par hectare. Dans ces conditions, au regard du parti d'aménagement retenu par les auteurs du plan local d'urbanisme, le classement de la parcelle litigieuse en secteur 1AUa n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, le moyen tiré de ce l'arrêté attaqué serait illégal en conséquence de l'illégalité du classement du terrain d'assiette par le plan local d'urbanisme de Kervignac doit être écarté.
22. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation ". Il résulte de ces dispositions qu'une autorisation d'urbanisme ne peut être légalement délivrée si les travaux qu'elle prévoit sont incompatibles avec les orientations d'aménagement et de programmation d'un plan local d'urbanisme et, en particulier, en contrarient les objectifs. Cette compatibilité s'apprécie en procédant à une analyse globale des effets du projet sur l'objectif ou les différents objectifs d'une orientation d'aménagement et de programmation, à l'échelle de la zone à laquelle ils se rapportent.
23. En l'espèce, le terrain d'assiette du projet litigieux est inclus dans le périmètre de l'OAP relative à la zone des Quatre Vents, qui comprend l'ensemble du secteur classé en 1AUa mentionné au point 21, d'une superficie totale de 9,90 hectares et jouxtant sur sa limite est le centre-bourg de Kervignac. Cette OAP prévoit, en matière de mobilités, un usage limité de la voiture dans ce secteur et retient à cette fin que des parkings pour les visiteurs doivent être prévus aux entrées du quartier, tandis que des espaces de stationnement doivent être créés pour les résidents le long de l'axe central autour duquel s'organise le quartier, dans le but de dissuader la circulation dans les voies de desserte des logements. L'OAP indique que ces voies de desserte, distribuées de part et d'autre de l'axe central, doivent être " traitées en impasses et en voiries banalisées tous modes ". Il ressort des pièces du dossier que le projet litigieux prévoit un parking pour les visiteurs à proximité immédiate de la voie publique déjà existante au sud et un autre espace de stationnement pour les visiteurs au centre du terrain d'assiette. Toutefois, dès lors que le projet litigieux, d'une surface d'environ 1,8 hectares, constitue la partie la plus au sud du secteur couvert par l'OAP, ces deux parkings, tous deux situés à une courte distance de l'accès au lotissement depuis la voie publique, doivent être regardés comme implantés à l'entrée du quartier au sens de l'OAP. Par ailleurs, les voies de desserte prévues dans le projet sont des impasses de 5 mètres de large, dont la commune indique qu'elles ont vocation à être partagées entre piétons, deux roues et voitures. Des places de stationnement sont également prévues à destination des résidents le long de l'axe central traversant le lotissement du sud au nord. Ainsi, au regard de l'analyse globale des effets du projet, la seule circonstance que deux places de stationnement soient prévues par lot privatif, alors au demeurant que l'OAP indique que " toutes les constructions ont un accès automobile ", ne révèle pas une contrariété avec les objectifs de l'OAP en matière de mobilité.
24. En ce qui concerne les objectifs de l'OAP en matière de hauteur des constructions, il résulte du plan de composition et du règlement de lotissement que le projet litigieux prévoit d'implanter des habitats individuels de plain-pied sur les lots à l'est et au sud jouxtant des espaces bâtis du centre-bourg de Kervignac, tandis qu'il envisage des maisons individuelles d'un étage avec comble sur les lots situés au nord, à l'ouest et sur la partie sud la plus éloignée du bourg. L'îlot B, dédié à l'habitat collectif, localisé au nord-ouest du lotissement, en bordure d'espace boisé, a vocation à accueillir des immeubles d'un étage avec combles ou attique, tandis que l'îlot A, également consacré à l'habitat collectif, pourra supporter un immeuble de deux étages. Contrairement à ce que soutient le requérant, cet îlot ne fait pas face à un espace bâti, mais donne au contraire sur un espace agricole, au sud, et sur le bassin de rétention aménagé dans le cadre du projet litigieux, au sud-ouest. Ainsi, alors que l'OAP prévoit de respecter l'unité de volumétrie du bâti, " en disposant des constructions relativement basses à proximité des secteurs déjà urbanisés et, au contraire, en autorisant des immeubles plus hauts face aux espaces naturels ", le projet ne contrarie pas cet objectif. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompatibilité entre le permis attaqué et l'OAP consacrée au secteur des Quatre-Vents doit être écarté dans ses deux branches.
25. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-15 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet porte sur des travaux devant faire l'objet d'une dérogation au titre du 4° du I de l'article L. 411-2 du code de l'environnement, le permis ou la décision de non-opposition à déclaration préalable ne peut pas être mis en œuvre avant la délivrance de cette dérogation ".
26. Ces dispositions ne subordonnent pas la délivrance, mais la seule mise en œuvre d'une autorisation d'urbanisme, à l'obtention, si elle est requise, d'une dérogation à l'interdiction de destruction des espèces protégées. La circonstance qu'aucune dérogation n'ait été délivrée est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. En tout état de cause, il résulte des motifs retenus aux points 15 à 19 que le risque causé par le projet litigieux aux espèces protégées n'étant pas caractérisé, il n'était pas nécessaire de solliciter une dérogation " espèces protégées ". Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 411-1 et L. 411-2 du code de l'environnement au motif de l'absence de dérogation délivrée pour permettre de porter atteinte à des espèces protégées doit être écarté.
27. En quatrième lieu, aux termes de l'article 1AU 3 du règlement du plan local d'urbanisme de Kervignac : " Voirie / En secteur 1AUa : Les dimensions, formes et caractéristiques techniques des voies publiques ou privées doivent être adaptées aux usages qu'elles supportent ou aux opérations qu'elles doivent desservir. Les voies doivent présenter des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de la circulation, de la sécurité, de la défense contre l'incendie, de la protection civile et de la limitation du ruissellement des eaux pluviales, et comporter une chaussée dont la largeur minimale est fixée à 3,50 m. Les voies de desserte interne doivent assurer la sécurité des piétons, par exemple en étant traitées en plateaux à usage mixte, conçus pour une vitesse lente, ou en comportant un trottoir ne permettant pas le stationnement des voitures () ". Aux termes de l'article 6 du titre 1er du même règlement : " () Voies : Il s'agit des voies publiques ou privées ouvertes à la circulation publique (donc y compris les voies des lotissements ainsi que les chemins ruraux). Les chemins d'exploitation et chemins piétonniers, n'étant pas ouverts à la circulation publique, ne sont pas des voies au sens du Code de l'Urbanisme. () ".
28. En l'espèce, les voies desservant les logements du lotissement, distribuées de part et d'autre de la voie centrale traversant le quartier du sud au nord sont, ainsi qu'il a été dit, des impasses d'une largeur de 5 mètres, ayant vocation à accueillir de manière partagée les piétons, les deux-roues et les voitures. Certains des logements situés en fond d'impasse sont également accessibles par des cheminements piétons dédiés, partant de la voie centrale. Cet axe central comprend pour sa part un trottoir distinct des places de stationnement, de sorte que les véhicules garés ne peuvent empiéter sur l'espace dédié à la circulation des piétons. Il comprend également une piste cyclable en site propre, parallèle à la voie empruntée par les véhicules motorisés. Par ailleurs, si la voie aboutissant aux lots nos 21 et 27 a une largeur de 2 mètres, il s'agit d'un cheminement exclusivement piéton, et non d'une voie au sens de l'article 1AU 3, de sorte que le requérant ne peut utilement soutenir que sa largeur est inférieure à celle prévue à cet article. Dans ces conditions, et alors même que les voies de desserte en impasse ne comportent pas de trottoirs, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1AU 3 du règlement du plan local d'urbanisme de Kervignac doit être écarté.
29. En cinquième lieu, aux termes de l'article 1AU 9 du règlement du plan local d'urbanisme : " Emprise au sol des constructions / En secteur 1AUa / L'emprise au sol des constructions ne peut excéder 60 % (0,6) de la superficie totale du terrain intéressé par l'opération pour les constructions à usage d'habitation. Dans le cadre de projet de lotissements ou de groupe d'habitations, la globalisation de ce pourcentage d'emprise au sol sur la totalité du périmètre de l'opération est autorisée. () Coefficient d'imperméabilisation / Le coefficient d'imperméabilisation ne devra pas dépasser : - En secteur 1AUa : 50 % de la superficie de la zone () ". L'article 6 du titre 1er du même règlement définit l'emprise au sol comme " la projection verticale du volume de la construction, tous débords et surplombs inclus ".
30. Par ailleurs, les lotissements, qui constituent des opérations d'aménagement ayant pour but l'implantation de constructions, doivent respecter les dispositions tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme ou les documents locaux d'urbanisme, même s'ils n'ont pour objet ou pour effet, à un stade où il n'existe pas encore de projet concret de construction, que de permettre le détachement d'un ou plusieurs lots d'une unité foncière. Il appartient, en conséquence, à l'autorité administrative de refuser le permis d'aménager ou de s'opposer à la déclaration préalable notamment lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, un projet de lotissement permet l'implantation de constructions dont la conformité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.
31. En l'espèce, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le projet méconnaît les dispositions précitées de l'article 1AU 9 du règlement du plan local d'urbanisme, imposant l'obligation d'une emprise au sol des constructions inférieure à 60 % de la superficie du terrain, au seul motif que le projet prévoit une surface de plancher maximale de 8 900 m². La surface du terrain d'assiette du projet est de 12 064 m², la surface de planche de 8 900 m², correspond à la somme des surfaces de plancher de chaque niveau clos et couvert et ne correspond pas à la notion d'emprise au sol, qui s'entend de la projection verticale du volume de la construction, tous débords et surplombs inclus. En outre, il résulte des termes de l'article 1AU 9 du règlement du plan local d'urbanisme que le calcul de ce coefficient d'emprise au sol à l'échelle de la totalité du périmètre d'un projet de lotissement est une simple faculté, dont le pétitionnaire n'a pas entendu se saisir. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les caractéristiques du projet feraient obstacle à ce que le respect de ce coefficient maximal d'emprise au sol puisse être ultérieurement assuré lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises pour l'implantation des futures constructions. De même, la conformité de ces constructions avec le coefficient d'imperméabilisation maximal fixé à l'article 1AU 9 du règlement du plan local d'urbanisme pourra être vérifiée au stade de la délivrance des autorisations d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de cet article doit être écarté.
32. En sixième lieu, aux termes de l'article 1AU 12 du règlement du plan local d'urbanisme : " Réalisation d'aires de stationnement / Le stationnement des véhicules automobiles et des deux roues, correspondant aux besoins des constructions et installations, doit être assuré en dehors des voies publiques sur le terrain d'assiette du projet ou dans son environnement immédiat. L'annexe n° 1 du présent règlement fixe les normes applicables. Des stationnements abrités pour les vélos devront être prévus. () ". L'annexe n° 1 prévoit, pour l'habitat collectif, 1 place de stationnement par tranche même incomplète de 60 m² de surface de plancher avec au minimum une place par logement, auquel s'ajoute une place banalisée par tranche même incomplète de 250 m² de surface de plancher. Cette annexe impose également, pour l'habitat collectif, 1 m² par logement réalisé dans le bâtiment pour les deux-roues motorisées. Par ailleurs, pour les logements locatifs réalisés avec un prêt aidé par l'Etat, la règle prévoit une option entre au maximum une place de stationnement pour les voitures ou aucune obligation de créer de place de stationnement. Enfin, pour l'habitat individuel, l'annexe n° 1 requiert deux places par logement plus une place banalisée pour 4 lots dans le cadre d'une opération d'aménagement d'ensemble.
33. En l'espèce, s'agissant de l'habitat individuel, le projet comprend 33 lots dédiés à l'habitat individuel, soit une exigence de 8,25 places banalisées. Il résulte du plan de composition que chaque lot à bâtir comprend deux places de stationnements, tandis que 22 places de stationnement public sont prévues sur l'ensemble du périmètre de l'opération d'aménagement. Dès lors, les aires de stationnement prévues pour les logements individuels sont conformes aux prévisions de l'article 1AU 12 du règlement du plan local d'urbanisme. En ce qui concerne l'habitat collectif, il résulte de l'annexe n° 1 que le nombre de places à prévoir pour les voitures et la superficie dédiée au stationnement des deux-roues motorisés dépendent de la surface de plancher des constructions. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier, au regard notamment du nombre excédentaire de places de stationnement public et de la circonstance que le projet a vocation à accueillir une part de logements locatifs qui seront réalisés avec un prêt aidé par l'Etat, que le respect des règles fixées à l'article 1AU 12 ne pourra pas être ultérieurement assuré lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises pour la construction de ces immeubles. De même, il n'apparaît pas que le respect de la règle tenant à la réalisation de stationnements abrités pour les vélos ne pourra pas être vérifié lors de l'instruction des demandes d'autorisations d'urbanisme alors que, au demeurant, l'article 12 du règlement de lotissement prévoit une surface minimale de 0,75 m² par logement ayant jusqu'à deux pièces principales, ou 1,5 m² pour les autres logements. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1AU 12 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
34. En dernier lieu, aux termes de l'article 1AU 13 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les surfaces libres de toute construction ou chaussée doivent être plantées à raison d'un arbre de haute tige pour 100 m² de terrain non construit. () ".
35. En l'espèce, la parcelle cadastrée section YC n° 656 est d'une superficie de 16 548 m². Si le requérant fait valoir que la surface de plancher maximale est de 8 900 m², de sorte que la surface libre à prendre en compte pour l'application de l'article 1AU 13 s'élève à 7 648 m², il y a lieu de retrancher également de la superficie de 16 548 m² la surface dédiée aux chaussées, dont le pétitionnaire indique sans être contesté qu'elle représente 2 484 m². La superficie libre à prendre en compte pour l'application de l'article 1AU 13 est donc de 5 164 m², soit une obligation de planter 51 arbres. A cet égard, si le plan de composition ne mentionne que 41 arbres, l'article 2 de l'arrêté attaqué comporte une prescription imposant la plantation d'un arbre de haute tige au moins par 100 m² de terrain libre de toute construction ou chaussée. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les caractéristiques du projet rendent impossible la mise en œuvre de cette prescription. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1AU 13 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
36. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions de M. D tendant à l'annulation de l'arrêté du 25 avril 2023 par lequel la maire de la commune de Kervignac a délivré un permis d'aménager à la SNC Kervignac-Kermoulin pour la réalisation d'un lotissement sur les terrains cadastrés section YC nos 0336 et 0656, ainsi que de la décision du 27 juillet 2023 rejetant son recours gracieux, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
37. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Kervignac et de la SNC Kervignac-Kermoulin, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que le requérant demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
38. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. D une somme de 1 500 euros à verser d'une part à la commune de Kervignac et d'autre part à la SNC Kervignac-Kermoulin au titre des frais exposés par la commune et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : M. D versera respectivement à la commune de Kervignac et à la SNC Kervignac-Kermoulin la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, à la commune de Kervignac et à la SNC Kervignac-Kermoulin.
Délibéré après l'audience du 25 avril 2025, à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
M. Blanchard, premier conseiller,
Mme Villebesseix, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2025.
Le rapporteur,
signé
A. Blanchard
Le président,
signé
C. Radureau
Le greffier,
signé
N. Josserand
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026