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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2305399

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2305399

lundi 9 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2305399
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationEloignement urgent
Avocat requérantCIMADE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 octobre 2023, M. A D, retenu au centre de rétention administrative de Rennes, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 2 octobre 2023 par lequel le préfet du Calvados lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit, et lui a interdit de tout retour sur le territoire national pour une durée d'un an.

Il soutient que l'arrêté litigieux :

- a été signé par une autorité incompétente ;

- est insuffisamment motivé ;

- est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pas été entendu préalablement à son édiction, en méconnaissance des stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 octobre 2023, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

Vu :

- l'ordonnance du 5 octobre 2023 par laquelle le juge des libertés et de la détention a prolongé la rétention de M. D pour un délai maximum de vingt-huit jours ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Grondin, premier conseiller, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Grondin,

- les observations de Me Berthet-Le Floch, avocate commise d'office, représentant M. D, qui soutient en outre que la décision faisant obligation de quitter le territoire français méconnaît les articles L. 541-1 et L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il a manifesté sa volonté de présenter une demande d'asile, que la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle, que la décision fixant le pays de destination est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle et méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- et les observations orales de M. D, assisté d'une interprète par téléphone.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant géorgien né le 30 octobre 1998, est entré irrégulièrement en France le 12 mars 2022, selon ses déclarations. Sa demande d'admission au séjour au titre de l'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 11 mai 2022, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 18 novembre suivant. Par un arrêté du préfet du Calvados du 4 octobre 2022, il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, ainsi qu'une interdiction de tout retour sur le territoire national pour une durée d'un an. La légalité de cet arrêté a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Caen du 16 novembre 2022 enregistré sous les numéros 2202359 et 2202360. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 2 octobre 2023 par lequel le préfet du Calvados lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit, et lui a interdit de tout retour sur le territoire national pour une durée d'un.

Sur les conclusions d'annulation :

En ce qui concerne les moyens dirigés contre l'ensemble des décisions litigieuses :

2. En premier lieu, l'arrêté litigieux a été signé par Mme C B, adjointe au chef de bureau de l'asile et de l'éloignement du service de l'immigration de la préfecture du Calvados, en vertu d'une délégation qui lui a régulièrement été donnée par un arrêté du préfet du Calvados du 15 septembre 2023, dûment publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du 18 septembre suivant. Par suite, cet arrêté n'a pas été signé par une autorité incompétente.

3. En deuxième lieu, l'arrêté du 2 octobre 2023 vise les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le règlement (UE) n° 2016/399 du 9 mars 2016, le règlement (UE) n° 2018/1861 du 28 novembre 2018, le code des relations entre le public et l'administration, ainsi que les articles L. 311-1 et suivants, L. 611-1, L. 611-3, L. 612-2, L. 612-6, L. 612-10, L. 711-1, L. 711-2, L. 721-3 à L. 721-5, L. 613-3 à L. 613-5, L. 722-3 et L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet a fait application et qui constituent la base légale des décisions qu'il contient. Par ailleurs, cet arrêté précise en quoi la situation de M. D justifie qu'il fasse l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, sans délai de départ volontaire, en quoi il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale, et en quoi il peut faire l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire national. Dans ces conditions, les considérations de droit et de fait sont suffisamment développées pour permettre au requérant de saisir les motifs de l'arrêté et au juge d'exercer son contrôle en toute connaissance de cause. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation doit être écarté.

4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet, qui n'avait pas à mentionner tous les éléments de la vie privée et familiale de M. D mais seulement ceux sur lesquels il s'est fondé pour prendre son arrêté, aurait entaché son arrêté litigieux d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle.

5. En quatrième lieu, si M. D soutient qu'il n'a pas été entendu préalablement à l'édiction de la décision litigieuse, il ressort des pièces du dossier qu'il a été auditionné par un officier de police judiciaire de Caen les 30 août et 2 octobre 2023, avant l'arrêté attaqué. Durant ces auditions, il lui a été indiqué que le préfet pourrait mettre à exécution la précédente obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet et le requérant a pu présenter ses observations sur ce point. Par ailleurs, M. D ne fournit aucune précision sur les éléments pertinents qu'il aurait été empêché de faire valoir préalablement à l'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet et qui auraient été susceptibles d'influer sur le contenu de la décision prise à son encontre. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté litigieux a été pris en violation du droit à être entendu et de présenter des observations préalables à son édiction.

6. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. D a fait l'objet, après le rejet définitif de sa demande d'asile, d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours par le préfet du Calvados le 4 octobre 2022. Il est constant qu'il s'est maintenu sur le territoire français postérieurement à l'expiration de ce délai et qu'il ne justifie pas avoir effectué de démarches pour quitter le territoire national. Il entre ainsi dans le champ d'application des dispositions du 1° et du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour de étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait entaché son arrêté d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne le moyen dirigé contre la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français :

7. D'une part, aux termes de l'article de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile se présente en personne à l'autorité administrative compétente qui enregistre sa demande et procède, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'État, à la détermination de l'État responsable en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, (), ou en application d'engagements identiques à ceux prévus par le même règlement ". L'article R. 521-4 de ce code dispose que : " Lorsque l'étranger se présente en personne auprès de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, des services de police ou de gendarmerie ou de l'administration pénitentiaire, en vue de demander l'asile, il est orienté vers l'autorité compétente. Il en est de même lorsque l'étranger a introduit directement sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, sans que sa demande ait été préalablement enregistrée par le préfet compétent. Ces autorités fournissent à l'étranger les informations utiles en vue de l'enregistrement de sa demande d'asile et dispensent pour cela la formation adéquate à leurs personnels ". Ces dispositions ont pour effet d'obliger les forces de l'ordre à transmettre au préfet compétent, et ce dernier à enregistrer, une demande d'admission au séjour lorsqu'un étranger, à l'occasion de son interpellation, formule une demande d'asile. Par voie de conséquence, elles font également obstacle à ce qu'un préfet prenne une obligation de quitter le territoire français avant que le préfet compétent ait statué sur cette demande d'admission au séjour déposée au titre de l'asile.

8. D'autre part, aux termes de l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français ". Aux termes de l'article L. 542-1 de ce code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci ". Il résulte de l'ensemble de ces dispositions qu'une demande de réexamen ouvre droit au maintien sur le territoire français jusqu'à ce qu'il y soit statué.

9. En l'espèce, M. D, qui fait valoir qu'il a manifesté sans ambigüité sa volonté de présenter une demande d'asile lors de ses auditions des 30 août et 2 octobre 2023, et soutient qu'il ne pouvait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français avant que l'administration ne statue sur sa demande. Toutefois, il ressort du procès-verbal d'audition du 30 août 2023 que le requérant a seulement indiqué qu'il voulait déposer une nouvelle demande d'asile et qu'il allait " bientôt " le faire. De même, lors de son audition du 2 octobre 2023, il a seulement précisé qu'une seconde demande d'asile était en cours. Dans ces conditions, alors qu'aucune pièce au dossier ne permet d'attester que M. D s'est finalement rendu auprès des services l'Office français de l'immigration et de l'intégration pour y déposer une demande d'asile, il ne peut être regardé comme ayant expressément formulé une telle demande. Par suite, le préfet n'a pas méconnu ces dispositions en lui faisant obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

10. Aux termes des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". L'article L. 612-3 de ce code dispose que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".

11. En premier lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales stipule : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

12. M. D soutient que la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales aux motifs que son épouse, sa mère et ses deux enfants sont présents sur le territoire national. Toutefois, il est constant que son épouse fait également l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Dans ces conditions, rien ne s'oppose à ce que la cellule familiale se reconstitue dans leur pays d'origine où dans tout pays où ils seraient légalement admissibles. Par ailleurs, il n'établit pas avoir des liens d'une intensité telle avec sa mère que la décision litigieuse porterait atteinte à son droit de mener une vie privée et familiale normale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être en tout état de cause écarté.

13. En deuxième lieu, il existe un risque que M. D se soustrait à la décision d'obligation de quitter le territoire français dès lors qu'il ne peut justifier d'une entrée régulière sur le territoire national où il n'a pas sollicité de titre de séjour postérieurement au rejet de sa demande d'asile, qu'il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement notifiée le 10 octobre 2022, qu'il a explicitement indiqué ne pas vouloir quitter la France lors de ses auditions des 30 août et 2 octobre 2023, et qu'il ne présente pas les garanties de représentation suffisantes puisqu'il n'a pas de résidence effective et permanente. Il entre ainsi dans le champ d'application de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile permettant au préfet de ne pas octroyer un délai de départ volontaire. Par suite, le préfet n'a pas méconnu les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire.

14. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision fixant le pays de destination :

15. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet, qui n'avait pas à mentionner tous les éléments de la vie privée et familiale de M. D mais seulement ceux sur lesquels il s'est fondé pour prendre son arrêté, aurait entaché son arrêté litigieux d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle. Si le requérant se prévaut plus particulièrement de ce que le préfet n'a pas examiné la demande d'asile qu'il a formulé lors de ses auditions des 30 août et 2 octobre 2023, il résulte de ce qui a été dit au point 9 qu'il ne peut être regardé comme ayant expressément formulé une telle demande. Par suite, ce moyen sera écarté.

16. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

17. Si M. D fait valoir qu'il craint pour sa vie en cas de retour en Géorgie dès lors que son épouse est de confession chrétienne et qu'il a dû fuir son pays en raison des persécutions en résultant, il n'a produit aucune pièce au soutien de ces allégations, alors au demeurant que sa demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA et la CNDA. Ce faisant, il n'établit pas être personnellement exposé à des peines ou traitements prohibés par les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré de leur méconnaissance doit être écarté.

18. Il résulte de ce tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à solliciter l'annulation de l'arrêté du préfet du Calvados du 2 octobre 2023.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet du Calvados.

Lu en audience publique le 9 octobre 2023.

Le magistrat désigné,

signé

T. GrondinLa greffière,

signé

P. Lecompte

La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne, ou à tous commissaire de justice, à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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