Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2305764
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2305764 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | GUILLAUMIN |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 octobre 2023, et des mémoires enregistrés les 19 décembre 2025 et 22 avril 2026, M. B... A..., ,alors représenté par Me Guillaumin, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de le décharger des amendes auxquelles il a été assujetti à titre personnel sur le fondement des dispositions combinées de l’article 1759 et 3 du V de l’article 1754 du code général des impôts, et, à titre subsidiaire, de ramener le montant de ces amendes à de plus justes proportions ;
2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 10 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les amendes infligées à la société à responsabilité limitée Immvestor ont été édictées en méconnaissance des articles 111 c, 117, et 1759 du code général des impôts dès lors que l’administration ne démontre pas l’existence d’une distribution occulte ;
- c’est à tort que l’administration a déduit de certaines dépenses sur les périodes en litige une utilisation privative du navire Rough Diamond révélant un acte anormal de gestion et l’existence d’avantages occultes ;
- il n’est pas démontré qu’il aurait bénéficié personnellement du navire en question à titre gratuit ;
- il n’y a eu, de la part de la SARL Immvestor, ni refus de désignation, ni rétention d’information, dès lors qu’il n’existait aucun bénéficiaire à révéler ;
- les amendes infligées à la SARL Immvestor n’étant pas fondées, la solidarité accessoire du dirigeant est dépourvue d’objet ;
- seule une faute personnelle et détachable de sa fonction de dirigeant justifierait de lui infliger l’amende prévue à l’article 1759 du code général des impôts, sur le fondement du 3 du V de l’article 1754 du code général des impôts ;
- le montant des amendes en question est disproportionné, en méconnaissance du principe de proportionnalité garanti par l’alinéa 3 de l’article 49 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et l’article 8 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 24 avril 2024, 20 février et 5 juin 2026, ce dernier n’ayant pas été communiqué, la directrice de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre-Ouest conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Le Bonniec,
- et les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (SARL) Imy, créée en 2009 par la SARL Immvestor, société de holding dont M. B... A... est l’associé unique, a pour objet la location, le charter, l’importation, l’exportation, l’achat, la vente, le trading relatifs à tous types de bateaux de plaisance. La société Imy, qui a été absorbée par la SARL Immvestor en 2014, a fait l’objet d’une vérification de comptabilité portant sur les années 2011, 2012 et 2013. A l’occasion de ce contrôle, l’administration fiscale, après s’être fait remettre, pour la période vérifiée, une copie du journal de bord du navire Rough Diamond, des extraits du registre des entrées et sorties et des factures émises pour ce bateau ainsi que des extraits des grands livres clients auprès des capitaineries des ports de Cannes, Hyères (Île de Porquerolles) et Cogolin, et après avoir obtenu auprès de la banque Société Générale la copie des relevés bancaires et des relevés de débits mensuels de la carte de paiement et des virements portés au crédit et au débit du compte ouvert au nom de la société Imy sur la période considérée, a constaté des incohérences entre les périodes de location facturées et les mouvements du yacht Rough Diamond. Le service a également relevé des achats de vivres en dehors des périodes soumises à location. Il en a déduit que certaines utilisations du navire par la société Imy n’étaient pas facturées, et a réintégré au titre de son résultat imposable ces produits non-comptabilisés, pour un montant de 70 759 euros en 2012 et 314 454 euros en 2013. Par ailleurs, l’administration a regardé les sommes correspondantes comme des revenus distribués en application du 1 de l’article 109 et du c) de l’article 111 du code précité. A défaut d’avoir obtenu les informations précises demandées sur l’identité des bénéficiaires des distributions occultes, l’administration a infligé à la SARL Immvestor, venant aux droits et obligations de la société Imy, l’amende prévue par les dispositions précitées de l’article 1759 de ce code. En qualité de gérant majoritaire de la SARL Immvestor, M. A... a été tenu solidairement au paiement de cette amende, en vertu du 3 du V de l’article 1754 du même code. Par une décision du 22 juin 2023, l’administration fiscale a admis partiellement la réclamation de M. A... mais a laissé à sa charge 54 430 euros au titre de l’amende relative aux revenus réputés distribués en 2012 et 250 348 euros au titre de l’amende relative aux revenus réputés distribués en 2013. Par la présente requête, M. A... demande, à titre principal, de prononcer la décharge des sommes ainsi laissées à sa charge et, à titre subsidiaire, d’en réduire le montant.
Sur le bien-fondé de l’amende :
2. Aux termes de l’article 1759 du code général des impôts : « Les sociétés et les autres personnes morales passibles de l'impôt sur les sociétés qui versent ou distribuent, directement ou par l'intermédiaire de tiers, des revenus à des personnes dont, contrairement aux dispositions des articles 117 et 240, elles ne révèlent pas l'identité, sont soumises à une amende égale à 100 % des sommes versées ou distribuées. Lorsque l'entreprise a spontanément fait figurer dans sa déclaration de résultat le montant des sommes en cause, le taux de l'amende est ramené à 75 %. ». Aux termes du 3 du V de l’article 1754 du même code, dans sa rédaction alors applicable : « Les dirigeants sociaux mentionnés à l'article 62 et aux 1°, 2° et 3° du b de l'article 80 ter ainsi que les dirigeants de fait gestionnaires de la société à la date du versement ou, à défaut de connaissance de cette date, à la date de déclaration des résultats de l'exercice au cours duquel les versements ont eu lieu, sont solidairement responsables du paiement de l'amende prévue à l'article 1759. ». L’article 62 du code général des impôts vise notamment les « gérants majoritaires des sociétés à responsabilité limitée n'ayant pas opté pour le régime fiscal des sociétés de personnes ».
En ce qui concerne l’avantage occulte :
3. Aux termes du 1 de l’article 109 du code général des impôts : « Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; (…) » et aux termes de l’article 110 du même code : « Pour l'application du 1o du 1 de l'article 109, les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés ». Aux termes de l’article 111 du code général des impôts : « Sont notamment considérés comme revenus distribués : (…) c. Les rémunérations et avantages occultes ; (…) ».
4. En vertu des dispositions combinées des articles 38 et 209 du code général des impôts, le bénéfice imposable à l’impôt sur les sociétés est celui qui provient des opérations de toute nature faites par l’entreprise, à l’exception de celles qui, en raison de leur objet ou de leurs modalités, sont étrangères à une gestion normale. Constitue un acte anormal de gestion l’acte par lequel une entreprise décide de s’appauvrir à des fins étrangères à son intérêt.
5. Lors de la vérification de la comptabilité de la société Imy, le service a estimé que certaines utilisations du Rough Diamond révélaient un usage de celui-ci, non facturé. Il en a déduit que, compte tenu de l’abandon de recettes qui avait résulté de ces mises à disposition gratuites, un tiers avait bénéficié d’un avantage occulte au sens du c de l’article 111 du code général des impôts, dont il a estimé la valeur en appliquant le prix d’une journée de location (en fonction de la saison, au vu des différentes factures établies par la société) à chacune des journées concernées, aboutissant à des montants respectifs de 70 759 euros et 314 454 euros.
S’agissant de l’année 2012 :
6. Pour contester l’existence même d’avantages occultes, M. A... fait d’abord valoir que le personnel d’équipage du navire en question, composé de trois personnes, bénéficiait d’une autorisation de dépenses journalière pour leur alimentation courante, à hauteur de 170 euros par jour, et que les montants de dépenses relevés par l’administration n’excèdent pas ce plafond. Toutefois, l’ampleur, la nature et la fréquence des dépenses en cause est incompatible avec un simple défraiement des personnels de bord. En effet, sur la période du 27 juillet au 9 août 2012, les dépenses étaient quasi-quotidiennes, à Cannes, Gassin, ou Cogolin, et comportaient notamment l’achat de dix bouteilles de vin de champagne et trente-six litres de vin rosé, et des dépenses également importantes de poissons frais et de fruits et légumes. Ensuite, si M. A... soutient que certaines dépenses s’expliquent par deux essais de démonstration du navire, en vue de sa vente, les 3 et 6 août, nécessitant l’achat de boissons alcoolisées de type vin de champagne, le journal de bord du navire ne les mentionne pas, et le requérant ne les justifie pas. Par ailleurs, si ce dernier fait valoir que certains mouvements du navire consistaient en des essais techniques à la suite d’une avarie, pour démontrer l’absence de location, la facture produite en date du 26 juillet 2012 pour une intervention de plongeurs en vue de décrocher l’ancre du navire coincée par le fond, ne permet pas, par son objet, d’en justifier. En outre, M. A... soutient que les dépenses importantes de nourriture et de boissons sur la période concernée s’expliquent par la constitution de stocks en amont des périodes de « charter », les clients versant obligatoirement une avance sur frais à la caisse de bord, permettant l’achat par le capitaine des denrées nécessaires à la navigation prévue. Toutefois, M. A... ne produit aucun des contrats qui justifieraient que des locataires aient des souhaits particuliers qui nécessitaient que le capitaine les anticipât et fasse livrer à bord telle quantité ou telle nature de produits. De plus, si M. A... verse à l’instance des fiches de décompte des dépenses alimentaires et de blanchisserie relatives à des « charters », ayant donné lieu à facturation sur l’été 2012, il ne produit aucune des factures ni contrats de prestation de service qui justifieraient que les frais de blanchisserie ou de nettoyage ne correspondaient pas à de l’entretien du linge mis contractuellement à disposition, ou à l’entretien des cabines et espaces destinés à des plaisanciers. Enfin, si le requérant fournit la facture d’une intervention pour « recherche de panne sur le toit » en date du 30 juillet 2012, ainsi qu’une facture relative à une intervention sur la climatisation du bord, datée du 31 juillet 2012, un navire à quai, dans le cadre d’une location de plaisance en Méditerranée, n’exclut pas nécessairement la présence à son bord de plaisanciers.
S’agissant de l’année 2013 :
7. M. A... soutient, d’abord, que les 18 et 19 juillet 2013, le Rough Diamond était en escale technique auprès de son chantier naval habituel, le « Portal Nous » à Palma de Majorque, puis en mer pour effectuer un « décrassage moteur ». Toutefois, il n’en justifie pas en se bornant à verser à l’instance des factures du chantier en question sur les périodes du printemps et de l’automne 2013, hors période de location. S’agissant des dépenses de carte bancaire constatées sur les périodes concernées, il reprend le même argumentaire que précédemment, en rappelant que les trois personnels de bord bénéficiaient d’une autorisation de dépenses journalière pour leur alimentation, à hauteur de 170 euros par jour, et en soutenant que les montants de dépense relevés par l’administration n’excèdent pas ce plafond. Toutefois, à nouveau, l’importance, la fréquence et la nature des dépenses, particulièrement de vins de champagne et de charcuterie fine, relevées par le service, rapportées aux déplacements enregistrés dans le journal de bord, infirment l’hypothèse émise de simples courses alimentaires pour les repas quotidiens de l’équipage, mais au contraire établissent une utilisation du Rough Diamond pour la navigation à titre privé. Ainsi, le relevé des dépenses fait apparaître sur les périodes en cause une dépense de plus de 1 300 euros en charcuterie fine chez le même fournisseur et d’environ 600 euros de vins de champagne, l’achat de 114 bouteilles d’eau gazeuse et d’eau plate, ainsi que des achats importants et réguliers de poissons frais, excédant les quantités consommables par trois membres de l’équipage. En outre, il ressort des relevés en question plusieurs factures émises par l’hôtel Club del Mar les 8, 9 et 27 août, cette dernière s’élevant à 936,60 euros, dont il n’est pas justifié. Par ailleurs, il ressort de la décision du 22 juin 2023 d’admission partielle de la réclamation de M. A..., que la facture de nettoyage pour le week-end du 18 au 21 juillet 2013 porte le libellé « séjour Brunels ». De surcroît, M. A... n’a pas fourni les extraits du journal de bord pour les périodes postérieures au 15 août 2013 demandés par l’administration, alors que le navire a continué à naviguer par la suite, bénéficiant de plusieurs emplacements loués autour de Palma de Majorque, à la Marina Cala d’or du 5 au 7 août, au Club de Vela du 12 au 14 août puis du 21 au 23 août, et au port de Soller le 16 août, comptabilisés en frais de location, et que des dépenses sur l’île de Majorque sont comptabilisées jusqu’au 31 octobre 2013. Enfin, la circonstance que M. A... aurait été géographiquement éloigné du navire sur certaines périodes en cause, pour des raisons d’affaires notamment, est sans incidence.
8. Il résulte de ce qui a été dit aux points 6 et 7 que, dans la mesure retenue par la décision d’admission partielle du 22 juin 2023, les sommes correspondant aux opérations précitées, réalisées au nom de la société Imy, révèlent par leur fréquence et leur nature une activité effective de navigation et de mise à disposition du navire Rough Diamond, non facturée, et ainsi étrangère à une gestion normale. En l’absence d’enregistrement en comptabilité des recettes ainsi omises à tort, omissions qui n’ont pu qu’être intentionnelles, l’administration a pu, à bon droit, estimer qu’elles correspondaient à des avantages occultes consentis à des tiers, au sens du c) de l’article 111 du code général des impôts.
En ce qui concerne les amendes :
9. Aux termes de l’article 117 du code général des impôts : « Au cas où la masse des revenus distribués excède le montant total des distributions tel qu'il résulte des déclarations de la personne morale visées à l'article 116, celle-ci est invitée à fournir à l'administration, dans un délai de trente jours, toutes indications complémentaires sur les bénéficiaires de l'excédent de distribution. / En cas de refus ou à défaut de réponse dans ce délai, les sommes correspondantes donnent lieu à l'application de la pénalité prévue à l'article 1759. ». Aux termes de l’article 116 du même code : « Pour chaque période d'imposition, la masse des revenus distribués déterminée conformément aux dispositions des articles 109 à 115 ter est considérée comme répartie entre les bénéficiaires, pour l'évaluation du revenu de chacun d'eux, à concurrence des chiffres indiqués dans les déclarations fournies par la personne morale dans les conditions prévues au 2° du 2 de l'article 223. ».
10. En premier lieu, M. A... ne peut utilement se prévaloir des courriers adressés à l’administration fiscale en réponse à la proposition de rectification du 25 mars 2015 et du rappel du 7 septembre 2015, datés des 19 novembre 2015 et 12 mars 2018, soit postérieurement à l’expiration du délai de trente jours qui était imparti à la société Imy pour procéder à la désignation des bénéficiaires des prestations commerciales en litige, pour soutenir qu’il n’y a pas eu de refus de désignation. Eu égard à ce qui a été dit précédemment, et en l’absence de toute mention du bénéficiaire effectif des avantages occultes concernés, consentis à un ou plusieurs tiers non identifiés, l’administration a pu, à bon droit, demander à la SARL Immvestor, en application de l’article 117 du code général des impôts, de désigner sous trente jours la ou les personnes en ayant bénéficié. Dès lors que cette société s’est abstenue de répondre à cette demande, c’est, à nouveau, à bon droit que l’administration lui a infligé l’amende prévue à l’article 1759 du code général des impôts, au paiement de laquelle M. A..., en qualité, alors, de gérant majoritaire, est solidairement tenu en application du 3 du V de l’article 1754 du même code.
11. En deuxième lieu, les moyens tirés de ce que l’article 1759 du code général des impôts « n’engage la responsabilité solidaire du dirigeant que s’il a personnellement participé à la distribution [alors qu’]aucun élément du dossier ne démontre que [l’intéressé] ait ordonné ou bénéficié d’une distribution occulte », de l’absence de faute commise par le requérant, qu’il s’est vu facturer ses utilisations privatives du navire, ainsi que la circonstance, au demeurant contredite par les mentions de la proposition de rectification adressée à la société, qu’il aurait coopéré à toutes les étapes du contrôle, doivent être écartés comme inopérants.
12. En troisième lieu, si M. A... soutient que le montant des amendes qui lui ont été infligées est disproportionné par rapport aux manquements qui lui sont reprochés et en déduit une méconnaissance de l’article 8 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, son moyen, soulevé hors le cadre d’une question prioritaire de constitutionnalité, ne peut qu’être écarté.
13. En dernier lieu, les amendes infligées à M. A... procèdent de la combinaison de l’article 1759 et du 3 du V de l’article 1754 du code général des impôts, et non pas de dispositions mettant en œuvre le droit de l’Union européenne, de sorte que M. A... ne peut utilement se prévaloir de l’alinéa 3 de l’article 49 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par M. A... doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l’instance :
15. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu’une somme soit mise à la charge de l’État, qui n’est pas la partie perdante à la présente instance. Les conclusions présentées à ce titre par M. A... doivent, par suite, être rejetées.
D é C I D E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et à la directrice de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre-Ouest.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2026, à laquelle siégeaient :
M. Jouno, président,
M. Albouy, premier conseiller,
M. Le Bonniec, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
Le rapporteur,
signé
J. Le Bonniec
Le président,
signé
T. Jouno
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au ministre de l’action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête enregistrée le 24 octobre 2023, et des mémoires enregistrés les 19 décembre 2025 et 22 avril 2026, M. B... A..., ,alors représenté par Me Guillaumin, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de le décharger des amendes auxquelles il a été assujetti à titre personnel sur le fondement des dispositions combinées de l’article 1759 et 3 du V de l’article 1754 du code général des impôts, et, à titre subsidiaire, de ramener le montant de ces amendes à de plus justes proportions ;
2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 10 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les amendes infligées à la société à responsabilité limitée Immvestor ont été édictées en méconnaissance des articles 111 c, 117, et 1759 du code général des impôts dès lors que l’administration ne démontre pas l’existence d’une distribution occulte ;
- c’est à tort que l’administration a déduit de certaines dépenses sur les périodes en litige une utilisation privative du navire Rough Diamond révélant un acte anormal de gestion et l’existence d’avantages occultes ;
- il n’est pas démontré qu’il aurait bénéficié personnellement du navire en question à titre gratuit ;
- il n’y a eu, de la part de la SARL Immvestor, ni refus de désignation, ni rétention d’information, dès lors qu’il n’existait aucun bénéficiaire à révéler ;
- les amendes infligées à la SARL Immvestor n’étant pas fondées, la solidarité accessoire du dirigeant est dépourvue d’objet ;
- seule une faute personnelle et détachable de sa fonction de dirigeant justifierait de lui infliger l’amende prévue à l’article 1759 du code général des impôts, sur le fondement du 3 du V de l’article 1754 du code général des impôts ;
- le montant des amendes en question est disproportionné, en méconnaissance du principe de proportionnalité garanti par l’alinéa 3 de l’article 49 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et l’article 8 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 24 avril 2024, 20 février et 5 juin 2026, ce dernier n’ayant pas été communiqué, la directrice de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre-Ouest conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Le Bonniec,
- et les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (SARL) Imy, créée en 2009 par la SARL Immvestor, société de holding dont M. B... A... est l’associé unique, a pour objet la location, le charter, l’importation, l’exportation, l’achat, la vente, le trading relatifs à tous types de bateaux de plaisance. La société Imy, qui a été absorbée par la SARL Immvestor en 2014, a fait l’objet d’une vérification de comptabilité portant sur les années 2011, 2012 et 2013. A l’occasion de ce contrôle, l’administration fiscale, après s’être fait remettre, pour la période vérifiée, une copie du journal de bord du navire Rough Diamond, des extraits du registre des entrées et sorties et des factures émises pour ce bateau ainsi que des extraits des grands livres clients auprès des capitaineries des ports de Cannes, Hyères (Île de Porquerolles) et Cogolin, et après avoir obtenu auprès de la banque Société Générale la copie des relevés bancaires et des relevés de débits mensuels de la carte de paiement et des virements portés au crédit et au débit du compte ouvert au nom de la société Imy sur la période considérée, a constaté des incohérences entre les périodes de location facturées et les mouvements du yacht Rough Diamond. Le service a également relevé des achats de vivres en dehors des périodes soumises à location. Il en a déduit que certaines utilisations du navire par la société Imy n’étaient pas facturées, et a réintégré au titre de son résultat imposable ces produits non-comptabilisés, pour un montant de 70 759 euros en 2012 et 314 454 euros en 2013. Par ailleurs, l’administration a regardé les sommes correspondantes comme des revenus distribués en application du 1 de l’article 109 et du c) de l’article 111 du code précité. A défaut d’avoir obtenu les informations précises demandées sur l’identité des bénéficiaires des distributions occultes, l’administration a infligé à la SARL Immvestor, venant aux droits et obligations de la société Imy, l’amende prévue par les dispositions précitées de l’article 1759 de ce code. En qualité de gérant majoritaire de la SARL Immvestor, M. A... a été tenu solidairement au paiement de cette amende, en vertu du 3 du V de l’article 1754 du même code. Par une décision du 22 juin 2023, l’administration fiscale a admis partiellement la réclamation de M. A... mais a laissé à sa charge 54 430 euros au titre de l’amende relative aux revenus réputés distribués en 2012 et 250 348 euros au titre de l’amende relative aux revenus réputés distribués en 2013. Par la présente requête, M. A... demande, à titre principal, de prononcer la décharge des sommes ainsi laissées à sa charge et, à titre subsidiaire, d’en réduire le montant.
Sur le bien-fondé de l’amende :
2. Aux termes de l’article 1759 du code général des impôts : « Les sociétés et les autres personnes morales passibles de l'impôt sur les sociétés qui versent ou distribuent, directement ou par l'intermédiaire de tiers, des revenus à des personnes dont, contrairement aux dispositions des articles 117 et 240, elles ne révèlent pas l'identité, sont soumises à une amende égale à 100 % des sommes versées ou distribuées. Lorsque l'entreprise a spontanément fait figurer dans sa déclaration de résultat le montant des sommes en cause, le taux de l'amende est ramené à 75 %. ». Aux termes du 3 du V de l’article 1754 du même code, dans sa rédaction alors applicable : « Les dirigeants sociaux mentionnés à l'article 62 et aux 1°, 2° et 3° du b de l'article 80 ter ainsi que les dirigeants de fait gestionnaires de la société à la date du versement ou, à défaut de connaissance de cette date, à la date de déclaration des résultats de l'exercice au cours duquel les versements ont eu lieu, sont solidairement responsables du paiement de l'amende prévue à l'article 1759. ». L’article 62 du code général des impôts vise notamment les « gérants majoritaires des sociétés à responsabilité limitée n'ayant pas opté pour le régime fiscal des sociétés de personnes ».
En ce qui concerne l’avantage occulte :
3. Aux termes du 1 de l’article 109 du code général des impôts : « Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; (…) » et aux termes de l’article 110 du même code : « Pour l'application du 1o du 1 de l'article 109, les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés ». Aux termes de l’article 111 du code général des impôts : « Sont notamment considérés comme revenus distribués : (…) c. Les rémunérations et avantages occultes ; (…) ».
4. En vertu des dispositions combinées des articles 38 et 209 du code général des impôts, le bénéfice imposable à l’impôt sur les sociétés est celui qui provient des opérations de toute nature faites par l’entreprise, à l’exception de celles qui, en raison de leur objet ou de leurs modalités, sont étrangères à une gestion normale. Constitue un acte anormal de gestion l’acte par lequel une entreprise décide de s’appauvrir à des fins étrangères à son intérêt.
5. Lors de la vérification de la comptabilité de la société Imy, le service a estimé que certaines utilisations du Rough Diamond révélaient un usage de celui-ci, non facturé. Il en a déduit que, compte tenu de l’abandon de recettes qui avait résulté de ces mises à disposition gratuites, un tiers avait bénéficié d’un avantage occulte au sens du c de l’article 111 du code général des impôts, dont il a estimé la valeur en appliquant le prix d’une journée de location (en fonction de la saison, au vu des différentes factures établies par la société) à chacune des journées concernées, aboutissant à des montants respectifs de 70 759 euros et 314 454 euros.
S’agissant de l’année 2012 :
6. Pour contester l’existence même d’avantages occultes, M. A... fait d’abord valoir que le personnel d’équipage du navire en question, composé de trois personnes, bénéficiait d’une autorisation de dépenses journalière pour leur alimentation courante, à hauteur de 170 euros par jour, et que les montants de dépenses relevés par l’administration n’excèdent pas ce plafond. Toutefois, l’ampleur, la nature et la fréquence des dépenses en cause est incompatible avec un simple défraiement des personnels de bord. En effet, sur la période du 27 juillet au 9 août 2012, les dépenses étaient quasi-quotidiennes, à Cannes, Gassin, ou Cogolin, et comportaient notamment l’achat de dix bouteilles de vin de champagne et trente-six litres de vin rosé, et des dépenses également importantes de poissons frais et de fruits et légumes. Ensuite, si M. A... soutient que certaines dépenses s’expliquent par deux essais de démonstration du navire, en vue de sa vente, les 3 et 6 août, nécessitant l’achat de boissons alcoolisées de type vin de champagne, le journal de bord du navire ne les mentionne pas, et le requérant ne les justifie pas. Par ailleurs, si ce dernier fait valoir que certains mouvements du navire consistaient en des essais techniques à la suite d’une avarie, pour démontrer l’absence de location, la facture produite en date du 26 juillet 2012 pour une intervention de plongeurs en vue de décrocher l’ancre du navire coincée par le fond, ne permet pas, par son objet, d’en justifier. En outre, M. A... soutient que les dépenses importantes de nourriture et de boissons sur la période concernée s’expliquent par la constitution de stocks en amont des périodes de « charter », les clients versant obligatoirement une avance sur frais à la caisse de bord, permettant l’achat par le capitaine des denrées nécessaires à la navigation prévue. Toutefois, M. A... ne produit aucun des contrats qui justifieraient que des locataires aient des souhaits particuliers qui nécessitaient que le capitaine les anticipât et fasse livrer à bord telle quantité ou telle nature de produits. De plus, si M. A... verse à l’instance des fiches de décompte des dépenses alimentaires et de blanchisserie relatives à des « charters », ayant donné lieu à facturation sur l’été 2012, il ne produit aucune des factures ni contrats de prestation de service qui justifieraient que les frais de blanchisserie ou de nettoyage ne correspondaient pas à de l’entretien du linge mis contractuellement à disposition, ou à l’entretien des cabines et espaces destinés à des plaisanciers. Enfin, si le requérant fournit la facture d’une intervention pour « recherche de panne sur le toit » en date du 30 juillet 2012, ainsi qu’une facture relative à une intervention sur la climatisation du bord, datée du 31 juillet 2012, un navire à quai, dans le cadre d’une location de plaisance en Méditerranée, n’exclut pas nécessairement la présence à son bord de plaisanciers.
S’agissant de l’année 2013 :
7. M. A... soutient, d’abord, que les 18 et 19 juillet 2013, le Rough Diamond était en escale technique auprès de son chantier naval habituel, le « Portal Nous » à Palma de Majorque, puis en mer pour effectuer un « décrassage moteur ». Toutefois, il n’en justifie pas en se bornant à verser à l’instance des factures du chantier en question sur les périodes du printemps et de l’automne 2013, hors période de location. S’agissant des dépenses de carte bancaire constatées sur les périodes concernées, il reprend le même argumentaire que précédemment, en rappelant que les trois personnels de bord bénéficiaient d’une autorisation de dépenses journalière pour leur alimentation, à hauteur de 170 euros par jour, et en soutenant que les montants de dépense relevés par l’administration n’excèdent pas ce plafond. Toutefois, à nouveau, l’importance, la fréquence et la nature des dépenses, particulièrement de vins de champagne et de charcuterie fine, relevées par le service, rapportées aux déplacements enregistrés dans le journal de bord, infirment l’hypothèse émise de simples courses alimentaires pour les repas quotidiens de l’équipage, mais au contraire établissent une utilisation du Rough Diamond pour la navigation à titre privé. Ainsi, le relevé des dépenses fait apparaître sur les périodes en cause une dépense de plus de 1 300 euros en charcuterie fine chez le même fournisseur et d’environ 600 euros de vins de champagne, l’achat de 114 bouteilles d’eau gazeuse et d’eau plate, ainsi que des achats importants et réguliers de poissons frais, excédant les quantités consommables par trois membres de l’équipage. En outre, il ressort des relevés en question plusieurs factures émises par l’hôtel Club del Mar les 8, 9 et 27 août, cette dernière s’élevant à 936,60 euros, dont il n’est pas justifié. Par ailleurs, il ressort de la décision du 22 juin 2023 d’admission partielle de la réclamation de M. A..., que la facture de nettoyage pour le week-end du 18 au 21 juillet 2013 porte le libellé « séjour Brunels ». De surcroît, M. A... n’a pas fourni les extraits du journal de bord pour les périodes postérieures au 15 août 2013 demandés par l’administration, alors que le navire a continué à naviguer par la suite, bénéficiant de plusieurs emplacements loués autour de Palma de Majorque, à la Marina Cala d’or du 5 au 7 août, au Club de Vela du 12 au 14 août puis du 21 au 23 août, et au port de Soller le 16 août, comptabilisés en frais de location, et que des dépenses sur l’île de Majorque sont comptabilisées jusqu’au 31 octobre 2013. Enfin, la circonstance que M. A... aurait été géographiquement éloigné du navire sur certaines périodes en cause, pour des raisons d’affaires notamment, est sans incidence.
8. Il résulte de ce qui a été dit aux points 6 et 7 que, dans la mesure retenue par la décision d’admission partielle du 22 juin 2023, les sommes correspondant aux opérations précitées, réalisées au nom de la société Imy, révèlent par leur fréquence et leur nature une activité effective de navigation et de mise à disposition du navire Rough Diamond, non facturée, et ainsi étrangère à une gestion normale. En l’absence d’enregistrement en comptabilité des recettes ainsi omises à tort, omissions qui n’ont pu qu’être intentionnelles, l’administration a pu, à bon droit, estimer qu’elles correspondaient à des avantages occultes consentis à des tiers, au sens du c) de l’article 111 du code général des impôts.
En ce qui concerne les amendes :
9. Aux termes de l’article 117 du code général des impôts : « Au cas où la masse des revenus distribués excède le montant total des distributions tel qu'il résulte des déclarations de la personne morale visées à l'article 116, celle-ci est invitée à fournir à l'administration, dans un délai de trente jours, toutes indications complémentaires sur les bénéficiaires de l'excédent de distribution. / En cas de refus ou à défaut de réponse dans ce délai, les sommes correspondantes donnent lieu à l'application de la pénalité prévue à l'article 1759. ». Aux termes de l’article 116 du même code : « Pour chaque période d'imposition, la masse des revenus distribués déterminée conformément aux dispositions des articles 109 à 115 ter est considérée comme répartie entre les bénéficiaires, pour l'évaluation du revenu de chacun d'eux, à concurrence des chiffres indiqués dans les déclarations fournies par la personne morale dans les conditions prévues au 2° du 2 de l'article 223. ».
10. En premier lieu, M. A... ne peut utilement se prévaloir des courriers adressés à l’administration fiscale en réponse à la proposition de rectification du 25 mars 2015 et du rappel du 7 septembre 2015, datés des 19 novembre 2015 et 12 mars 2018, soit postérieurement à l’expiration du délai de trente jours qui était imparti à la société Imy pour procéder à la désignation des bénéficiaires des prestations commerciales en litige, pour soutenir qu’il n’y a pas eu de refus de désignation. Eu égard à ce qui a été dit précédemment, et en l’absence de toute mention du bénéficiaire effectif des avantages occultes concernés, consentis à un ou plusieurs tiers non identifiés, l’administration a pu, à bon droit, demander à la SARL Immvestor, en application de l’article 117 du code général des impôts, de désigner sous trente jours la ou les personnes en ayant bénéficié. Dès lors que cette société s’est abstenue de répondre à cette demande, c’est, à nouveau, à bon droit que l’administration lui a infligé l’amende prévue à l’article 1759 du code général des impôts, au paiement de laquelle M. A..., en qualité, alors, de gérant majoritaire, est solidairement tenu en application du 3 du V de l’article 1754 du même code.
11. En deuxième lieu, les moyens tirés de ce que l’article 1759 du code général des impôts « n’engage la responsabilité solidaire du dirigeant que s’il a personnellement participé à la distribution [alors qu’]aucun élément du dossier ne démontre que [l’intéressé] ait ordonné ou bénéficié d’une distribution occulte », de l’absence de faute commise par le requérant, qu’il s’est vu facturer ses utilisations privatives du navire, ainsi que la circonstance, au demeurant contredite par les mentions de la proposition de rectification adressée à la société, qu’il aurait coopéré à toutes les étapes du contrôle, doivent être écartés comme inopérants.
12. En troisième lieu, si M. A... soutient que le montant des amendes qui lui ont été infligées est disproportionné par rapport aux manquements qui lui sont reprochés et en déduit une méconnaissance de l’article 8 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, son moyen, soulevé hors le cadre d’une question prioritaire de constitutionnalité, ne peut qu’être écarté.
13. En dernier lieu, les amendes infligées à M. A... procèdent de la combinaison de l’article 1759 et du 3 du V de l’article 1754 du code général des impôts, et non pas de dispositions mettant en œuvre le droit de l’Union européenne, de sorte que M. A... ne peut utilement se prévaloir de l’alinéa 3 de l’article 49 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par M. A... doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l’instance :
15. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu’une somme soit mise à la charge de l’État, qui n’est pas la partie perdante à la présente instance. Les conclusions présentées à ce titre par M. A... doivent, par suite, être rejetées.
D é C I D E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et à la directrice de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre-Ouest.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2026, à laquelle siégeaient :
M. Jouno, président,
M. Albouy, premier conseiller,
M. Le Bonniec, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
Le rapporteur,
signé
J. Le Bonniec
Le président,
signé
T. Jouno
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au ministre de l’action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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