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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2305784

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2305784

mardi 26 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2305784
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 23 octobre 2023, enregistrée le 25 octobre 2023, le vice-président du tribunal administratif de Melun a transmis au tribunal administratif de Rennes le dossier de la requête de Mme A B.

Par une requête, enregistrée le 25 octobre 2023, Mme A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 17 septembre 2023 par lequel le préfet de Seine-et-Marne l'a obligée à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Elle soutient que :

- elle a demandé le 16 octobre 2020 à être admise exceptionnellement au séjour ;

- l'arrêté attaqué est de nature à compromettre l'intérêt de ses enfants ;

- son troisième enfant est né en France ;

- elle n'a plus d'attaches dans son pays ;

- elle est en France depuis 2016 ;

- tous ses proches sont en France.

Par un mémoire, enregistré le 5 décembre 2023, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. Etienvre a été entendus au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B est une ressortissante géorgienne née en 1984. Entrée irrégulièrement, en France, selon ses déclarations, en 2016, elle a sollicité l'asile le 5 juillet 2018. Sa demande puis sa demande de réexamen ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) et ses recours ont été également rejetés par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Le 17 septembre 2023, le préfet de Seine-et-Marne a pris un arrêté portant obligation de quitter sans délai le territoire français, fixant le pays de renvoi et édictant à son encontre une interdiction de retour. Mme B en demande l'annulation.

2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étranger set du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () ".

3. En premier lieu, pour obliger Mme B à quitter le territoire français, le préfet de Seine-et-Marne s'est fondé sur ce que, d'une part, la reconnaissance de la qualité de réfugié avait été définitivement refusée à Mme B et sur ce que, d'autre part, celle-ci, ne pouvant justifier être entrée régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenue sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. A l'appui de sa requête, Mme B se borne, sans en justifier, à soutenir qu'elle aurait demandé, en 2020, à être admise exceptionnellement au séjour. Dans ces conditions, Mme B ne démontre pas que le préfet aurait procédé à une inexacte application des dispositions précitées.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces dispositions que dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

5. Si Mme B se prévaut de ce qu'elle a trois enfants dont deux scolarisés, il ne ressort cependant pas des pièces du dossier que le préfet n'a pas, eu égard à leur âge, ceux-ci étant nés en 2013, 2016 et 2020, accordé une attention primordiale à leur intérêt supérieur.

6. En troisième et dernier lieu, Mme B se prévaut de ce qu'elle est en France depuis 2016. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet, compte-tenu notamment des conditions dans lesquelles l'intéressée a séjourné en France depuis son entrée, ait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 18 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Etienvre, président,

M. Terras, premier conseiller,

Mme Le Berre, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 décembre 2023.

Le président-rapporteur,

Signé

F. Etienvre

L'assesseur le plus ancien,

Signé

F. Terras

La greffière,

Signé

E. Douillard

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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