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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2306014

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2306014

mardi 5 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2306014
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantBLANQUET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 9 et 28 novembre 2023, Mme H E et M. I C, le syndicat des copropriétaires de l'immeuble du 6-8 rue Alphonse Guérin et M. et Mme F et G D, représentés par la Selarl Lexcap, demandent au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 3 mai 2023 par lequel la maire de la commune de Rennes a accordé un permis de construire à la Sarl Alphonse G., ainsi que la décision implicite du 30 août 2023 portant rejet de leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Rennes le versement d'une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que, dans le dernier état de leurs écritures :

- ils ont intérêt à agir au sens de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme dès lors que leurs propriétés jouxtent la parcelle d'assiette du projet ou en sont éloignées de moins de 50 mètres et que ce projet, par sa nature, par son importance et sa localisation, va leur occasionner des troubles de jouissance ;

- la condition d'urgence est présumée en application de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme, le pétitionnaire ne fait état d'aucune circonstance particulière de nature à renverser cette présomption et au surplus, les travaux ont débuté sans être achevés ;

- sur le doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige :

- il est entaché d'incompétence, l'arrêté de délégation produit désignant deux délégataires pour délivrer le permis de construire sans précision d'ordre de priorité ;

- le dossier de demande de permis de construire est entaché d'insuffisances : le plan de masse ne fait référence à aucune plantation sur le terrain d'assiette du projet et déclare son imperméabilisation totale, ne mettant pas en mesure le service instructeur d'apprécier le respect des obligations découlant du règlement du plan local d'urbanisme ; il ne comporte pas l'attestation de réalisation d'une étude de faisabilité des approvisionnements en énergie requise par le code de la construction et de l'habitation ; il ne comporte aucun justificatif de dépôt d'une demande de permis de démolir alors que le projet nécessite, s'agissant de la " terrasse extérieure " des démolitions importantes ; aucun permis de construire modificatif n'a été pour le moment délivré ;

- il ne régularise pas les constructions existantes irrégulières alors que le projet s'appuie sur de nombreux éléments de construction édifiés ou transformés irrégulièrement : si un permis de construire pour l'édification d'un hangar à usage de débarras a été accordé le 10 août 1967, son utilisation comme salle de restauration caractérise un changement de destination, lequel n'a jamais fait l'objet d'une autorisation d'urbanisme ; le bâtiment abritant le restaurant était au moment de sa construction en 1907 une maison à usage d'habitation et le pétitionnaire, qui ne saurait se prévaloir de l'obtention d'une autorisation au titre des établissements recevant du public, n'apporte pas la preuve qui lui incombe que ce changement de destination aurait été antérieur à 1976, alors que de 1976 à 2007, ces changements étaient soumis à la délivrance préalable d'un permis de construire lorsqu'ils s'accompagnaient de travaux, ce qui a été le cas en l'espèce ; le changement de forme, de couleur et de matériaux des ouvertures du premier étage de la construction principale exige l'octroi d'une autorisation d'urbanisme préalable ;

- il méconnaît les articles 1 et 2 du titre II du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de Rennes métropole qui ne permet pas en zone UE1a la création d'un restaurant en dehors d'un périmètre de centralité, par changement de destination de constructions relevant juridiquement soit de l'habitation s'agissant du rez-de-chaussée du bâtiment principal, soit de la sous-destination " entrepôt " s'agissant de la terrasse extérieure ;

- il méconnaît l'article 1.3 du titre III du PLUi de Rennes métropole en ne respectant pas la marge de recul le long de la Vilaine dès lors que les travaux sur le bâtiment destiné à accueillir la terrasse couverte, eu égard à leur ampleur, ne constituent pas de simples travaux d'adaptation ou de réfection ;

- alors que l'article 6.3 du titre III du règlement du PLUi de Rennes métropole s'oppose à toute construction nouvelle au sein d'un secteur de risque PGRI (plan de gestion des risques d'inondation) et n'autorise que des dérogations limitées, les travaux envisagés de démolition/ reconstruction du hangar arrière doivent être assimilés à la réalisation d'une construction neuve et en tout état de cause accroissent les capacités d'accueil de la population, ne diminuent pas la vulnérabilité du bien en question et ne prévoient aucun dispositif pour assurer la mise en sécurité des populations ; en outre, l'emprise au sol générée par l'extension et ses aménagements annexes est supérieure à 7 m² ;

- il méconnaît l'article 6.1 du titre IV du règlement du PLUi de Rennes métropole relatif au coefficient de végétalisation en faisant une présentation erronée de l'existant qui supporte des espaces verts plantés et des espaces gravillonnés ;

- il méconnaît le PPRI (plan de prévention des risques d'inondation) bassin de la Vilaine : les travaux de reconstruction du bâtiment dénommé " terrasse extérieure ", qui doivent être assimilés à la réalisation d'une construction neuve, permettent l'édification d'un niveau en dessous de la cote de référence et à supposer qu'il ne s'agisse pas d'un " projet nouveau ", il entraîne un changement de destination irrégulier et le niveau de plancher du rez-de-chaussée n'est pas au-dessus de la cote de référence.

Par un mémoire, enregistré le 27 novembre 2023, la SARL Alphonse G., représentée par Me Blanquet, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge des requérants le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761- du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable en raison du défaut d'intérêt à agir des requérants au sens de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : M. et Mme D ne sont pas voisins immédiats du projet dont ils sont séparés par deux parcelles bâties ; les travaux ne sont que des travaux d'amélioration d'un restaurant, qui existe depuis plusieurs années ; le projet ne générera aucune nuisance olfactive et il ne peut y avoir de conflit d'usage au niveau du chemin privé, l'accès à la parcelle se faisant déjà via le chemin et le terrain d'assiette du projet ne comprenant aucune place de stationnement ; de plus, les voisins ne disposent d'aucune vue directe sur le restaurant ;

- la condition d'urgence n'est pas satisfaite en l'espèce compte tenu de la faible ampleur des travaux autorisés, lesquels sont déjà engagés ;

- sur le doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté litigieux :

- l'avis prononcé par les sous-commissions de sécurité et d'accessibilité a été émis au vu du même dossier que celui sur lequel le maire s'est prononcé pour délivrer le permis de construire ;

- le dossier de demande de permis de construire est suffisant : si le plan de masse de l'état initial ne fait pas référence à des plantations sur le terrain d'assiette, les autres documents du dossier permettent de connaître les plantations existantes et celles conservées et dans le cadre d'un permis de construire modificatif, ces plantations vont être représentées sur le plan de masse ; le dossier comporte l'attestation de la prise en compte de la réglementation environnementale RE020 selon laquelle l'opération prend en compte les exigences de performance énergétique et environnementale définie aux articles R. 172-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation ; les travaux, qui ne portent pas une atteinte substantielle au gros-œuvre existant, ne nécessitait pas de permis de démolir ;

- aucune régularisation des constructions existantes n'était nécessaire : avant le décret n° 2007-18 du 5 janvier 2007 pris pour l'application de l'ordonnance n° 2005-1527 du 8 décembre 2005 relative au permis de construire et aux autorisations d'urbanisme, les changements de destination sans travaux n'étaient soumis à aucune autorisation et c'est seulement la loi n° 76-1285 du 31 décembre 1976 portant réforme de l'urbanisme qui a soumis à permis de construire tous les travaux exécutés sur un immeuble existant lorsqu'ils entraînent un changement de destination ; la terrasse extérieure a fait l'objet d'une autorisation d'urbanisme en 1967 et au moment où le bâtiment est devenu un restaurant, avant 1976, la nouvelle affectation ne nécessitait aucune autorisation d'urbanisme ; en tout état de cause, si le changement de destination a eu lieu après 1976, il ne nécessitait aucun permis de construire en l'absence de réalisation de travaux ; la création d'un velux supplémentaire, déjà présent en 2008, n'est pas démontrée et le remplacement des fenêtres vétustes par d'autres identiques n'a pas entraîné une modification de l'aspect extérieur de l'immeuble ;

- le moyen tiré de la méconnaissance des articles 1 et 2 du titre II du règlement du PLUi de Rennes métropole n'est pas fondé dès lors que les travaux portent sur un restaurant existant et non sur une habitation ;

- les travaux entrepris le sont sur une construction existante et relèvent de l'adaptation et de la réfection et peuvent ainsi être autorisés en dépit de la présence d'une marge de recul le long de la Vilaine ;

- les exigences applicables au sein du secteur de risque PGRI ne sont pas méconnues : la terrasse couverte n'est pas une construction nouvelle et les extensions mesurées des constructions existantes sont possibles ;

- les dispositions de l'article 2.2 du titre IV du règlement du PLUi de Rennes métropole ne sont pas applicables : la terrasse ne constitue pas une annexe dès lors qu'elle bénéficie d'un accès direct depuis la construction principale et, en tout état de cause, il s'agit d'une construction existante et les travaux envisagés sont étrangers à ces dispositions ;

- les dispositions de l'article 6.1 du titre IV du règlement du PLUi de Rennes métropole ne sont pas méconnues : le coefficient de végétalisation de l'état existant est inférieur aux 40 % requis et le projet améliore l'existant ;

- le projet respecte le PPRI Bassin de la Vilaine : la terrasse extérieure constitue une construction existante et seule sa rénovation est envisagée, le bâtiment conservera les mêmes fonctions.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 novembre 2023, la commune de Rennes, représentée par la Selarl Valadou-Josselin et associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge des requérants le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- le moyen tiré de l'incompétence manque en fait, le signataire de l'arrêté disposant d'une délégation régulière ;

- la procédure suivie a été régulière : outre que le moyen n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé, les quelques corrections et ajustements purement formels apportées au dossier de demande de permis de construire, postérieurement aux avis émis par les sous-commissions accessibilité et sécurité, n'ont eu aucune incidence sur l'appréciation portée par celles-ci sur le projet ;

- le dossier de demande de permis de construire ne souffre d'aucune insuffisance : le plan de masse n'avait pas à comporter les plantations existantes en l'absence de toute plantation sur le terrain et, en tout état de cause, les autres pièces du dossier permettaient de connaître la végétation existante ; le dossier n'avait pas à comporter une étude de faisabilité d'approvisionnement en énergie dès lors que le projet porte sur une construction à destination de commerce mais une attestation de prise en compte de la réglementation thermique, qui a été fournie ; l'appentis a fait l'objet d'un permis de démolir et le reste du projet ne nécessite aucun permis de démolir, seule la réfection de la terrasse extérieure étant prévue par un changement de matériaux sur une partie de la toiture et de la façade ;

- aucune régularisation des constructions existantes n'était nécessaire : le bâtiment " terrasse couverte " a été autorisé en vertu d'un permis de construire délivré le 10 août 1967 ; l'activité de restauration est exercée dans le bâtiment, objet du permis de construire en litige depuis au moins 1998 et avant le décret n° 2007-18 du 5 janvier 2007 pris pour l'application de l'ordonnance n° 2005-1527 du 8 décembre 2005 relative au permis de construire et aux autorisations d'urbanisme, les changements de destination sans travaux n'étaient soumis à aucune autorisation ; l'existence du velux, dont la création irrégulière est alléguée, n'est pas démontrée par les requérants auxquels incombent la charge de la preuve ; s'agissant du remplacement des anciennes fenêtres du bâtiment par de nouvelles, cette modification correspond à des travaux d'entretien et de réparations ordinaires qui ne sont pas soumis à l'obtention d'une autorisation d'urbanisme dès lors qu'il n'y a eu aucune modification de l'aspect extérieur du bâtiment ;

- le permis de construire ne méconnaît pas les articles 1 et 2 du titre II du règlement du PLUi de Rennes métropole dès lors que les travaux qu'il autorise portent sur un restaurant et non une habitation, le changement de destination ayant été régulièrement effectué plusieurs années auparavant ;

- la marge de recul le long de la Vilaine n'a pas pour objet d'interdire la réalisation de travaux de réfection et d'adaptation sur une construction existante, comme c'est le cas en l'espèce ;

- les exigences applicables au sein du secteur de risque PGRI sont respectées : la terrasse étant une construction existante au sens du PLUi de Rennes métropole, une extension mesurée est possible et l'emprise au sol créée au sein du zonage PGRI par le projet est de 5,96 m² inférieure au 7 m² autorisés ;

- les dispositions de l'article 2.2 du titre IV du règlement du PLUi de Rennes métropole ne sont pas applicables : d'une part, le bâtiment " terrasse couverte " ne constitue pas une annexe au sens et pour l'application du règlement écrit dès lors qu'il dispose d'un accès direct avec la construction principale et d'autre part, il s'agit d'une construction existante dont la hauteur n'est pas modifiée ;

- le projet ne méconnaît pas l'article 6.1 du titre IV du règlement du PLUi de Rennes métropole : le coefficient de végétalisation de l'existant est inférieur aux 40 % requis et le projet améliore ce coefficient de végétalisation ;

- le PPRI Bassin de la Vilaine n'est pas méconnu : le projet porte sur l'extension d'une construction existante à la date d'approbation de ce PPRI, la terrasse extérieure est une construction existante réalisée en vertu d'un permis de construire délivré en 1967 et les travaux envisagés portant sur cette construction ne sont pas d'une ampleur telle qu'ils pourraient s'assimiler à des travaux de construction.

Vu :

- la requête au fond n° 2305814, enregistrée le 26 octobre 2023 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Plumerault, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 novembre 2023 :

- le rapport de Mme Plumerault,

- les observations de Me Colas, représentant les requérants, qui reprend les mêmes termes que les écritures qu'il développe, insiste sur l'intérêt à agir des requérants en raison des nuisances sonores et olfactives que va entraîner l'exploitation du restaurant alors qu'aucune activité n'était plus exercée depuis un an dans l'établissement et que les conditions d'exploitation vont être modifiées avec en particulier l'organisation de concerts et une augmentation de l'effectif destiné à y être accueilli, souligne que l'issue du litige dépend de la qualification juridique à donner au projet, fait remarquer que, s'agissant du bâti principal, aucune pièce au dossier n'atteste d'un changement de la destination d'habitation à commerce, que, s'agissant de la terrasse extérieure couverte, le permis de 1967 fait uniquement état d'une affectation à usage d'entrepôt et que la société pétitionnaire ne justifie d'aucune autorisation de changement de destination de ce hangar, indique que, dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article UE1a du PLUi de Rennes métropole, de la marge de recul le long de la Vilaine, des exigences applicables au sein du secteur de risque PGRI et du PPRI sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité du permis contesté, entend insister également sur le fait que le permis est entaché d'incompétence et que le dossier de demande est insuffisant en l'absence de plan de masse faisant apparaître les plantations existantes et de permis de démolir le hangar, soutient que l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme ne peut pas régulariser une construction, lorsqu'un permis de construire était requis comme en l'espèce ;

- les observations de Me Varnoux, représentant la commune de Rennes, qui reprend les mêmes termes que les écritures qu'il développe, souligne que, sur la qualification juridique des travaux, s'agissant du bâtiment principal, il est difficile de savoir quand le restaurant a commencé à être exploité mais que le changement de destination d'habitation à commerce est en tout état de cause antérieur à 2007 et ne nécessitait pas de permis de construire en l'absence de travaux, s'agissant de la terrasse extérieure, que le hangar était initialement l'annexe de l'habitation et est devenu naturellement l'annexe du restaurant, le changement de destination de l'habitation ayant entraîné celui de son annexe, fait valoir que les travaux autorisés sur la terrasse extérieure consistent seulement en un changement de la couverture et que si des travaux plus importants ont été réalisés, cela relève en tout état de cause de l'exécution du permis de construire ;

- les observations de Me Blanquet, représentant la Sarl Alphonse G., qui reprend les mêmes termes que les écritures qu'il développe, insiste sur le défaut d'intérêt à agir des requérants dès lors que les travaux ne consistent qu'en des travaux de rénovation de bâtiments existants, qui ne s'accompagnent pas d'une augmentation de la capacité du restaurant, souligne que l'activité de restauration préexiste de longue date dans ces bâtiments, insiste également sur le fait que la suspension de l'exécution de la décision porte un préjudice économique très important à la société pétitionnaire eu égard aux fonds déjà engagés, souligne l'absence de nécessité d'un permis de démolir s'agissant de la terrasse extérieure dès lors que les travaux consistent simplement en la dépose de matériaux détériorés et que l'ossature du bâtiment est conservée, le fait que les travaux sont effectués sur une construction existante et que la terrasse est une annexe de l'activité de bar-restauration et qu'en tout état de cause l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme permet de régulariser les constructions existantes, indique enfin qu'une demande de permis de construire modificatif a été déposée pour remédier aux irrégularités invoquées tenant à l'insuffisance du dossier de demande de permis et est en cours d'instruction.

La clôture de l'instruction a été différée à l'issue de l'audience en dernier lieu au vendredi 1er décembre 2023 à 17 heures.

Par des mémoires, enregistrés les 29 novembre 2023, le 30 novembre 2023 à 11h59, le 1er décembre 2023 à 11h42 et à 16h51, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, la SARL Alphonse G. conclut aux mêmes fins que précédemment par les mêmes moyens en portant sa demande de condamnation au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à la somme de 4 000 euros.

Elle soutient en outre que :

- elle justifie de ce que, depuis le début du 20ème siècle, l'immeuble du 4, rue Alphonse Guérin relève d'une double destination, habitat et commerce ;

- la terrasse couverte est l'accessoire du rez-de-chaussée du bâtiment ayant une activité commerciale, un débit de boisson pouvant posséder un hangar de stockage de son matériel et le formulaire Cerfa de 1967 ne coche aucune destination spécifique ;

- l'affectation de la terrasse est acquise depuis plus de 10 ans ;

- l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme est applicable en l'espèce dès lors que le terrain d'assiette du projet se situe dans une zone visée au point 2° et non 1° du II de l'article L. 562-1 du code de l'environnement.

Par des mémoires, enregistrés le 30 novembre 2023 à 9 h 27 et 19 h 04 et le 1er décembre 2023 à 15h02, Mme E et M. C, le syndicat des copropriétaires de l'immeuble du 6-8 rue Alphonse Guérin et M. et Mme D concluent aux mêmes fins que leur requête par les mêmes moyens.

Ils font en outre valoir que :

- ils prennent acte des pièces versées faisant état de l'exploitation d'un " débit " antérieurement à 1943 au rez-de-chaussée du bâtiment principal ;

- aucune des pièces versées aux débats ne remet en cause l'absence de toute destination de " restauration " du hangar arrière destiné à devenir " une terrasse couverte " et cette transformation caractérise un changement de destination entraînant la méconnaissance de plusieurs règles d'urbanisme ;

- il n'est pas établi que le hangar serait un local accessoire et l'usage d'une construction résulte de la destination figurant à son permis de construire, qui est en l'espèce entrepôt ;

- l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme ne permet pas la régularisation de la terrasse extérieure dès lors qu'elle se situe dans une zone de risque d'un plan de prévention des risques d'inondation, que la création de cette salle de restaurant ne remonte qu'à 2016 et que le 5° de cet article s'oppose à toute prescription administrative lorsque les travaux irrégulièrement menés nécessitaient un permis de construire comme en l'espèce.

Considérant ce qui suit :

1. La Sarl Alphonse G. a déposé, le 23 février 2023, à la mairie de Rennes, une demande de permis de construire pour l'aménagement et l'extension d'un restaurant situé 4 rue Alphonse Guérin. Par un arrêté du 3 mai 2023, la maire de la commune de Rennes a accordé le permis de construire sollicité. Les requérants ont formé, par courrier du 29 juin 2023 reçu le 30 juin suivant, un recours gracieux contre cet arrêté, qui a été implicitement rejeté le 30 août 2023. Mme E et M. C, le syndicat des copropriétaires de l'immeuble du 6-8 rue Alphonse Guérin et M. et Mme D demandent la suspension de l'exécution de l'arrêté du 3 mai 2023 ainsi que de la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.

Sur la fin de non-recevoir opposée par la Sarl Alphonse G. :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. ".

3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

4. Les requérants justifient être propriétaires et occupants d'immeubles dans l'environnement immédiat du projet, lequel consiste à aménager et étendre un restaurant, doté d'une terrasse extérieure. Ce projet, eu égard à sa nature et à sa localisation, et sur lequel certains des requérants ont une vue directe est de nature, en admettant même qu'il améliore l'aspect esthétique des lieux, à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leurs biens, en particulier s'agissant de Mme E et M. C. La requête ayant été présentée par au moins un requérant ayant intérêt lui donnant qualité pour agir, la fin de non-recevoir tirée de ce que les requérants seraient dépourvus de qualité leur donnant intérêt pour agir doit donc être écartée.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

5. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision ".

En ce qui concerne l'urgence :

6. Aux termes de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme : " Un recours dirigé contre () un permis de construire () ne peut être assorti d'une requête en référé suspension que jusqu'à l'expiration du délai fixé pour la cristallisation des moyens soulevés devant le juge saisi en premier ressort. / La condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est présumée satisfaite () ".

7. Le recours dirigé contre l'arrêté en litige ayant été assorti d'une requête en référé suspension déposée avant l'expiration du délai fixé pour la cristallisation des moyens soulevés devant le tribunal, la condition d'urgence est présumée satisfaite. Si la société pétitionnaire fait valoir que le présent référé a été introduit plus de six mois après l'obtention de son permis de construire et qu'elle a déjà engagé des frais importants, ni cette circonstance ni au demeurant celle qu'un permis modificatif serait en cours d'instruction afin de régulariser certains vices du permis initial n'est de nature à renverser cette présomption d'urgence.

En ce qui concerne les moyens propres à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions :

8. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : / () j) L'attestation de prise en compte des exigences de performance énergétique et environnementale, lorsqu'elle est exigée en application de l'article R. 122-24-1 du code de la construction et de l'habitation et, pour les projets soumis aux dispositions de l'article R. 122-2-1 du même code, l'attestation de réalisation de l'étude de faisabilité relative aux solutions d'approvisionnement en énergie réalisée en application de l'article R. 122-24-2 de ce code, ou, lorsque le projet est tenu de respecter les dispositions mentionnées aux articles R. 172-11 et R. 172-12 de ce code, un document établi par le maître d'ouvrage attestant la prise en compte de la réglementation thermique, en application de l'article R. 122-22 de ce code, et pour les projets concernés par l'article R. 122-2 ou l'article R. 122-3 du même code, la réalisation de l'étude de faisabilité relative aux solutions d'approvisionnements en énergie, en application de l'article R. 122-23 dudit code () ". Aux termes de l'article R. 122-2 du code de la construction et de l'habitation : " Préalablement au dépôt de la demande de permis de construire, le maître d'ouvrage de toute construction de bâtiments mentionnés à l'article R. 172-10 réalise une étude de faisabilité technique et économique des diverses solutions d'approvisionnement en énergie pour le chauffage, la ventilation, le refroidissement, la production d'eau chaude sanitaire et l'éclairage des locaux. () " et aux termes du I de son article R. 172-10 : " Les dispositions de la présente section sont applicables à tous les projets de construction de bâtiment devant faire l'objet d'une demande de permis de construire ou d'une déclaration préalable, et figurant dans la liste suivante : / () 5° Restaurants () ".

9. En l'espèce, si la société Alphonse G. a produit une attestation de la prise en compte de la réglementation environnementale RE2020, il est constant qu'elle n'a pas joint au dossier de demande de permis un document attestant de la réalisation de l'étude de faisabilité relative aux solutions d'approvisionnement en énergie. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées est ainsi propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.

10. En second lieu, lorsqu'une construction a été édifiée sans autorisation en méconnaissance des prescriptions légales alors applicables, il appartient au propriétaire qui envisage d'y faire de nouveaux travaux de présenter une demande d'autorisation d'urbanisme portant sur l'ensemble du bâtiment. De même, lorsqu'une construction a été édifiée sans respecter la déclaration préalable déposée ou le permis de construire obtenu ou a fait l'objet de transformations sans les autorisations d'urbanisme requises, il appartient au propriétaire qui envisage d'y faire de nouveaux travaux de présenter une demande d'autorisation d'urbanisme portant sur l'ensemble des éléments de la construction qui ont eu ou auront pour effet de modifier le bâtiment tel qu'il avait été initialement approuvé ou de changer sa destination.

11. Aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'urbanisme dans sa rédaction antérieure au 1er janvier 1977 : " Quiconque désire entreprendre ou implanter une construction à usage d'habitation ou non, même ne comportant pas de fondations, doit, au préalable, obtenir un permis de construire. (.) Le même permis est exigé pour les modifications extérieures apportées aux constructions existantes, les reprises de gros-œuvre et les surélévations () ". Aux termes de ce même article dans sa rédaction applicable entre le 1er janvier 1977 et le 19 juillet 1985 : " Quiconque désire entreprendre ou implanter une construction à usage d'habitation ou non, même ne comportant pas de fondations, doit, au préalable, obtenir un permis de construire. () Le même permis est exigé pour les travaux exécutés sur les constructions existantes, lorsqu'ils ont pour effet d'en changer la destination, de modifier leur aspect extérieur ou leur volume de créer des niveaux supplémentaires. ". Il résulte de ces dispositions que les changements de destination ne sont soumis à une obligation d'obtenir un permis de construire que depuis le 1er janvier 1977.

12. En l'espèce, s'il est constant que la construction principale a été édifiée en 1907 dans le cadre du lotissement de la Chapelle- Boby et était à cette date à usage d'habitation, il ressort des pièces du dossier que, dès 1921, et en tout état de cause antérieurement à 1943, le rez-de-chaussée de cette habitation a été affecté à un commerce abritant un café, à une époque où le changement de destination n'était pas soumis à la délivrance d'un permis de construire.

13. En outre, en ce qui concerne la terrasse extérieure, il est constant qu'un permis de construire a été accordé le 10 août 1967 pour le remplacement d'un hangar vétuste déclaré à l'époque comme étant à usage de débarras. Si le pétitionnaire et la commune de Rennes n'ont pas été en mesure de produire de pièce attestant que ce hangar aurait abrité une terrasse à usage de restaurant avant 2016, date de l'autorisation ERP figurant au dossier, pour autant, ce hangar, compte tenu de ses caractéristiques, doit être regardé comme ayant été destiné dès son origine à être utilisé dans le cadre de l'activité commerciale exercée au rez-de-chaussée de l'immeuble et de ce fait comme un local accessoire réputé avoir la même destination que ce dernier, c'est-à-dire à usage de commerce.

14. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la société pétitionnaire aurait dû faire porter sa demande de permis de construire également sur la régularisation de la destination de commerce tant du rez-de-chaussée de l'immeuble que de la terrasse extérieure n'est pas propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté litigieux.

15. Toutefois, aux termes de l'article R. 421-17 du code de l'urbanisme : " Doivent être précédés d'une déclaration préalable lorsqu'ils ne sont pas soumis à permis de construire en application des articles R.421-14 à R.421-16 les travaux exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires, et les changements de destination des constructions existantes suivants : / a) Les travaux ayant pour effet de modifier l'aspect extérieur d'un bâtiment existant, à l'exception des travaux de ravalement () ".

16. Il ressort des pièces du dossier que les anciennes fenêtres du bâtiment principal ont été remplacées par de nouvelles fenêtres entre 2015 et 2022. Cette modification a consisté à remplacer les fenêtres en bois brut cintrées par des fenêtres en PVC de couleur blanche et droite. Le moyen tiré de ce que ces travaux auraient dû être précédés d'une déclaration préalable en application de l'article R. 421-27 du code de l'urbanisme et ce que la demande de permis de construire déposée par la société Alphonse G. devait régulariser ces travaux est propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté litigieux.

17. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens invoqués et analysés ci-dessus n'est, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté litigieux.

18. En effet, l'arrêté en litige portant délivrance du permis de construire a été signé par M. A B, premier adjoint, délégué à l'urbanisme, lequel bénéficie d'une délégation régulière alors que la délégation consentie au conseiller municipal, délégué au quartier Thabor-Saint-Hélier-Alphonse Guérin- Baud-Chardonnet par l'article 24 de ce même arrêté ne porte pas sur les autorisations d'urbanisme.

19. En outre, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu (). ". Si le plan de masse du dossier de demande de permis de construire ne fait pas apparaître les quelques plantations existantes sur le terrain d'assiette du projet, le dossier comporte plusieurs photographies illustrant l'état initial de la parcelle d'assiette du projet sur lesquelles les arbres en pleine terre sont visibles et la notice paysagère précise que " les plantations existantes seront conservées ".

20. Aux termes de l'article R. 431-21 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés nécessitent la démolition de bâtiments soumis au régime du permis de démolir, la demande de permis de construire ou d'aménager doit : / a) Soit être accompagnée de la justification du dépôt de la demande de permis de démolir ; / b) Soit porter à la fois sur la démolition et sur la construction ou l'aménagement ". Aux termes de l'article R. 421-27 du même code : " Doivent être précédés d'un permis de démolir les travaux ayant pour objet de démolir ou de rendre inutilisable tout ou partie d'une construction située dans une commune ou une partie de commune où le conseil municipal a décidé d'instituer le permis de démolir ".

21. Il ressort des pièces du dossier, notamment du dossier de demande de permis de construire, que les travaux sur la terrasse extérieure existante consistent dans la suppression de toutes les façades composées d'une toile plastique à l'Est et de panneaux de polycarbonate transparent à l'Ouest et dans la suppression de la toiture existante en tôle pour la remplacere par une toiture en bac acier. Cette réfection de la terrasse existante ne prévoit ainsi aucune destruction d'une partie substantielle d'un ouvrage de gros œuvre visible de l'extérieur et conserve la volumétrie et la charpente existante du bâtiment sans la déposer.

22. Aux termes de l'article 6.1 du titre IV du règlement du PLUi relatif à la végétalisation : " () Coefficient de végétalisation / () À partir de 20 m² cumulés (y compris pour la commune de Saint-Jacques de la Lande), le projet doit atteindre au minimum la valeur du coefficient de végétalisation demandé sauf si le coefficient de végétalisation de l'état existant est inférieur à cette valeur. Dans ce cas, le projet doit améliorer la valeur du coefficient de végétalisation existant, sans obligation d'atteindre Ia valeur de référence fixée par le présent règlement () ". Il est constant que le terrain d'assiette du projet est situé en zone UE1a au sein de laquelle est imposé un coefficient de végétalisation de 40 %, dont au moins 30 % de pleine terre.

23. Il ressort des pièces du dossier que le coefficient de végétalisation de l'existant est inférieur à 40 % et que le projet, qui prévoit le maintien des plantations existantes, la création d'un parterre et d'un potager améliore la valeur de ce coefficient.

24. Enfin, dès lors que le projet ne comporte aucun changement de destination, que les travaux ne sont que des travaux de réfection de constructions existantes et que l'emprise au sol créé par le projet au sein du zonage du plan de gestion du risque inondation est inférieure à 7m², les moyens tirés de la méconnaissance des articles 1et 2 du titre II du règlement du PLUi, de la méconnaissance de la marge de recul le long de la Vilaine, des exigences applicables au sein du secteur de risque PGRI et du PPRI Bassin de la Vilaine ne sont pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige.

25. Il résulte de tout ce qui précède que les conditions d'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont réunies. Il y a lieu, par suite, de suspendre l'exécution de l'arrêté contesté ainsi que de la décision de rejet du recours gracieux des requérants.

Sur les frais liés au litige :

26. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la commune de Rennes et la SARL Alphonse G. doivent, dès lors, être rejetées.

27. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par les requérants sur le fondement de ces mêmes dispositions.

O R D O N N E :

Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 3 mai 2023 par lequel la maire de la commune de Rennes a accordé un permis de construire à la Sarl Alphonse G., ainsi que la décision implicite du 30 août 2023 portant rejet du recours gracieux des requérants est suspendue.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Les conclusions de la commune de Rennes et de la Sarl Alphonse G. présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme H E et M. I C, premiers dénommés pour l'ensemble des requérants en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à la commune de Rennes et à la Sarl Alphonse G.

Copie en sera adressée, en application de l'article R. 522-14 du code de justice administrative, au procureur de la République près du tribunal judiciaire de Rennes.

Fait à Rennes, le 5 décembre 2023.

Le juge des référés,

signé

F. Plumerault La greffière,

signé

P. Lecompte

La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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