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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2306087

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2306087

jeudi 23 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2306087
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationEloignement urgent
Avocat requérantLE BIHAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 novembre 2023, M. E A, représenté par Me Le Bihan, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 31 octobre 2023 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a décidé de son transfert aux autorités portugaises ;

2°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine d'enregistrer sa demande d'asile et de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 800 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique en cas d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle ou de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en cas de refus.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué a été pris par une personne incompétente ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 5 du même règlement ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 7 du même règlement et de l'article 2 du règlement (UE) n° 118/2014 du 30 janvier 2014 ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 novembre 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de Genève du 28 juillet 1951 et le protocole signé à New York le 31 janvier 1967 relatifs au statut des réfugiés ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le règlement d'exécution (UE) n° 118/2014 de la commission du 30 janvier 2014 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme René, première conseillère, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Le greffe du tribunal a informé M. A, par téléphone, au numéro communiqué par son conseil, des date et heure de l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme René,

- et les observations de Me Le Bihan, représentant M. A, absent, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu'elle développe ; elle ajoute, d'une part, que la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles 20 et 21 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 en ce qu'il n'est pas établi que M. A n'aurait pas communiqué son intention de présenter une demande d'asile à une structure du premier accueil du demandeur d'asile préalablement au 3 mai 2023, de sorte que la saisine des autorités portugaises le 11 juillet 2023 doit être regardée comme ayant été effectuée plus de trois mois après l'introduction de sa demande d'asile et, d'autre part, qu'il serait de bonne administration des instances de l'asile en France d'examiner la demande d'asile de M. A concomitamment avec celle de son frère dès lors que leurs craintes sont identiques.

Le préfet d'Ille-et-Vilaine n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant angolais né le 30 avril 1999, est entré irrégulièrement sur le territoire français le 28 mars 2023. Il a sollicité l'asile le 3 mai 2023. À la suite du relevé de ses empreintes digitales, il a été constaté dans le fichier Visabio que l'intéressé était en possession d'un visa en cours de validité délivré par les autorités portugaises, lors du dépôt de sa demande d'asile. À la suite de leur saisine le 11 juillet 2023, les autorités portugaises ont explicitement accepté le 6 septembre 2023 de prendre en charge M. A. Par un arrêté du 31 octobre 2023 dont le requérant demande l'annulation, le préfet d'Ille-et-Vilaine a décidé de son transfert aux autorités portugaises.

Sur l'aide juridictionnelle :

2. M. A justifiant avoir introduit une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle le 20 novembre 2023, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. En premier lieu, le préfet d'Ille-et-Vilaine a, par un arrêté du 9 octobre 2023 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de ce département, donné délégation de signature à M. B C, en sa qualité de chef de l'unité régionale Dublin au bureau de l'asile, pour signer notamment les arrêtés de transfert. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, et notamment : / a) des objectifs du présent règlement et des conséquences de la présentation d'une autre demande dans un État membre différent ainsi que des conséquences du passage d'un État membre à un autre pendant les phases au cours desquelles l'État membre responsable en vertu du présent règlement est déterminé et la demande de protection internationale est examinée ; / b) des critères de détermination de l'État membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée, y compris du fait qu'une demande de protection internationale introduite dans un État membre peut mener à la désignation de cet État membre comme responsable en vertu du présent règlement même si cette responsabilité n'est pas fondée sur ces critères ; / c) de l'entretien individuel en vertu de l'article 5 et de la possibilité de fournir des informations sur la présence de membres de la famille, de proches ou de tout autre parent dans les États membres, y compris des moyens par lesquels le demandeur peut fournir ces informations ; / d) de la possibilité de contester une décision de transfert et, le cas échéant, de demander une suspension du transfert ; () / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5 () ". Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et, en tous cas, avant la décision par laquelle l'autorité administrative décide de refuser l'admission provisoire au séjour de l'intéressé au motif que la France n'est pas responsable de l'instruction de sa demande d'asile, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement. Eu égard à la nature de ces informations, la remise par l'autorité administrative de la brochure prévue par les dispositions précitées constitue pour le demandeur d'asile une garantie.

5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a attesté par trois signatures, le 3 mai 2023, d'une part, avoir validé les termes du compte-rendu d'entretien individuel en préfecture, réalisé en langue portugaise, langue qu'il a déclaré comprendre, par l'intermédiaire d'un interprète, d'autre part, avoir reçu communication, dans leur version en langue portugaise, de l'information sur les règlements communautaires constitués de la brochure A intitulée " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - quel pays sera responsable de ma demande ' " et de la brochure B intitulée " Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' ". En outre, il ressort du formulaire du résumé de son entretien individuel réalisé le 3 mai 2023 que M. A s'est vu communiquer l'information sur les règlements communautaires et qu'il a compris les éléments de la procédure d'asile qu'il a engagé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit à l'information du demandeur d'asile garanti par l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / () 3. L'entretien individuel a lieu en temps utile et, en tout cas, avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. / 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé ".

7. Ainsi qu'il a été dit précédemment, il ressort des mentions figurant sur le formulaire signé par M. A qu'il a bénéficié le 3 mai 2023, soit avant l'intervention de la décision contestée, d'un entretien individuel tel que prévu par les dispositions précitées de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, réalisé en portugais, langue que l'intéressé a déclaré comprendre, par le biais d'un interprète. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il n'aurait pas été en capacité de comprendre les informations qui lui ont été délivrées et de faire valoir toutes observations utiles au cours de l'entretien. En outre, alors que le compte-rendu d'entretien mentionne qu'il a été conduit par un agent qualifié de la préfecture, aucun élément du dossier ne permet de tenir pour établi que ce même entretien individuel n'aurait pas été mené dans le respect du principe de confidentialité ou par une personne " qualifiée en vertu du droit national " au sens et pour l'application de l'article 5 précité du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de cet article doit être écarté.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 7 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Les critères de détermination de l'État membre responsable s'appliquent dans l'ordre dans lequel ils sont présentés dans le présent chapitre. / 2. La détermination de l'État membre responsable en application des critères énoncés dans le présent chapitre se fait sur la base de la situation qui existait au moment où le demandeur a introduit sa demande de protection internationale pour la première fois auprès d'un État membre. () ". L'article 2 du règlement d'exécution n° 118/2014 de la Commission du 30 janvier 2014 précise qu'"une requête aux fins de reprise en charge est présentée à l'aide du formulaire type dont le modèle figure à l'annexe III, exposant la nature et les motifs des requêtes et les dispositions du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil sur lesquelles elle se fonde ".

9. M. A fait valoir qu'il est impossible de savoir si la requête aux fins de prise en charge adressée aux autorités portugaises répondait aux exigences des dispositions citées au point précédent et si notamment elle exposait la nature et les motifs de la requête ainsi que les dispositions du règlement (UE) n° 604/2013 sur lesquelles elle se fondait. Le préfet d'Ille-et-Vilaine a produit à l'instance le formulaire de requête qu'il a adressé aux autorités portugaises ainsi que son accusé de réception du 11 juillet 2023. Cette requête expose le fondement textuel de la demande de prise en charge de M. A, à savoir les paragraphes 2 ou 3 de l'article 12 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, qui prévoient le cas d'un visa en cours de validité, et apporte des précisions sur la situation personnelle de l'intéressé. La demande de prise en charge comporte ainsi les motifs et la nature de cette demande. Les autorités portugaises ont d'ailleurs, le 6 septembre 2023, donné leur accord à la prise en charge de M. A sur le même fondement juridique. Le requérant n'est, dès lors, pas fondé à soutenir que la décision de transfert attaquée méconnaîtrait les dispositions des articles 7 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et 2 du règlement d'exécution (UE) n° 118/2014 du 30 janvier 2014.

10. En cinquième lieu, aux termes du paragraphe 2 de l'article 20 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " Une demande de protection internationale est réputée introduite à partir du moment où un formulaire présenté par le demandeur () est parvenu aux autorités compétentes de l'État membre concerné () ". Aux termes de l'article 21 de ce règlement : " 1. L'État membre auprès duquel une demande de protection internationale a été introduite et qui estime qu'un autre État membre est responsable de l'examen de cette demande peut, dans les plus brefs délais et, en tout état de cause, dans un délai de trois mois à compter de la date de l'introduction de la demande au sens de l'article 20, paragraphe 2, requérir cet autre État membre aux fins de prise en charge du demandeur. / Nonobstant le premier alinéa, en cas de résultat positif ( "hit" ) Eurodac avec des données enregistrées en vertu de l'article 14 du règlement (UE) n° 603/2013, la requête est envoyée dans un délai de deux mois à compter de la réception de ce résultat positif en vertu de l'article 15, paragraphe 2, dudit règlement () ".

11. Le préfet d'Ille-et-Vilaine a produit la requête aux fins de prise en charge de M. A par les autorités portugaises, dont il a été accusé réception le 11 juillet 2023. Ainsi, dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que le requérant a déposé sa demande d'asile le 3 mai 2023 et alors qu'il ne justifie pas qu'il aurait exprimé son intention de demander l'asile à une date antérieure, il n'est pas fondé à soutenir que le délai prévu à l'article 21 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 aurait été méconnu. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles 20 et 21 de ce règlement doit dès lors être écarté.

12. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

13. En l'espèce, et alors que M. A ne démontre ni même n'allègue l'intensité des relations qu'il entretient avec son frère, la seule circonstance que ce dernier résiderait en France où, demandeur d'asile, il attendrait sa convocation à l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides ne saurait suffire à démontrer que l'arrêté attaqué porterait au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard du but en vue duquel il a été pris. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

14. À cet égard, il a été soutenu à l'audience par l'avocate du requérant qu'il serait de bonne administration des instances chargées de l'asile en France d'instruire ensemble les demandes d'asile présentées par M. A et son frère, M. D, dès lors que leurs craintes en cas de retour en Angola, telles qu'elles ressortent du récit que M. D a joint à sa demande d'asile, seraient identiques. Toutefois, si ce récit non daté, qui évoque le réseau de prostitution dont serait victime sa famille, mentionne la présence en France de son frère " Eduardo A GOMES ", il n'est pas justifié de la différence de patronyme entre les intéressés. Alors que le requérant a indiqué lors de son entretien individuel du 3 mai 2023 n'avoir aucun membre de sa famille en France, il n'est pas justifié des raisons pour lesquelles les intéressés auraient perdu le contact, le récit de M. D précisant qu'ils ont fui ensemble en janvier 2023. À supposer que M. A ait appris la présence de son frère en France ultérieurement à son entretien individuel, il n'est pas davantage allégué que le requérant aurait alors prévenu les services de la préfecture préalablement à l'intervention de la décision attaquée, laquelle relève au contraire qu'il ne dispose d'aucune attache familiale en France. M. A, qui ne s'est pas présenté à l'audience, n'apporte par ailleurs lui-même aucune précision quant aux risques qu'il encourrait en Angola. Le requérant n'apporte enfin aucun document permettant d'établir à quel stade de la procédure de demande d'asile se trouverait son frère, qui s'est vu délivrer une attestation de demande d'asile le 22 août 2023. Dans ces conditions, l'opportunité d'instruire ensemble les demandes d'asile de M. A et de M. D ne ressort pas des pièces du dossier, de sorte qu'à supposer que le requérant ait entendu soulevé l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la décision attaquée dans l'application des dispositions de l'article 17 règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, ce moyen doit être écarté.

15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. A à fin d'annulation de l'arrêté du 31 octobre 2023 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a décidé de son transfert aux autorités portugaises doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

16. L'exécution du présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction présentées par M. A doivent dès lors être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

17. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas dans la présente instance, la partie perdante, la somme que le requérant et son conseil demandent au titre des dépenses exposées et non comprises dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : Il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et au préfet d'Ille-et-Vilaine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2023.

La magistrate désignée,

signé

C. RenéLa greffière,

signé

P. Lecompte

La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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