LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2306116

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2306116

jeudi 30 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2306116
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationEloignement urgent
Avocat requérantBERTHAUT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 novembre 2023, M. C B, représenté par Me Berthaut, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 13 novembre 2023 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine lui a fait obligation de quitter le territoire français, sans lui accorder de délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

3°) d'annuler l'arrêté du même jour par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine l'a assigné à résidence ;

4°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, ou à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour ;

5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision est insuffisamment motivée ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen complet de sa situation ;

- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît ainsi l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

sur la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

- cette décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

sur la décision fixant le pays de destination :

- elle est fondée sur une décision d'obligation de quitter le territoire elle-même entachée d'illégalité ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen complet de sa situation ;

- la décision méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est fondée sur une décision d'obligation de quitter le territoire elle-même entachée d'illégalité ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen complet de sa situation ;

- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

sur l'assignation à résidence et ses modalités :

- elle est fondée sur une décision d'obligation de quitter le territoire elle-même entachée d'illégalité ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen complet de sa situation ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 novembre 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Le Berre, conseillère, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Le Berre,

- les observations de Me Berthaut, représentant M. B, qui affirme que M. B est de nationalité arménienne et non russe et, qu'en tout état de cause, la constitution arménienne autorise la double nationalité. Il affirme également que l'ensemble de sa famille est en France et, plus particulièrement, sa mère et son frère qui disposent du statut de réfugié. Sur l'absence de dépôt de titre de séjour, il indique que M. B s'est vu opposer un refus d'enregistrement,

- les observations de M. A, représentant le préfet d'Ille-et-Vilaine, qui indique qu'il y a un débat sur la nationalité du requérant puisqu'il est difficile de savoir s'il est de nationalité russe ou arménienne. M. B a déclaré devant la Cour nationale du droit d'asile qu'il avait une épouse et un frère en Russie et qu'il n'a jamais demandé une rectification d'erreur matérielle, un retour en Russie ou en Arménie est ainsi envisageable,

- et les observations orales de M. B, assisté d'un ami.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Une note en délibéré, présentée pour M. B, a été enregistrée le 21 novembre 2023.

Une note en délibéré, présentée pour le préfet d'Ille-et-Vilaine, a également été enregistrée le 21 novembre 2023.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, né le 18 décembre en 1980 à Masis en Arménie, est arrivé en France en 2014 selon ses propres déclarations. Il a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile. Sa demande a été définitivement rejetée le 31 mai 2016 par la Cour nationale du droit d'asile. M. B s'est toutefois maintenu sur le territoire français et a sollicité, le 11 octobre 2016, son admission au séjour en tant qu'étranger malade. Par un arrêté du 16 novembre 2016, le préfet de l'Allier a refusé de lui accorder un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Cette décision a été contestée devant le tribunal administratif de Clermont-Ferrand et la requête a été rejetée le 30 mai 2017, pour irrecevabilité, en raison de sa tardiveté. Par deux arrêtés du 13 novembre 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine a obligé M. B a quitté le territoire français, sans délai de départ volontaire, lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an et l'a assigné à résidence. Par la présente requête, il souhaite obtenir l'annulation de ces deux décisions.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".

3. M. B justifiant avoir présenté une demande d'aide juridictionnelle le 14 novembre sur laquelle il n'a pas encore été statué, il y a lieu, de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions d'annulation :

4. Aux termes aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré sur le territoire français en 2014 après avoir fui l'Arménie puis la Russie. S'il est, certes, constant que M. B s'est maintenu sur le territoire français de manière irrégulière, après un refus de titre de séjour et une première obligation de quitter le territoire français, il ressort également des pièces du dossier que M. B a vécu une part significative de son existence en France et qu'il dispose d'attaches familiales solides. Sa mère, avec qui il vit, et son frère disposent ainsi d'une carte de résident de dix ans du fait de leur statut de réfugié. A cet égard, M. B a indiqué qu'il n'avait jamais quitté la France et qu'il s'occupait de manière permanente de sa mère âgée et dont la santé est défaillante. Dans ces conditions, en faisant obligation à M. B de quitter le territoire français, le préfet d'Ille-et-Vilaine a porté une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale, eu égard aux buts poursuivis par l'administration. Par suite, il a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'annuler la décision faisant obligation à M. B de quitter le territoire français, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête. Par voie de conséquence, il y a lieu d'annuler la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, la décision fixant le pays de destination, la décision d'interdiction de retour sur le territoire national ainsi que l'assignation à résidence.

Sur les conclusions d'injonction :

7. Le présent jugement, qui fait droit aux conclusions d'annulation de M. B implique nécessairement que le préfet lui délivre un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine d'y procéder dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir. En revanche, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés à l'instance :

8. L'État étant partie perdante à l'instance, il y a lieu de mettre à sa charge le versement à Me Berthaut d'une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous la double réserve que soit accordée, à titre définitif, l'aide juridictionnelle au requérant et que son avocat renonce au bénéfice de la part contributive de l'État à l'exercice de cette mission.

DÉCIDE :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Les arrêtés du 13 novembre 2023 du préfet d'Ille-et-Vilaine sont annulés.

Article 3 : Il est enjoint au préfet d'Ille-et-Vilaine de délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " à M. B dans le délai d'un mois suivant la notification du présent jugement.

Article 4 : L'État versera à Me Berthaut une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous la double réserve que soit accordé à M. B le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre définitif et que son avocat renonce à la part contributive de l'État à l'exercice de cette mission.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Berthaut et au préfet d'Ille-et-Vilaine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2023.

La magistrate désignée,

signé

A. Le BerreLa greffière d'audience,

signé

A. Gauthier

La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions