mardi 6 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2306210 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | BLANCHOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistré le 17 novembre 2023, M. A B, représenté par Me Blanchot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 mai 2023 par lequel le préfet du Finistère a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet du Finistère, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le délai d'une semaine à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Il soutient que :
Sur le refus de renouvellement de titre de séjour :
- la décision est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen et de méconnaissance de l'article L. 422- 1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision est entachée d'un défaut d'examen et d'une atteinte disproportionnée à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 décembre 2023, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Le Roux a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain né en mars 1997, est entré en France le 29 août 2018, muni d'un visa long séjour en qualité d'étudiant puis a obtenu des titres de séjour. Par arrêté du 26 mai 2023, le préfet du Finistère a refusé de faire droit à la demande de M. B de renouvellement du titre de séjour, a assorti cette décision d'une obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination. Le requérant demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le refus de renouvellement de titre de séjour :
2. En premier lieu, la décision attaquée mentionne l'ensemble des circonstances de fait et motifs de droit au regard desquels le préfet du Finistère a décidé de rejeter la demande de renouvellement de titre de séjour de M. B. Le préfet y examine notamment les éléments produits par l'intéressé à l'appui de sa demande, au regard des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et procède à un examen de sa situation familiale et personnelle, ainsi que de son parcours universitaire. Par suite, les moyens tirés du caractère insuffisant de la motivation de la décision attaquée et du défaut d'examen particulier de la situation du requérant doivent être écartés.
3. Aux termes de l'article L. 422- 1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle. ". Le renouvellement de la carte de séjour prévue par les dispositions législatives précitées est subordonné, notamment, à la justification par son titulaire de la réalité et du sérieux des études qu'il a déclaré accomplir.
4. Si M. B justifie avoir suivi quatre années d'enseignement en France durant cinq années de séjour de 2018 à 2023, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'il n'a validé qu'une seule année sur cette période, et n'a obtenu aucun diplôme. Il ressort en particulier des pièces du dossier que le requérant a redoublé sa troisième année de Licence en management du sport au titre de l'année 2018/2019, qu'il a par la suite validé dans le cadre de son redoublement au titre de l'année 2019/2020, qu'au titre de l'année 2020/2021, l'intéressé a été autorisé à s'inscrire en première année de master en management du sport, année qui a vu son ajournement avec une moyenne de 02,48/20, qu'en 2021/2022, M. B n'a justifié d'aucune inscription universitaire, et qu'au titre de l'année 2022/2023, le requérant a présenté à l'appui de sa demande de renouvellement de titre de séjour une inscription en première année de licence allemand-anglais débutant qui est sans relation avec son parcours antérieur. Dans ces conditions, le préfet qui a pu valablement estimer que le parcours universitaire de M. B ne permettait pas de renouveler son titre de séjour sur le fondement de l'article L. 422- 1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sans entacher sa décision d'un défaut d'examen au regard de ces dispositions.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, si les décisions portant obligation de quitter le territoire français doivent faire l'objet d'une motivation, celle-ci se confond avec la motivation des refus de titre de séjour lorsqu'elles sont fondées sur de tels refus. Par suite, au regard de ce qui a été dit au point 2, il y a lieu d'écarter le moyen invoqué.
6. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. Il ressort des pièces du dossier que M. B, qui est sans enfant, n'établit pas avoir créé des liens privés et familiaux, anciens, intenses et stables sur le territoire national. Par ailleurs, il ne justifie pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où résident sa compagne et ses parents. Par suite le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Finistère a entaché la décision attaquée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa vie personnelle et a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Blanchot et au préfet du Finistère.
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2024 à laquelle siégeaient :
M. Descombes, président,
M. Le Roux, premier conseiller.
Mme Tourre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2024.
Le rapporteur,
Signé
P. Le Roux
Le président,
Signé
G. Descombes
La greffière,
Signé
L. Garval
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026