jeudi 23 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2306226 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | MARAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 novembre 2023 à 11h07, M. C A, alors placé en rétention administrative à Rennes-Saint-Jacques-de-la-Lande (Ille-et-Vilaine), demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 18 novembre 2023 par lequel le préfet du Finistère l'a obligé à quitter le territoire français, ne lui a pas accordé de délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pendant trois ans.
Il soutient que :
- la compétence de l'auteur de l'obligation de quitter le territoire français n'est pas établie ; cette décision méconnaît le droit d'être entendu ; elle est entachée d'un défaut d'examen ; elle est insuffisamment motivée ; l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales a été méconnu ;
- la décision n'octroyant pas de délai de départ volontaire repose sur une obligation de quitter le territoire français illégale ; elle est insuffisamment motivée ; le risque de fuite n'est pas établi ;
- la décision fixant le pays de destination repose sur une obligation de quitter le territoire français illégale ; elle est insuffisamment motivée ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français repose sur une obligation de quitter le territoire français illégale ; elle ne se prononce pas sur tous les critères fixés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle est insuffisamment motivée ; des circonstances humanitaires s'opposent à une telle interdiction de retour sur le territoire français.
Par un mémoire, enregistré le 23 novembre 2023, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir que les moyens soulevés sont infondés.
Vu :
- l'ordonnance du 21 novembre 2023 par laquelle le juge des libertés et de la détention a prolongé la rétention de M. A pour un délai maximum de vingt-huit jours ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration, notamment son article L. 211-2 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Jouno, président, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jouno,
- les observations de Me Maral, avocate commise d'office, représentant M. A, assisté d'un interprète,
- les observations de M. B, représentant le préfet du Finistère.
La clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur les moyens soulevés à l'appui de l'ensemble des conclusions à fin d'annulation :
1. En premier lieu, le signataire de l'arrêté litigieux avait reçu délégation à l'effet de signer, notamment, tout acte relevant de la police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
2. En second lieu, les décisions comprises dans l'arrêté litigieux comportent l'énoncé des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, ainsi que l'exigent les articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par conséquent, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
Sur le surplus des moyens soulevés à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que l'autorité préfectorale a adopté l'arrêté litigieux après un examen complet de la situation du requérant. Par suite le moyen tiré de ce qu'un tel examen n'aurait pas été mené doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le requérant a été auditionné par les services de gendarmerie le 17 novembre 2023 et que le préfet a tenu dûment compte de cette audition pour prendre la mesure attaquée. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance des droits de la défense ainsi que des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que le requérant, célibataire et sans enfant, ne justifie disposer d'aucune attache personnelle ou familiale, en France, d'une intensité particulière. Par conséquent, l'obligation de quitter le territoire français attaquée ne porte pas aux droits qu'il tient de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales une atteinte disproportionnée.
Sur le surplus des moyens soulevés à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de la décision relative au délai de départ volontaire :
6. En premier lieu, eu égard à ce qui a été dit, l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français doit être écartée.
7. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ".
8. En l'espèce, le préfet a refusé d'octroyer un délai de départ volontaire au requérant sur le double fondement du 1° et du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Or le requérant se borne à contester le second de ces motifs, sans contester le premier. Le moyen tiré de ce qu'il ne présenterait pas de risque de fuite est ainsi inopérant. Au demeurant, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que le préfet s'est fondé sur le 1° de l'article précité, dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que le requérant a commis de manière répétée, et encore très récemment, de graves actes de violence, pour lesquels il a au demeurant été condamné par le juge pénal.
Sur le surplus des moyens soulevés à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de destination :
9. Eu égard à ce qui a été dit, l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français doit être écartée.
Sur le surplus des moyens soulevés à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de l'interdiction de retour sur le territoire français :
10. En premier lieu, l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français doit être écartée.
11. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
12. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que, avant de prendre la décision contestée, et contrairement à ce qui est allégué, le préfet a tenu compte de l'ensemble des éléments mentionnés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
13. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que des circonstances humanitaires, au sens des articles L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, se seraient opposées à l'édiction de l'interdiction de retour sur le territoire français prise à l'égard du requérant.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin d'injonction et des conclusions relatives aux frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet du Finistère.
Lu en audience publique le 23 novembre 2023.
Le magistrat désigné,
signé
T. JounoLa greffière d'audience,
signé
J. Jubault
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026