lundi 18 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2306758 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | WOZNIAK |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 12 décembre 2023, enregistrée le 13 décembre 2023 au greffe du tribunal, le président du tribunal administratif de Nantes a transmis au tribunal, en application des articles R. 351-3 et R. 776-16 du code de justice administrative, la requête présentée par M. B A.
Par une requête, enregistrée le 17 novembre 2023, M. B A, placé en rétention administrative à Rennes-Saint-Jacques-de-la-Lande (Ille-et-Vilaine), représenté par Me Wozniak, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 15 novembre 2023 par lequel le préfet de la Sarthe lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'éloignement d'office, lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans et l'a signalé aux fins de non admission dans le système d'information Schengen ;
3°) d'annuler l'arrêté du 15 novembre 2023 par lequel le préfet de la Sarthe l'a placé en rétention administrative ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour l'autorisant à travailler et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- les décisions contenues dans l'arrêté attaquées sont insuffisamment motivées ;
- l'obligation de quitter le territoire français méconnaît le 6° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il est le père d'enfant français ;
- il n'est pas établi que les informations relatives à ses données pénales ont été obtenues régulièrement ;
- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il a droit au séjour en qualité de parent d'un enfant français ;
- l'obligation de quitter le territoire français porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen méconnaît l'article R. 231-4 du code de la sécurité intérieure, faute pour le préfet de justifier avoir saisi le ministre de l'intérieur ou le directeur général de la police nationale ;
- il méconnaît l'article R. 231-6 du code de la sécurité intérieure ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'interdiction de retour est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale en ce qu'elle est stéréotypée et méconnaît sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 décembre 2023, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.
Vu :
- l'ordonnance du 17 novembre 2023 par laquelle le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Rennes a prolongé la rétention de M. A pour un délai maximum de vingt-huit jours ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de procédure pénale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Grenier, présidente, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grenier,
- et les explications de M. A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant algérien né le 8 octobre 2001, déclare être entré en France irrégulièrement en mai 2017 et vivre, depuis octobre 2022, en concubinage avec une ressortissante française avec laquelle il a eu une enfant de nationalité française, née le 5 avril 2023. Par un arrêté du 6 décembre 2019, devenu définitif, le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par un arrêté du 13 juin 2022, devenu définitif, le préfet de la Sarthe l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et lui a interdit de retourner en France pour une durée d'un an. Le 21 novembre 2022, M. A a été condamné à une peine d'emprisonnement de six mois pour des faits de détention de produits stupéfiants et remise illicite à un détenu. Par un arrêté du 15 novembre 2023, dont M. A demande l'annulation, le préfet de la Sarthe lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'éloignement d'office, lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans et l'a signalé aux fins de non admission dans le système d'information Schengen. Par un arrêté du même jour, le préfet de la Sarthe l'a placé en rétention administrative. Par une ordonnance du 17 novembre 2023, le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Rennes a prolongé la rétention de M. A pour un délai maximum de vingt-huit jours.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. En vertu des articles 12 et 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, l'admission à l'aide juridictionnelle est prononcée par un bureau d'aide juridictionnelle ou, en cas d'urgence et à titre provisoire, par le président de ce bureau, par la juridiction compétente ou par son président. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions contenues dans l'arrêté attaqué :
3. L'arrêté attaqué vise les dispositions juridiques sur lesquelles il se fonde. Il rappelle également les conditions d'entrée et de séjour en France de M. A et fait notamment état de sa situation privée et familiale. Il précise que M. A n'a déposé aucune demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant français et ne justifie ni de la nationalité française de son enfant, ni participer effectivement à son entretien et à son éducation. Il relève que son comportement constitue une menace à l'ordre public. Il explicite les motifs de droit et de fait pour lesquels une décision portant obligation de quitter le territoire sans délai est édictée à l'encontre de M. A ainsi qu'une décision portant interdiction de retour. Le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen découlant de la décision portant interdiction de retour, il n'avait pas à faire l'objet d'une motivation spécifique. Enfin, l'arrêté attaqué indique que M. A est un ressortissant algérien. La décision fixant le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné comme le pays dont il a la nationalité ou tout autre pays non membre de l'Union européenne ou avec lequel ne s'applique pas l'acquis de Schengen où il est légalement admissible est ainsi suffisamment motivée. Par suite, l'arrêté attaqué, qui n'avait pas à mentionner tous les éléments de fait relatifs à la situation du requérant, énonce les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de manière suffisamment circonstanciée, pour mettre le requérant en mesure d'en discuter utilement les motifs. En conséquence, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions attaquées doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, le préfet, autorité chargée de la police des étrangers, pouvait légalement accéder aux données pénales concernant la situation de M. A, figurant dans le bulletin n°2 de son casier judiciaire en vertu de l'article R79 du code de procédure pénale. Le moyen tiré de ce qu'il n'est pas établi que le préfet aurait légalement eu accès à ces données doit, par suite, être écarté.
5. En deuxième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : / () 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans () ". L'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 stipule que : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () / 4) au ressortissant algérien ascendant direct d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il exerce même partiellement l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins. Lorsque la qualité d'ascendant direct d'un enfant français résulte d'une reconnaissance de l'enfant postérieure à la naissance, le certificat de résidence d'un an n'est délivré au ressortissant algérien que s'il subvient à ses besoins depuis sa naissance ou depuis au moins un an () ". Selon l'article 371-2 du code civil : " Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant () ".
6. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. A est le père d'une enfant, née le 5 avril 2023, de nationalité française, qu'il a reconnue postérieurement à sa naissance, le 20 avril 2023. Il ressort également des pièces du dossier que la compagne de M. A déclare l'héberger chez elle depuis le 1er septembre 2021, alors que la mère de la compagne de M. A atteste que M. A réside chez sa fille depuis le 20 avril 2023. En produisant deux factures, dont le contenu ne permet pas d'établir la nature des dépenses, M. A ne justifie pas contribuer effectivement à l'entretien de sa fille depuis la naissance de cette dernière. Il n'est, en conséquence, pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît le 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni qu'il a droit au séjour en France en vertu de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.
7. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que M. A est défavorablement connu des services de police pour des faits de détention non autorisée de stupéfiants, d'offre ou de cession non autorisée de stupéfiants, usage illicite de stupéfiants, vol à l'étalage, usurpation de l'identité d'un tiers, ainsi que, sous une autre identité, pour des faits de " vol en réunion sans violence ". Ainsi qu'il a été dit, il a également fait l'objet d'une peine récente d'emprisonnement de six mois pour des faits de remise ou " sortie irrégulière de correspondance, somme d'argent ou objet de détenu " et " détention non autorisée de stupéfiants ". Il ressort ainsi des pièces du dossier que sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, alors même que M. A réside avec sa compagne et sa fille depuis le 20 avril 2023, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale au regard des buts en vue desquels elle a été prise et ne méconnaît pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire sans délai présentées par M. A doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
9. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Selon l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français (). ".
10. D'une part, il résulte de ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire sans délai édictée à l'encontre de M. A n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le moyen, soulevé, par voie d'exception à l'encontre de la décision portant interdiction de retour, tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai ne peut qu'être écarté.
11. D'autre part, il résulte des termes mêmes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que l'autorité administrative est tenue de prononcer une interdiction de retour lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'est accordé au ressortissant étranger. Par suite, le moyen d'erreur de droit ne peut qu'être écarté.
12. En outre, il ressort des pièces du dossier que M. A est entré en France en 2017 et ne justifie pas contribuer à l'éducation et à l'entretien de sa fille, née en avril 2023. La communauté de vie avec sa compagne est récente. Il s'est également soustrait à deux précédentes mesures d'éloignement en 2019 et 2022. Il a également été condamné à une peine d'emprisonnement de six mois avec maintien en détention pour des faits de détention de produits stupéfiants et remise illicite à détenu par le tribunal correctionnel du Mans, le 21 novembre 2022 et est également défavorablement connu des services de police pour d'autres faits en lien notamment avec la détention non autorisée de stupéfiants et de vol à l'étalage. Il ne conteste pas le motif de la décision portant interdiction de retour attaquée selon laquelle sa présence en France constitue une menace actuelle, grave et réelle à l'ordre public. Par suite, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Sur la légalité du signalement aux fins de non admission dans le système d'informations Schengen :
13. Aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire ". Selon l'article R. 613-7 du même code : " Les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription dans ce traitement ".
14. Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'elle prend à l'égard d'un étranger une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français, l'autorité administrative se borne à informer l'intéressé de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Une telle information ne constitue pas une décision distincte de la mesure d'interdiction de retour. Par suite, dès lors que l'interdiction de retour n'est pas entachée d'illégalité, les moyens d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation soulevés par M. A contre le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ne peuvent, en toute état de cause, qu'être écartés.
Sur la décision fixant le pays de destination :
15. Ainsi qu'il a été dit, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision fixant le pays à destination duquel M. A pourra être éloigné méconnaîtrait sa situation personnelle, notamment privée et familiale. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de cette décision doivent être rejetées.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées. M. A ne soulève aucun moyen pour contester la légalité de l'arrêté le plaçant en rétention administrative. Ses conclusions tendant à l'annulation de cet arrêté doivent, en conséquence, également être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
17. Le présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction sous astreinte présentées par M. A ne peuvent, en conséquence, qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante, le versement au conseil de M. A d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéficie de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de la Sarthe et à Me Wozniak.
Lu en audience publique le 18 décembre 2023.
La magistrate désignée,
signé
C. GrenierLa greffière,
signé
J. Jubault
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026