vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2306949 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS GOSSELIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 décembre 2023, M. B E, M. D E et M. C E, représentés par la SELARL Chanon Leleu Asoociés, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 septembre 2021 par lequel le maire de la commune de Saint-Jean-du-Doigt a délivré un permis à M. F en vue de procéder à l'extension de sa maison d'habitation située sur les parcelles cadastrées section A nos 140 et 1379 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Jean-du-Doigt une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête n'est pas tardive dès lors que le permis litigieux n'a été affiché sur le terrain d'assiette du projet qu'à compter du mois de novembre 2023 ;
- ils ont intérêt pour agir, en qualité de voisins immédiats du projet ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet ; le projet architectural ne fait pas état des abords du terrain d'assiette du projet et évoque un terrain de football pourtant situé à 200 mètres ;
- le permis méconnaît les dispositions des articles R. 111-2 et R. 111-5 du code de l'urbanisme dès lors aucun accès au terrain d'assiette n'est prévu depuis la voirie publique ;
- le permis méconnaît les dispositions de l'article C.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux places de stationnement.
Par un mémoire, enregistré le 18 juin 2024, M. et Mme G et A F, représentés par la SELARL Chevallier et Associés, concluent :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce que les requérants soient condamnés à leur verser une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme ;
3°) à ce que les requérants soient condamnés à leur verser une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête est tardive ;
- le présent recours est abusif au sens des dispositions de l'article L. 611-7 du code de l'urbanisme ; il y a lieu de condamner les requérants à leur verser une somme de 3 000 euros en réparation du préjudice moral subi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juin 2024, la commune de Saint-Jean-du-Doigt, représentée par la SCP Cabinet Gosselin, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est tardive ;
- les requérants n'ont pas intérêt pour agir ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Grondin,
- les conclusions de M. Blanchard, rapporteur public,
- et les observations de Me Goven, de la SCP Cabinet Gosselin, représentant la commune de Saint-Jean-du-Doigt, et de Me Kerkane, de la SELARL Chevallier et Associés, représentant M. et Mme F.
Considérant ce qui suit :
1. M. B E, M. D E et M. C E, sont propriétaires en indivision des parcelles cadastrées section A nos 137, 1355, 1379, 1417 et 1420, situées sur le territoire de la commune de Saint-Jean-du-Doigt, la parcelle cadastrée section A n° 137 accueillant une maison d'habitation. M. F, propriétaire des parcelles voisines cadastrées section A nos 140 et 1379 a déposé, le 4 juin 2021, une demande de permis de construire en vue de procéder à l'extension de sa maison d'habitation. Par la présente requête, les consorts E demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 14 septembre 2021 par lequel le maire de la commune de Saint-Jean-du-Doigt a délivré ce permis de construire à M. F.
Sur la recevabilité de la requête :
2. Aux termes des dispositions de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 ". Aux termes de l'article R. 424-15 du même code : " Mention du permis explicite ou tacite ou de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté ou dès la date à laquelle le permis tacite ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable est acquis et pendant toute la durée du chantier. Cet affichage n'est pas obligatoire pour les déclarations préalables portant sur une coupe ou un abattage d'arbres situés en dehors des secteurs urbanisés. () / Un arrêté du ministre chargé de l'urbanisme règle le contenu et les formes de l'affichage ". Aux termes de l'article A. 424-15 de ce code : " L'affichage sur le terrain du permis de construire, d'aménager ou de démolir explicite ou tacite ou l'affichage de la déclaration préalable, prévu par l'article R. 424-15, est assuré par les soins du bénéficiaire du permis ou du déclarant sur un panneau rectangulaire dont les dimensions sont supérieures à 80 centimètres ". Aux termes de l'article A. 424-16 dudit code : " Le panneau prévu à l'article A. 424-15 indique le nom, la raison sociale ou la dénomination sociale du bénéficiaire, le nom de l'architecte auteur du projet architectural, la date de délivrance, le numéro du permis, la nature du projet et la superficie du terrain ainsi que l'adresse de la mairie où le dossier peut être consulté () ".
3. Il résulte, d'une part, de ces dispositions que l'affichage continu et régulier sur le terrain de l'autorisation d'urbanisme enclenche le délai de deux mois de recours contentieux des tiers à son encontre. S'il incombe au bénéficiaire d'une autorisation d'urbanisme de justifier qu'il a bien rempli les formalités d'affichage prescrites par ces dispositions, le juge doit apprécier la conformité de l'affichage en examinant l'ensemble des pièces qui figure au dossier qui lui est soumis.
4. D'autre part, ces dispositions ont pour objet de permettre aux tiers, à la seule lecture du panneau d'affichage, d'apprécier l'importance et la consistance du projet, le délai de recours contentieux ne commençant à courir qu'à la date d'un affichage complet et régulier. Il s'ensuit que si les mentions prévues par ces dispositions doivent, en principe, obligatoirement figurer sur le panneau d'affichage, une erreur affectant l'une d'entre elles ne conduit à faire obstacle au déclenchement du délai de recours que dans le cas où cette erreur est de nature à empêcher les tiers d'apprécier l'importance et la consistance du projet.
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, et notamment de quatre attestations circonstanciées et concordantes de voisins du terrain d'assiette du projet litigieux et de photographies, que le permis de construire du 14 septembre 2021 a fait l'objet d'un affichage régulier et continu pendant plus de deux mois, visible depuis l'extérieur et lisible depuis un espace ouvert au public, à compter du mois d'octobre 2021. A supposer même que ces attestations et photographies soient insuffisantes pour justifier d'un tel affichage, il ressort de trois constats d'huissier des 19 octobre, 20 novembre et 21 décembre 2023 que le permis de construire litigieux a fait l'objet d'un second affichage régulier sur le terrain d'assiette du projet litigieux pendant une période continue de deux mois à compter du 19 octobre 2023. Par ailleurs, il n'est pas contesté que cet affichage comportait l'ensemble des mentions requises par les dispositions des articles A. 424-16 et A. 424-17 du code de l'urbanisme, et était de nature à déclencher le délai de recours contentieux. En l'absence de tout recours administratif de nature à
proroger les délais de recours contentieux, il en résulte que la requête des consorts E, enregistrée au greffe du tribunal le 22 décembre 2023, a été présentée postérieurement à l'expiration des délais de recours contentieux et, partant, est tardive.
6. Il résulte de ce qui vient d'être dit qu'il y a lieu de rejeter la requête des consorts E, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'autre fin de non-recevoir opposée en défense et tirée de l'absence d'intérêt pour agir des requérants.
Sur les conclusions reconventionnelles de M. et Mme F :
7. Aux termes de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme : " Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts. () ".
8. Il ne résulte pas de l'instruction que le droit des consorts E, voisins immédiats de l'extension projetée, à former un recours contre le permis de construire litigieux aurait été mis en œuvre au cours de la présente instance dans des conditions qui traduiraient de leur part un comportement abusif, notamment compte tenu de ce que la surélévation de la maison d'habitation autorisée est susceptible de porter atteinte aux conditions de jouissance de leur bien. Il en résulte que le recours pour excès de pouvoir formé par les consorts E contre ce permis ne peut être regardé comme excédant la défense de leurs intérêts légitimes. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées par M. et Mme F à l'encontre des consorts E, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme de 2 500 euros sollicitée par les consorts E au titre des frais qu'ils ont exposés et non compris dans les dépens soit mise à la charge la commune de Saint-Jean-du-Doigt, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
10. Par ailleurs il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge des requérants, partie perdante dans la présente instance, une somme de 750 euros au profit respectif de la commune de Saint-Jean-du-Doigt et la même somme à M. et Mme F au titre des frais qu'ils ont exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête des consorts E est rejetée.
Article 2 : Les consorts E verseront une somme de 750 euros à M. et Mme F au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les consorts E verseront une somme de 750 euros à la commune de Saint-Jean-du-Doigt au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Article 4 : Le surplus des conclusions de l'ensemble des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, désigné représentant unique des requérants dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à M. et Mme G et A F et à la commune de Saint-Jean-du-Doigt.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
M. Grondin, premier conseiller,
Mme Villebeissex, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
Le rapporteur,
signé
T. Grondin
Le président,
signé
C. Radureau
Le greffier,
signé
N. Josserand
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2306949
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026