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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2400084

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2400084

mardi 9 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2400084
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 janvier 2024, M. B C demande au juge des référés :

1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du préfet des Côtes-d'Armor portant refus implicite de délivrance d'un titre de séjour ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative " sous astreinte de 10 jours de retard dans un délai d'un mois ".

Il soutient que :

- il a demandé, en septembre 2023, que son dossier d'admission exceptionnelle au séjour soit réinstruit au regard des éléments nouveaux dont il se prévalait, ce qui a fait l'objet d'un refus implicite ;

- la condition tenant à l'urgence doit être regardée comme satisfaite lorsque la décision en litige préjudicie de manière grave et immédiate à la situation du requérant, aux intérêts qu'il entend défendre ou à un intérêt public ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige, dès lors qu'elle est entachée d'un détournement de procédure engendrant une erreur manifeste d'appréciation, le préfet refusant d'instruire la demande dont il est saisi.

Vu les pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Thielen, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

2. Aux termes de son article L. 522-1 : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de son article R. 522-1 : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. / À peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ". Aux termes de son article R. 612-1 : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. / () ". Aux termes de son article R. 522-2 : " Les dispositions de l'article R. 612-1 ne sont pas applicables ".

3. En premier lieu, M. A ne justifie pas, en en joignant une copie, avoir saisi le tribunal d'une requête distincte, tendant à l'annulation de la décision du préfet des Côtes-d'Armor dont il conteste la légalité, requête en annulation qui n'a par ailleurs fait l'objet d'aucun enregistrement au greffe du tribunal. Dans ces circonstances, la requête en référé suspension est irrecevable et ne peut qu'être rejetée comme telle.

4. En deuxième lieu, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.

5. En se bornant à rappeler ce principe dans sa requête, M. A ne se prévaut d'aucune circonstance particulière susceptible de caractériser l'existence d'une situation d'urgence, justifiant l'intervention du juge des référés, à bref délai.

6. En troisième lieu, la seule circonstance que le préfet des Côtes d'Armor ait implicitement rejeté sa demande d'admission exceptionnelle au séjour ne saurait caractériser un détournement de procédure ou un refus d'instruction. M. A n'assortit par ailleurs son moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation d'aucune des précisions suffisantes pour mettre en mesure le juge d'en apprécier le bien-fondé.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A est irrecevable et que l'intéressé ne justifie pas de l'existence d'une situation d'urgence pas davantage qu'il ne développe de moyen susceptible de créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige. Cette requête ne peut, par suite, qu'être rejetée par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, en toute ses conclusions, y compris celles présentées au titre des frais d'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A.

Fait à Rennes, le 9 janvier 2024.

Le juge des référés,

signé

O. Thielen

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