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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2400152

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2400152

mardi 16 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2400152
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationEloignement urgent
Avocat requérantBUORS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 janvier 2024, M. E A, représenté par Me Buors, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 janvier 2024 par lequel le préfet du Finistère l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a déterminé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire pour une durée de deux ans ;

2°) d'annuler l'arrêté du même jour par lequel le préfet du Finistère l'a assigné à résidence ;

3°) d'enjoindre au préfet du Finistère de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, d'instruire sa demande et de se prononcer sur son droit à un titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à verser à son avocat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le premier arrêté du 10 janvier 2024 est entaché d'incompétence à défaut pour son signataire de justifier d'une délégation de signature régulière et exécutoire ;

- les décisions d'obligation de quitter le territoire français sans délai et d'interdiction de retour sont insuffisamment motivées en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elles sont entachées d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- une obligation de quitter le territoire sans délai ne pouvait être prise alors qu'une demande de titre de séjour est en cours d'instruction auprès de la préfecture de Bobigny ;

- compte tenu de cette demande, il ne peut lui être opposé le fait qu'il n'aurait jamais effectué de demande de titre de séjour aux fins de régularisation de sa situation ;

- le premier arrêté du 10 janvier 2024 méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale et porte atteinte à sa vie personnelle ou privée eu égard aux conséquences d'une exceptionnelle gravité qu'il comporte pour lui ;

- l'interdiction de retour d'une durée d'un an est insuffisamment motivée et n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- l'arrêté d'assignation à résidence est entaché d'incompétence à défaut pour son signataire de justifier d'une délégation de signature régulière et exécutoire ;

- il est insuffisamment motivé en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- il est entaché d'illégalité par voie d'exception d'illégalité de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour ;

- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation, notamment s'agissant du périmètre de circulation accordé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 janvier 2024, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration, notamment son article L. 211-2 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Tourre, première conseillère, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Tourre,

- et les observations de M. C, représentant le préfet du Finistère.

M. A n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant tunisien né en 1994, a fait l'objet le 26 août 2019 d'arrêtés par lesquels le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de douze mois. Le recours de l'intéressé contre ces arrêtés a été rejeté par le tribunal administratif de Paris par jugement du 4 septembre 2019. Il a fait l'objet d'une exécution forcée de son éloignement en octobre 2019 et il indique être revenu irrégulièrement en France en octobre 2021. Par arrêtés du 10 janvier 2024 dont M. A demande l'annulation, le préfet du Finistère l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, lui a interdit de retourner sur le territoire pour une durée de deux ans et l'a assigné à résidence.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le premier arrêté du préfet du Finistère du 10 janvier 2024 en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour pour une durée de deux ans :

2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour () ".

3. Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée () ".

4. En premier lieu, le préfet du Finistère a, par un arrêté du 19 octobre 2023 régulièrement publié le 20 octobre 2023 au recueil des actes administratifs de ce département, donné délégation de signature à Mme B D, en sa qualité de cheffe du service de l'immigration et de l'intégration, aux fins de signer toute décision relevant des matières de son service à l'exception d'un certain nombre dont ne font pas partie les décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

5. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué mentionne les motifs de fait et de droit au regard desquels le préfet du Finistère a décidé d'obliger M. A à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, de fixer le pays de renvoi et de lui interdire le retour sur ce territoire pendant une durée de deux ans. Par suite, le moyen tiré du caractère insuffisant de sa motivation doit être écarté.

6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la motivation des décisions attaquées, que le préfet du Finistère a procédé à un examen suffisamment approfondi de la situation personnelle de M. A.

7. En quatrième lieu, s'il ressort des pièces du dossier que si M. A a demandé son admission exceptionnelle au séjour auprès des services de la préfecture de Bobigny le 15 février 2023, cette demande a été implicitement rejetée par le silence gardé par le préfet à l'issue d'un délai de quatre mois après le dépôt de cette demande. Ainsi, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée serait illégale au motif que sa demande de titre de séjour serait en cours d'instruction. En tout état de cause, lors de son audition du 9 janvier 2024 par les services de police de Quimper, M. A a indiqué qu'il n'avait pas honoré le rendez-vous donné par la préfecture de Bobigny le 25 août 2023 car son passeport n'était pas encore renouvelé.

8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

9. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré, selon ses déclarations, sur le territoire français en mars 2019, qu'il s'y est maintenu malgré la mesure d'éloignement prononcée à son encontre le 26 août 2019, laquelle a fait l'objet d'une exécution forcée en octobre 2019, et qu'il est revenu irrégulièrement en France en octobre 2021. S'il déclare avoir une tante en région parisienne, il n'en justifie pas et est célibataire et sans enfant. De plus, M. A n'établit pas être dépourvu d'attaches, familiales ou autres, en Tunisie. S'il justifie travailler comme installateur de fibre optique sous couvert d'un contrat à durée indéterminée depuis mai 2022, M. A ne justifie pas des circonstances dans lesquelles il a pu travailler sans autorisation de travail. Il résulte de l'ensemble de ces éléments que M. A n'est pas fondé à soutenir que l'une ou plusieurs des décisions comprises dans l'arrêté attaquée porterait une atteinte disproportionnée à son droit à la vie privée et familiale au regard des motifs au vu desquels elle été prise, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il n'est pas davantage établi que le préfet du Finistère aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de l'une ou plusieurs des décisions comprises dans l'arrêté attaquée sur la situation personnelle de l'intéressé.

10. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ".

11. Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".

12. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

13. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué qu'après avoir décidé de ne pas accorder un délai de départ volontaire à M. A et avoir cité les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet du Finistère a d'abord exposé que l'intéressé ne justifiait d'aucune circonstance humanitaire particulière puis retenu qu'il ne justifie pas de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, qu'il se maintient en situation irrégulière malgré une précédente mesure d'éloignement qu'il n'a pas exécutée, que si son comportement ne représente pas une menace pour l'ordre public, il a été placé en garde à vue le 9 janvier 2024 pour recel de vol, conduite sans permis et infraction au droit au séjour, pour en déduire qu'une interdiction de retour d'une durée de deux ans ne portait pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Alors que, dans le cas où un délai de départ volontaire n'est pas accordé, le principe de l'interdiction de retour est seulement subordonné à l'existence, ou non, de considérations humanitaires et que le préfet a examiné s'il pouvait exister de telles circonstances, il ne peut être regardé comme ayant prononcé l'interdiction de retour contestée sans examen de la situation de M. A. Par ailleurs, dès lors que, pour la fixation de la durée de cette interdiction, le préfet peut être regardé comme ayant examiné à la fois la durée du séjour de l'intéressé en France, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, la précédente mesure d'éloignement prononcée à son encontre et la menace qu'il représente pour l'ordre public, il doit être également regardé comme ayant examiné l'ensemble des critères prévus par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen de M. A tiré du défaut d'examen de sa situation particulière pour l'édiction de l'interdiction de retour et la fixation de sa durée doit être écarté.

14. En septième lieu, M. A ne fait état d'aucune circonstance humanitaire justifiant qu'il soit dérogé à l'application de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si l'intéressé fait valoir qu'il est erroné de dire qu'il n'a pas exécuté la première obligation de quitter le territoire français puisqu'après placement en centre de rétention administrative, il a été expulsé vers la Tunisie début octobre 2019, il n'a pas respecté la mesure d'éloignement qui avait été édictée à son encontre. Enfin, la circonstance que M. A a demandé un titre de séjour le 15 février 2023 auprès de la préfecture de Bobigny est sans incidence sur la légalité de la décision lui interdisant de retourner sur le territoire français.

15. En huitième lieu, M. A fait valoir qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public dès lors que son casier judiciaire est vierge, qu'il n''a jamais été mis en cause dans une quelconque autre procédure, qu'il lui est simplement reproché une conduite sans permis, alors que le préfet vise d'autres infractions non retenues par le procureur et que l'infraction retenue est au demeurant contestable et le sera lors de l'audience d'avril 2024. Toutefois, et en tout état de cause, alors que l'interdiction de retour prévue par le même article L. 612-6 peut être prononcée pour une durée maximale de trois ans, la durée de deux ans fixée par le préfet du Finistère ne saurait présenter un caractère disproportionné par rapport au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé alors qu'il est célibataire et sans enfant et qu'il n'a pas respecté une précédente mesure d'éloignement. Par suite, les moyens tirés du caractère disproportionné de la décision d'interdiction de retour d'une durée de deux ans et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

16. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander au tribunal d'annuler l'arrêté du préfet du Finistère du 10 janvier 2024 en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

En ce qui concerne l'assignation à résidence :

17. En premier lieu, faute d'établir l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision portant assignation à résidence devrait être annulée par voie d'exception d'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français.

18. En deuxième lieu, le préfet du Finistère a, par un arrêté du 19 octobre 2023 régulièrement publié le 20 octobre 2023 au recueil des actes administratifs de ce département, donné délégation de signature à Mme B D, en sa qualité de cheffe du service de l'immigration et de l'intégration, aux fins de signer toute décision relevant des matières de son service et notamment la décision portant assignation à résidence contestée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit être écarté.

19. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Aux termes de l'article L. 732-1 du même code : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées ".

20. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté du 10 janvier 2024 que le préfet du Finistère a assigné M. A à résidence sur le fondement du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux motifs que son éloignement demeure une perspective raisonnable et que, compte tenu de son adresse à Quimper, il présente des garanties propres à prévenir le risque qu'il se soustraie à la l'obligation de quitter le territoire français. La mesure d'assignation à résidence contestée comporte ainsi les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, par conséquent, suffisamment motivée.

21. En quatrième lieu, si M. A conteste l'étendue limitée du périmètre dans lequel il est seulement autorisé à circuler, il ne fait valoir aucune circonstance justifiant que le préfet aurait porté, ce faisant, une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ou aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A à fin d'annulation de l'arrêté du 10 janvier 2024 par lequel le préfet du Finistère l'a assigné à résidence à Quimper, l'a obligé à se présenter tous les jours sauf week-end et jours fériés au commissariat de police de Quimper, l'a astreint à remettre son passeport contre une attestation de dépôt et lui a interdit de sortir du périmètre du département de Finistère sans autorisation doivent être également rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

23. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

24. Les dispositions visées ci-dessus font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et au préfet du Finistère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 janvier 2024.

La magistrate désignée,

signé

L. Tourre La greffière d'audience,

signé

A. Gauthier

La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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