LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2400398

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2400398

jeudi 14 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2400398
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationOQTF 6 sem
Avocat requérantCIMADE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 janvier 2024, M. E C, alors placé en rétention administrative à Rennes-Saint-Jacques-de-la-Lande (Ille-et-Vilaine) a demandé au tribunal d'annuler l'arrêté du 23 janvier 2024 par lequel le préfet d'Indre-et-Loire lui fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination de sa reconduite d'office et lui fait interdiction de revenir sur le territoire français pour une durée de trois ans.

Il soutient que :

- ces décisions sont entachées d'incompétence,

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par ordonnance du 25 janvier 2024, reçue au greffe du tribunal le même jour, le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Rennes a mis fin à la rétention administrative de M. C.

La requête a été communiquée au préfet d'Indre-et-Loire qui a transmis des pièces enregistrées le 26 janvier 2024.

Me Moulin, commis d'office, bénéficie de la rétribution mentionnée à l'article 19-1 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991, au titre de l'aide juridictionnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 20-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- les observations de Me Moulin, avocat commis d'office, représentant M. C, absent, qui conclut aux mêmes fins que la requête et demande que soit mis à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il est soutenu pour M. C que la délégation de signature produite ne permettait pas à la date précise de l'arrêté attaqué, à la directrice de cabinet du préfet de signer ce dernier.

Le préfet d'Indre-et-Loire n'était pas représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, né le 3 juillet 1988 et de nationalité algérienne, déclare être entré en France en décembre 2022 par l'Espagne et s'y est maintenu, depuis lors, de manière irrégulière. Il a fait l'objet de plusieurs arrêtés l'obligeant à quitter le territoire français, le 30 juillet 2020 alors qu'il avait pris l'identité de Moktar Mahi, ou, les 29 mai 2021 et 18 juillet 2023, sous son identité actuelle. Il a également fait l'objet de plusieurs arrêtés d'assignation à résidence. Il n'a jamais déféré à aucune de ces mesures. Interpellé pour usage de stupéfiants, il a été placé en garde à vue le 22 janvier 2024 et a alors fait l'objet, par arrêté du préfet d'Indre-et-Loire du 23 janvier 2024 pris sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'un arrêté l'obligeant à quitter sans délai le territoire français, désignant le pays de destination et lui interdisant de revenir sur le territoire français pendant trois ans. C'est l'arrêté attaqué. Placé en rétention le même jour, il a été mis fin à cette mesure par ordonnance du juge des libertés et de la détention en date du 25 janvier 2024.

2. L'arrêté du 27 décembre 2023 par lequel le préfet d'Indre-et-Loire a délimité la délégation de signature qu'il a consentie à Mme A D, sous-préfète et directrice de cabinet, énumère, en son article 1er les domaines et catégories d'actes, décisions et correspondances que cette dernière est habilitée à signer, au rang desquels ne figurent pas les actes relatifs à l'exercice des pouvoirs de police du préfet. Si son article 3 précise que lorsqu'elle assure la fonction de sous-préfète de permanence ou de renfort (du vendredi 18h00 au lundi 8h00 et pour les jours fériés ou non travaillés, de la veille à 18h00 au lendemain à 8h00), Mme D est toutefois habilitée à signer, notamment, les arrêtés, décisions et actes pris sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il est constant que l'arrêté attaqué faisant obligation à M. C de quitter sans délai le territoire français, fixant le pays de destination avec interdiction de retour pendant trois ans, a été signé par Mme D le mardi 23 janvier 2024, c'est-à-dire en dehors des périodes durant lesquelles, au titre de sa mission de sous-préfète de permanence ou de renfort, elle disposait d'une délégation régulière à cet effet. Cet arrêté est donc entaché d'une incompétence qui en justifie l'annulation, en toutes ses dispositions.

3. M. C bénéficie de l'assistance d'un avocat commis d'office intervenant dans l'une des procédures visées à l'article 19-1 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Par suite, il y a lieu de mettre à la charge de l'État le versement à Me Moulin d'une somme de 1 000 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que cet avocat renonce à la part contributive de l'Etat à l'exercice de sa mission.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 23 janvier 2024 du préfet d'Indre-et-Loire est annulé.

Article 2 : L'État versera à Me Moulin une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E C, Me Moulin et au préfet d'Indre-et-Loire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2024.

Le président,

signé

E. BLa greffière

signé

A. Gauthier

La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions