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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2400595

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2400595

jeudi 8 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2400595
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationEloignement urgent

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 février 2024, Mme G B, représentée par Me Le Bihan, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er février 2024 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine l'a obligée à quitter sans délai le territoire français à destination de son pays d'origine et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'annuler l'arrêté du 1er février 2024 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a décidé de l'assigner à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision d'éloignement :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- la décision méconnaît le droit d'être entendu ;

- est entachée d'une insuffisante motivation et d'un défaut d'examen ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d''asile en l'absence de risque de fuite ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour :

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne l'assignation à résidence :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'arrêté du 1er février 2024 portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 février 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu :

- l'ordonnance n° 22NT02840-22NT02841 de la cour administrative d'appel de Nantes du 22 septembre 2022 ;

- le jugement n°2306018 du tribunal du 14 novembre 2023 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Bozzi, premier conseiller, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bozzi,

- les observations de Me Le Bihan, représentant Mme B, qui indique que l'intéressée et son mari ont présenté une demande d'asile mais qu'ils n'ont pas été entendus par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), qu'il s'agit d'un couple exemplaire qui souhaite s'intégrer, que Mme B exerce des activités de femme de ménage, qu'elle peut prétendre à une régularisation ;

- les déclarations de Mme B, assistée d'une interprète, qui indique avoir la volonté d'obtenir un droit de séjour en France, pays pour lequel elle a beaucoup de respect et qu'elle est consciente de ne pas disposer à ce jour d'autorisation de travail.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Les époux F, ressortissants géorgiens, déclarent être entrés en France le 17 août 2021, accompagnés de leur enfant mineur. Ils ont sollicité, le 17 septembre 2021, le bénéfice du statut de réfugié mais par décisions du 28 février 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté ces demandes. Le préfet d'Ille-et-Vilaine a alors, par deux arrêtés du 12 avril 2022 pris sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, décidé de les obliger à quitter le territoire français dans les trente jours, a fixé la Géorgie comme pays de destination de mesures d'éloignement forcé et a défini des mesures de contrôle auprès de la police aux frontières. Les époux F ont contesté ces arrêtés dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal du 3 juin 2022 confirmé par une ordonnance de la cour administrative d'appel de Nantes susvisée en date du 22 septembre 2022. Faute d'exécution de cette dernière décision, le préfet d'Ille-et-Vilaine a pris le 1er février 2024 à l'encontre de Mme B un arrêté portant obligation de quitter le territoire sans délai de départ volontaire assorti d'une interdiction de retour d'un an. Le 1er février 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine a également décidé d'assigner à résidence Mme B. Ce sont les décisions attaquées.

Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :

2. Mme B justifiant avoir introduit une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, le préfet d'Ille-et-Vilaine a donné délégation, selon arrêté du 11 décembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, à Mme C A, directrice des étrangers en France et signataire de l'arrêté attaqué, aux fins de signer notamment les arrêtés portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.

4. En deuxième lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice que le droit d'être entendu, énoncé à l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux États membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.

5. Il ressort des pièces du dossier et plus particulièrement du procès-verbal d'audition du 28 juin 2022 que Mme B a été interrogée sur sa situation administrative et la circonstance qu'elle avait déjà fait l'objet, le 12 avril 2022, d'un refus de titre de séjour et d'une obligation de quitter le territoire qu'elle n'avait pas exécutée. Sa situation administrative n'ayant pas connu de changement à la date de la décision attaquée, elle ne pouvait ainsi ignorer qu'elle était susceptible d'être soumise à une nouvelle mesure d'éloignement et elle a été ainsi en mesure, lors de cette précédente audition, de faire valoir ses observations. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu avant l'intervention de la décision d'éloignement doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 4o La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3o; () ". L'article L. 613-1 du même code dispose que : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / (). ".

7. En l'espèce, l'arrêté attaqué précise les considérations de droit et de fait au vu desquelles il a été pris et il répond ainsi suffisamment aux exigences de motivation énoncées par les dispositions des articles L. 211-1 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Cette motivation révèle en outre que contrairement à ce que soutient la requérante, le préfet d'Ille-et-Vilaine a procédé à un examen particulier de sa situation. Ces moyens doivent dès lors être écartés.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

9. Mme B fait valoir qu'elle-même et son époux, ainsi leur fils, sont parfaitement intégrés sur le territoire français, comme en attestent son activité professionnelle en tant qu'aide-ménagère et la scolarisation de son enfant depuis l'âge de ses trois ans et enfin son apprentissage de la langue française.

10. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressée est entrée en France le 17 août 2021. Mme B n'établit pas être dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de 26 ans et où résident ses parents, ainsi que cela ressort d'une audition en date du 28 juin 2022 dont les propos ont été portés dans un procès-verbal du même jour. Alors que son époux, M. E, a fait l'objet récemment d'un arrêté du préfet d'Ille-et-Vilaine du 7 novembre 2023 portant obligation de quitter le territoire sans délai assortie d'une interdiction de retour d'une durée d'un an, dont la légalité a été confirmée par un jugement n° 2306018 du 14 novembre 2023, et qu'il n'a donc pas vocation à se maintenir irrégulièrement sur le sol français, rien ne s'oppose à ce que leur famille se reconstitue en Géorgie. La circonstance que leur enfant D serait scolarisé en école primaire ne fait pas obstacle à ce que ce dernier poursuive sa scolarité en Géorgie.

11. En outre, en se bornant à se prévaloir de différentes activités professionnelles exercées sans autorisation de travail et de son apprentissage de la langue française, Mme B, qui ne réside en France que depuis moins de trois ans, ne peut être regardée comme établissant avoir créé, dans ce pays, des liens suffisamment intenses et durables.

12. Dans ces conditions, la décision l'obligeant à quitter le territoire français ne peut être regardée comme entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ou ayant porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale, une atteinte disproportionnée en méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

13. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Ce dernier texte stipule que : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

14. En se bornant à soutenir qu'un retour en Géorgie la soumettrait à des dangers permanents, Mme B ne fait valoir à l'appui de sa requête aucun élément de nature à démontrer que son retour dans son pays d'origine l'exposerait à des risques tangibles que le préfet d'Ille-et-Vilaine aurait dû prendre en considération.

15. En tout état de cause, il ressort de la décision de rejet de sa demande d'asile par l'OFPRA le 28 février 2022 produite en défense que les menaces alléguées par l'intéressée, en raison de sa conversion au christianisme, ont été considérées comme étant inconsistantes et peu crédibles dans un pays dont la population est à près de 90% de confession chrétienne.

16. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire :

17. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". L'article L. 612-3 du même code dispose que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".

18. Ainsi qu'il a été dit précédemment, l'intéressée a fait l'objet, comme son mari, antérieurement aux décisions concernées par le présent litige, d'une obligation de quitter le territoire le 12 avril 2022, à laquelle elle ne s'est pas conformée. Elle reconnaît en outre à l'audience ne pas avoir engagé de démarches pour régulariser sa situation. Enfin, aucun passeport ni document d'identité n'a été remis aux services de police par Mme B. Mme B se trouve ainsi dans la situation où le risque qu'elle se soustrait à une décision d'éloignement peut être regardé comme établi et où, donc, en application des dispositions des articles L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 1°, 2°, 5° et 8° de l'article L. 612-3 du même code, un étranger peut être obligé de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire.

19. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions leur refusant un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire :

20. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". L'article L. 612-10 du même code dispose que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () " Aux termes de l'article L. 613-2 de ce même code : " () les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".

21. Les dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile posent le principe d'une interdiction de retour sur le territoire français assortissant la décision portant obligation de quitter le territoire français lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, ce qui est le cas en l'espèce. Mme B ne justifie d'aucune circonstance humanitaire de nature à faire obstacle au prononcé d'une interdiction de retour sur le territoire. D'autre part, il ressort des termes mêmes des décisions litigieuses que, pour déterminer la durée de l'interdiction de retour, le préfet d'Ille-et-Vilaine a tenu compte de la durée et des conditions du séjour de Mme B sur le territoire depuis son entrée irrégulière en 2021, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, du fait qu'elle s'était soustraite à une précédente mesure d'éloignement. Il a donc examiné l'ensemble des critères fixés par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

22. Dans ces conditions, les moyens tirés de ce que le préfet d'Ille-et-Vilaine, en décidant d'assortir son arrêté portant obligation de quitter le territoire d'une interdiction de retour et en fixant la durée de celle-ci à un an, aurait méconnu les dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou commis une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

23. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision lui interdisant de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté portant assignation à résidence du 1er février 2024 :

24. En premier lieu, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 3.

25. En second lieu, ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision d'éloignement du 1er février 2024 n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, la décision l'assignant à résidence n'a pas été prise sur le fondement d'une décision illégale. Le moyen ne peut, dès lors, qu'être écarté.

26. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme B tendant à l'annulation des arrêtés du 1er février 2024 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine, d'une part, l'a obligée à quitter sans délai le territoire français à destination de son pays d'origine et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an et, d'autre part, l'a assignée à résidence doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

27. L'État n'étant pas la partie perdante, il n'y a pas lieu, de faire droit aux conclusions de Mme B tendant à la mise en œuvre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : Mme B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de Mme B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G B et au préfet d'Ille-et-Vilaine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2024.

Le magistrat désigné,

signé

F. Bozzi

La greffière,

signé

A. Gauthier

La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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